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DES FAITS ÉCONOMIQUES

Sureaux île placement généralisés» — Association volontaire et engagement mutuels des travailleurs pour la garantie de la production et de la consommation.

En abordant le monde des réalités, il faut composer avec ce qui est, se résigner au mieux relatif, chercher le possible actuel; etsans s'y fixer, en admettre du moius l'hypothèse : nous ferons tous nos efforts pour aller au-delà, et protesterons même encore lorsque nous céderons à la nécessité. Mais enfin, si nous n'approuvons pas, du moins nous concevons qu'il y ait une station fatale avant d'arriver à l'unité absolue, à la socialisation directe et légale du sol et des autres capitaux.

De ce point de vue du relatif et de la politique vivante, il est une idée qui résume la théorie de l'intervention transitoire de l'État telle que nous la voulons : c'est qu'une institution économique d'État, indépendante du pouvoir exécutif ou du ministère, élevée à la haute indépendance d'une magistrature civile économique de premier ordre, analogue à la magistrature judiciaire, soit V intermédiaire d'abord officieux, et si plus tard il y a lieu, l'intermédiaire légal, unique et universel des citoyens pour la production, la circulation et la consommation des richesses de tout ordre; pour le crédit, le prêt et le placement des capitaux.

Pias tard encore, et par la tendance irrésistible des faits, des intérêts et des volontés, un nouveau progrès aurait lieu dans cet organisme semi-social ; et alors l'agriculture, l'industrie, le commerce, deviendraient des fonctions sociales ou publiques, régulières et réglementées comme la justice, l'armée, l'Uni* versité, le clergé, et, en général, l'administration politique.

En attendant cette seconde transformation, on voit avec quelle admirable

facilité Tiendraient se centraliser, l'ordonner et fonctionner au plus grand profit de tons les citoyens, sons la sollicitude et la responsabilité de l'institution centrale, les institutions de crédit, d'escompte, les assurances* les entrepôts, les bazars, les balles, les docks, les chemins de fer, les mines, les hypo* thèques, l'inventaire social on la statistique universelle, et en général les grands véhicules du transport des personnes et des choses.

U y a longtemps que le Socialisme égali taire et fraternel recommande celte combinaison:

Dé|à en 1842, après avoir affirmé gue la paix ne sera solidement assise que lorsque chaque nation aura, réalisé dans son sein l'unité économique, indus* trielle, agricole et commerciale, tout comme elle a réalisé l'unité politique et civile, nous ajoutions: « mais en attendant cette transformation radicale, rien » n'empêche les nations civilisées d'entrer dès aujourd'hui dans le courant

• nouveau des idées économiques.

» Ainsi, sans que l'unité matérielle soit réelle et intégrale dans une nation, » les pouvoirs représentatifs peuvent fort bien créer une institution économi- » que, nationale, qui ait pour fonction spéciale d'être l'intermédiaire officieux » du commerce de ce pays avec tous les autres et de nouer en conséquence » ses relations diplomatiques. Cette institution centrale serait C indicateur « universel, et comme la grande maison de commission gratuite et désin* » téressée du peuple tout entier vis-à-vis des autres nations du globe. Elle ne » serait ni producteur, ni consommateur; elle ne vendrait ni n'achèterait

• elle-même, ni pour son propre compte, ou pour celui d'autrui ; mais elle » préparerait les transactions en les rendant possibles et faciles. C'est à » ce centre que les nations étrangères s'adresseraient pour leurs offres et » leurs demandes : l'institution ferait ensuite, connaître à chaque spécialité les » renseignement positifs de toute nature. »

Ce que nous disions alors des peuples entre eux nous l'avions dit ailleurs* en 1858, des individus et des centres entre eux, des corporations entre elles. — Comptoirs etbanques d'Etat, entrepôts et docks, bazars et magasins, enfin institution nationale servant d'intermédiaire officieux pour les échanges ou la vente et l'achat, pour la simplification du système de circulation, la loyauté, la facilité et la sécurité des transactions commerciales, etc., etc.*., nous avons été des premiers à signaler, à conseiller, à combiner tous ces moyens il y a doue et vingt ans.

Mais nous avions demandé en même temps et indivisiblement le changement de rapports entre maîtres et ouvriers, capitalistes et travailleurs. Nous avions voulu que le patron et l'ouvrier se transformassent en coassociés, égaux, libres, et gouvernés par la même loi de rétribution ; enfin nous maintenions que l'abolition du prolétariat, c'est-à-dire la réalisation de l'égalité des conditions de développement moral et physique ; celle du droit au travail et la socialisation desinstrumens ou conditions de richesse sont de droit immédiat, et que partant la doctrine des transitions est ici sans application; ne devant avoir de valeur et de légitimité qu'alors que le présent aura engrené en quelque sorte dans l'avenir, et qu'il ne s'agira plus que de déduire les conséquences, ou d'édifier les dernières assises. Quant aux premières fondations. Il les faut à tout prix.

