‹ Le salut du peuple Journal de la science sociale: journal de la science socialeChapitre 14 sur 16 · SALIT DU PEUPLE · texte numérisé non relu

SALIT DU PEUPLE

LE PfiOGRÊS PAR LA DOULEUR.

Nouj avons le pressentiment que le flot révolutionnaire, en emportant les derniers débris du passé païen et féodal, passera à travers tous ces compromis illusoires avec le mal, qu'on appelle moyens transitoires; et viendra s'épancher et se perdre dans les eaux pures du socialisme le plus radical. Et ce pressen* timent n'est point le résultat d'un désir qui se méprend : nous le recevons des leçons même de l'histoire.

La raison et le cœur nous disent que tout progrès devrait s'accomplir par la paix et la persuasion ; que tout dans le mouvement social devrait être évolution, développement ou croissance continue et imperceptible, comme le développement et la croissance du corps de l'homme, qui dans l'état sain, grandit et s'embellit sans crise douloureuse ou mortelle. Imagines les hommes décidant de toutes choses en frèresdans de permanentes Gooventions,et s'y rendant avec la religieuse volonté de ne sortir du sanctuaire de la législature qu'après s'être entendus, arrangés, conciliés, en donnant satisfaction à tous les intérêts, à tons les désirs de leurs contemporains, à toutes les tendances de l'esprit public ! n y a dans nos récentes annales de France un bel exemple, mais trop rare, de ce que devrait être toute Convention, toute Constituante et toute Assemblée nationale; c'est celui que nous offre l'immortelle nuit du & août. On devrait d'autant plus se le remémorer aujourd'hui qu'il y a parfaite sim> tude de position entre cette époque et la nôtre*

Mais voici ce que nous dit l'histoire universelle, ce thermomètre de la sagesse humaine.

Le progrès, qui devrait se produire à l'acclamation Joyeuse de tous et se constater par des cérémonies religieuses, s'est toujours accompli jusqu'ici par la douleur au milieu du deuil général. H semble que ce qui est pour l'avenir une immense conquête , une bénédiction d'en haut, soit pour le présent une longue expiation des fautes passées.

C'est ainsi que le progrès est engendré de la lutte éternelle entre ce qui est et ce qui devient, entre le génie du mal et le génie du bien. La loi en est assez exactement symbolisée dans la religion.de Zoroastre par l'antagonisme des té* nèbres et de la lumière, tfAhriman et tfOrmuzd; d'Ormuzd ia lumière, à qui le triomphe définitif est promis à la fin des temps. Le temps est id lu puissance supérieure qui assure la victoire au bon génie, et qui ne souffre les

lattes du mauvais, que pour la gloire dn Dieu-Souverain et celle des

Depuis qu«rhumairité se connaît, elte en est encore à attendre qne le passé cède à l'avenir, et le fort an juste, et le teit as droit, et la passion à l'intérêt, et le préjugé à la raison, et l'Ignorance à la sdtnce. De le, (Inévitable et uniforme solution des problèmes sociaux par la violence. Montra dans l'histoire une évolution un peu large qui ne f oit point édose an sein d'une ardente révotutton. Montrez un seul progrès qui se soit accompli autrement, dans les institn* tjons et les droits?

On a toujours vu ceci : les privilégiés, les satisfaits n'acceptent point d'en* trer dans un sentier qui les mène à ce qu'ils tiennent pour un précipice on une mort sociale. — Gomme les bœufe qu'on veut faire entrer à l'abattoir, ils ont l'instinct de ce qui les attend , ils flairent de loin* la mort de leurs privilèges. —En tous temps, en tous lieux, ils ont invinciblement répugné aux moyens transitoires. Point de transactions disent-ils, point de concessions ! ! Transitoire, vers quoi ? Vers la déchéance d'un privilège qu'on tient pour un droit absolu : en ce mouvement européen par exemple, vers la déchéance du capital et l'avènement du travail ? — Dans ces termes, n'attendes rien : jamais Us n'ont accepté méritoirement, sciemment, une marche progressive, pacifique, vers le mieux.

Il a fallu une révolution longue et affreusement sanglante pour conquérir la liberté de cuite, de conscience, du la liberté religieuse.— II a fallu une révolution non moins mémorable pour conquérir une ébauche de la liberté dvile et politique des bourgeoisies, et ensuite du prolétariat. — Comment espérer qu'il n'en faudra pas une pour conquérir la liberté sociale dans tonte sa plénitude et sa réalité ?

La révolution allemande, la révolution anglaise, la révolution française et tant d'autres depuis un demi-siècle, ne sont que la répétition fidèle et comme une nouvelle édition de tant de cataclysmes enregistrés dans l'histoire ancienne et moyenne, depuis l'Inde, la Chine, la Perse, l'Assyrie, l'Egypte jusqu'à la Grèce et Rome ; jusqu'à l'affranchissement des communes.

