MADEMOISELLE DE LESPINASSE
velle peine, si je ne savois combien votre amitié pour madame Geotfrin vous la fera partager. Recevez mes excases, mes regrets, et les assurances de mon tendre respect.
Bien que ces lettres de d'Alembert ne soient
pas exemptes d'une certaine déclamation, il me
semble cependant que la vérité de leur accent
est de nature à réconcilier quelque peu avec cet
•honorable mais peu sympathique personnage.
Puisque le nom de d'Alembert a tout naturellement amené celui de mademoiselle de Lespinasse, peut-être lira-t-on avec intérêt ce billet enjoué (cependant avec une teinte de mélancolie), où elle remercie M. Necker de l'envoi de son opuscule sur le Bonheur des sots :
Ce mardi, six heures du soir.
Vous prêchez, monsieur, la neuvième béatitude, mieux que l'Évangile ne fait les huit autres ; mais vous avez beau prêcher, votre écrit vous condamne à un malheur éternel ; jamais je n'ai vu lant de' bonnes plaisanteries et de saine raison à la fois, cela est aussi philosophe et aussi gai que Candide: je croyois l'espèce humaine bien malheureuse, vous me faites voir bien des heureux sur la terre, mais à la vérité, sans m'attacher davantage à la vie ; ce qui me la feroit trouver bieu douce, bien piquante et bien agréable, ce seroit que vous voulussiez bien en remplir quelques momens. Il n'y a pas plus de dix minutes que je
possède votre paquet, je l'ai lu avec avidité, je vais recommencer. J'attends M. d'Alembert et je suis bien sûre qu'il partagera mon plaisir.
Le salon de madame Necker était devenu également un lieu de rendez-vous fréquenté par les étrangers qu'attirait l'éclat de Paris, et par les représentants des différents souverains de l'Europe que leurs fonctions diplomatiques y retenaient habituellement. C'est ainsi qu'on rencontrait aux vendredis : l'ambassadeur d'Angleterre, milord Stormont (comme on disait alors), qu'on appelait dans la société le del Anglais ; l'ambassadeur de Suède, le comte de Creutz *, qui fut le premier objet de cet engouement dont, à la suite du voyage de Gustave III, la société française se prit pour la noblesse suédoise ; l'ambassadeur de Naples, le gros et aimable marquis Caraccioli *, qui, nommé vice-roi de Sicile, quitta Paris avec tant de regrets et répondait aux compliments dont il était assailli sur l'éclat de sa nouvelle place : « Je suis obligé de quitter
1. Gustave-Philippe comte de Creutz, né en 1726, mort en 1785, fut ambassadeur de Suède à Paris de 1772 à 1784. 11 a laissé une certaine réputation en Suède comme poète.
2. Dominique, marquis Caraccioli, ué en 1715, mort eu 1789, d'une illustre famille Napolitaine, s'était acciuis dans la société une grande réputation d'esprit. Dorât a composé un livre qu'il a intitulé : L'esprit de Caraccioli.
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pour m'y rendre la plus belle place du monde, la place Vendôme. » Mais de tous ces étrangers, celui qui faisait la plus brillante figure dans le salon de madame Necker, c'était l'abbé Galiani *.
Durant les dix brillantes années de son séjour à Paris, les seules, disait-il, où il eût vécu d'une vraie vie, de 1739 à 1769,1e folâtre abbé, dont le gouvernement napolitain avait eu la singulière idée de faire un secrétaire dambassade, charma toute la société paj ses saillies, et, dès que le salon de madame Necker fut ouvert, il en devint un des hôtes les plus assidus. Là, il ne se trouvait pas exposé, comme chez le baron d'Holbach, à tenir tête, lui chétif, à toute une réunion d'athées, et à leur démontrer l'existence de Dieu par le célèbre argument des dés pipés. Dans une discussion de cette nature, la maîtresse de la maison aurait pris parti pour lui, et il devait se sentir en sécurité. Mais ces abbés du xviii^ siècle étaient si exigeants, que chacun avait ses griefs. L'abbé Morellet reprochait à madame Necker la contrainte qu'elle imposait à ses hôtes sur les
1. L'abbé Galiani, né à Chieti (Abruzze Citérieure) ea 1728, mort à Naples en 1787. Les Dialogues sur le Commerce des blés, qu"il publia peiidant sou séjour à Paris, eurent un grand succès de vogue et furent un moment sur toutes les tables.
questions religieuses. L'abbé Galiani lui reprochait « d'avoir de la vertu et d'observer le froid maintien de la décence ». Sans doute, à ce point de vue, il se trouvait plus à l'aise à la Chevrette, chez madame d'Épinay. Mais, une fois qu'il a quitté Paris, « le seul endroit, s'écrie-t-il avec désespoir, où l'on m'écoutait ! » pour retourner à Naples, d'où il ne reviendra pas, comme les griefs s'évanouissent ! comme les regrets dominent ! On en jugera par quelques extraits de ses lettres aussi folles et aussi spirituelles que lui et que leur longueur seule m'empêche de publier tout entières. A peine est-il arrivé à Gênes, la première étape de son retour, qu'il écrit à madame Necker pour épancher sa douleur :
Gênes, ce 28 août 1769.
