‹ Le salon de Madame Necker: d'après des documents tirés des archives de Coppet (volume 2)Chapitre 11 sur 49 · Bores (prouoncez Borey) est un petit village du · texte numérisé non relu

Bores (prouoncez Borey) est un petit village du

canloadeVaud. Dans la Suiase rsmande,on écrit en eic les uoms qu'on prononce en ey. C'est ainsi qu'on écrit Feraex, ei (|U'OD proDODce comme en France Femey.

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confondre avec enx par mon laDgage. D'ailleurs, voaa m'avez toujours dit que j'étois un grand original, un être unique dans mon espèce, etc., etc. Le moyen de renoncer & des titres aussi glorieux ? Cependant que tsiire et comment vous faire sentir la maussaderie de moa existence, depuis que jevoua ai quitta A Borex ï Voici ce qui peut vous en donner une foible idée. J'étois une fois à la campagne pendant trois semaines j avec une dévote des plus rébarbatives, qui m'excom- ', munioit vingt fois par jour à cause de mon peu de foi et surtout parce qu'il m'arriva malheureusement de b&iller & une explication d'un endroit de l'Apocalypse où il étoit question, si je ne me trompe, de la bataille sanglante qui devoit avoir lieu entre Oog et MagogetVAntichriste. D'un autre côté, ily avoit deux gentilshommes campagnards qui s'étoient ruinés par des procès et qui, faute d'autre occupation, s'employoient à réconcilier les puissances et jt partager l'Allemagne. Mallieureusement, l'un étoit Prussien et l'autre Autrichien, de façon que les disputes ne finissoient point, sinon pendant quelques moments qu'ils se réconcilicient pour me quereller sur mon indifférence et ma nonchalance. Un vieillard alité auprès de qui je me réfugiois atdievoit de me régaler par dès détails tout & fait intéressants de ses maux. Il plut pendant tout ce temps-là, et la bibiiotèque du seigneur du lieu étoit composée du coutumier du pays de Vaud et de deux vieux livres de religion très propres à inspirer la dévotion, si elle est la même chose que le sommeil. Devois-je m'amuser pendant ces troissemainesl répondez-moi en conscience, madomoi-

selle. Eh bien, ces trois semaines m'ont para enrtVM la moitié ilu temps que j'ai passé éloigné de vous. f Je ne saia guère si je suis plus mal à mon aiae seul (m en compagnie; mais, quoi qu'il en soit, je change perpétueOement do place. Quand je suis seul, je m'a^ bime dans mes réflexions, j'essaie de travailler, je prends des livres, je les ouvre, mais je ne' vois rien. Je sors à la grande h&te, pour ma fuir ou plutM pour vous fuir. Mais vous ne me quittez pas si facilement. Je cherche les femmes qu'on me ditr^tre les plusairaables. Peut-être le sont-elles, mais par malheur je les ©empare toujours, avec vous. Me parle-t-on? on veut que je réponde, que je parlÔ à moH tour, et on oubHe le seul siyet capable de me desserrer les dents. Se taitonl on insulta & ma tristesse, on 7ent jouir du spectacle d'un philosophe atterré; ou plutdt du cadavre d'ui^sAgo.

' Ma seule consolation, mais elle en vaut bien d'autres, * c'est de -me rappeler à mon esprit les moments agréarbles que j'ai passé avec la plus charmante des femmes ; ce mot m'^st échappé, je ne vous destinois pas une clogo ; mais^puisqu'il est Iftché, je suis bien Icin de me dédire. Voua êtes belTe ; si j'enjloutois encore, je viens d'en avoir une prawe convaincante. J'allai l'autre jour chez ua-petutre étranger qui est parmi pous depuis quelque temps. 7y vis un portrait que j'uurois' juré être farl^pour vOns. J'y revois quand le peintre me dit; < Voilà un effortde mon imagination, un portrait de fantaisie. J'ai parcouru toute l'Europe, je n'ai jamiùs trouvé tine femma qui osât s'attribuer tant de charmes, et pour moi je siîrs persuadé depuis longtemps

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