Si nous consultons l'histoire, il faut s'attendre que dans les deux < va se préparer pour la résistance et pour l'attaque. — Et si demain on Mait les états-généraux de l'économie nationale, c'est-à-dire les capitalistes et les propriétaires, les maîtres et les patrons d'un côté; les salariés, les travailleurs, les prolétaires, les journaliers de l'agriculture et de l'industrie de l'antre ; on verrait se reproduire les débats, les animosités, les colères et les haines irréconciliables, les scissions, toutes les péripéties qui ont marqué la tenue des états-généraux du clergé, de la noblesse et du tiers-état en 89 : on verrait tons les nœuds gordiens du socialisme se dénouer de nouveau par la vertu du glaive, au sein de la guerre civile, et peut-être au prix douloureux de la mort des nations aujourd'hui placées au premier rang.

Lorsqu'il y a dérangement, épuration et assainissement dans PatmevAère sociale» on lorsque le printemps doit succéder à Pbiver dans le BMnde moral.

Cutal-ildooc pour rétablir l'équilibre et rhannoitfe, pont faciliter U transi* ton, passer frtalemeot, comme dans l'atinoaphère physique, par U tempête,!* tremblement* le tonnerre et l'ouragan I...

On cherche péniblement des moyens transitoires pour galvaniser kl nationalités épuisées. On semble ignorer que la décomposition et la transformation an creuset d'une profonde anarchie sont le moyen transitoire que la pro- ! enrôle à tons les peuples qui sont dans l'ignorance des tôles normales et de la rie collecte; on qii se refusent (Ty entrer : à savoir» I 'amour, le sacrifice mutuel, là solidarité et limité parfaites.

U fatalité nous l'impose, ce redoutable moyen transitoire, en attendant fae la sagesse de chacun et de tons y supplée par des concessions opportunes» par le respect des droits imprescriptibles de nos semblables,

S le passé, pour s'alléger successivement des iniquités amassées par les se délifrer des liens où Fétreignaient les droits usurpés, avait In la découverte et l'application de moyens transitoires ayant la vert* 4e onndller le bien et le mal, nous en serions encore an régime des castes oit de rantropophagie. Après s'être avancée douloureusement, cherchant, tâton- HM, éprouvant tons les remèdes, elle a tu qnll n'y avait qu'un moyen héroiqoe qui pût la sauver de la mort, et ee moyen ça toujours été la négation rad i al e et brusque des droits indûment acquis jusque-là : ce qne de nos j «an on appelle la banqueroute universelle.

En effet, les IkjuidaUons des sociétés aux époques de révolution ou de transont toujours été des banqueroutes. Ce n'est pas nous qui l'affirc'est l'histoire * et par là nous n'entendons point donner raison à l'histoire, mais certifier l'exactitude de ses récits. La banqueroute est l'issue ■Marelle, le résultat nécessaire de tout mouvement économique basé sur la ttomee on le laisser-faire. Cest l'exutoire par où sortent à un Jour donné toutes les humeurs qui compromettent la vie sociale.

Écoutes un représentant-conservateur, un homme qu'on ne peut croire infesté de socialisme : pariant de l'énormité des dettes de la propriété foncière en France, il prononce comme nous le formidable mot de banqueroute. « Et l'on s'applaudit des progrès de la prospérité publique, et Ton ne voit pas que ton tomeke à ces temps critiques de la République romaine, où les dettes cassaient des révolutions ! » Puis il montre comment notre détresse financière exerce une action fatale sur notre force réelle et notre influence morale, et comment « ne effroyable guerre civile, un bouleversement social peu- » uent être la suite d'impôts excessif» et de la banqueroute. » (1)

Je crains pour les optimistes de terribles mécomptes : Je voudrais contribuer à les dissuader d'une fausse et dangereuse sécurité. A moins d'une grande et subite effusion d'amour et de charité dans toutes les âmes, il n'y a point ffautre alternative: c'est un dur et sanglant applatissement, une immobilisante czarlne. un retour au régime barbare, on un sant de géant dans la

{1} lUudot (de l'Yonne), Décadence de la France*

Eh bien 1 nous disons, nous, que le droit prime tout ce mouvement radical qui communique l'incendie moral sur les quatre coins de l'Europe, et que partant, il est de saint public que nos assemblées nationales manifestent moins de dédain ou de légèreté ponr les droits des prolétaires, si elles ne sont pu décidées à se déclarer sans foi et sans ici devant le monde et devant la postérité

Les statisticiens de lar hante bourgeoisie vont supputant le taux des salaires ; ils font abstraction des conditions de labeur accablant auxquelles on obtient cep salaires ; Ils taisent les chômages ; les maladies contractées dans les iravaui ; Us négligent les professions cù le salaire ne procure même pu les strictes nécessités d'une vie purement animale : enfin, ils parlent du travailleur Au* mot*, comme on fait des chevaux et des bœufe.