Peste soit des sentiments ! Si j'en ai, que Dieu me pardonne, ce n'est pas ce que j'ai de mieux, en vérité. J'en ai pourtant bien peu ; mais vous, madame, vous en avez un diable chargé. Votre charmante lettre du 29 n'a que ce défaut-là. Vous me parlez encore de seatimenls ! Que ne me parlez-vous de pantoufles ?... que risquez-vous ? Je suis à Gènes et vous à Paris. Savez-vous que, si vous continuez sur ce ton-là, je pourrai bien penser à vous le jour, mais je n'en rêverai i>as la nuit.
Vous voyez comme je suis gai. N'en créiez rien. Je suis triste et malheureux, et je suis bien fâché de vous
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l'apprendre. Je tâche de me distraire et je tienne dans l'excès opposé d'une gaieté folle. J'amuse ici tout le monde hors moi-même. Un instant que je retombe sur l'idée de Paris et de mes amis, me voilà perdu. Je n'y suis pas et vous y êtes. Voilà les deux points de ma triste et désolante méditation. « Mais vous y reviendrez », me dit-on. Qu'en sais-je ? « Mais vous mourrez hors de Paris ? » C'est sûr et ce n'est pas consolant. « Mais vous n'êtes pas encore mort ? » C'est encore très vrai. « Vous vous y ferez donc comme les diables au feu de l'enfer? » C'est pénible^ et enlîn c'est la seule ressource de l'enfer et la seule consolation des damnés . Mais quelle maudite lettre lamentable je vous écris, grand Dieu ! Revenons à nos pantoufles... L'abbé Morellet a donc été mordu de jalousie, Suard en a été piqué, et Thomas en a-t-il été égratigné ? Ah ! il est coriace, celui-là. Nouveau Démosthène dans sa lanterne à Madrid ', qui vaudra un jour celle d'Athènes, il est tranquille, sûr et d'une confiance qui m'impatiente. Si je revenais pourtant, je serais homme à le faire trembler, mais je ne reviendrai pas. Ah îi ! le vilain que je suis ! quel maudit tic j'ai pris là ! Je ne fais que répéter ce doute dans ma tête, et ce doute me désespère, il me tue. Allons, parlons d'autre chose. ... Mademoiselle Clairon * est-elle de retour ? C'est
1. On se lappeTle qu'avant davoir acheté Saint-Ouea, M.Necker avait loué le château de Madrid.
2. Claire-Joséphine Legris de laTude connue sous le nom de Clairon, née à Saint- Wanon de Condé en 1723, morte à Paris, en LS03. Elle s'était retirée du théâtre eu 1765, mais
un chagrin de moins que son absence de Paris m'a valu à mon départ. Je n'ai pas besoin de vous demander si elle se souvient de moi. Je suis bien sûr que oui. Mademoiselle de Lespi nasse s'en souviendra aussi, car elle est jolie, honnête, a une mémoire très heureuse, beaucoup' de lecture, beaucoup de connaissances, et je suis pour elle un livre qu'elle a lu autrefois sans ennui. Madame Geoftrin... Non, je n'en parlerai pas. Je n'en ai pas encore la force. Pour madame de la Ferté- Imbault (la fille de madame Geofirin), on peut en parler, elle m'aime et je l'aime comme les anges s'aiment, à ce que dit notre saint Thomas, qui n'est pas votre Thomas, mais qui était bien meilleur théologien et qui avait découvert que les anges s'aiment tout aussi bien de loin que de près, sans se voir, sans se parler. Ils sont bien heureux s'ils y trouvent du plaisir.
Vous m'aviez promis de m'écrire souvent. Tiendrezvous parole? Écrivez-moi par la poste en droiture ici, mais chargez quelqu'un de faire les enveloppes. Vos lettres ressemblent à Socrate, la plus belle âme dans le corps le plus laid. Vos lettres sont aussi belles que l'enveloppe en est affreuse. Je dis cela pour faire plaisir à l'abbé Morellet et non pas pour vous humilier. Il ne vous conviendrait pas de bien faire les enveloppes. Cette matérialité ne sied pas bien au sublime de votre inefl'able spiritualité. Voilà le papier qui com-
madame Necker, qui l'avait eucore entendue la première année de son séjour à Paris, avait conservé une grande admiration pour elle et la faisait jouer parfois dans son salon.
