CHAPITRE X
6RANBB ET ■ALBEIIBSQSS ■AITOEVTBS DB ■• fOESTSA.
Nous ne donnerons point ici le minutieux procès-verbal des deux journées qui suivirent et durant lesquelles notre histoire ne fît aucun pas notable vers sa conclusion. Nul événement nouveau ne s'était produit. Jenny, enfoncée de plus en plus en ses perplexités , avait continué de tenir la balance à peu près suspendue entre ses deux adorateurs. Le moyen, en effet, de. prendre une détermination? Les deux dernières matinées , elle les avait passées seule avec Mortimer , qui , loin de se remettre , ne faisait que s'affaiblir. Durant ces longs tète-à-tète , elle s'était étonnée de découvrir dans la conversation de son cousin un charme , un inté-
9$ LA PRÉCIBU8B.
Tel , et dans tes sentiments une éléyatîon , qu'eUe n'avait pas encore remarqués. Il s'était révélé à elle doué d'une supériorité dont elle n'avait pas eu jusque là l'idée. Cette timide voix du cœur , entendue déjà , avait reparlé plus haut chez la jeune fille. Mais en revanche , les soirs de ces deux mêmes journées, la voix de l'imagination avait repris le dessus, et le nuageux M. Fitz-Gérald avait obscurci de nouveau les chances de son rival.
C'est qu'il y avait eu, on le devine peut-être, chez MM. Coates et MM. Appleby, deux soirées d'azur auxquelles Jenny n'avait pas manqué d'assister, et où elle avait rencontré le grand Fitz- Gérald , qui avait été plus empressé , plus malheureux, plus exalté, plus extravagant que jamais près d'elle; il avait même risqué une déclaration, non pas encore positive , mais un peu moins mystérieuse que ce n'était sa coutume.
Quant à M. Forster, sa mauvaise humeur ne l'avait pas quittée. Les réponses évasives et légères de sa fille lui étaient restées sur le cœur. Bien qu'il ne lui eût en aucune façon défendu de sortir , il lui en voulait en outre beaucoup d'être allée deux soirées de suite à ces routs soi-disant littéraires quMl détestait par-dessus toute chose , et où il était convaincu qu'elle laissait à chaque séance un peu du reste de raison qu'elle avait gardée. Le mécontentement du vieux gentleman fut porté à son corn-
ble lorsque le lendemain de la seconde de ces poétiques excursions nocturnes de Jenny , ne la voyant pas descendre à l'heure du punch, il apprit des gens qu'il interrogea, qu'après le déjeuner elle était sortie pour aller chez M. Goates.
Bien en prit à miss Forster de ne pas rentrer au moment où son père reçut cette information. Elle eût essuyé une bien furieuse bordée de colère. Heu«. reusement, à arpenter seul en tous sens le terrain assez vaste du parloir , et à gesticuler en propor* tion jusqu'au dîner, M. Forster eut tout le temps de dépenser la première énergie de son emporte* ment, de sorte que lorsque sa fille parut à table, il était raisonnablement apaisé , et ne montrait plus guère que la mine froide et grave d'un père qui va gronder avec modération.
Le repas fut des plus tristes qui se soient faits jamais en tète-à-tète. Mortimer n'était point des^ cendu. Le fromage et les fruits étaient enlevés , que le silence n'avait pas encore été rompu.
— Votre façon d'agir n'honore pas démesurément votre sensibilité , dit enfin le sévère gentleman ; vous vous divertissez les nuits en vos orgies poétiques , vous allez voir les matins l'eibibition de M. Fitz-Gérald ; puis , sans le moindre remords , vous laissez seul au logis un malade qui n'est en danger que parce qu*il vous a sauvé la vie.
— Hais , mon père vous me traitez bien dure-
100 LA nitCIEU8B«
ment. Mortimer , d'abord , n'est pas , que je sache, malade ni en danger.