Pourvu que les travailleurs ne meurent pas de faim , il semble que tout soit dit : la taxe des pauvres sera donc le dernier mot de ces politiques sans cour : écoutes plutôt Lamartine , il n'a pas d'autre panacée. Us n'ont pu encore compris que le peuple prolétaire est affamé de droit, d'égalité, de liberté ; qu'il manque du pain de l'Ame; qu'il veut les satisfactions du cour et de l'intelligence; qufl a soif de science et de poésie; qu'il n'acceptera jamais la ration anglaise, ni les distributions de blés et les bains gratis des Romains; que l'œuvre si pénible de la production nationale, jusqu'Ici exclusivement supportée par lui, il veut la partager avec luoisib qui participent sigrassement 4 la consommation.

Ils ont des oreilles et ils n'entendent pas : Us ont des yeux* et ils ne voient pas. Ole» donc le bandeau qui fait l'aveuglement et la chute de toutes les royautés. Accordes, accordes donc le moins, si vous voulez que le peuple n'exige pu incontinent le plu*. Adoucissez le mouvement, si vous ne voulez le précipiter. Ne croyez pu que lès travailleurs se contentent du seul bien* être : c'est une revendication solennelle des droits d'égalité et de liberté qulls * poursuivent C'est id un nouveau pu dans la civilisation par l'avènement du classes laborieuses à la vie dvile et politique.

Tous lu genres de relations sodalu veulent être changés : ils le seront avant la fin du siècle.

Ce peu de mots nous ramène par un autre ordre d'idées à comprendre comment tes moyens-transitoires, lu améliorations dn genre palliatif, ne peuvent être que du stations, du courtu haltes pour lu prolétaires, qui marchent, sans se laisser détourner, vers la conquête du droits de l'homme dans toute leur plénitude.

Lu idées nouveUu, ayant la puissance de convaincre la multitude, tout bien se demander quellu seront sous leur action lu nouvelles relations du travailleurs ou des dtoyens : — toute la question est là.

Or, lu prolétaires disent : Nous ne supporterons pu Itoure, car Puure est un vol , le signe manifeste de notre esclavage , la conséquence du grand acte d'appropriation et de monopole qui nous a déshérités : la reconnaître sous la forme de ftssodation entre le capital et le travail, c'ut reconnaître et i

9 — tionner à neuf l'exploitation de l'homme par l'homme, l'oisiveté héréditaire» enfin l'inégalité avec tout son cortège.

Nom oe dépendrons point d'un capitaliste pour l'activité on le chômage de nos bras* car nous a? oos droit partout, toujours, à chaque Instant, aux instrument de production , au sol et à sa fécondité ; ni pour le taux de notre salaire, pour notre part de bénéfice, notre fonction , et le règlement de notre atelier» car nous avons droit à tous les fruits de notre travail , et notre travail ne doit dépendre d'aucun individu en particulier; c'est violer dans ses plus précieuses franchises, le saint dogme de liberté , d'égalité et de fraternité que de mettre les uns dans la dépendance des autres pour les conditions matérielles ou économiques de l'existence. Celui-là est maître de son prochain, qui peut lui octroyer ou lui refuser le travail, le salaire; tous sont esclaves là où chacun dépend du caprice de tous les autres individuellement, pour la vente et IV chat, pour l'échange ou le prix vénal de ses produits.

H font dès lors rinterventlon obligatoire d'un tiers désintéressé ayant caractère public, celle d'experts-jurés; en un mot» celle de la société personnifiée dans TÉ:at.

Il y nid une question de droit, de liberté, d'égalité et de dignité; je m'étoone qu'on se la dissimule lorsqu'on n'est pas fataliste. Le prolétaire ne veut plus être, de par la loi sociale, l'associé d'un patron; car il ne doit plus y avoir de patrons, mais uniquement des travailleurs égaux. Le capital ou l'instrument de travail doit donc être social, collectif, désapproprié et non Individualisé. Sans cela, vous aurei toujours des ouvriers, des serviteurs, des subalternes qui travailleront chex un maître, vous aurex un état major de la production qui gou v ernera, par le fiait de son capital, la masse des citoyens, et décidera de leur avenir.

ie ne dois attendre mon travail et ses fruits, que d'une volonté générale» publique, responsable, primée par la loi, égale pour tous; non du caprice ou de l'arbitraire d'une volonté d'Individu intéressé, juge et partie, ni de personne en particulier. Entre égaux, le droit de l'un ne peut reposer sir la volonté de l'autre. Il faut que tous soient également sujets de la même loi. Ainsi, le capital, l'instrument, le crédit, les conditions de production, de vente et d'achat ou de rétribution et de consommation, doivent me venir de la société, non de l'individu ; être certaines, uniformes, obligatoires et permanentes ; nullement facultatives, diverses ou inégales, éph é mè re s, intermittentes.

