‹ Le salut du peuple Journal de la science sociale: journal de la science socialeChapitre 4 sur 16 · QU'EST-CE QUE L'ÉTAT · texte numérisé non relu

QU'EST-CE QUE L'ÉTAT

Noos n'atons qu'une médiocre confiance dans les moyens transitoires pris en dehors des principes radicaux ; cependant , nous ne pouvons nier la nécessité 9 F impossible. La sagesse la pins vulgaire dit qu'il faut, bon gré, malgré, avoir égard à ce qui est le plus fort.

Avant donc d'exposer, non seulement ce qui devrait être, an point de vue de l'idéal, dans sa portée absolue, mais au point de vue du droit strict , ou de l'égalité et de la Justice si les hommes savaient, voulaient ou pouvaient; nous entendons faire toutes réserve* en faveur de ce qui nous semble possible dès demain, et en particulier, pour la question de liberté, La liberté est un sentiment , un état relatif. Il peut exister des générations qui appellent liberté ce que d'autres appelleront licence ; il faut bien y avoir égard. Devant ces exigences v nous proposerons des moyens transitaires, correspondais; mais auparavant, nous tenons à formuler les principes de droit et de justice distributive, enfin lYtat normal vers lequel tous les efforts du libre arbitre doivent tendre suivant nous.

Nous prions donc qu'on ne se presse pas déjuger nos idées, en tirant des inductions plus que téméraires, puisqu'on ignore encore la plus grande partie de ce que nous avons à dire.

« L'Etat, c'est moi ; le souverain v c'est moi ; car la force et la grandeur de » la patrie, c'est moi, dira un jour le Pecple définitivement émancipé. Peut-être

• ledira t-il dans cinquante ans! Regardez! depuis longtemps en possession » de ses titres de noblesse, le voilà sérietteement occupé à se donner ses titres

• à l'affranchissement absolu C'est le dernier Tiers Etat, c'est le Peuple

» qui se constitue en prenant conscience de lui-même, de ses droits, de ses

• devoirs ! »

Ces paroles datent de 1868 ; et voilà deux ans déjà que le Peuple dit : VÉtat, fest moi , car le souverain dest moi. Notre espérance a été dépassée ; que Dieu en soit béni, et le Peuple de France glorifié I

Cependant, le souverain tout entier ne sait point encore l'étendue, la grandeur de son autorité et de ses obligations; rien de pins pressant donc que de continuer les débats sur ce grave sujet.

Qu'est-ce que l'Etat, de plus en plus dans le passé, de moins en moins dans l'avenir?— C'est le souverain repréaenté,c'est la délégation même de ses pouvoirs, en action.

Que doit-il être en principe, et de plus en plus en application ? — Identique, inhérent au Peuple, au Souverain, par la nature des choses; il doit être le Peuple en personne indivisible, le Peuple agissant et faisant acte d'autorité ou de puissance collective, c'est-à-dire le Peuple se gouvernant lui-même, par luimime, et faisant ses propres affaires.

U n'y a pas d'homme sans tête; il n'y a pu de société sans Etat La tête c'est r homme; l'Etat c'est le Peuple. La vie sociale, pas plus que la vie individuelle, n'admet de solution de continuité. Quand le cœur s'arrête, le corps se fait cadavre : la vie a disparu. Or, point de vie sans unité: que le Peuple soit un, et tout est consommé.

Dès qu'une Société n'est plus composée que d'hommes libres, égaux et frères, cette société est nécessairement nne République démocratique, c'est-àdire one association civile, économique et politique, où te peuple dans son indivisibi ité est l'unique souve rain ; et par conséquent où l'Etat c'est lui-même se gouvernant lui-même » et statuant à chaque instant sur toutes choses selon qu'il le juge convenable.

Toute autre formé de gouvernement, tout autre souverain, tout antre Etat , implique nécessairement que la société qu'il régit est composée on d'hommes inégaux, ou d'hommes esclaves; dans ces sociétés, on parle de supérieurs et d inférieurs, de maîtres et de serviteurs; on y connaît des privilèges sans fin ; et des races qui sont divisées en castes, en tribus, en classes, que sais je, des parias, des noirs I...

Sommes-nous, oui ou non, des hommes libres et égaux? avons-nous une même origine , sommes-nous des êtres de la même race , tous les individus composant le genre humain ? si l'on dit : oui , de* lors le peuple cesse d'avoir des pères monarques ou autocrates, des maîtres, des tuteurs.

C'est ici une société de travailleurs égaux , se donnant, comme on le disait très bien dans la révolution, des commis, des mandataires ou délégués incessamment révocables. Le pouvoir devient gérance pure, administration; et les sujets se transforment en actionnaires, en souverains collectivement. L'autorité réside dans tous et dans chacun. Les législateurs sont les membres du grand conseil d'administration de la République, lequel est toujours lui-même sous le coup de la volonté (tu souverain.

