VàLBVm Dl LADT BBTTT
bleuSy qui semblait une madone ! Sourenirs précieux durant bien des jours.
Or, placez un homme dans la situation où j'étais à Dakenshade, entre deux charmantes jeunes filles, et faites si vous pouvez qu'il ne devienne pas éperdûment amoureux au bout d'une semaine ! Ce fut là précisément ce qui m'advint; et le pire, c*est que je me trouvai, je crois , épris en même temps de lady Betty et de lady Barbara.
Un mot cependant sûr les caractères et les dispositions des deux divines enfants. Barbara était une âme fière et tendre, plus fière que tendre toutefois, à ce qu'elle me parut. Elle voulait, à ce que j'ima* gînai, avoir l'air de ne s^occuper de moi en aucune façon, afin que sa sœur en eût mieux ses coudées franches. Betty, de son côté,t prétendait être mdifférente à tout. Elle affectait rinsoudancê. EHe te* Haït à ce qu'on fut convaincu que rien ne l'intéressait au monde, si ce n'était sa propre penk^ne.
Quoi qu'il en soit, la capriciewie Betty iw htfYssait pas qu'on lui f^t la cour. EHe $èr laissaitaimer par mot avec assez de complaisance! J'y aBais de tout mon c(Bur peur ma part ! J'étais alors un terrîblëflbpîrant! L'accès m'étaut plus facile près de la douce blonde, c'était donc elle que poursuivaient surtout mes nonces adorations. Oh! le beau temps, lelNm temps! Tenez , je veux vous dire la vie passionnée que je menais alors.
lVuiifh bb labt bbttt. 1^1
Je me levais à sept heures, et à peine étais-je au jardin, je ne sais comment la chose s'arrangeait, je rencontrais d'abord lady Betty qui avait toujours par hasard quitté le lit de grand matin, parce qu'elle n'avait pas dormi la nuit, parce que le déur lui était venu de marcher dans la rosée et de respirer l'air frais et embaumé. Lady Barbara n'était pas si diligente, ou bien , était-elle sur pieds et ma* tinalepar hasard, c'était pour s'en aller, à la chasse aux papillons, cueillir des fleurs, ou visiter la basseHîour et porter aux poules des miettes de gâteau. Mais Betty et moi nous nous enfoncions dans les allées les plus sombres et les plus lointaines. L'heure du déjeuner sonnait sans que nous l'eutendissionis jamais. Il fallait, toujours que quelque domestique fût envoyé à notre recherche. £t ce n'était pas au pauvre diable une tâche aisée que de nous découvrir. Il arrivait bien pourtant jusqu'à nous. A force de battre les berceaux , il nous apercevait enfin assis sur quelque banc rustique hien étroit, cachés là comme en un nid. Aussitôt que le maudit ambassadeur approchait, je commençais à discourir à haute voix touchant les beautés de la nature, et Betty s'écriait que j'étais le meilleur ph^||)K>phe de l'époque. Sur quoi nous regagnions innocemment la salle à manger.
Après le déjeuner je suivais ordinairement nos jeunes ladies à leur salle d'études où je couvrais 1 1 1
193 CjOMOU m LAftT BRTT.
ititrépîdemeBt les pages de leurs serapboots de mes aquarelles et de mes poéiîes. Pendant que je B^'escrimais ainsi de la plume ou du fânosau, Betty regardait pattemment par-dessus mon épaule, tan-dis que Barbara, pour se di?»tir et m'inspirer, frap* pait des deux mains et de toutes ses forces les touches du grand piano à queue qui n^en pouvait mais.
Au surplus, mon succès était prodigieux. A Dakenshade j*étais proclamé d'une voix unanime le prince des poètes et le peintre du siècle. Tant de louanges m'avaient encouragé outre mesure. J'allais , j*allais. Les rimes ne me coûtaient guère et je ne me gênais pas avec elles. Je {venais toutes les licences poétiques possibles. Quant à mes paysages, je n'usais pas d'une moindre liberté. Je me moquais superbement des lois de la perspective. Arbres, maisons, rochers, chevaux et cavaliers, moutons et bergers , tout était de même taille et de même couleur! Qu'importe! Betty voyait là mille beaux effets que je n'avais nullement songé à produire, et que nul autre qu'elle assurément n'eût aperçus ! J'étais un Claude Lorrain en herbe! Je promettais un nouveau Salvator Rosa. Malgré ma modestie naturelle, j'admirais cette pénétration de Betty. Je finissais par être de son avis.
Après les heures d'études, venaient les heures d'exercices et de promenade. Barbara était une excdlente amazone. Betty , loin de là , était peureuse
h^ASmm Bl LABT ISIXT* tlS
et Bïaiaâroite* En ooBséqaénoe , Barbara montait un Gheral bien tif. B^tf , pour rien au monde, n'eût Toulû d'autre monture qu'un àne. Il en résultait que notre impatiente brune était constamment un mille en ayant , et notare timide blonde un mille en arrière. Donc 9 de toute nécessité, H ineMlait ebevaucher près de Btttf , dans la crainte qu'il ne lui arriyàt quelque accident et que tes frayeurs ne la missent en péril. Ainsi allions-nous à trav^s bois et rallées, ruisseaux et collines, parcourant les plus ravissants endroits et les plus ^gnee d*in^ spirer Tamour qu'ait jamais peints* là plun^ oii le pinceau. Je n'avais vu nidle part d'arbres si verts, si gracieusement balancés; nulle part je n'avais respiré le parfum de fleurs diaprées de si ri^ cbes couleurs. Les apprébensions feintes eu vraies de ma Jolie compagne , à chaque p^ de son pale-^ froi aux longues (M^eilles, les subites rougeurs qui lui couvraient le visage; tous ces ^ riens étaient du bonbeur et me rendaieÂt fou; Tous^^penseE bien que nous nous perdions continuellement. Jlfoùs avions pleine confiance , au sutplus , en Barbara , c'était elle qui se ehargeail de nous retrouver et de nous ramener au logis.
Au dîner, lady Laytons^infonnit généralement de la façon dont nous 'avions ^oaployé la matkiée.
— Qu'êtea-vous devenus , mes enf«its ? de' quel côté du pays avez- vous couru ?
194 VAVBVn BB LADT BKTTT*
 ces questions, il n'y avait que Barbara qui sût répondre d'une manière satisfaisante.
— Ah! Betty, ma chère Betty, disait la vieille dame , Vous vous y entendiez mieux à la géographie de nos environs, lorsque vous serviez de guide à notre vieil ami , le général , dans ses excursions.
Mais Betty répondait en rougissant que c'était tout autre chose de conduire son jeune ami John l'avocat. John n'était pas du tout docile; il avait sa tète ; il voulait même bien plus mener que Fètre. Le bon gâiéral, au contraire , 'n'avait plus ni jambes, ni volonté; il allait où l'on voulait et comme on voulait. £t ces explications, qui -nourrissaient la causerie , étaient jugées parfaitement concluantes.
Le dîner fini , c'était l'invariable habitude de la bonne dame de faire son petit somme; nous n'étions ni assez irrespectueux, ni assez mal avisés p6ur troubler son repos; aussi la laissions-nous à ses rêves Je plus vite et le plus longtemps possible.
Alors , nous allions à nos promenades du soir. Quelquefois nous nous laissions glisser dans une barque , sur les flots paisibles et endormis de la rivière, qui s'alluœant aux rayons enflammés. du soleil couchant , semblait couler toute en feu. Nous chantions des duos , nous chantions des nocturnes et des romances , et nos roulades déliaient celles