En eflèt, de quoi s'agit-il depuis qu'a sonné la première heure de la Révolution française? Il s'agit ffaboiir U prolétariat, nullement de réformer le crédit et le c o mm er ce » de s u p pr im er l'usure, et rien de plus; car abolir le pro- Mtariat, c'est réaliser, inaugurer du moins la liberté, régalhé, la fraternité, lesquelles veulent antre chose que ces réformes et cette suppression, liais s'en tenir, s'arrêter un instant, soit h la création de comptoirs» avec entrepôt* etbaxars, h la referme de la circulation ; soit h rorgm i sati o n d'atelier» sociaux, de colonies agricoles ; soit ortaae à la suppression pire et simple de ru— t. m* intervenir simnltinémcnt, législatfvtment, dans les relations des

maîtres et des ouvriers, des propriétaires et des prolétaire», des exploitai» et des exploités; ce n'est point attaquer le mal à sa radne,ce n'est pas même aborder l'abolition do prolétariat, c'est s'aaraser à la bagatelle de la porte, c'est mettre à couvert ceux qui ont déjà, et quelques-uns parmi eeox qui n'ont rien, tandis qu'on abandonne à leur malheureux sort, tes innombrables bataillons do prolétariat qui entendirent bien, en outrant l'ère des réTolotioas sociales» secouer rudement le Joug, et s'abriter commodément dans la ruche sociale agrandie*

Voyons î fuyons î voici les ouvriers des villes et des campagnes; les Told dans vos fermes, vos manufactures, vos magasins et vos boutiques. Fandra-t-fl qu'ils attendent indéfiniment les résultats très incertains et très insftgnifians, les influences séculaires de vos moyens transitoires, c'est-à-dire superficiels; qu'il y ait par le fait fortuit de l'aveugle fortune une surcom* mande et une prospérité constantes, que la consommation augmente, que le taux des salaires s'élève, que les objets de première nécessité pour le pauvre ouvrier soient en baisse progressive ; que la fraude, la déloyauté, les falsifications, etc., disparaissent devant les recrudescences tardives de la moralité publique î

Vous croyez qu'ils remettront aux calendes grecques les énergiques et légitimes revendications du droit méconnu, do droit de vivre, du droit au travail et à la propriété de ses fruits, du droit à la qualité d'homme «aux prérogatives de citoyen libre, membre du souverain et souverain comme vous, autant que vous... gardes-vous de cet espoir égoïste I

La seule conclusion que nous voulions tirer de ces a vertissemens de fhistoireet de ces exigences du prolétariat, c'est qu'il fout se préparer pour toutes les éventualités extraordinaires, afin d'y faire face. Nous avons donc le droit d'attendre que personne ne se méprenne sur nos intentions; et qu'oc ne voie, dans cette expression franche de nos pensées, qu'un appel h l'intelligence, aux concessions opportunes, à la réconciliation universelle. Après cela, rien ne saurait nous empêcher d'obéir aux éternelles injonctions de la morale et de la vérité ; et, nous répétons, avec l'une des grandes autorités économiques de ces derniers temps, l'austère Sismondi :

« À nos yeux, les hommes n'ont dans les associations humaines des devoirs ê réciproques, que parce qu'Us attendent de ces associations des avantages ~» réciproques. Tant qu'il y a réciprocité d'avantages, les hommes ont con- » tracté des obligations envers Tordre social : ils sont sujets, si la réciprocité » est incomplète; Os sont citoyens, si elle est égale ; mais sll n'existe au- » cune réciprocité, si ceux qui obéissent sont esclaves, si leur avantage n'est •» point compris dans l'avantage général, ils n'ont contracté aucune obliga» » tion : la violence qu'ils éprouvent les a mb en dehors du droit, en dehors » de la loi, et les a dispensés du devoir. »

Pour nous donc qui avons la pensée sans cesse fixée sur l'impérissable devise : Liberté, égalité, fraternité, unité, solidarité, et qui n'en isolons jamais aucun des termes, il n'y a ni bourgeois, ni prolétaires; ni classes

riches, ni classa pauvres; ni patrons, ni ouvriers; mais des hommes, des individus, des frères» des citoyens, qu'A faut soumettre indistinctement, absolument, à i'égalité des conditions. — Sons cette égide de l'éternelle justice, nous sommes forts.

HDICATIOHS S0H1IBES A L'USAGE DU SOUVEBAJÏ.

Il y a deux momens favorables pour ies réformes profondes et décisives : la veille d'une révision de Constitution, et le lendemain d'une révolution. Nous. nous mettrons dans l'une et l'autre hypothèses pour exposer l'ensemble des mesures économiques plus ou moins radicales que nous concevons ou comme possibles dès l'instant, ou comme bonnes et hautement désirables en ellesmêmes.