Si donc par Etat ; ou entend le pouvoir, les gouvernemens du passé, il n'y a plus d'Etat dans la démocratie sociale. Rien de plus antipathique à la souveraineté réelle de tous que les prétentions et les prérogatives des députés, des législateurs et des rois du gouvernement constitutionnel ; à plus forte raison que la superbe et l'impiété des gouverneineus autocratiques ou despotiques.

Les envoyés, les commis du peuple ne comprendront leurs attributions et ne respecteront le souverain qu'alors qu'ils se feront sincèrement les échos, les représentera, les serviteurs de tous sons exception, et s'incarneront pour ainsi dire, les besoins, les griefs, les souffrances et les vœux du moindre comme du premier.

11 ne s'agit plus ici de majorité ; contenter le grand nombre n'est rien , mais respecter les droits de tous, sVflbrcer de satisfaire la minorité et y réussir, voilà pour les représentons, le critérium du devoir accompli.

Que font les conseils d'administration des grandes sociétés . par actions , lorsqu'un cas imprévu ou important se présente? ils font appel aux actionnaires ; ils les réunissent en assemblée, ils soumettent leurs délibérations à sa ratification , à son veto, lis reçoivent leurs pouvoirs de cette assemblée, et us ne les dépassent jamais impunément. Or, il en doit être ainsi des hommes dCEtat, qui sont les hommes du Peuple.

Dy a plus, et depuislongtemps nous professons ces idées: Les hommes d'État ce doit être le Peuple en personne. Nous disons qu'en principe le Peuple doit être la loi vivante, que ie Peuple ne doit contracter aucun bail, pas même le bail o 9 un jour, avec ses serviteurs, c'est-à-dire avec aucun de ses membres. Plus de lois écrites, de constitutions quelconques ; plus de pouvoirs à vie ou à temps, —chaque individu, à chaque instant de sa vie, doit participer à la loi du moment, contribuer positivement en personne au gouvernement de la République, être Tune des forces réelles'dont se compose le mouvement social.

Nous voulons une perpétuelle convention de tous les citoyeos, qui jamais ne statue sur l'avenir en préjugeant les cas futurs ; mais qui lie et délie à mesure que s'opère le mouvement social. Si le Peuple est le souverain, il est le juge ; s'il est le juge, il est le pouvoir ; et s'il est le pouvoir, il doit exercer sa puissance dès qu'il en saura organiser oo régulariser l'expression.

Or, nous croyons fermement que l'heure approche où tout sera ordonné dans le mécanisme de la souveraineté populaire, pour que chaque citoyen poisse à chaque instant manifester (Tune manière régulière et authentique ses désirs, ses griefc, ses besoins, sa fie enfin, A tous les autres membres de la souveraineté : c'est ici une affaire de public iié, une question de voles et moyens, qui peut être résolue aujourd'hui ou demain. Chaque Joor, les moyens de formuler, d'exprimer sa volonté, les variations de ses idées et de ses désirs, deviennent plus faciles, plus prompt*. H va donc, par le progrès du mécanisme social, faire de plus en plus acte de présence politique; et un jour viendra sans aucun doute où un peuple entier de cent millions d'hommes sera consulté i chaque instant sur ses propres aflaires, et pourra par conséquent Us gérer lui-même.

Mais si nous, rentrons forcément dans la réalité actuelle, force est bien, d'accepter encore VÉtat-représentant.

Dans la démocratie, telle qu'elle se prépare pour un prochain avenir, l'État se meuravec le Peuple, avec la généralité des citoyens. La réélection à bref délai assure le renoufellement opportun de la direction politique. Les idées arrivent au pouvoir à mesure qu'elles conquièrent l'opinion. Ici donc la tête et le corps marchent à l'unisson ; ce n'est plus, comme dans le passé, le pouvoir qui fait ou semble faire changer, faire avancer ou faire reculer le Peuple; c'est le Peuple indivisiblement qui, effectivement, fait changer, avancer ou reculer l'État.

Comment craindre alors l'intervention de l'État dans la direction de l'économie nationale, avec qne forme de gouvernement qui fait du pouvoir l'exprèsdon vraie de la société?

Habituons-nous donc â l'idée qu'une société démocratiquement constituée, avec son £tat,c'est-â«dire avec ses représentai», n'est pas autre chose qu'une association avec son gérant et son conseil d'administration.