— C'est en quoi vous tous trompez fort, ma fille. Charles a été contraint de se mettre au lit ce matin en remontant dans sa chambre après le thé. Dieu sait quand nous le reverrons sur pied! Il n'est pas bien du tout. Le docteur craint qu'il n'ait , dans sa chute, éprouvé quelque lésion intérieure.
— Veuille le ciel qu'il n'en soit rien ! cria Jenny. Et deux larmes parurent soudain au bord de ses
paupières baissées, et glissèrent silencieusement sur ses joues. À cet irrécusable témoignage de l'excellence du cœur de sa fille, M. Forster se sentit désarmé. Tous ses projets de semonces et de |;ronderie s'évanouirent.
— C'est bien, dit* il, tout ému lui-même , c'est bien , mon enfant; c'est ainsi que j'aime vous voir. Voyons , ne parlons plus des explications que je voulais de vous sur l'emploi de vos dernières journées; c'est à notre malade qu'il faut à présent songer, n'est-ce pas?
— Oh ! sans doute , reprit-elle , s'essuyant les yeux. Et bien que faire?
— Seigneur Dieu! je n'y pensais pas, cria H. Forster. Charles n'a rien pris aujourd'hui. Le docteur qui l'a mis à la diète lui permet pourtant un peu de bouiUon de veau aux navets coupé, fai-
LA PAfiCIEUSK. lOi
(es^ui cela yous-mème. Ce potage lui vaudra mieux de votre façon. Il le trouvera meilleur.
Les deux larmes de Jenny s'étaient tout à fait séchées. Mettre la main à un bouillon de veau aux navets , tremper dans la composition d'un potage ! -^ Si simple , si peu azurée que fût d'ordinaire la Jeune fille en la maison paternelle , ces propositions culinaires lui sonnèrent toutefois désagréablement à l'oreille. Elle ne put réprimer une légère grimace dédaigneuse.
-— Mais, mon bon papa, dit-elle, je serais trèsméchante cuisinière ; je ne sais nullement faire ce bouillon dont vous parlez.
— C'est cela , s'écria M, Forster , que son impatience commença de ressaisir. Voilà comme on élève maintenant les femmes. Elles ne savent rien de ce qui vaut la peine d'être su. Elles dansent comme des filles d'Opéra ; elles sont maîtresses virtuoses , harpistes ou pianistes de première force ; elles critiquent les livres quand elles ne les font pas ellesmêmes. Point de haute question d'art ou de philosophie sur laquelle elles ne déraisonnent à perte de vue; mais demandez-leur ces recettes qu'avaient nos mères, ces petits secrets de ménage propres à soulager un malade; — votre serviteur! Leurs sublimes talents ne leur ont pas permis de s'abaisser à l'initiation de ces misères. Tenez , Jenny , au lieu de vous mettre dans cette fashionable pen-
109 LA PEÉCISDSE.
$ion , où TOUS avez appris tant de belles choses inutiles, j'aurais beaucoup mieux fait de tous eoToyer en apprentissage chez un pâtissier.
— Vous étiez le maître , tous aTiez le choix ^ dit Jenny en souriant.
Ce sourire ne rencontra nul reflet sur le Tisage de M. Forster ; il aTait repris son air morose et boudeur.
— A la bonne heure, reprit-il brusquement tdonnez donc des ordres afin que ce bouillon soit préparé , et puis tous Toudrez bien monter aTcc moi chez Totre cousin. C'est bien le moins , que TOUS Teniez lui parler un peu et tous enquérir Tous-mème de son état.
— Mais , mon cher papa , dit Jenny toute stupéfaite , TOUS saTez bien que l'usage et la décence ne me.. .h
— Oh! rien de mieux! L'usage et la décence TOUS défendent , n'est-il pas Trai , d'entrer dans la chambre de celui à qui tous dcTez la Tie , parce qu'il est couché dans son lit, dans son lit de mort peut-être 1
— Vous êtes cruel, mon père! tous ne songei pas que la société a des lois...
