‹ Le SalteadorChapitre 2 sur 19 · AQUI MATARO» UN HOMERE · texte numérisé non relu

AQUI MATARO» UN HOMERE

Ce qui signifie tout simplement « Ici, ils ont tué un homme. »

Cette espèce de haie mortuaire s'étendait pendant Tespace d'une lieue et demie ou deux lieues, c'est-àdire pendant toute la largeur de la vallée ; puis on traversait un petit ruisseau qui, côtoyant le village de Cacin, va se jeter dans leXenil, et l'on rentrait dans la seconde partie de la sierra. — Cette seconde partie, il faut l'avouer, était moins âpre et moins diflicile à franchir que la première. Le sentier se perdait dans une immense forêt de pins ; mais il avait laissé derrière lui les défilés étroits et les rochers à pic. On sentait qu'on était arrivé dans des régions plus tempérées; et, après avoir cheminé une lieue et demie dans les sinuosités d'une montagne ombreuse, on arrivait à découvrir une espèce de paradis vers lequel on descendait, par une pente inclinée, sur un tapis de gazon tout bariolé de genêts aux fleurs jaunes et embaumées, et d'arbousiers aux baies rouges comme des fraises, mais dont la saveur un peu grasse rappelle plutôt le goût

de la banane cpie celui du beau fruit auquel il ressemble.

En arrivant à ce point de son voyage, le pèlerin pou- VMt pousser un soupir de satisfaction ; car il semblait que, parvenu là, il fût délivré désormais du double danger auquel il venait d'échapper : celui de se briser en roulant dans quelque précipice, ou d'être assassiné par quelque bandit de mauvaise humeur.

En effet, on voyait, à gauche du chemin, à la distance d'un quart de lieue à peu près, s'élever et blanchir, comme si ses murailles eussent été de craie, une petite bâtisse participant à la fois de l'auberge et de la forteresse.

Elle avait une tentasse avec un parapet découpé en créneaux, et une porte de chêne avec des traverses et des clous de fer.

Au-dessus de cette porte était peint le buste d'un homme au visage basané, à la barbe noire, à la tête coiffée d'un turban, et tenant ei main un sceptre.

Cette inscription était gravée au-dessous de la peinture :

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