Sans dont*, le passage d'un vieux système, d'un vieux préjugé à un nouveau, peut être lent et pénible, mais pourquoi ? Parce que ta généralité des; citoyens ne reconnaît pu plutôt la supériorité et les droits du nouveau. Or, c'eitlà une condition qu'il fcut subir dans toutes les hypothèses ; oiaia l'hypothèse de l'Eut intervenant, et de l'unité économique, à cet avantagé sur celle du laissex-faire, que lea actes de l'État sont au moins acclamés par l'opinion générale.

Dès-lors, tout consiste à persuader la généralité des Moyens, à taire devenir majorité de demain, la minorité d'aujourd'hui. Désormais, nous habitons lu monde de la di>cussioo, de la publicité, de la propagande et de la persuasion ; et il ne reste plus qu'à Imprimer la bonne tendance des cœurs et des esprits par l'éducation populaire, par la science et par la philosophie-religion ; et finalement à promulguer, en les confiant à la garde du Peuple tout entier, les devoirs et les droits antérieurs et supérieurs à toute cpnstitution et à toute souveraineté de majorité.

Avec TÉtat'Peupte, tout marche et s'achemine régulièrement à mesure que le progrèss'accomplitdaiM l'opinion générale, dans l'intelligence et le sentiment collectif, par le travail secret de la Providence dans tous, par l'action libre des penseurs, par l'adhésion des masses. Alors, les Jranaitions, les améliorations, de brusques et douloureuses qu'elles étaient jusqu'ici, se tranforment au ua imperceptible développement.

Au Souverain, au Peuple seul, appartient de statuer sur tous lea actes extérieurs de la vie collective, sur lea devoirs et les droits des citoyens, sur leurs relations économiques et politiques, civiles et religieuses; mais évidemment le Souverain est tenu d'avoir raison, c'est à-dire, de se conformer à te loi des destinées, et dé rechercher les voies et moyens progressifs de son application; et qui mieux que lui, autre que lui, peut remplir cette mission.

La loi générale des destinées est connue: *t notai savons aussi, quels sont lea moyens généraux, spirituels et matériel», de l'accomplissement de notre

la; amis, es particulier, que doit statuer le Peuple jonchant l'économie, touchant la disposition da sol et des totres Instrument de travail, oa l'organisation de la production, de la répartition et de la consommation des richesses?

La science sociale dit qu'il doit décréter la substitution de la propriété coU lective à la propriété individuelle ; de l'association universelle, nationale, uni- (a>re 9 à l'isolement upiversel; de la solidarité à TinsolidarUé; de l'unité de directioo à la multiplicité et à l'anarchie,

Toojovs est-il que le Souverain doit statuer sur tout cela, décréter ees moyens au foutre*, s'occupera chaque instant de la coostltatioo économique comme II s'occupe de la constitution politique; c'est ce qu'il a'ett plus possible de contester aujourd'hui où tout le monde confient que la constitution actuelle de la propriété, est un étabiuwemeot de la loi que la loi pent

former, dès qne l'exige le i

En fait universel, il en a toujours été ainsi, et ti le Souverain, dans le passé, a décrété la forme île propriété et le mécanisme économique qne nous connaissons, c'est qu'il a cru, avec son degré de sdence et de puissance, que c'était, les mœurs, les temps et les lieux étant donnés, ou le meilleur ou le seul possible des moyens propres à favoriser l'accomplissement des destinées.

Pourquoi le souverain n'aurait-il pas le devoir et le droit de garantir à chacun le pain du corps, comme on lui reconnaît depuis longtemps l'obligation de lui garantir le pain de l'âme? Qui donc peut s'en charger si ce y'est lui? T a-t-ïl rien de plus pressant pour la multitude que de s'assurer la fonction ou le travail, ledéboudîé et la bonne vente, le loyal échange de ses produits? Qu'importe aux populations tous les droits politiques, le suffrage universel, s'ils n'ont pour but, pour objet, les garanties de cet ordre? Est-il plus nécessaire d'avoir de l'Instruction que du travail ? Si vous éternises le désordre a m base, comment obtiendrei vous Tordre au somtret ?

S'il est vrai que nous sommes solidaires comme les membres d'une mémo famille, l'association économique unitaire, la mutualité, la Communauté désintérêts et des travaux, l'assurance et le concours réciproques, sont un devoir de premier ordre, puisqu'on tout cela consiste la seule forme normale de la société du genre humain.

Dire société, c'est dire solidarité : organiser l'une, c'est organiser l'autre. Or, nous le demandons: faut-il oui ou non organiser la société; oui ou non organiser la solidarité? La réponse dans les deux cas est U même. Mais qui serait assex superfciel ou anarchique pour dire non? Sir fout organiser la solidarité; nécessairement il faut organiser l'unité; car, id encore, qui dit Solidarité dit unité. Donc le peuple, le souverain, l'État doit décréter l'unité, la gouverner, la diriger; et l'organisation du travail trouve là sa def de voûte.

