ESCALIER
Toute virginité est un prestige; et une émotion à la fois. Lelivre nouveau d’un écrivain aimé, le moment où celle qui sourit pouf vous, s’avance en toilette inédite; l’entrée d’un acteur qu’on dit peut-être Talma, ce qui est l’inconnu, ce qui renferme un hasard de beau, produit chez l’esthète une appréhension vive : jamais je n’ai franchi ce seuil du Palais de l’industrie sous la pensée « je vais peut-être découvrir un Delacroix, un Pradier,. un Gavarni » .
On monte l’escalier; et en face apparaît une réédition samilgondique de V école d'Athènes et de l’apothéose d’Homère; la couleur est voyante, l’ennui suintant, image colossale, allégorie sans conviction AErmann. Au milieu du pronaos, François Flameng a déroulé un tableau sypnotique de l’histoire de France à l’usage des lecteurs d’Alexandre Dumas; ce doit être pour la Sorbonne, on le pressent à l’inoriginalité, faisant face au gâchis classique d’Ermann, un gâchis hugolatrique de H, Dubuffe Jîls^ le même qui reçut des mains de Adam le houx critique et dont les jugements ne s’évaporeront point étaient valables indéfiniment pour leur congruité. La fumée de rOpéra-Gomique en flammes épaissit un brouillard lyonnais d’où émerge l’Arc de Triomphe , avec dessous un catafalque, avec partout des ombres d’anges à trompettes et des burgraves et de margraves; en un coin les premiers rôles de la legende des siècles ; Dubulîe qui croit que les anges sont femmes, devrait bien apprendre d’eux que l’apothéose esu
une cérémonie de lumière, un rite solaire, et non pas un épaississement de fumées d’usines.
Au-dessus de la double porte du grand salon se déroule un chahut de femmes nues ou demi-dénudées dans un ciel violacé d’orgie : cela figure les Pléiades multiples ou la voie lactée «][une sarabande de grenouilles de luxe sur champ d’azur sali. Le meneur de ce branle, Ernest Michel^ conservateur je crois, au musée de Montpellier, a voulu sans doute orner un établissement comme les Folies-Bergère ou les Montagnes Russes : et je lui concède qu’après boire et que pendant... on peut supporter cette vue. Seulement, il faudrait pourtant ne pas salir le ciel des jettés, battus, tordus, de la terre qu’on foule à l’Américain ou chez Sylvain. Non, M. Ernest Michel, pas de brastringue céleste, pas de cancan empyréen : et « laissez les roses aux rosiers, laissez ces dames au trottoir ou bien avez-vous voulu peindre le choral, éthéreen des Tribades. C’est fort mal et du même délit que celui éclatant d’Offenbach, l’homme qui prenait des traits à Gluk, à Hœndel, à Weber et en faisait ses grimaces de musique : on ne doit pas la caricature des anges ; on ne blague pas la cadence des sphères et vous avez manqué de respect aux étoiles : elles vous le rendront.
L’œil descendant le long du mur, mêmement s’offusque.
Après le blaguage des étoiles, Guilhe^ incohérentise les neuf chœurs. Figurez-vous des essuyements de palette démente où grouillent des oiseaux étranges dignes d’un artiste chinois et un dessin sans composition : la touche de cela est folle, oui et point typique.
Porte Saint-Martin, Jules Girardet joue le rôle du préfet de police respectueux escorté de gardes françaises effarés en l’arrestation d’une dame qui ne songe pas à prendre une fleur à Gaillard^ ni à regarder comme Dehou:[ incline sur une rivière un crépuscule de Dupré.
Emile Bastien Lepage s’ qs\. offert un dyptique, cela permet de tenir de l’espace : on ne saurait rester inaperçu et on fait
encore un autre envoi. — - UEspérance^ de Puvis, debout et vêtue tient une fleur pensivement, Fautre panneau n’est que la suite du passage : la tonalité est très blonde, agréable, et plus sous l’influence de Duez que d’aucun.
Cooghe de la famille de Paul de Kock et de destination chromolithographique, devrait bien apprendre que le comique bas, tel que sa bonne surprise avec un militaire n’a appendaison'qu’au Palais-Royal, ce niais parmi les théâtres.
Est-ce Vincent de Beauvais apprenant le spéculum picturœ à Saint-Louis, O Ghartronais, le moine enseigneur de ce très noble éphebe ? et cette Faneuse, Julien Dupre\ a-t-elle parenté avec Ruth et Noémi, et ce passage de Trouillebert italianisé O Guillou. Et votre intérieur à l’israësl adouci, O Carrière et votre charronnerie, Karbasky., et vos propos de bain d’amour O Bej^thaut^ sont des gravures ou des peintures, je ne décide point, plein de pressentiments que je vais pénétrer au milieu d’égalitaires.
En me retournant, appelé par le vrai poète Hauraucourt, le lyrique de V Abîme ^ j’aperçois la petite de Gomoy^ perdue dans un champ glauque, et ce champ égaré dans un cadre.