IS BAISER DU ROI
confiante dans Tamour de son bien-aimé parent , ia fille candide d'un vieux courtisan ne voyait pas un nuage sur l'avenir, elle était au contraire singuliè* rement égayée par les bouderies de son amant, dont les yeux lançaient des flammes , sans ^u'il osât se plaindre davantage. Ce dernier hors de lui-même, trop jeune encore pour maîtriser la torture des réflexions qui rétouif aient, tremblant d'en effrayer riiinocence de Christine, se dédommagea de ne pouvoir exciter sa compassion eu se déchirant luimême. — J'ai été bien fou ! s'écria-t-il ; oh ! je mériterais... tout ce m'arrivera. Dé par le ciel ! avoir souffert qu'une passion absurde me trompât ! Allons , il faut en finir : je ne paierai point la dette que je dois à ton père en lui dérobent son unique enfant ; adieu , Christine ! je vais joindre mon régiment; je compte sur la pitié d'une bonne bataille ; au moins tu penseras avec un peu de tristesse à ton ami perdu. Sa voix s'altéra, Christine poussa un cri , et ses larmes jaillirent avec abondance , car Adolphe était à ses pieds qui lui pardonnait et lui demandait pardon. Sa belliqueuse résolution s'y fbndit comme le plomb dans la flamme ; et les jeunes amants ne se quittèrent que* plus passionnément épris l'un de l'autre.
S'il est vrai qu'Adolphe fût trop prompt à désespérer du succès de son amour, Christine était aussi trop lente à croire que nulle opposition n'entrave-
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rait sérietiseineDt ses désirs. Son pouvoir était graoïd sur soD père, mais il n*était pas sans bornes ; bieâ qu'elle régnât en rein^ absolue dans leur inthne gouTernement,'où son goût, ses incltnatic^s et ses caprices étaieut consultés en toutes choses , son pouvoir ne s'étendait pas plus loin. C'est eehir que tout homme puissant , absorbé par de hautes poursuites, daigne accorder à une femme. Tout sujet politique était donc resté pour Christine un yéritar ble fruit défendu. Le diplomate ne supportait nulle Yoix féminine en affaires d'état. Depuis peu cependant il avait révélé beaucoup de nouvelles de la cotir à sa fille , et toujours il s'en allait louant le jeune monarque dont il se flattait d'être le seul favori , recueillant jour par jour de somptueuses marques de sa partialité. Il est donc facile de s'expliquer comment ce prince guerrier, dont les précoces conquêtes avaient rempli l'Europe d'étonnement et d'admiration, s'était fait, par un jour de curiosité toute neuve en lui , io^troduire secrètement auprès de la belle Christine, et par quelle influence, en dépit de son antipathie avouée pour le sexe qui ne se bat point , il était alors au nombre des admirateurs cachés d'une jeune fille solitaire et charmante. Ce premier succès avait puissamment exalté les ambitieuses visions de son père. 11 n'était pas d'ailleurs fort déraisonnable de supposer que le jeune homme qui avait commencé son règne en se cou-