Toutes les insuffisances, toutes les perturbations de la sodété, viennent de l'anarchie industrielle, du défaut d'ordre, de prévoyance, de l'absence de l'unité économique. Tant que les hommes* produiront aveuglement, échangeront arbitrairement, vendront et achèteront sous la seule rèule de l'offre et de la demande, useront et abuseront du sol et des autres tosirumens de travail , l'Humanité se dévorera elle-même.

L'unité économique, le raccordement, le concours de tous les producteurs, (Intervention, d'une loi commune, uniforme, dans la création et la répartition des ri< httses ; enfin, l'institution d'urië Justice sociale dans le monde du travail; Fassodotion de tous sous la haute directioo d'une institution centrale ; voilà les prindpes de l'économie future; et- dès l'instant, voilà les seules voie* de

Adoptes ces prindpes, et dès-lors, tout ce que demande le Peuple se réalise de soi-même ; tout devient possible : l'organisation du droit au travail, le droit 1} l'éducation, à la retraite, une partidpation équitable de«tous aux charges et aux bénéfices de la sodété; enfin, la tendance constante de r opinion à exiger

de chacun en raison de tes forces et de ses aptitudes, à garantir à chacun en raison de ses besoins, etc....

Tome conception économique est radicalement inféconde • par cela seil qu'on prétend s'affranchir des conditions de l'unité ; ar alors les volontés, les intérêts, les passions , se retrouvent comme toujours sans frein, sans règle commune, sans limites dans leurs oppositions on leurs prétentions. On compte mit la sagesse, sur le concour» spontané, miraculeux des individus» oubliant

Sue Ses lois et l'£tat sont là précisément pour suppléer la sagesse, dans Pnypolèse presque certaine qu'une sagesse de cette nature, qu'une sagesse collective, spontanée, opportune, ne viendrait pas sTl lui était loisible de faire défaut.

C'est pourquoi nous déclarons inefficaces et Illusoires, comme état normal, à des degn's f mis divers sans doute, — l'association volontaire des économistes libéraux les plus avancés, — le capital inaliénable de M. Bûches, adopté par le journal Y Atelier, — les communes sociétaires, volontaires du Fouriérisme , — les banques de circulation de Proudbon , et toute banque nationale qui commanditerait des travailleurs insolidaires , isolés et libres.

Nul doute, mieux vaudrait l'adoption de ces diverses conceptions , que le laisses-faire ou l'isolement immémorisl ; nous verrions dans ce début la voie

Soi mène à la combinaison normale ; et déjà, par ces estais, une grande améoration s'opérerait dans le sort du Peuple ; mais enfin, là n'est ni le droit, ni le certsin, ni la suffisance.

La prétention de se passer de l'intervention de l'État dans l'organisation économique n'est rien moins que la négation de cet éternel écho de la cône* dence universelle : II est légitime de contraindre à ce qui est juste (surtout quand ce qui est juste concerne la vie du grand nombre et la doit sauve* garder). Le droit emporte obligation et coercition. La fyree est au service -de la justice.

H Toui est rapport, entente, subordination des parties à l'ensemble dans une ^ société : la présence d'un organisme ayant son centre d'action et de réaction, sera donc toujours nécessaire pour reodre réelle cette subordination et par elle Tharmopie. Il e*t d'ailleurs absolument impossible que tant de passions et de volontés, convergent d'elles-mêmes, par leurs déterminations et aspirations isolées, auarcuiques, vers les fins multiples que doit se proposa l'ac» tivité collective, et que prescrit le droit, le développement moral et physique, le bonheur et la liberté de tous.

C'est une chimère de croire que toutes les sphères d'activité, libres et concurrentes aujourd'hui; que tous lej intérêts opposés, vont se concerter, se fondre et s'harmoniser d'eux-mêmes, en. une association intégrale par communes ou par corporations; se col former de leur propre mouvement et toujours à toutes les conditions d'unité, de solidarité et d'équilibre I

Lors même qu'il en serait ainsi, le feit devi.it encore être sanctionné comme droit; et de facultatif devenir obligatoire : d'où la nécessité de l'intervention directe « t active de l'Etat; à lui seul le droit et la puissance de ramener à l'unité tant d'élémens énars.

Vous avez droit au crédit , doit dire le souverain à chacun de ses membres, mais en même temps, votre devoir est de consentir sox conditions que le bien général et la nature des choses économiques m'obligent de mettre à l'octroi de ce crédit. Tout droit suppose un devoir correspondant : il serait commode d'obtenir le bénéfice sans la charge. Vous appelés cette exigence une atteinte à la liberté ; je l'appelle moi une digue à la licence. Est-ce que, de ce point de vue, tout devoir n'entame roinl la liberté ?