Lorsque les Socialistes seront en majorité dans l'Assemblée nationale, à quelles mesures radicales s'arrêteront-ils? Quelles lois organiques promul* gueront-ils? Que valent les moyens de réalisation déjà proposés par les diverses écoles? S'en tiendra-t-onà des mesures transitoires, anodines, qu'on supposerait devoir s'échelonner progressivement sur la voie de l'avenir, de manière à nous conduire Insensiblement dans un nouveau monde sans rien déranger aux affldres de ceux qui ont, mais aussi sans soulager efficacement les misères de ceux qui n'ont pas? Ou bien acceptera-t-on franchement 1er conceptions ayant puissance d'extirper le mal à sa radne ? Jusqu'à quel point donnera-t-on satisfaction au droit ? En un mot, où posera-t-on les limites précises du possible actuel ou futur prochain? —Ces questions valent bien qu'on les examine et qu'on y réponde?

Or, si nous consultons les signes du temps, il faut garantir à tous le droit au travail, l'égalité des conditions. On le peut, d'abord en s'arrétant à deux hypothèses peu radicales, peu dédsives, suivant nous : — 1* Soit en obligeant chaque centre libre à donner du travail à ceux qui en manquent, et à considérer ses ouvriers comme des coassociés. — 2° Soit en organisant des ateliers sociaux qui recueillent tous les ouvriers en état de chômage.

Mais pour que l'industrie anarchique puisse assurer du travail à tous 1er travailleurs, il faut que tous les centres rivaux s'associent, s'organisent unitairement, se fassent solidaires les uns des autres, se concertent enfin pour produire avec poids , nombre et mesure' , et se diviser la besogne totale. C'est-àdire : il faut qu'ils cessent d'être libres , anarchiques ; qu'ils cessent de produire, d'échanger . arbitrairement, de détenir jusqu'au monopole et jusqu'à rabus les instrumens du travail collectif:

D'un autre côté, dans la seconde hypothèse, celle d'ateliers sodaoi, il n'y a pas de raisons pour que tous les travailleurs n'y affluent pu Jusqu'au dernier ; auquel cas, il faudrait prélever des impôts extraordinaires sur les capitalistes, procéder même à l'expropriation successive des terres et autres fonds productif et, à toute chance, faire le vide dans les ateliers privés, ou leur porter une

concurrence funeste ; — car nous supposons que ces ateliers-modèles prése» lent de telles conditions d'égalité et de solidarité k la multitude laborieux, qu'elle déserte avec empressement les manufcctures, les fermes et les banques de la vieille société pour les établissemens de ce nouveau monde»

Mais , de toute évidence , cette réalisation des ateliers fraternels • supposa que ftpinion populaire en favorise, en emporte la création, et que learepré» sentans du peuple en reçoivent mandat exprès et entrent franchement dans eu courant organique du socialisme pur.

Nous confondons ici l'hypothèse d'association* ouvrières, commanditées» favorisées par PÉta:, avec celle des ateliers sociaux ; car nous admette* à la base et dans l'esprit de l'une et de l'autre, la liberté, la spontanéité, le gouvernement des travailleurs par eux-mêmes ; et nous supposons que ta sollicitude de la société soit d'abord acquise en faveur de ceux qui chûmeat» de la population exploitée, qui manque le plus de capitaux ou d'avances quel- «cçnquest

Reste donc une grande condition, c'est que le socialisme organique obtienne puissance, amour et adhésion de la partie la plus nombreuse et la plus pauvre de la République. Or, ce n'est plus qu'une affaire d'intelligence et d'ialérét bien entendu ; donc, une pure question de temps. En attendant, coame il faut prochainement en venir à une large amélioration, il y aurait encore eue autre issue : ce serait que l'Industrie particulière perfectionnât tellement son régime à l'égard des prolétaires, que ceux-ci trouvassent dans leurs anciens ateliers» bien-être, sécurité, avenir, et qu'en définitive ils les préférassent an ateliers sociaux. Mais, nous le répétons, cette métamorphose n'est possible qu'en apportant à l'ouvrier la garantie du travail et de l'équivalence des produits de son travail

Mais, pour cela, il faut que les capitalistes reçoivent ou se donnent euxmêmes la garantie du débouché et de l'équitable vente ; ce qui n'est toujours possible que par l'organisation, la mutualité, la solidarité ; que par ftmfté éto comique directe ou indirecte : c'est-à-dire par le socialisme pur.

Les capitalistes monopolisent gratuitement le sol et les autres instrument de travail : ils battent monnaie par l'usure sous toutes ses formes: grâce à celle magie de l'usure, ils consomment sans produire ; ou plutôt, ce qui n'est l'attribut d'aucune créature. Us sont censés produire sans travailler ; et le bien leur vient endormant. Le peuple prolétaire produit au contraire sans consommer; il dépend d'eux pour son travail, pour son existence : il n'est pas libre, mais serf, esclave, ilote ou paria. L'équilibre csÇdonc rompu entre les capitalistes et les travailleurs, entre les riches et les pauvres involontaires. H Cuit le rétablir par une compensation sérieuse et efficace ; en attendant que le souverain mieux informé des causes du mal, fasse consister le vrai remède dans l'extirpation des racines mêmes du vieux tronc économique.