— Nous y Toici , cria M. Forster. Maintenant ce sont les lois de la société ! Admirables lois, en effet, qui permettent à une femme de Talser demi*nue , toute une nuit, dans les bras du premier homme
%k YiiiciEVSB. 103
Tenu , et l'empêchent d*aller toucher la main d^un ami d'enfance , fût-il mourant , s'il est étendu entre ces draps qui seront son linceul 1
— Mon père , mon père , au nom du ciel , ne poursuivez pas ainsi ; tous exagérez vos applications. L'état de Mortimer n'est point désespéré.
— Je n'en sais rien , je n'en sais rien , continua M. Forster ; au moins il est fort mal ! Mais il ne l'est pas sans doute assez selon tous, pour réaliser ces projets de reconnaissance que tous étaliez l'autre jour. S'il est malheureux disiez-TOUs , ce me semble, je serai malheureuse , et heureuse s'il est heureux. S'il est malade, je le soignerai , mon père , comme je tous soignerais Tous-mème ; Toilà ce que tous disiez, et à présent les lois de la société n'autorisent plus ce dévouement qui n'était qu'en paroles apparemment !
Jenny était bien la fille de M. Forster. Elle n'était point la patience même. Ce reproche de contradiction l'aTait dépitée ; elle trépignait. Toutefois elle sentit qu'une discussion prolongée par elle à ce moment eut été messéante.
— Vous connaissez mieux que moi ce qui est interdit ou défendu en matière de couTenance, dit-elle fôisant sous cape sa petite moue. Mon premier de- Toir à moi est de tous obéir. Si tous désirez que je Tîsite avec tous mon cousin, je suis prête à tous suivre.
!04 LA VRÉCIBV8B,
Et ils montèrent ensemble dans la chamlire de Mortimer.
Notre ami M. Forster, nous ne disons nullement cela pour pour lui nuire près de nos lecteurs, était l'homme du monde le plus parfaitement incapable dé bien conduire une affaire d'amour. Il n'en savait pas plus sur ce délicat chapitre, et moins peut-être, que sa fiUe sur celui du bouillon de yeau. Gomment, à son âge, ne comprenait-il pas pourtant qu'il est aussi malaisé de contraindre la volonté d'une femme que de mener une barque contre le vent? Forcez de rames, et poussez d*un pas en avant ces légères créatures, elles reculeront de cent brasses en arrière, dès que votre fatigue les aura laissées à elles-mème. L'unique moyen de les gouverner est d'attendre qu'une brise heureuse ait enflé les voiles de leur caprice. Oh! elles iront vite alors, et plus vite et plus loin souvent que vous n'auriez voulu. Jeuny, eût-elle été déterminée à se déclarer en faveur de son cousin, Thonnète gentleman avait justement choisi le procédé le plus propre à lui faire ajourner indéfiniment cette bonne résolution.
De fait, cette visite que M. Forster, dans ses profonds calculs, s'était imaginé devoir être décisive pour sou neveu, faillit, au contraire, détruire toutes les chances du pauvre Mortimer.
Certes Jenuy n'avait pas mauvais cœur. Nous en avons assez montré de son âme et de set sentiments
LA nÉGIEVSK* i<MS
inTolontalrès, pour prouver que Mortimer ne lui était pas indifférent. Elle s'affligeait vivement au f6nd de le voir souffrant. Toutefois elle n'était pas sérieusement inquiète, parce qu'elle croyait n'avoir pas siiyet de l'être. Elle était convaincue que son père, suivant son exagération habituelle, avait imaP giné en partie le danger de Mortimer. Elle fut confirmée dans cette idée à voir l'animation de la figure du jeune homme, lorsqu'elle se trouva près de lui* Il est vrai que Mortimer, à ce moment, n'avait pas la figure d'un homme gravement attaqué. Au contraire, le saisissement qu'il avait éprouvé, à l'aspect inattendu de sa cousine, avait momentanément rendu à son visage pâle les couleurs de la santé>; et puis cette visite lui avait semblé d'un favorable auguré. En songeant combien elle était pleine d'intimité, combien elle allait contre les lois rigoureuses et austères de l'étiquette anglaise, il s'en était promis le prochain couronnement de ses vœux les plus chers. Il y avait donc dans ses regards, dans tous ses traits, une expression d'amour et d'ivresse que n'a guère la physionomie d'un malade.