Nul homme ne doit avoir le privilège d'octroyer ou de refuser le travail h son semblable. Il en est de même absolument des corporations ou des collections dlndirtdnj entre elles, — C'est cependant ce qui arrive torique le crédit

reste privé» facultatif, an lien d'être public, social, obligatoire, dans lea limites de la justice. La société doit à tont citoyen, à tonte sphère d'activité sociale, des instramens de travail à des conditions égales poor tous. *

Afin de garantira tons le droit an travail on le crédit, c'est-à-dire afin d'or* ganiser le travail, il faut donc commencer p&r ôter aux corporations comine au individus, la faculté de produire à fantaisie, et sans égard aux ressources déjà accumulées ; de vendre et d'acheter à leur corps défendant, de fixer le prix dn salaire, le tont sons l'action aveugle, inique, de la loi de l'offre et de la demande, et par conséquent d'user et d'abuser des instramens et des produits du travail national, dans tous les ordres de richesses.

Les Intérêts et les passions égoïstes ne sont que trop souvent opposés en fait dans leurs prétentions. S'ils ne Tétaient pas, pourquoi donc des devoirs, des lois, une justice et un État? Laisses faire absolument en tout et pour tout, ou convenex que l'expansion et la jouissance desnns doit être limitée par l'expansion et la jouissance proportionnelle et parallèle de tous les autres.

De toute manière, il n'est donc pas possible d'éviter l'intervention directe et permanente de la société ou du t euple souverain par l'État.

Il importe pen que l'on distingue la délégation économique de la délégation politique. Nous n'examinons pas ce point en ce moment; nous disons que Tunité est de rigueur dès qu'on peut l'imposer*

L'unité économique , l'ordre , la prévoyance • ne sont point incompatibles avec le changement, avec la spontanéité et l'initiative populaires; sll n'y a pins licence , arbitraire, il y a toujours, et plus que jamais, liberté dans lea Hmitesdubieo général. L'obstacle au changement ne peut pas. venir de l'Etat, du pouvoir, c'est-à-dire de la gérance et de l'administration , mais de la majorité du-Peuple. Or , la minorité dispose d'un expédient tout légal : qu'elle modifie l'opinion de la majorité dans son sens, la majorité alors, par son vote régulier , opérera les améliorations désirées. Admettons cependant que la majorité s'obstine dans un statu auo ou une rétrogradation que condamne l'irrésistible élan des sympathies, des besoins, de la science nouvelle* supposons qu'elle s'oppose systématiquement à toute modification,qu'elle viole même ces grands principes, ces lois éternelles qui protègent la vie et les biens, et qui constituent ce qu'il y a d'invariable dans la morale universelle; alors toute issue régulière, légale , étant fermée à ce qui a vertu et force d'avenir, il se fera ce qui se voit toujours en pareille occurrence; il y aura crise ou révolution, explosion des volontés, brisement 'de la vieille unité; un nouveau système, produit de la spontanéité des révoltés, amènera une nouvelle unité, un nouvel Etat, un nouvel ordre.

Telle est la loi du mouvement soda!. L'Etat est éternel dans son fond » -impérissable dans sa forme. On le brise quand il est obstacle, mais c'est pour loi en substituer un meilleur (et le meilleur, est l'Etat direct , FEtat-Peuple, celui où tous sont aasex sages pour se mouvoir comme une seule personne ) ; on le brise, disje , mais on ne le change pas. Et le moment court et douloureux qui s'écoule entre l'ancien et le nouvel Etat , on l'appelle révolution, anarchie, désordre, licence.

A cet égard, voici le mouvement providentiel qui semble se trahir dans l'histoire :

!•• Au début de la carrière de l'Humanité ou d'une Nation, un système de «relations s'établit par l'effet de la spontanéité de chacun et de tons ; c'est ici le produit du mouvement intestin de tout un peuple. La fatalité y concourt au moins autant que le libre arbitre dn genre humain; la fatalité, c'est-à-dire ce qu'il y a d'irrésistible dans sa nature , les circonstances générales étant doouées;

2°. Puis, l'intervalle d'anarchie nécessaire à la fusion des élémens en présence étant écoulé, vient l'Eut qui, au nom du droit, consacre et protège ce

système Jusqu'à ce qu'A soit dépassé, réprouvé par les sympathies et les exigea* ces nouvelles.

30 Les désirs, les besoins nouveaux se faisant Jour, donnent lieu à un nouveau système d'idées, desentimens, de préjugés, de droit, et de rapports moraux et matériels ou économiques.