Or, à défaut de la socialisation ou désappropriatioo directe et immédiate des instrumens de travail, il est certaines compensations plus ou moins satis* fUsanies,

filtre l'appropriation iadhideeUe ou corporative absolue, toamdiuonnefle, et la délégation flmctUmmeU*, ou incessamment révocable, des instrument de travail, il y a an moyen terne qui peut être admis comme expédient transitoére et progressif de la première à la seconde : c'est V appropriation iafe&ale, mabcepeo<lantc<m<i»rfoiiJ*W/# àqaeiqtteségaj^ c'est à-dire soumise à quelqies restrictions majeures qui rend r ai e nt moins arbitraire et tjrannique la volonté des capitalistes, et de tous ceux qui monopolisent la terre, qui donnent le tratail et le salaire à la multitude.

Dans cette hypothèse, la loi respecterait encore l'appropriation individuelle ou corporative du sol et des autres instrument de travail; ils seraient encore oltfet d'hérédité et de transmission arbitraire par vente, donation, etc. ; mais les travailleurs déshérités entreraient légalement en participation d'usage et de bénéfice de ces instrument, à des conditions plus ou moins généreuses que des règlemens d'administration publique, ou des décrets du souverain, viendraient déterminer.

La société a certes le droit de mettre ses conditions à la pomession des sources vives, naturelles, de la richesse collective. Tout le passé dn genre humain dépose du caractère conditionne^ relatif, social, de .la propriété. Le peuple souverain peut et doit donc, s'il trouve que ces anesures doivent mieux assurer la liberté et l'égalité, décréter entre autres :

1* L'interdiction de rostre sous toutes ses formes ;

V L'interdiction de l'échange anarchique ou arbitraire;* la mise en régie, la tarification universelle des prix de vente, du uni des salaires, des gagei elappointemens, par nuwtma et minima, d'après des principes analogues à ceux qui préskient à la réglementation des chemins de fer, de la boulangerie, etc.

3* L'obligation, de la part de tout détenteur de capitaux, d'associer un partege des produits, ou de leur valeur vénale, sur le pied d'égalité, c'est-à-dire selon la participation respective en travail, tout citoyen qui a concouru par son activité ou son industrie à la confection de ces produits quels qu'ils soient.

ft* L'obligation, non-seulement de traiter les ouvriers en associés, mais de leur procurer constamment et toujours du travail, de tenir leurs capitaux en exploitation permanente; enfin, de s'entendre entre eux capitalistes, dans le but de garantir solidairement du travail à la population en chômage, aux mêmes titres et aux mêmes conditions qu'aux travailleurs déjà coassociés à rouvre de production , et co-partkipans aux bénéfices des produits.

5* L'obligation de foire valoir tout fonds productif , sous peine d'expropriation pour cause d'utilité publique, dans les cas ouïe chômage et llncuhure porteraient préjudice aux travailleurs, apte jugement dWàreto* prudfcemmes. Napoléon disait avec raison : « L'abus de la propriété doit être ré* m primé toutes Us fois qu'il nuit à la société. Cest ainsi «n'uni empêche m de scier Us blés verts, dCmrracker Us vignes renommées. — Je ne somf-

• frirais pas qu'un partUuUer frappât de stérUUé vingt lieues de terrain

• dans un département fromenteu*. pour s'en former an parc. U droit

» <t abuser ne va pas jusqu'à priver le peuple de ta subsistance. •

6* L'obligation de Tendre et livrer à tout demandeur au prix do tarif légal, tons produits placés dans la catégorie des objets de première nécessité, lesquels sont infinimeut plus nombreux qu'on ne pense.

La science sociale peut donc conseiller, au point de vue politique :

!• La réglementation universelle des ateliers de l'industrie particulière, ou de l'usage des capitaux, telle que tout prolétaire, par la seule vertu de son travail sur ces capitaux, aurait de facto droit de participation aux résultats de l'œuvre, en raison absolue de son apport en travail à la réalisation de cette ouvre ; de telle sorte aussi que le chômage des prolétaires n'eût jamais sa cause ou son prétexte dans le bon plaisir et l'abus des capitalistes, et que, par conséquent, l'usage des instrumens fût octroyé conditionnellementhVeoambte des citoyens qui les feraient valoir par leur travail personnel

