MADAME DE MARCHAIS
Comédie ftançaisa ma sont devenus iasupportables. Eafln on va noua donner dimanche Bornéo et Juliette, la pièce la plus tragique du tragique Stiakespe&r; c'est le chevalier qui l'a traduite en prose et arrangée & sa manière; le succès est, je crois, douteux; je nel'aj paa lue, mais il ma semble que c'est un tour d6 force pour l'auteur et les acteurs. M. Wattelet a travaillé aussi sur le même st^et; voilà, je pense, toutes nos nouvelles littéraires. J'aime & m'occuper des objets qui pourront vous amuser; l'expérience et l'amitié m'ont appris que les coonoissances abstraites et solitaires sont bien peu de chose pour le bonheur; il faut tacher de lier toutes ses idées & ses sentiments ; c'est ce que je fais habituellement en ne cessant de penser h. ma charmante amie que j'embrasse un million de fois puisqu'elle me le permet ainsi.
Saint-Oueu, ce 16 octobre.
Qui n'aurait cru que deux femmes qui s'écrivaient sur ce ton ne dussent rester unies par les liens d'une amifié éternelle? Il suffit cependant pour rompre cette amitié d'une querelle frivole, . tellement frivole même qu'il est impossible de prendre au sérieux le motif allégué par madame de Marchais. Celle-ci avait convié un jour la maréchale de Luxemborg, le comte et la comtesse de Broglie (ce qui était un peu hardi pour la femme d'un valet de chambre du roi) à la lecture de vers que devait faire entendre chez elle un
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obscur poète du nom de Rocher. Madame Necker devait natureilecnent être de la partie ; maie, comme elle se trouvait également invitée cliez madame Saurin * à une lecture de La Harpe ', et comme elle avait déjà entendu les vers de Rocher, elle crut qu'elle pouvait arriver en retard d'une heure. Malheureusement Rocher, qu'elle rencontra chez madame Saurin, crut pouvoir n'arriver qu'avec elle, ce qui fit attendre fort longtemps -les nobles invitées de madame de Marchais, àson grand déplaisir. Aussi, quand madame Necker entra dans son salon, elle lui tourna le dos, et, le lendemain, à une lettre que madame Neckerlui écrivit pour luitémoigner ses regrets, elle répondit avec beaucoup d'acrimonie : « Ces grandes dames ne sont point de notre société; on les assemble dans le dessein de leur plaire en les amusant. L'objet es1>-il rempli quand, ayant bien voulu devancer l'heure convenue par tout
1. Madame Saurin était femme du poète dramatique Bernard-Joseph Saurin, né à Paris en 1706, mort en 1781, qui fut de l'Académie A-ançMse. Il est l'auteur du fameux vers écrit sur le socle du buste de Molière, qui devait étra plaça dans la salle de l'Académie lïangaisâ : |
Risn ne miuqae i tt. gloire; il manquiût i, la nbtn.