Si l'État en consacre à propos les résultats; il y a progrès, transformation pacifique par en haut, par suite des mouvemens opérés par en bas. Il y a transition , et transition douce.

Si l'État est immobile ou rétrograde, s'il y a des oppositions trop longues ou aveugles , l'État abdiquant, le mouvement se fait sans lui , à côté de lui , malgré lui; il y a décomposition, révolution plus ou moins profonde, selon le radicalisme des principes nouveaux, révolution au bout de laquelle un nouveau système de relations s'est introduit dans les faits sociaux; et l'Etat s'est va régénéré et comme ressuscité, avec la mission de légitimer les résultats acquis; et ainsi de suite à l'indéfini Jusqu'à ce que, par l'effet de la sagesse collective et de la perfection du mécanisme social, VEtat-représentant se transforme en Etat-Peuple ; et FEtatPeuple se consomme dans t unité.

Tels sont les éternels momens du progrès social, détruire après avoir édifié; édifier après avoir détruit et toujours pour le mieux: ou plutôt mener de front les deux actes d'où découle l'amélioration des choses humaines. Nier en même temps qu'on affirme; affirmer en même temps qu'on nie ; n'organiser qu'en désorganisant ; ne désorganiser que pour organiser.

Vous voulez tout lier et délier successivement par le mouvement intestin, mais confus, incohérent, chaotique , des volontés et des intérêts isolés, insolidaire?, en dehors de toute unité ftciale.

Nous voulons, nous, tout lier et délier, dans l'ordre des relations économiques, par l'action régulière, normale de la souveraineté populaire. C'est au peuple mieux informé qu'on en appelle quotidiennement , à chaque heure, à chaque instant, de tous les abus, de tous les préjugés, de toutes les imperfections; c'est au peuple que l'on propose toutes les Innovations , inventions , améliorations ; tous les moyens nouveaux de perfectionnement et de bonheur ; — et le peuple lie ou délie progressivement, par l'organe de ses mandataires, de ses agens , de ses administrateurs , de ses commis.

Tout ce débat sur les attributions économiques de l'Etat se réduit à des termes saisissables pour toutes les intelligences. Une association quelconque peut-elle se passer d'une gérance, 'd'une administration, de commis ou représentans-mandataires? Des travailleurs groupés ensemble pour une œuvre collective de production, peuvent-ils se passer de règlement, d'une loi de leurs rapports?

Ce qui se dira à cet égard, d'une association quelconque, des travailleurs d'un même groupe ne doit-il pas se dire absolument aussi de plusieurs associations, de plusieurs corporations, sous peine de perpétuer le monopole, la concurrence, la coalition, la licence, l'exploitation sur la grande échelle de l'association ; et de prétendre qu'au-delà d'un certain nombre d'associés, il n'y a plus que des ennemis qu'il faut combattre?

Or, nous maintenons que l'État n'est pas autre chose que la gérance ou l'administration nationale, puisque l'État c'est le Peuple.

On ne peut se faire une idée saine de cette théorie de l'État-représemant, si l'on oublie un seul instant que l'État, le pouvoir, le gouvernement, l'autorité, c'est le Peuple en personne, et indi visiblement, par procuration toujours de plus en plus facilement révocable; — si l'on perd de vue que, comme condition préalable de l'action d'une institution économique centrale, il existe au-dessus de cette institution, par conséquent au-dessus du caprice ou de l'iniquité de qui que ce soit, une constitution fondamentale qui consacre les droits naturels et imprescriptibles de lladividu; que gtftce â cette constiution

immuable, les citoyen» foot à l'abri des abus eo toot ce qd tient i leon premiers et plus chers intérêts.

La fonction et ses fruits, le droit an travail et tontes les franchises qui constituent rindépendance civile, économique et politique sont donc tout aussi abritées dans ce nouveau monde par l'esprit public, les croyances et les mœurs, par les institutions et la justice, quele sont aujourd'hui tous les genres de propriétés, les fonctions dans la magistrature, dans les facultés, dans l'Université, dans l'armée, dans l'administration publique ; et en réalité chacun ne dépend plus que de la souveraineté du Peuple dans les limites tracées par l'immuable constitution.

Que peut-on craindre? Est-ce que le personnel, les gérans, le conseil de rinstltution centrale économique, étant élus par les travailleurs, étant leurs représentans, ayant leurs règlemens, étant soumis comme tout le monde à la loi commune d'égalité, ne pouvant rien en dehors des limites tracées à leur action, étant toujours sous le coup de la volonté collective, etc., n'offriront pas toutes les garanties à la liberté individuelle la plus jalouse ? Loin de conduire le peuple, ils seront conduits par lui, car enfin il faut bien supposer que les mceurs peuvent venir mettre ici leur puissant contrepoids.