En attendant, la première chose à faire, c'est de mettre l'ouvrier en rapport avec l'instrument* le producteur avec le consommateur, l'offre avec la demande, les ressources avec les besoins : avant de songer à régler les conditions du travail, il faut s'occuper de faire connaîtrait tous où est le travail, où est le travailleur, où sont le producteur etks consommateur de chaque espèce de richesse. On ne pourra même aborder avec succès la réforme des conditions du travail et du salaire qu'après avoir organisé cette connaissance des faits élémentaires de l'économie: on plutôt ne donnons la priorité à aucune amélioration: il foui que pour être mondes. eUcs aofeat toutes simultanées» Du

reste, quelles que soient les relation; nouvelles entre le travail et le capital, la statistique écooomkrae, la mise en rapport directe des producteurs et desconsomaateurs, est indispensable, urgente: les deux questions sont donc, à li rigueur, indépendantes,

La seconde chose à faire est de fâdltter la Tente et rachat ; d'en garantir la loyauté, l'opportunité, les bonnes conditions ; c'est d'apporter économie, nrdie, simplification et sécurité dans l'emmagasinement, la circulation, l'exposition des denrées et marchandises; c'est d'en assurer la conservation, c'en constater authenliquement la quantité, la qualité, la provenance, les prix, la pureté ou l'altération, etc. — Cest de faire disparaître indirectement, en les rendant inutiles, les rouages parasites du commerce, toute cette armée d'improductifs qui, sous l'apparence d'intermédiaires entre le producteur et le consommateur, dévorent la récolte de l'industrie humaine, comme les chenilles la feuille des arbres.

Le système des entrepôts, des bazars, des halles, des docks, etc. répond

â ces exigences nouvelles du développement industriel des nations moderne?.

Puis vient en troisième lieu, le grand problème des conditions du travail et

de la garantie du droit au travail. — Pour {Instant, nous nous bornons à la

tâche la plus facile.

L'une des conceptions les pks pratiques et les plus nécessaires, c'est assurément celle des bureaux de placement non seulement pour les personnes, mais pour les produits ; celle (Tune institution neutre qui, sous quelque non: qu'on veuille lui donner, serait l'intermédiaire oûicicox, impartial, entre les producteurs et les consommateurs, serait chargée de recueillir et d'enregistrer d'une manière authentique les demandes et les offres de l'ordre économique engendrai ; de les transmettre officiellement au public, de le renseigner scrupuleusement sur les besoins et les ressources des localités, des marchés. des divers élablissemens. Cette institution, fût-elie isolée de toute autre, n'eût* «île que cette simple et neutre attribution d'intermédiaire, de recollecteur e: de publicatcur universel des demandes et des offres, aurait encore la plus» grande valeur.

Si demain, il y avait au chef-lien de chaque canton de France, une administration de renseignemens économiques, de placement des personnes, des capitaux, des denrées et marchandises, laquelle fût en rapport direct et obligé avec l'institution semblable de tous les autres cantons, par l'intermédiaire d'une administration centrale établie à Paris, un grand pas, un pas plus important et décisif qu'on ne l'imagine à première vue, serait fait dans la voie de transformation économique. On ne démontre pas ces choses-là : on les affirme. Tout le monde en effet, a été au moins une fois dans sa vie en perplexité de trouver en temps opportun du travail, en rapport avec ses aptitudes acquises, avec sa vocation ; un débouché à ses produits, le lieu d'achat d'une richesse essentielle à un prix et dans des conditions donnés; tout le monde a subi les suites cruelles du chômage, d'une non-vente, ou d'une vente au rabais ; d'un achat à prix excessif, dSine détérioration de marchandises, d'un trop plein relatif, d'une production superflue ou anticipée, etc. : et tout cela faute de renseignement, faute de savoir 1

Cette administration universelle de placement des personnes et des choses, de correspondance entre les producteurs et les consommateurs, entre les travailleurs et les détenteurs d'instrumens de travail, aurait pour but l'équilibre 4te la production et de la consommation, la garantie du travail à tous ceux qui en demandent; la garantie du placement aux capitaux disponibles: elle réaliserait celte suprême condition de l'ordre, de l'économie et de la simplicité : un seul intermédiaire direct et désintéressé entre tous les producteurs et tous les consommateurs, entre les offres et les demandes de tous genres. Par elle, les denrées et les marchandises, les travailleurs et les capitaux iraient à leur des* tination sanstâtonnemens ni détours: ce bienfait est Incalculable»

