‹ Le salon de Madame Necker: d'après des documents tirés des archives de Coppet (volume 2)Chapitre 39 sur 49 · MADAME DE HARCHAIB SG · texte numérisé non relu

MADAME DE HARCHAIB SG

Necker. Les deux noms de M, de Marchais et de M. d'Angeyilier s'entre-aroisent également dans les lettres de madame de Marchais, et il est assez difficile de démêler lequel des deux tient le plus de place, sinon dans son cœur, du moins dans sa vie. Écrivant à madame Necker du fond d'une terre où l'avaient appelée des affaires assez ennuyeuses, elle se loue des bons offices de M. d'Angeviller, qui l'aide à débrouiller des comptes arriérés, et aussitôt elle ajoute ; « Voilà le voyage de Fontainebleau : il faut que j'y aille pour le service de M. de Marchais. Je ne compte pas pouvoir partir avant le 2 ou le 3, ce qui me dérange fort. Mais il faut se soumettre aux affaires et commencer par faire ce que fon doit. * Quelques lettres choisies en quelque sorte au hasard dans la volumineuse correspondance de madame Necker et de madame de Marchais, montreront au reste mieux que tout ce que je pourrais dire quel était le ton et le diapason de cette correspondance. Voici d'abord un échantillon du style de madame de Marchais :

Ma charmante amie, c'est moi qui dépéris réellement d'ennuis et île regrets de ne point vous voir. L'impatienco me sôcbe lo sang, et n'amôue point ces heureux

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moments après lesquels la tendre amitié soupire. Si près de voua, toujours pensant & tous, ne respirant que TOUS, tout me sépare de tous ! Je ne rerrài point demain, ni encore sitdt, ce lien de délices que moo cœur a tant besoin de connoître ! I^es derniers arrangemens de ma maison et la sauvagerie de M. de Mar> , chais me tiennent dans une dépendance qui m'enlève h tout. Plaignez moi, aimez moi, et pardonnez moi de griffonner si mal, car je suis dans l'eau où il m'est impossible de former une lettre. Le sentiment me devinera et Terra dans ctiaque mot mal tracé celui qui est gravé si avant dans mon ama ! Mon Dieu [ qu'il y a ' loin d'ici & mercredi ! pour dîner j'espère ! cela est convenu aTec madame d'Houdetot, n'est ce pas ? Comment ferai-je pour embrasser M. Necker dans la positioû où je suis î Pour cette fois, nous le laisserons là, et je ne tends les bras qu'à sa délicieuse moitié.

A ces effusions de tendresse madame Necker répondait sur le même toq et avec le même en-

Ma charmante amie aura tù que mon cœur voloit au-devant d'elle au moment où sa bonte la ramenoit & moi ; que j'ai été touchée de cet aimable billet ; la douce sympathie de nos âmes, mon admiration ponr vos vertus, le charme inexprimable attaché & tous vos mouvements, a toutes vos actions, à vos moindres paroles, tout eu un mot se réunit pour me pénétrer d'un sen-

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