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mence à me manquer. IS'oubliez pas mes compliments à votre plus cher ami, à M. Necker. Je l'aime inliniment, et ce n'est pas pour vous faire ma cour. C'est pour mon plaisir tout pur. On me reprochera que je n'ai pas encore envoyé rien dire à l'incomparable Marmonteletàtant d'autres; mais leur souvenir cause mon malheur, et il ne faudrait pas être malheureux. Ah ! cette pantoufle ! Heureux le cordonnier !
Cependant, d'étape en étape, l'abbé est arrivé àjN'aples. Ce n'est paslui qui comprendra jamais qu'on s'écrie: Veder Napoli, poi mori! Au pied du Vésuve, ce sont les souvenirs de Paris qui le hantent, et il ne peut se tenir d'en faire confidence à madame Necker. Après avoir « tout bonnement et platement » commencé par lui demander de ses nouvelles, et s'il est vrai qu'elle soit grosse, il se laisse aller à la vivacité de ses regrets et trace ce tableau animé, où il peint au vif le salon de madame Necker et lui-même:
II n'y a point de vendredi que je n'aille chez vous en esprit. J'arrive, je vous trouve tantôt achevant votre parure, tantôt prolongée sur cette duchesse. Je m'assieds à vos pieds. Thomas en soutire tout bas, Morellet en enrage tout haut, Grimm, Suard en rient de bon cœur, et mon cher comte de Creutz ne s'en aperçoit pas. Marmontel trouve l'exemple digne d'être imité, et vous, madame, vous faites combattre deux de vos plus belles vertus, la pudeur et la politesse; et dans cette
souffrance vous trouvez que je suis un petit monstre plus embarrassant qu'odieux. On annonce qu'on a servi. Nous sortons. Les autres font gras ; moi, je fais maigre et mange beaucoup de cette morue verte d'Ecosse que j'aime fort, je me donne une indigestion tout en admirant l'ardeur de l'abbé Morellet à couper un dindonneau. On sort de table, on est au café ; tous parlent à la fois. L'abbé Raynal convient avec moi que Boston et l'Amérique anglaise est à jamais séparée d'avec l'Angleterre, et dans le même moment Creutz et Marmontel conviennent que Grétri est le Pergolèse de la Fiance; M. Necker trouve tout cela bon, baisse la tête et s'en va. Voilà mes vendredis. Me voyez-vous chez vous comme je vous vois? avez-vous autant d'imagination que moi? Si vous me voyez et si vous me touchez, vous sentirez qu'à présent je vous baise tendrement la main. Mais vous souriez? Adieu donc, je suis content.
Cependant il n'a pas tout à fait pardonné à madame Necker d'avoir gardé vis-à-vis de lui « le froid maintien de la décence », et, après deux années écoulées, il lui cherche encore querelle à ce sujet:
Naples, ce 6 juillet 1771.
iMa ilivinité !
Enlin une lettre de vous est venue me trouver. Si cela continue, je n'en demande pas davantage à la déesse de l'amitié. Vous êtes toujours dans les mêmes principes, à ce que dit votre lettre; tant mieux pour
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M. Necker, tant pis pour les autres. Cela me fait plaisir à moi pourtant, puisque cela prouve que j'étais l'Hector de cette Troie et que
Si Pergama dextra
Defeadi possent, etiam hac defensa faisseut.
Si la chose eût été faisable, je l'aurois faite. Réjouissons-nous donc et triomphons dans la déroute générale.
Vous me dites que tous vos plaisirs se réduisent à la conversation. Je vous plains bien, elle est mourante à Paris et sera bientôt morte. Curœ levés loqimntiir, ingénies shipent. Les Français parlent et chantent quand on les pince; ils se taisent, comme déraison, lorsqu'on les assomme. Pour moi, voilà bientôt deux ans que j'ignore ce que c'est qu'une conversation. Faute d'autres animaux raisonnables, jefaissociétéavecunchat. Il est à présent malade. Si vous connoissez la force des chagrins domestiques, vous pouvez juger de mon affliction. J'ai appris la langue chatte depuis mon départ de Paris; je la parle assez couramment pour un homme, et je crois que, si vous veniez me trouver, au lieu de vous dire:« Je vous adore, je languis, je me meurs », et cent autres fadaises de la langue humaine je vous dirais : Miaou! et tout serait dit, et même très énergiquement. Savoir ce que vous répondriez. Répondriez-vous à demi-voix comme une jolie chatte : Mie,mieii, mioii? on souffleriez- vous comme une chatte fauve et farouche? Allons, vous ne risquez rien à me le dire à deux cents lieues de distance. Ni vos griffes ni les miennes ne sont pas si longues. Mais revenons à nos moutons.