Mais si J'on venait à la combiner avec une institution de crédit ou de commandite populaire et vraiment démocratique, avec on système d'entrepôts, de bazar»; et si l'on supposait la réalisation générale du mode d'association, son importance décuplerait aussitôt ; car alors cette institution serait en mesure de procurera tousses adhérens les trois conditions de la garantie du droit au travail, ou de l'indépendance et du bien être des travailleurs, à savoir : — te crédit ou les instrumens de travail, et les avances nécessaires; — le sûr débouché ou l'échange certain et opportun ; — la vente et Tachât équitables» et toujours à propos. t

t" 71 - Cette statistique des faits économiques est le desiderata, le vœu de tous — les pioducteurs et de tous les consommateurs : s'arrêter à en démontrer l'absolue nécessité serait superflu.Toutefois, il est évident que, réduite a cttte simplicité, l'institution ne peut être le dernier mot de l'organisation de l'agriculture et de l'industrie. Il ne suffit point aux producteurs et aux consommateurs de savoir où sont les besoins, où sont les offres, quels sont les quantités, les qualités, les prix des denrées et marchandises; il faut encore qu'ils se partagent l'œuvre de la production, qu'ils s'engagent réciproquement à produire et à consommer les richesses collectives, de telle sorte que vente et achat, création et consommation de richesses, tous ces actes importans soient prévus, préfixés, pour ainsi dire anticipés, afin d'être certains, pondérés, et toujours en parfaite harmonie.

L'œuvre resterait inachevée s'ils s'entêtaient dans la concurrence dépréciative. Pour la féconder, il faut une simple union, cimentée en toute liberté* dans l'unique but de garantir entre tous les adhérens la production et la consommation, par la seule et régulière mutualité de demandes et d'offres.

L'institution de crédit, de commandite et de renseignement, atin d'élever les bureaux de placement des personnes et des choses à la hauteur d'une institution sociale de premier ordre, devrait donc se proposer d'organiser la mutualité entre les producteurs, entre tous les citoyens par conséquent, en leur facilitant l'abonnement préalable et régulier à leurs produits respectif*, flous avons déjà vu combien cette mutualité serait facile dans Ibypotlièse de l'organisation du canton-commune : cette organisation offrirait même un milieu tout préparé pour l'abonnement préalable. Mais, à la rigueur, les rapports à régulariser et à centraliser entre producteurs et consommateurs peuvent se passer de la réalisation complète du milieu cantonal : tout cela peut se réaliser même sous le régime du laissex-faire , par le seul mobile de fin* térêt mieux entendu.

Serait- il donc chimérique de supposer que tous les citoyens qui auront été assez sages pour s'associer, le seront assez aussi pour consentir à régulariser leurs productions et leurs consommations, en contractant de centre a centre des engagemens, I termes plus ou moins variables, de livraison et d'achat réciproques, pour des quantités, des qualités et à des prix approximativement prédéterminés? Serait-il donc impossible de nommer dans leur sein une commission, un bureau ou conseil central chargé de recueillir et de constater ces engagemens ; de créer, par son organe, des répartiteurs électifs de la production et de la consommation de tous les établissemens et de tous la individus, associés adhérens, au prorata de leurs aptitudes, de leurs ressources et de leurs besoins relatifs, d'après un mode de répartiment analogue à celui que l'administration des finances Remploie pour l'assiette et la répartition du contingent de l'impôt, entre toutes les circonscriptions, et finalement entre tous les citoyens?

Que demain l'État décrète une haute institution de prévoyance et d'équité économique, élective à son origine, élective toujours; laquelle soit chargée de recueillir de chaque citoyen l'engagement de produire et de consommer des sommes équivalentes de richesses, d'enregistrer l'état de ses besoins et de ses • — <k. ivxr>0£é de ce qu'il peut, de ce qu'il t'engagea produire d unepert,

à consommer de l'autre, en moyenne; on le projet de budget de la production et de la consommation individuelles et collectives; enfin Cétat des contin* gens individuels économiques : et qu'après le dépouillement de tontes ces offres et demandes, l'institution procède à la répartition proportionnelle da contingent de chaque citoyen, on de chaque groupe de travailleurs, de telle sorte que la production finale de tous corresponde exactement à la consommation de tous. Dès lors, l'équilibre général est assuré : tout citoyen est producteur et consomnateur, en même proportion, en parfaite équation. Nous considérons ce moyen comme le plus simple, le plus efficace et le plus immédiatement pratique. —C'est bien un bereau de placement, non plus seulement pour les personnes, mais pour les choses, pour les produits à créer ou à consommer. Et rengagement n'est pas simple : nul ne s'engage à produire ou à consommer» sans s'engager également à consommer ou a produire en proportion ; à moins qu'en Rengageant à consommer, il n'ait (Tailleurs les moyens de payer sa consommation. — On peut objecter la difficulté de compter sur des engagemens qui ne seraient pas fidèlement remplis; mais rien n'est plus facile de faire porter sur les délinquans une responsabilité inéluctable qui les suivrait dacs leur carrière et dans toutes leurs résidences.