Le souverain a le droit et le [devoir de pénétrer dans chaque foyer de production et de dire aux possesseurs du capital : 9 Aasodez-vous avec vos ouvriers. Vous ne pouvez pins disposer souverainement de ces instrumens : ils sont et demeurent â l'usage collectif, indivisible, de vous et d'eux. Afin de garantir votre principal, il sera fondé une caisse d'assurance mutuelle nationale contre les pertes vives des fonds productif de la nation, en faveur de tous les capitalistes associés avec leurs ouvriers. Ce fonds sera fourni par chaque centre de production agricole, industrielle, etc.; par conséquent par tous les travailleurs associés de France ; chacun en raison du capital qu'il fait valoir ou du revenu qu'il réalise ; et ce sera là la condition de l'octroi que le souverain leur fait de l'usage collectif de vos capitaux, »

On a appliqué le nom impopulaire de régie à la direction de l'économie nationale par une administration centrale. — En France, les politiques, croient avoir triomphé d'une opinion adverse lorsqu'ils l'ont ainsi baptisée d'une épithète mal sonnante à l'oreille d'une multitude intéressée.

Or, il faut savoir que la régie est partout où il y a ordre, économie, puissance; partout où il y a repos, sécurité ou bonheur pour l'homme-peuple. £lie est, elle sera donc dans toute association, quelles que soient son étendue et sa forme. Ainsi, vous êtes déjà en régie (et certes il est bon que vous y soyez), pour vos plus chers ^intérêts et vos plus chères libertés; en régie pour le partage égal des biens, pour toutes les transactions civiles et commerciales; pour les faits et gestes, pour toutes les franchises qui constituent la liberté individuelle. La répression des abus de tous les genres de libertés, qu'est-ce autre chose que la régie? h justice, n'est-ce pas une régie? Or le peuple a compris qu'il serait souverainement bon et juste que les riches, les maîtres et les capitalistes d'aujourd'hui , fussent soumis à la régie dans leurs relations avec les ouvriers, pour la fixation des salaires, l'admission, l'avancement ou le renvoi des travailleurs, pour la durée du travail quotidien , etc.

Et en effet, est-ce que les capitalistes et les chefs de l'industrie et de l'agriculture n'exercent pas une directe et continuelle régie sur toute la multitude prolétaire? Pourquoi n'y aurait-il pas une régie de leur régie?

Cm \d qu'on aperçoit bien le bible du système des corporations, i te corporations fondées sur l'égalité des races et des personnes» car ce sjatae n'est pas antre chose qu'une des formes de la régis économique, anatf vieille que la civilisation , qne l'état de société. Les corporations qui ont le «Duopole des objets de première nécessité; par exemple, la corporation agricole, tiendrait toujours les autres dans la plus dangereuse ou la plus intolérable sujétion , si la loi les laissait maîtresses absolues de leur chose, sans les rattacher par la réciprocité et la solidarité. Certes si toutes les corporation! avaient Tune de l'autre, un égal et constant besoin ; si chacune possédait en même proportion une nature de produits indispensables au même degré à toutes les autres, le système des corporations bien combiné serait ia perfeo* lion; il n'y aurait rien à chercher au-delà dans l'ordre des moyens transitoires. Or, on peut corriger cette inégalité de dépendance de l'une à l'autre, par In loi ou le règlement sodal.

Quoi de plus légitime que d'obliger les producteurs d'une richesse à lt livrer aux consommateurs au prix de revientréglé en moyenne, ou prmaxima et mût/ma, comme cela se pratique pour le tarif des chemins de fer?

A ce propos, il faut même élargir les termes de la question : si rons'arrfi* tait à l'expédient transitoire des corporations ou de la concurrence limitée, 1 l'une des attributions les plus urgentes et les plus incontestables de l'État, sfr mit la tarification universelle dès salaires et des prix de vente , particulièrement du prix vénal des objets de première nécessité. La tarification générale pourrait même exister sans l'association et les corporations.

Dans tons les cas, elle serait déterminée par maxlma et minima, et d'aprèn l'appréciation moyenne des prix de revient ou frais de prodiction; lesquels frais seraient eux-mêmes déterminés, non pas d'après ce que coûte le strict nécessaire de la vie. purement animale du cheval et du bœuf, comme le fait aveuglement et fatalement la loi de l'offre et de la demande (et comme le comporte nécessairement l'exploitation de l'homme par l'homme sous le vêtement du laissea-faire et du monopole des instrumens de travail), mais en comprenant dans le minimum de consommation du moindre ouvrier les otyets nécessaires à sa conservation, à son développement moral et physique, en prenant pour base le bien-être moyen du siècle.

Le salaire minimum dans quelque spécialité que ce fût, devrait donc être égal, au moins, au coût total du nécessaire minimum légal; et ainsi, tous les produits qui, pour trouver des consommateurs, exigeraient un prix de vente inférieur à celui du prix de revient obtenu ou déterminé sous l'empire du salaire légal, cesseraient forcément de trouver des producteurs; fl n'y aurait d'autre moyen que de perfectionner les machines, afin de diminuer les frais tout matériels de la production de ces objets.

