‹ Le salon de Madame Necker: d'après des documents tirés des archives de Coppet (volume 2)Chapitre 40 sur 49 · HAD&ME DB UARCHAIS · texte numérisé non relu

HAD&ME DB UARCHAIS

timent unique dont tous seale ponvez jamais être l'olùet ; jugez de ma peine en apprenant voa rechutes, voB accidents continuels, et yoas ne voulez pas que je sois auprès de tous ; que j'almerois ft tous désobéir si je ne craignois de vous déplaire; enfin le tems s'aTance, et je suis condamnée encor & pegarder Totre séjour à Versailles comme indispensable; mais en TOUS dérobant à mille importuniiés, tous serez 11- Tréeà l'aiaitié; elle trouTera des ailes pour tous atteindre, et je parcours d^à d'un coup d'œil l'espace qui sépare Paris de Versailles. Adieu, ma charmante, ma belle, ma délicieuse amie; je vous embrasse; je TOUS serrecontiemonsein ou plus t/lt contre mon Ame, cajr il me semble qu'aucau interTalle ne sépare la Totre de la mienne.

Permettez tous, ma belle amie, que je me rappelle au souTenir de M. d'AngeviUer î Paria, ce 4 novembre 1774,

Pendant les Toyages que madame de Marchais faisait à la suite de la cour, madame Necker la tenait au courant des nouvelles de Paris. Peutêtre ne lira-t-on pas sans intérêt cette lettre où il est question des représentations que madame d'Épinay aTait organisées sur le théâtre de la Chevrette :

Vous m'aTcz ordonné, ma charmante et belle amie, de voua donner de mes nouvelles & Fontainebleau*

j'aime à supposer que vous y prenez quelque intérôt, - mais voua le scavez bien, votre ascendant est si grand que votre haine même ne pourroit le détruire; toute occupée à vous aimer, je cherche rarement à démêler vos sentiments pour moi; mais j'ai cependant au fund du cœur cette douce certitude qu'un attachement si tendre doit s'attirer quelque retour de la plus belle ame du monde.

Notre vie est tellement nniforme que je n'ai rien d'intéressant & vous apprendre. M. Thomas vit avec nous, mais beaucoup plus avec le csar et les Russes ' ; il semble oublier, au milieu de cette nation sauvage, tous les torts qu'il trouve aux peuples civilisés; il est content et presque gay, tant il est vrai que la pensco est un remède souverain contre les maux qui affectent l'imaginatioD. Onajouéune seconde fois, h la Chevrette : les Pfëteniicns, du chevalier de Chastellux ' ; elles ont eu le plus grand succès ; on applaudissoit à chaque phrase; en effet, il est impossible de déguiser avec plus d'esprit le manque d'action thé&trale ; les actrices se sont aussi distinguées et semblent acquérir tous les jours un nouveau degré de perfection. Depuis que j'ai vu des femmes honnêtes et aimables représenter des scènes si naturelles, les acteurs de la

1. Thomas préparait alors un poème dont Pierre le Grand était le héros et qui devaitavoir pour titre ; la PéirSide.

S, François- Jean, d'abord chevalier, puis marquis de Chaatelluï, né à Paris en 173*,' mort en 17S8, auteur d'un livre sur la FMiHti! publique, qui obtint quelque vogue. U était de l'Académie française.

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