L'institution que nous proposons comme devant émaner de la Société ott de l'État représentant, peut également tirer son origine de la spontanéité des corporations, lorsqu'elles auront compris que leur intérêt est de se solidariser entre elles, et de conclure à une administration centrale qui mette entre toutes la mutualité, l'ordre, la justice distributive, l'équilibre ou le balancement

En attendant que tous les habitans d'une même commune ne forment qu'une association, qu'une raison sociale, économique et politique, intimement rattachée au canton-commune, les associations égalitaires et fraternelles de toute nature comprendront, en effet, l'intérêt qu'elles ont à se clamer par spécialité*, et à s'organi>cr uni la i renient sur toute l'étendue de la Frauce, de manière à former de va>tes corporations soumises dans leur sein au régime démocratique, se gouvernant en tout et pour tout par l'élection et par la représentation! locale, calquée sur la représentation nationale du souverain tout entier. Elles auraient dune leurs conseils a" administration, leurs assemblées générales. et cimenteraient de l'une à l'autre, comme elles le feraient dans leur sein, de localité à localité, »tne mutualité et une solidarité régulières et oQicielles. Les groupes similaires des spécialités se partageraient donc annuellement la productioo, chacun en raison de son personnel ou de ses ressources comme nous l'avons indiqué.

Nous nous bornons à ces indications , ne pouvant nous proposer de donner id plus que les bases et les généralités des combinaisons possibles , et les détails appartenant à la législation positive.

Que toutes les corporations associées librement nomment chacune un membre dans son sein avec mission de représenter ses iniéré's, et que l'ensemble des membres ainsi nommés, aille former une commission centrale supérieure, un bureau chargé d'organiser la correspondance, la mutualité de production et de consommation entre toutes les associations ainsi représentées: — que cette commission soit laissée dans la plus entière indépendance par rEtat, ou qu'elle soit mise sous la haute protection et le haut contrôle de PEtat-lleprésentant,— comme on voudra ;— pourvu quelle tienne et perde ses pouvoirs et ses attributions uniquement de la volonté des corporations représentées ; pourvu encore, et surtout, que sa principale attribution soit celle que nous proposons.

L'idée-mère de cette conception est celle-ci: introduire en parfaite liberté» dan* la production et la consommation des richesses nationales, quelque chose d'analogue à l'esprit des voies et moyens imaginés par l'administration des finances pour Yassicttc de f impôt et la répartition du contingent de chaque

circonscription, de chaque localité, de chaque individu, -~ avec toutes les variantes et modifications que comporte évidemment lu nature dUKrente des deux objets.

Voilà, suivant nous, le moyen te pif» sur d'universaliser Vassociatlon nationale pour rassurant* mutuelle économique; pour C abonnement réd* proque à ses produits respectifs. Cest là le moyen naturel de PaUiance uni» ▼erselle des Rroducieort-confommateorf et des consommatenrs-prodocteurf • — Par ce procédé, imité de l'administration des finances, les sociétaires connaissent mathématiquement le nom et l'adresse des consommateur», la nature, la quantité, la qualité des produits qu'ils peuvent et désirent consomv njer, et celles des produits qu'ils peuvent et désirent produire.

Dans cette hypothèse, les capitalistes étant parfaitement garantis contre tontes chances aléatoires pour, la vente des produits, pourraient en tonte sécurité, prêter au plus minime intérêt leurs instrumens de travail aux travailleur» habituels de leurs établissent ns. Ces travailleurs devraient, comme condition absolue, s'associer entre eux pour la participation équitable à la répartition,, en raison précisément dû minimum de production et de consommation qui leur serait aifecté par la répartition du contingent général et indivHnel*.

L'fital pourrait, avec une égale sécurité, commanditer toutes les associations ouvrières qui témoigneraient aqtbentiquement de leurs engagement mutuels, de leur adhésion aux statuts de l'institution ou bureau des abonne» mena mutuels, et cellesqui trouveraient des cautions de leur moralité et de leur aptitude parmi des tiers dont la responsabilité matérielle serait réelle.

La liberté est donc sauvegardée complètement dans cette conception* A la rigueur, les abonnés peuvent n'être pas associés, peuvent être aussi bien des individus, que des groupes ou corporations. De même, dans l'hypothèse de l'existence des cantons-commune*, on voit avec quelle merveilleuse tacillté cette conception du bureau des engagemens réciproques entre producteurs et consommateurs, recevrait son application dans un milieu tout organisé déjà pour la constatation des faits sociaux, et en particulier pour la statistique de l'état hebdomadaire, des denrées et marchandises en entrepôts et en bazars, etc.

