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. iin-'on la ohercheroit toujours. > La force de la prévention de cet homme résista à tous ies efforts que je fis pour le tirer de eon erreur.
Or Ç&, raisonnons. Tant deoliarmes tous donnoient pleio droit d'dtre frivole, liante, capiicienee, médisante, farcie de ridicules. Â peine vos admirateurs aarolent-ila vu tous ces dé&uts, on du moias ils tes auroient oubliés en vous regardant. Cependant vous ét«s tout l'opposé de ce que vous pourriez être. On applaudiroit quoi que vous disiez, et vons 6tes spirituelle. On admireroit vos lûzarreriea et vous êtes sensée. VoilJL proprement la situation où l'on peut tirer vanité de ses bonnes qualités. Un monarque absolu et une jolie femme à qui la tôte ne tourne point doivent avoir l'ftme bien forte. Voulez-vous, mademoiselle, que je vous parle naturellement t Je vons ai toujours infiniment estimé, mais l'heureuse semt^ne que j'ai passé à Crassy vous a donné un relief dans mon esprit, qut vous n'aviez point auparavant. J'ai vu tous les tréson de la plus belle ftme qae je eonnois. L'esprit et l'humeur toiijours égale eattoiyours la preuve d'une &me contente d'elle-mdme. De la dignité jusque dans le badinage, des agrtoients dans le sérieux même. Je ' vous ai TU bire et dire les choses les plus grandes sans vous en apercevoir an delA de ce qui étoit nécessaire pour les dire et pour les faire avec connoissance de cause. Votre passion dominante, on le voit assez, c'est la plus vive tendEease pour les meilleurs des parente ; elle éclate partout et iïùt voir & tons ceux qui vous approchent combien vous avez le cœur susceptible des plus Dotdes sentiments. Toutes les fois que cette ré-
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tloxion s'est présentée ft mon esprit, elle m'a toujouta emporté bien loin des objets qui l'aToieQt&it naître. Je rMéchig dans ce moment même au bonheur d'un bomme qui, possesseur d'an tel cceur, vous trouvât sensible à sa tendresse, qai ptlt vous asaurermille fois le jour combien il vons almoit et qui ne cessa de vous en asssurer qu'en cessant de vivre. Je bfttjs alors des systèmes de félicité, chimériques peut-être, mais qne ie n'échangerois junais contre tout ce que le commun des hommes estime de plus grand et de pins réel.
Assurez, s'il vous plaît, mademoiselle, vos dignes parents, M. et madame Carchod, que je me ferai toujours un devoir de conserver les sentiments de reconnoissaoce et d'estime qu'ils m'ont inspirés.
Que je serois malheureux, mademoiselle, si voua pouviez douter de la considération toute particulière avec laquelle j'ai l'honneur d'être.
Mademoiselle,
Votre très humble et tires obéissant serviteur.
Mademoiselle, Je réfléchis souvent sur moi-même, non qne je me regarde comme l'objfet le plus important de l'univers ; mais, enfin, c'est une matière de contemplation qui m'intéresse beaucoup que de considérer ce que je suis, ce que j'ai été, ce qne je vais devenir. Autrefois mon sort étoit plutôt ennuyeux qu'affligeant. One fortuiio honnête, quelques amis, une certaine réputation, voilà peut-être à quoi je dois m'attendre; mais tous ces
biens réels sans doute n'étoieiit point accompagnés du pouvoir d'en jouir. Je perdoia un cœur capable de beaucoup de sentiments ; je n'en avois éprouvé aucun, et tout me faisolt ressântir que les sensations les plus douloureuses ne sont pas aussi ffkcbeuses à l'&me que ea vide, cette inaction totale où elle languit isolée dans l'univors, à charge aux autres et prête & se détester elle-même. Voil&, mademoiselle, un affreux ta^ bleau. Cependant voila une idée de l'état que j'ai souvent éprouvé, état d'autant plus pénible qu'on n'a pas même la consolation de se répandre au debors. On craint de se plaindre de maux qui n'ont pas d'otget sensible, qui paroisaent partis plutôt d'une humeur tantasque que d'un cœur affaissé sous son propre poids. On n'a pas de ressource même avec ses meilleurs amis. Il y a plus de gens qui pensent qu'il a'y en a qui sentent, et ceux-là n'entendroient point le lajigagede vos malheurs.
Je vous Inconnu, mademoiselle, tout est changé pour moi. Une félicité au-dessus de l'empire, au-dessus même de la philosophie, peut m'attendre. Mais aussi, un supplice réitéré chaque jour et aggravé toujours par la réflexion de ce que j'ai perdu peut me tomber en partage. Cependant Socrate remercioit tes dieux de l'avoir fait nt^tre Orec ; je les remercierai toujours de m'avoir fait naître dans on siècle, de m'avoir placé dans un pays où J'ai connu une femme que mon esprit me fera respecter comme la plus estimable de son sexe pendant que mon cœur me fera sentir qu'elle eneatlaplus charmante. «Voilà, dire^ vons, du sérieux, pu]lugubre, du tra^^que même. L'ennuyeux person-
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ûago 1 Peut-on s'empêcher de bâiller ea le lisant ! > B&iilez, mademoiselle, Je sens que je l'ai mérité, mais J*i mérité que tous ajoutiez : < 11 serait cependant et souhaiter que tous les prédicateurs flisseot aussi convaincus 'le ce qu'ilsdisentque celuiqui vient de m'eaauyer et de m'édifler. »
J'ai l'honneur d'être, avec une considération et un attachement tout particuliers,
Mademoiselle,
Votra très humble et très obéissant serviteur. Le fils dti roi Moabdar.
Je ne sais si mes lecteurs partageront mon impression, mais je ne peux trouver dans ces lettres aucun accent sincère et passionné. Je n'y vois que l'œuvre d'un bel esprit qui écrit des lettres d'amour comme on écrirait un exercice de français, et qui appelle k son aide les figures dont l'usage est recommandé par les manuels de rhétorique. Gibbon ne se contentait pas d'écrire il Suzanne Curchod les lettres que l'on vient de lire et dont j'ai respecté les incorrections de tout genre-Jaloux, sans doute, des madrigaux vàudois qu'elle recevait, il s'adressait également à elle en vers. Je dois dire que la pièce dont je vais citer quelques fragments ne porte aucune signature. Mais il est impossible de ne pas la lui attribuer, d'abord parce qu'il prend soin de se ' désigner lui-même, dès la première stroplio,
D.3l.za..ïG00gle .
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ensuite parce que cette pièce est manifestunent l'œiivre d'un étranger qui conaalssait les règles de la langue ftançaise, sans connaître celles itè la Tersiflcation, et qui prenait pour des vers un certain nombre de syllabes terminées par des rimes approximatîTes .