La tenue de Jenny, lorsqu'elle eut observé ces symptômes rassurants, eut bientôt rabattu la joie du pauvre amoureux. -—On a voulu me prendre à un pi^gc, avait-elle pensé; on m'a forcée à une démarche hardie et inusitée, afin de m'engager. G^esJ nne sorte de consentement qu'on a prétendu m'ara 10
106 hk PWlfllBlISB.
racher. — Et son petit orgueil de jeune fille $*était rérdité. — Ils se trompent bien s'ils croient mV voir attrapée, je yais bkn le leur montrer, a'était-elle dit.
Et en effet la conduite de Jenny ne tarda pas à justifier ee joli plan de sédition féminine. Elle fut d'une humeur insupportable. Elle joua l'ennui et l'impatience en aetriee eonsommée, après quelques mots de glace qu'elle avait jetés comme par grâce, nr'ouvrant plus la bouche, répondant à peine si les paroles lut étaient adressées; puia au bout d'un qiiart d'heure, elle se leva et sortit.
M. Forster était furieux, il se contenait pourtant, il ro^rmait son indignation, se proposant bien d'ailleurs de s'en soulager en temps et lieu. Mortn mer était navré; lui aussi, il contenait son émotion; qaais elle le suffoqua, il lui fallut l'épancher.
-^Mon cher oncle, dit-il d'une voix pleine de latmes, vous avez eu tort d'amener ma cousine malgré elle!
— Qui vous a dit qu'elle étail venue malgré elle? répondit brusquement M. Forster, qui eût voulu dissimuler l'humiliation de son désappointement.
— Ohd. je connais Jenny, il faut qu'elle ait eu ^piélque grave raison pour avoir Tair colère et méoonteat qu'elle vient de montrer Elle, toujours si doftice, d'une si égale bomiaur, c'est la première fois
que je la vois ainsi» Vous avez eu tort de la con^ traindre. Ce n'est pas là, mon oncle, ce que tous m'a?iez promis.
r~Oui, je TOUS avais en e£Pet promis n\a. neutralité, m^ seulement rappeleai-yoas4e bien, pour ua temps foar% court. Et ma foi, il y a d^i trop longtemps que je m'abstiens d'intervenir. Qu'avez^voua fait seul? Où sont les effets de ce beau plan que vous m'avies vanté si fort? Qu'avez^vpus gagné par lui près de Jenny ? Quels progrès avez-vous à me montter? Vous avez failli vous tuer pour elle, voilà tout.. D'ailleurs, vous en êtes encore aux soupirs discrets et mystérieux. Que si ce métier de soupirant anonyme vous arrange, si la patience de votre tendresse glacée s'en accomoiode, il me lasse excessivement, je vous le déclare. Je ne sais conunent sont bâtis les amoureux d'aujourd'hui. De mon temps, on n'y mettait pas tant de façon. Il m'arriva une fois en ma vie de me mêler aussi d'amour. Ce fut une afr faire promptement expédiée. Je vis Votre tante up soir, dans ua bal où l'on ne lisait point de vers, maïs oH^ l'on dansait rudement corps et âme. Je valsai avec elle, et la valse finie, nous étions déjà d'accord. Le l^demain, je fus visiter ses parents et ia demander^ et au bout de deux semaines tout était fini, nous étions déjà mari et femme* L^in de là, vous et Jenny, du train dont vous allez, assurément oe ne sera pas encofe sur le calendrier de l'anr
108 hk FRÉCnVSl.
née prochaine. que nous marquerons votre lune de miel.