L'État, dans cette combinaison de sa commandite , n'aurait à exiger que deux points : 1* la moralité des associés ou des adhérens; 3* la certitude qu'ils ont un débouché assuré, c'est-à-dire la preuve des engagemens récipro» ques. Or, cette certitude, cette preuve, il la posséderait par sa division administrative des engagemenset dts placemens, ou des abonnemens mutuels aux produits respectifs. — Chaque centre est donc encore possesseur de ses instrumens de travail : l'appropriation corporative et individuelle est respectée dans cette conception^ et, à cause, de cela, il y a encore des chances inégales 4e fortune, de bien-être; mais le cercle dès inégalités est déjà singulièrement restreint, et l'échange est déjà ramené à des conditions d'équité sath>

he mode de répartition de t impôt peut très bien s'adapter et au système des fonctions sociales, et à l'hypothèse de l'association libre des corporations Universalisées, et à l'hypothèse des prolétaires-ouvriers tran formés en propriétaires associés par une grande mesure de salut public due à aj) grand élan de la nation souveraine par l'organe de ses représentana»

Voilà pour la liberté. Reste la question de justice. Ceux qui, pouvant S'associer, s'associent, et qui, par cette association, obtiennent la liberté avec le. bien-être, n'ont rien à dire, rien à revendiquer de la Société, soit ; — amis

ceux qui ne peuvent même pas s'associer, tant la misère les a dénués, ou qui, après s'être associés, ne réussissent pas, se ruinent; enfin ceux qui n'ont rien,

'erez- vous? Evidemment, ici commence leHtte , parce qu'ici commence le domaine du droit,

^t»«WV>.MV W*TMVV, IIVIbHNHIil

pas même un travail suivi, qu'en ferez- vous? Evidemment, ici commence le rôle de l'Etat-Peuple ou représentant, ]

du juste strict. — Ne soyons donc pas «durits; sachons comprendre cq Mène temps les deux limites extrêmes de Ki réalisé. J9*y eût-il qu'un taocent detacrifié, on droit méconnu, il fendrait crier : réparation! satisfaction !

VRAI FOÎDEEHT M LIIPOT SU* LE CAMT1L iMMimaAsicB 9* cm hoybw.

La société ne peut pas accorder son crédit aux uns jans raccorder aux autres également Sur quoi se fonderait-elle? C'est pourtant ce qu'elle fait jusqu'ici avec un aveuglement parfait et *une confiance sans bornes; car qu'est-ce que l'appropriation actuelle du sol et de ses fruits? Qu'est-ce que le monopole des instromens de travail ? Un acte de crédit social , de crédit gratuit ; indéfini, sinon perpétuel en faveur de certaines familles, avec faculté de transmission arbitraire, avec ce privilège bien autrement insigne, donné aux capitalistes, d'instituer un crédit privé à titre onéreux, de prêter à intérêt cm mêmes iostrumens de travail , dus au crédit gratuit de la société, dus aux membres mêmes du corps social que cette aliénation indéfinie des instrumens de travail de la commune patrie a dépouillés de leurs capitaux naturels.

Vous demandes à la société, aux individus, l'intérêt du crédit que vous leur accordes ; mais ne voyez-vous pas que la société reste toujours en droit de vous retirer votre monopole, et à plus forte raison d'exiger de vous l'intérêt du capital primitif, qu'elle vous a délégué, aliéné pour ainsi dire, en vertu de son crédit supérieur; car, l'instrument de travail et les travailleurs salariés, à l'aide desquels votre activité s'est exercée si utilement pour vous, à l'aide desquels vous vous êtes procuré le nécessaire; et par-dessus, ces épargnes, que vous prétendez faire valoir maintenant avec usure, vous les tenez d'ellemême, de la société, de la loi ou de l'Etat-People. Que 'aites-vous dès lors ? Tous méconnaissez le bienfait et exploitez le bienfaiteur. Ne voyez-vous pas que si la même faveur eût été accordée, maintenue à tous, par la société, votre crédit serait sans raison d'être ; qu'aucun citoyen n'aurait besoin de recourir à l'usage de vos capitaux, puisqu'il aurait constamment l'usage gratuit des instrumens de travail nécessaires à son bien-être, en rapport avec son activité et son aptitude?