Personne parmi les Socialistes ne pense à enrégimenter les citoyens et â leur procurer le doux régime des casernes. U ne s'agit des réminiscences ni de Crète, ni de Sparte, ni du Caire.

Lola que l'État fasse tout de lui-même, on lui bit faire tout : le peuple souverain trace le cerde légitime de la liberté individuelle, puis l'État exécute, administre, — et rien de plus.

L'indicible avantage de l'administration économique dont se trouverait investie Y Assemblée nationale, et par elle une institution spéciale organique ; c'est qu'alors l'utilité générale peut toujours être constatée, consultée ou satisfaite par des mesures que la raison et l'équité avouent, que le peuple est toujours â même de connaître, d'apnréder, de combattre ou d'appuyer. Dans ce milieu, tout déni deJustlce,tout abus qui, aujourd'hui, se borne à la sphère privée, où il reste souvent impuni, revêt aussitôt un caractère public qui en asnre la prompte et efficace répression.

Quelle garantie, quand, sur toutes choses, on pourra en appeler comme d'abus à l'opinion universelle des associés, quand le tribunal ce sera la nation elle-même dans la personne de représentans toujours enchaînés au suffrage et à la ratification du souverain L—

Quoi qu'on fasse, on n'éludera pas la nécessité de l'unité économique, parce qu'elle est condition de liberté et de Justice sérieuse pour tous. Si une Banque h l'Instar de celle tel* Banque du Peuple réussit, elle sera ou détiendra un Etat dans l'Etat; elle sera l'unité que nous voulons ; elle sera le nouvel Etat qui doit venir supplanter l'anden, s'il refuse de se foire lui-même le banquier du Peuple. Mais évidemment v elle ne se consolidera qu'autant qu 9 elle garantisse à tous le travail et les fruits légitimes du travail, et par conséquent, le crédit, le débouché et l'équitable échange.

Quoi qu'il en soit, l'Etat, expression de la force des choses, refusera toujours à la multitude la portion de liberté dont elle ne saurait pas user

coovenablesMBt, c'est-à-dire dans le sens de sa destination H sera . au

contraire, fatalement amené à lui garantir les conquêtes de ce genre, qu'elle se sert préparées par sa sagesse. L'histoire universelle en dépose solennellement. U est bien vrai qu'elle nous montre l'avènement progressif et continu de la liberté, mais aussi et préalablement celui du droit et de réjgalhé, ou de la Justice et de la charité.

Que si les fassions, restant déchaînées par notre abdication morale, se manifestent dans le désordre et avec la violence que l'histoire raconte, certes le pouvoir violent restera la première des nécessités, parce qu'il sera la première des conditions de |a sécurité individuelle » du la conservation des

richesse? et dé Tordre matériel des sociétés. Faut-il prédire id la dictature ? Non 1 qu'elle soit maudite !.... k moins cependant qu'elle ne s'exerce pour le bien, au sein d'un déluge social. Si, an contraire, les passions s'apprivoisent généralement an joug de la raison et du droit, l'Etat , toujours nécessaire alors comme moyen on condition d'unité, d'économie, de Justice dislributive, se fera peuple» par conséquent, sera sans danger, et laissera à l'individualisme son indépendance légitime.

D'où celte conclusion : Le pouvoir en soi, c'est à-dire V Etat Représentant ou TEtaf-Piqpfe, demeure un élément constitutif essentiel de toutes les sociétés; et toute la question est entre ces termeç : un bon ou un mauvais pouvoir; mais, dire pins de pouvoir, ce serait dire plus de société. Il ne reste ensuite qn^ se donner soit un bon pouvoir indirect on représentant, soit un bon pouvoir direct ou peuple, et la question aboutit finalement à ceci : un bon on un mouvait Peuple.

FBEDÈBE IETTRE AD CROYEI PROUDHOI.

Citoyen ,

Vous avex cherché la célébrité; soyes satisfait, vous l'avei à souhait; mais avez- vous également la vérité, étes-vous dans le bien ? Votre conscience a déjà répondu : non, citoyen. Et ce que Je déolore, ce qui doit vous affliger , pour obtenir les faveurs de la fausse renommée qui a apporté Jusqu'à nous les noms les plus excentriques., il a fallu pactiser avec Terreur, se vouer au paradoxe, faire profession de sophiste et de boxeur intellectuel.

Une célébrité acquise à ce prix , c'est bien cher, citoyen. Considères plutôt le chemin que vous aves fait depuis que vous vous êtes mis à composer avec les principes, leur préférant les Joutes de la dialectique hégélienne et les succès des Protagoras et des Gorgias. — Vous verres que vous vous êtes engagé dans les voies de l'orgueil, de la bizarrerie et des passions froidement furibondes, ' au bout desquelles il 7 a un abîme même pour les plus forts et les plus heureux.