J'ai fait de votre charmante lettre tout l'usage que je pouvois. Je l'ai montrée au baron de Gleichen. Il a dit comme la Fontaine en apprenant le choix de la sépulture de Racine, que vous ne m'en auriez jamais tant dit de mon vivant à Paris. Enfln nous nous sommes attendris jusques aux larmes, et, en faisant votre éloge, mon refrain était : « C'est dommage qu'elle ait tant de principes dans la tête et aucune inconséquence dans son cœur. » Je me suis souvenu de cette soirée affreuse et à jamais mémorable où je fus un monstre parce quej'osois dire ce que tout le monde pensoit. Je disois que je n'aimoisles hommes que pour l'argent, et M. Necker eu a ; que je n'aimois les femmes que pour la beauté, et vous en avez ; je disois donc que j'aimais le maître et la maîtresse de la maison et j'étois un monstre après cela. Vous en fiites scandalisée, madame Suard étonnée et madame la gouvernante du Louvre indignée *. La ville en retentit, les faubourg s'en plaignirent, le royaume en étoit en combustion et tout le monde me pardonna : ainsi Dieu me le pardonne d'avoir convoité l'argent et la femme de mon prochain alors, car nous ne le sommes plus i\ présent. Les Alpes nous séparent. Mais ni le temps ni les Alpes effacent le souvenir de journées délicieuses que j'ai passées chez vous. Voilà la tristesse et le spleen qui me gagnent. Changeons de discours.
Je me reproche tous les jours de n'avoir pas encore
1. Ce titre de gouvernaDte du Louvre désigne une amie de madame Necker, madame de Marchais que nous retrouverons plus tard.
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écrit à mademoiselle Clairon, C'est une des personnes qui m'a le plus véritablement aimé au monde. Je l'ai toujours senti et je suis bien aise qu'elle le sache. Voudriez- vous bien le lui conter? Je rêve bien souvent d'elle et de ses amis. Je n'en parle pas si souvent. Car avec qui en parlerois-je ? Je vis avec des gens qui de temps à autre me demandent ce que fait la reine de France (c'est vrai au pied de la lettre) ; ils ont oublié d'en avoir porté le deuil il y a trois ans. Ah ! madame, quel affreux désert que cinquante mille Napolitains ! M.Necker m'écrivit d'une atîaire il y a quatre mois... Je lui répondis une longue et belle lettre. L'a-t-il reçue ? Je n'en sais rien. Voudriez-vous me le dire ?
Grimm vit toujours, on le sait. Suard fait des traductions spontanées et donne des nouvelles forcées *. Je l'aime mieux quand il fait à sa guise. Morellet assurément ne soutiendra aucune thèse à présent ni sur l'exportation, ni sur les privilèges, ni sur les toiles peintes, ni sur les gênes de la liberté du commerce. Qui est-ce qui se plaint des égratignures au milieu d'une bataille ? Me conseilleriez-vous d'écrire à madame Geoffrin ? J'en aurois bien grande envie. Cependant j'ai peur qu'elle ait peur de mes lettres. Je suis si fou, elle est si prudente. Cependant je l'aime, je l'estime, je la vénère, je l'adore, et, si on m'écoutoit, j'en parlerois toujours. Dites-le-lui au moins et ditesmoi en quel état sont les mercredis. Je ne puis plus
1. Suard venait de faire paraître une traduction de la vie de Charles-Quint, par Robertson, et rédigeait la Gazette de France avec l'abbé Arnaud.
soutenir le tableau émouvant des souvenirs que j'ai. Ma tête est une lanterne magique à présent. Je vous quitte et j'embrasse M. Necker, et vous aussi si vous y consentez.
La correspondance de l'abbé Galiani s'arrête à cette date. J'ignore si les lettres suivantes ont été détruites ou si la correspondance a effectivement cessé. Peut-être madame Necker a-t-elle trouvé que l'abbé poussait trop loin lebadinage, Dans sajeunesse, elle eût trouvé plaisantes ces déclarations d'au delà des monts ; mais, depuis qu'elle vivait dans une société assez corrompue, il y avait certains sujets sur lesquels elle n'entendait pas raillerie. En réalité, madame d'Épinay était une correspondante qui convenait beaucoup mieux à Galiani et il n'est pas étonnant que seule elle ait eu le privilège de continuer à recevoir des lettres du pétulant abbé.
Des dîners plus ou moins bons et une conversation brillante dont, avec une habileté parfois un peu trop apparente, elle savait diriger le cours, n'étaient pas les seuls agréments que madame Necker se préoccupât d'offrir à ses hôtes. Parfois elle leur faisait entendre mademoiselle Clairon, qui était retirée du théâtre, mais pour laquelle elle avait conservé une admiration passionnée, ou bien elle cherchait à leur procurer un plaisir fort apprécié au xviii'' siècle, celui de