Primitivement, ne l'oubliez pas, votre capital a été un don, une faveur gratuite de la part du crédit social , ou une spoliation de la part du détenteur qui vous l'a transmis sous la sanction d'une loi ultérieure. — En admettant que le monopole ou l'appropriation individuelle ne fût pas le plus direct et le plus funeste des préjudices portés au bien-être, à la liberté, à l'existence des familles que ce monopole prive d'instrumens de travail, comme cependant le prêt gratuit de ces instrumens par le crédit privé pourrait notablement amoindrir les effets de la spoliation ou du monopole • il suit que la dixme ou Cusure exigée, achève le scandale et le préjudice; et que le privilégié semble se complaire, en quelque sorte, à faire lurgir des excroissances sur l'arbre de ses insignes prérogatives.

Le crédit privé est donc un double abus, d'abord en ce qu'il présuppose l'existence de capitaux particuliers, ensuite en ce que ces capitaux ne sont confiés aux travailleurs, déshérités de leur droit au crédit gratuit de la société, que moyennant un intérêt, une dixme, prélevée sur les produits de leur travail

Le moindre sentiment d'équité vous en a déjà convainc»! : si la société vous a garanti gratuitement l'usage dlnstramens, oui sont tout pour vous ; bien* être, liberté, fortune, considération..,, elle doit en garantir également, et à titre gratuit, à tous vos semblables nés et à naître. Donc, en Justice distributive, il est impossible que le crédit particulier, tant qu'il est admis, <

d'être gratuit, sinon, la société est placée dans cette obligatoire alternative, ou de retirer immédiatement la disposition des iostrameos de travail dos maint de ceux qui en font cet usage coupable , ou d'exiger l'intérêt dn prêt, da crédit qui leur est ainsi dispensé par la société. D*où cette conclusion : Si le crédit privé n'est pas gratuit, le crédit social ne peut l'être non plus sans forfaire an grand principe de l'égalité des conditions. Donc, tout capital doit supporter un intérêt, au profit de l'Etat* équivalent au moins à celui qu'il fait supporter aux emprunteurs ; et dès lors l'État a le devoir, et se trouve en mesure (te rendre à ceux-ci Céquioalent de t usure prélevée sur eux par ceux-là. La légitimité de cette mesure est évidente : l'État, sans cette corn*' pensatUm. aurait donc aliéné arbitrairement les instramcns de travail qui sont l'indivise et Inaliénable propriété de tous en faveur d'un petit nombre désigné» parle sort, ou caractérisés par la violence et la spoliation; et justement ce petit nombre, non satisfait encore de son incompréhensible privilège, ao lieu de s'en tenir à la Jouissance cfe cette première prérogative, et de prêter à titre gratuit ses capitaux, viendrait encore rançonner, dépouiller par I usure les familles déjà dépossédées de leur droit d'égale participation à la mise en œuvre, moyennant une égale récompense, de ces instrument, leur propriété commune et indivise I

Voilà ce qui explique l'universelle prohibition de l'usure dans toutes les civilisations primitives, au nom de tontes les religions, et par tous les législateurs, et, en particulier, la réprobation absolue dont l'ont frappée Jéfus~Christ et la religion catholique. — Voilà surtout le vrai fondement de l'impôt sur le capital, de l'Impôt progressif, illimité, et sur le superflu, et sur le revena des riches ; enfin, la raison d'être et la légitimation, non-seulement de I» grande mesure de l'expropriation pour cause d'utilité publique*, mais encore de l'organisation dn travail par l'Etat, au profit du prolétariat, comme le de* mandait le Luxembourg, et avec lui la plupart des travailleurs. Ce fondement, aucun publiciste ne l'avait mis à découvert, n'avait pensé à l'Invoquer pour soutenir les divers modes d'impôts radicaux.

Nous l'avons signalé H y a quatre ans, et nous le reproduisons ici tel qu'il t été imprimé à cette époque.

Ce n'est donc pas, comme une forme iï assurance, que l'impôt sur le cipital doit être exigé par la société, accordé par le capitaliste ; c'est h titre de dette envers les prolétaires ; à titre de compensation, de participation indirecte à la jouissance des instrumens de travail offerts par la nature à tous les individus de la race humaine; à cette seule un de réintégrer progressivement dans leur part de crédit social les citoyen* déshérités par une législation devenue injuste, révoltante, odieuse pour la conscience du Souverain.