•— Vous ayez eu raison sans doute, mon oncle, de brusquer ainsi les choses avec ma tante ; il y a telle citadelle qu'il faut prendre par escalade; il y en a d'autres où l'on n'entrera jamais qu'après un long^ siège en règle et au moyen d'une capitulation.
— Tenez , mon cher Mortimer , votre tète se dérange, on voit bien que tous frayez depuis quelque temps avec vos ba&-bleus; yoîci que tous ètes^ comme eux, tout frotté de métaphores. Poussez cependant votre siège tant qu'il vous plaira ; tracez autour de la place de belles lignes de circonvallation. Un beau matin il adviendra que M. Fitz-Gérald, qui commence à me paraître moins âne que je le croyais, aura enlevé ^ lui , la garnison que vous espérez sottement de faire capituler.
£h bien, mon oncle, s'il en est ainsi , ce sera le mieux. Je ne prétends pas, je n'ai jamais prétendu, et je prétendrai jamais obtenir Jenny contre son gré; elle appartient à M. Fitz-Gérald si son coeur l'a donnée à M. Fitz-Gérald. Avez-vous pensé que je consentirais à accepter une main qu'on m'accorderait en me refusant l'âme ! Non, non, je ne me résigne point à cet indigne partage. Je vous Pavais dit, je vous le redis : je ne puis vouloir de votre jRlle, du moment qu'elle ne me vient point d'ellemême, de son propre mouvem^ent et d'ouQ volonté
%A niciBirflB* 109
parMtement libre. C'est M . Fi t&<xérald qu'elle choi* $it , c'est M. Fitz-Gérald qu'elle aime ; M. Fitz-Gé* raid seul a le droit d'être son époux. Tout mon tort est d'avoir espéré follement que sa raison me le sacrifierait. La raison ne peut rien contre un amour établi; j'aurais dû prévoir cela et cesser plus tôt de poursuivre un bonheur impossible.
Tout exalté qu'il était par la fièvre , Mortimer parlait avec une apparence de calme et d'inébranlable décision : c'est qu'un découragement subit venait de le saisir, rendu plus profond par son état de souffrance. Il s'était exagéré, outre mesure la signification de la cruelle visite de Jenny, et il avait soudainement abdiqué tout espoir; il s'était résigné bien résolument à céder la place à son rival.
M. forster avait écouté son neveu ^squ'au bout sans l'interrompre.
— C'est fort bien y Mortimer, répondit*il d'un ton de colère réprimée. Vous êtes malade, je ne me querellerai pas avec vous; à votre aise au surplus. Certainement je ne vous ferai pas épouser votre cousine par force ; je ne la contraindrai pas non plus elle-même à vous aimer, soyez tranquille. Qu'elle reste fille, si bon lui semble, ou bien, si elle se veut marier, qu'elle choisisse quelque galant homme raisonnable que je puisse avouer pour mon fils. Quant à ce M. Fitz-Gérald, en fût-elle fblle, ce n'est pas à lui que j'e serai assez fou pour la d<Hi-
110 hà, nienun.
fier. Vous me {Permettrez de ne par siiitre li-desMis la géûérosHé de vos avis. Un idiot de cdtte qualité, je TOUS l'affirme , ne sera jamais mon gendre de mon aveu. Pour tous , mon cher ami , tout ce que je vous souhaite, c'est de guérir vite votre corps et votre tète; car l'un et l'autre m'ont Tair d'être bien malades.
Sur quoi le vieux gentleman laissa soii neveu et s'en fiit précipitamment, suffoqué des efforts qu*il avait faits pour se dompter, et sentant que, s'il restait un instant de plus, sa modération) allait lui manquer.