Dans tous les milieux, la tarification aurait cet effet de refréner indirectement la concurrence inhabile, en rendant la non-vente inévitable pour ceux qui produiraient trop chèrement. A défaut d'une tarification générale des ntlaires et des produits, l'État pourrait enfin intervenir d'office afin d'empêcher

Tavffissement des salaires et la hausse des produits, à mesure qu'il serait averti par la rumeur publique. — La réalisation du système combiné de comptoirs, d'entrepôts et de battre sous le contrôle de l'État aurait fd les meilleurs ré* sultats.

En attendant que l'opinion acclame cette combinaison et qu'elle en généralise -nppBcation, non-ttdtauent la loi devrait exiger la marque des produits et leur contrôle par un Jury, mais ordonner que la vente et Tachât de tous les produits se fissent par l'intermédiaire obligé d'experts arbitres de l'agriculture, de l'Industrie et du commeece.

2* La commandite directe, régulière, permanente, par rÉtat-Peuple, ou plutôt sous son suprême contrôle, de tous les groupes-associés de travailleurs qui adhéreraient aux conditions légitimes de cette commandite ; et comme moyen très orthodoxe, l'Impôt sur le capital , ajouté au crédit énorme dont l'État trouverait la garantie dans l'hypothèque des propriétés foncière» de la République ; dans la capitalisation de l'impôt fonder et même de l'impôt indirect tant qull subsistera ; ajouté encore au rendement inappréciable de Texpioitation, par l'État, des chemins de fer, des canaux, des mines et salines; des entrepôts, bazars, docks, assurances, etc.

H serait prélevé, soit sur le capital, soit sur le revenu, de tout propriétaire fonder ou mobilier, un impôt dont le produit serait destiné i commanditer les prolétaires en chômage. Que cet impôt soit légitime, un droit éminent de la société, c'est ce qui est évident pour qui sait ce que signifie l'appropriation individuelle du sol et des autres capitaux; pour qui sait jusqu'où va le droit de possession dans la pensée de toutes les législations primitives et ultérieures. Mais, afin que l'impôt établi sur le capital ou sur le revenu ne retombe pas Mn définitive sur les prolétaires, Il faut simultanément deux grandes mesures régulatrices, d'ailleurs tout équitables, i* La détermination des salaires, ou de la participation du travailleur aux résultats des produits, par une intervention publique. — 2* La fixation sodale ou tarification universelle des prix des denrées et marchandises, par maxhna et minima, ou la régularisation de réchange par un tiers arbitre ayant caractère^Mibiic.

Les transactions économiques seraient donc arbitrées par des juges spéciaux d'équitable échange : —des tarifs, périodiquement révisés, des mercuriales appliquées à tous les ordres de produits ou de richesses , interviendraient en UMSt et partout de manière à garantir la loyauté des transactions.

«• LTnterdiction de l'usure directe ou privée aux capitalistes, etl'obHgationde prendre l'institution nationale de crédit et de commandite comme intermédiaire «ntre eux et les emprunteurs. — L'État alors leur garantirait, avec le principal» am intérêt uniforme, très modéré mais certain ; d'un autre côté, H n'accorderait sa commandite aux emprunteurs qu'à la condition de réaliser entre en par la voie directe ou par Hadirate, la mutualité, l'unité, enfin Itssodtfte. et au-dessus de tout l'indivision des instrumens de travail de chaque centre, et la suppression de l'usure sous toutes ses;formes. Sans supprimer l'usure, on pourrait donc, suivant ce troisième «oyt», h

rendre en qoekjue sorte sociale, en faisant de rÊtat l'intermédiaire obligé, unique, entre les capitalistes et les travailleurs» associés ou non. L'Etat, le meilleur des créanciers quand il Test au nom de tous et au profit de tous, emprunterait, recevrait les épargnes des uns, en paierait un intérêt modéré, et les prêterait aux autres sans bénéficier sur ceux-ci bien entendu. En fixant le taux légal de ses emprunts, il le rendrait uniforme pour tous, capitalistes et travailleurs, et le soumettrait à telle croissance ou décroissance que l'exigerait l'intérêt général.

Cette transaction, ce compromis tout politique avec l'usure , supposerait naturellement l'institution par l'Etat d'un vaste système de crédit, au moyen «Tune banque nationale ayant ses comptoirs et ses ramifications sur chaque point du territoire, et l'existence simultanée d'associations naissantes, qu'il commanditerait moyennant des conditions et des garanties, que l'Etat stipulerait a l'avantage de l'unité économique, et surtout de l'affranchissement définitif des prolétaires»

A* L'interdiction absolue de toute usure aux capitalistes, soit par euxsrtmes, soit par l'intermédiaire d'une institution sociale : en un mot, la suppression irrévocable et sans compromis quelconque, de Vintérét sous toutes ses fermes.

. Nos lecteurs savent dans quelles limites nous acceptons ce moyen : par une critique ultérieure plus approfondie, nous montrerons combien il est en définitive identique à l'expropriation pour cause de salut public.

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