Ce grand fait du monopole foncier est tellement aux yeux de tout les législateurs passés et présens le résultat d'un crédit et d'un crédit purement gratuit accordé aux détenteurs au nom de la société, qn'ils reconnaissent à la société, à la loi, le droit éminent de l'impôt sur le toi approprié, et que toutes les foi* qu'il y a utilité publique constatée, l'Etat leur impone des sacrifices illimités en rapport avec les exigences sociales ou dn salut du Peuple. A Athènes «tous les citoyens étaient convaincus que la fociété avait des droits sur la totalité des propriétés particulières. Toute restriction apportée à l'usage des propriétés et amenée par les circonstances paraissait Juste. » — Tous les philosophes, tous les Jurisconsultes modernes déclarent avec le sage écossais Reio « que In communauté conserve toujours un droit éminent sur la propriété de set membres, droit qui s'étend aussi loin que le bien public peut l'exiger ; » et s'ils acceptent le droit de se faire une propriété permanente et d'en disposer» c'est « sons la réserve que personne ne sera privé des moyens nécessaires à son existence, t Ils affirment enfin avec ce philosophe si timide d'ailleurs, que « le droit de Cinnocent sur les choses nécessaires à son existence, est

• de sa nature supérieur au droit du riche sur sa richesse, alors mémo

• qu'elle a été honnêtement acquise. »

H est mi que la société impose non-seulement les capitaux, le revenu» nais le travail ; non-seulement les biens fonciers, mais les mobiliers ; non-seulement les producteurs-propriétaires, mais les consommateurs prolétaires. Partout le fisc connaît les contributions directes et les indirecte*. Oui, mais voilà précisément l'iniquité : nous disons qu'il est de justice absolue . soit d'affranchir le seul travail de tout impôt ; soit, si on le laisse soumis à l'impôt, de grever le capital d'une somme non pas égaie, mais double, triple et centuple sll le fout, de celle supportée par le travail, outre la part d'impôt que le capital paie déjà. — La première a titre d'impôt sur le capital comme sur le travail ; la seconde à titre d'Intérêt du capital dont le crédit social investit héréditairement les capitalistes en leur octroyant le droit légal d'user et d'abuser des instrument de travail national jusqu'à les monopoliser ; et même jusqu'à les prêter à intérêt sous toutes les fermes connues.

Il but même aller plus loin : Il faut encore une autre compensation qui se

rapporte à la privation où sont tous les prolétaires de toute participation à fange et aux fruits du sol. Cette compensation, c'est encore à l'impôt sur le capital qu'il fout la demander, afin de la transformer en fonds de crédit au profit exclusif des travailleurs déshérités de leur part de propriété collective.

m Point de capital, dit-on, point d'impôt : qui possède beaucoup, paie » beaucoup; qui possède peu, paie peu; qui ne possède rien, ne paie • rien. • — Voilà qui est ingénieux et naïf : rien de plus juste; mais est-ce là «ont? est-ce même là la question? — Qui ne possède rien, ne paie rien r —cela serait difficile en effet; — mais le problème social ne porte point sur ce qu'on paiera, mais sur ce qu'on possédera. Il fout que tout le monde puisse posséder moyennant travail et bonne volonté; et posséder beaucoup : il fut que, par les institutions, nul ne puisse posséder beaucoup sans travailler du tout, tandis que d'autres ne pourraient rien posséder en travaillant beaucoup. Pourquoi, par exemple, cette monade joive qu'on appelle RostcbJld at-eJle pu à elle seule, en se promenant d'Allemagne en France, de France en Italie on en Angleterre, pomper Légalement un capital, supérieur peut-être à celui de toutes les tribus d'Israël 11...

Ce qui est vraiment en question dans l'ordre spéculatif, ce n'est point rimpôt sur le capital, c'est le capital privé lui-même, ce sont ses inttpnes privilèges, dont le premier est dans son existence saême, dans sa possibilité» dans ses causes. Qui n'a pas compris cela , n'en est encore qu'à Va 6 c de la science sodale et économique. Nous reviendrons, sll le faut, sur ce point II sons suffit d'avoir rendu à Yhnpôt sur le capital, son véritable caractère.

Toutefois, il est évident que si ce moyen est lêgitimi, il est loin d'éire efience, d'être le meilleur. — Toucher au capital par l'impôt sans toucher av monopole et à l'usure sous toutes ses formes, au libre échange, au monopote enfin, c'est touchera l'effet sans toucher à la cause; c'est prétendre guérir m chancre sans extirper à fond ses racines; c'est vouloir tarir un fleuve sans remonter à sa source. — Preneiau capital pour donner au travail d'un côté :. le capital, en vertu du saonopole qull exerce et du droit de prêt à usure, en vertu de la nécessité où sont les prolétaires de lui demander le salaire, re* prendra an travail de rnutre, l'équivalent de ce que tous lui aurez enlevé. — Ces t que, avec ses prérogatives Intactes, le capital s'engendre à mesure qu'on le détruit : c'est le phénix qui renaît de ses cendres.

Ainsi, la snesure que d'autres croient merveilleuse est radicalement illusoire; on bien elle conclut aux méuKs fins que nous; et dans ce cas, il faut oser le dire.

A quoi bon en effet, llsapôt sur le capital? A quoi bon même les sources indirectes de revenus pour la commandite par l'Etat? Tant que vous conservera rnsure, le capital dévorera le travail ; — Et tant que vous conserverez le capital particulier, le capitaliste donrinera le travailleur, le tiendra comme ujp esclave dans sa dépendance.— D'an autre côté, otci l'usure, et mettez 11m» pOt sur le capital, que luirerte-MI, au capital ? Il en plus franc, plus lovai, et

plus simple de l'exproprier moyennant indemnité, de procéder i an rachat universel au profit de tons, an nom de tons, pour came de saint public— Et le rachat n'est certes pas pins difficile que la suppression de l'usure sous toutes ses formes, que l'impôt indéfiniment progressif sur le capital.

Si le souyerain prélève indéfiniment un impôt sur le capital, ce ne peut être que pour l'absorber finalement au profit de tous sans exception, en le socialisant par la commandite régularisée des prolétaires désormais constitués en association et corporations solidaires, mutuellistes.— Mais» évidemment, il est préférable de maintenir les foyers actuels de production, en associant les travailleurs aux capitalistes dans la possession desinstrumens de travail an moyen de l'expropriation avec indemnité, que de construire un nouveau monde à côté de l'ancien, avec les ressources d'un impôt sur le capital; car ces deux mondes se faisant nécessairement antagonisme et concurrence sont incompatibles; et la société entre dans une époque de perturbation qui équivaut à la mort.— Le jour où Tune de ces deux grandes mesures serait devenue réalisable, l'autre le serait également : donc il faut préférer la plus efficace, la plus Juste, la plus radicale.

11 est encore une combinaison qui consiste à donner à l'Etat toutes les sources de revenus laissées jusqu'ici à la rapacité de l'oligarchie financière. — Ainsi le monopole des chemins de fer, des canaux, des mines, des salines, celui des assurances, celui des banques, celui des entrepôts, bazars, docks et lialles, etc., viendraient s'ajouter dans les mains de l'Etat au monopole des postes, des tabacs, des cartes, des poudres, des ponts-et-chaussées, etc., qu'il a déjà.

Par ce moyen, on suppléerait peut-être aux vieux et odieux impôts directs et indirects qui ont fini leur temps, on éviterait l'impôt sur le capital qui a bien ses impossibilités ; mais échappa ait-on davantage à la fatalité d'une constitution économique radicalement vicieuse, qui élève toujours les riches et abaisse toujours les pauvres. La concurrence existant toujours, ainsi que l'appropriation inégale d'instrumens ou de capitaux d'une importance inégale, le gaspillage, l'inégalité monstrueuse de fortune persévérerait donc et rien ne serait commencé.— L'Eut, dans toutes les combinaisons de cette nature, fait toujours le métier de Sisyphe ou celui des Danaldes : il laisse les citoyens se porter tour h tour de mutuelles blessures, pour avoir le plaisir de panser les plaies, sans jamais pouvoir les guérir. Mous dirons ici ce que nous aurons à dire plus tard à l'occasion de l'expédient des assurances généralisées. A quoi avex-voos abouti après avoir procuré à l'Etat les impôts les puis abondans? Avez-voua garantie tous les citoyens l'égalité des conditions? Non. — Leur avez-vous garanti le droit ac travail partout, toujours? Non. — Et le débouché et la bonne vente de leurs produits ou de leurs bras? Non. Mais dès-lors vous n'avez rien fait pour clore la révolution.

Cependant, et malgré la vérité de cette critique au point de vue de l'absolu, nous ne croyons pas qu'on puisse refuser à ces combinaisons les honneurs de l'expérimentation, ou plutôt de l'application, si le tempéramment de l'opinion ne comportait que cette dose d'amélioration : tout ce qui va suivre suppose cette réserve de notre part. Nous ne voudrions pas nous mettre sur la voie de l'erreur. Or, l'exclusivisme n'est pas autre chose.

La commandite de l'individu par la société étant de devoir absolu, tout citoyen a donc une action à exercer contre la société, tant qu'elle la lui reftmt aux conditions légitimes de cet octroi.» Done, si tout à l'heure le souverain portait le socialisme au pouvoir, la première obligation de celui-ci serait du reconnaître cette action de la masse prolétaire et de la commanditer directement, positivement an même titre et au même degré que tous les possesseurs actuels du sol et des autres capitaux. — Le Peuple souverain a pour ce grand but plusieurs voies ouvertes, également légitimes : nous les indiquerons.

Le Gérant, J, Màlabiibt.

Pamtt \t 10 &t chaout mois, car YuDnmotv d'au moût* 4tux \tu\\Ui.

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S A LIT m PEUPLE

numéro ï$. — 40 ami 4850.

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