Ce qui frappe d'abord dans vos écrits, c'est la glorification anticipée, bouffonne, païenne et folle de vous-même, et la détraction méchante d'autrut, particulièrement de. ceux qui tous portent ombrage ou qui tous sont obstacle.

Devant une personnalité aussi anormale et tracassière, on croit facilement à la présence secrète de quelque mauvais génie ; et en eûet, on aperçoit bientôt les cornes du Malin, qui, blotti derrière le rideau, tient en rkanantles ficelles de la grande fantasmagorie Prondbonienne.

liais ce qui perce au premier plan, c'est le bouffon glorieux :

« Et vous, lecteur..., voyez-vous ce tourbillon qui passe* et qu'on appelle la » société, duquel Jaillissent, avec un éclat si terrible, les éclairs, les tonnerres » et les voix? Je veux vous foire toucher du doigt les ressorts cachés qui le » meuvert; mais il faut pour cela que vous vous réduisiez , sous mon corn- » mandement, à Tétat de pure intelligence....... Souffres donc qu'avant de

» dérouler à vos yeux les feuillets du livre de vie, Je prépare votre âme par » cette purification sceptique! »

Que de lumières; je me trompe : que de fusées vont Jaillir I — Et si ce Hvie de vie était nn livre de mort ?...

« On a dit de Newton, pour exprimer l'immensité de ses découvertes, qu'il » avait révélé l'abîme de l'ignorance humaine. Il n'y a point ici de Newton , et » nul ne peut revendiquer, dans la science économique, une part é*ale h • celle que la postérité assigne à ce grand homme dans la science de

» ronhers. Mais fose dire qu'il y a ici plus que ce qu'a jamais » deviné Newton. »

En effet, citoyen, jamais Newton n'eût deviné, avant de tous avoir entendu, Jusqu'où peut aller l'orgueil de Satan !...

Voilà bien les trompettes qui firent tomber les murs de Jéricho !

Cieox et terre, et mers, faites silence; écoutes la voix du grand Dieu Pierre-Joseph Proodbool... Je m'étais dit, avant de connaître l'ordre d'ange ou d'archange auquel vous appartenes : ce n'est point là le langage d'un mortel; ce doit être au moins celui des petits Dieux. Maintenant je m'explique, tout surnaturellement ce que j'attribuais à un accès de superbe.

Les charlatans, dans toutes nos foires, étalent à grands fracas leurs babioles : Ne vous amuses donc point à la bagatelle de la porte! Entres vite , entrer dans le sanctuaire des merveilles I Vous y verrez ce qui ne s'est jamais vu ; vous en sortirez convaincu de ce qui est incroyable 1 — Vous pénétres, et que voyez- vous, qu'avex-vous appris? Rien, si ce n'est votre crédulité, ai ce n'est que vous êtes dupes et que le charlatan est bien nommé.

U y a, dans vos livres, des affirmations graves, des prétendons inouïes. H n'y est question de rien de moins que de la négation de Dieu, de la Fraternité de la Commonauté et même de l'Egalité. Toit ce qui relève et réjouit l'Humanité, la providence de Dieu, sa toute-puissance et sa bonté, la vie de famille sociale et la sainte solidarité des destinées, sont brutalement stygmatisées par vous du nom de préjugés, de bêtises, de niaiseries.

Or, je vous fais un crime, non seulement d'étaler une glorification extravagante de vous-même, mais un souverain mépris pour les autres, et de vous complaire dans cette double outrecuidance avec une persistance toute systématique, et d'oser, au même instant, vous donner au monde comme venant servir la cause du bien et de la vérité, la cause du Peuple.

Nous le savons, citoyen, vous avez pris le parti de n'être jamais de l'avis de tout le monde. Le paradoxe, le sophisme conviennent à l'orgueil.

« Ce métier d'accusateur que je fais* est le dernier qui convenait à mon tempérament. » II s'agit bien de tempérament, il s'agit de moralité : • Mon action ni mes paroles ne seront irritantes. » Le pauvre homme 1% vous êtes si doux, si poli, si accommodant! Je lis, en effet, dans votre Philosopnie de la misère, qui est bien plutôt la misère de la philosophie, on mieux encore du philosophe, je lis: «Loin de moi, Communistes! votre présence m'est une puanteur et votre vue me dégoûte. » — « Je suis pur des infamies socialistes..... » — « Tout ce que ie socialisme a jamais débité n'a été qu'une déclamation de charlatan. » Et tant d'autres aménités du même genre qui n'ont certes rien d'irritant lorsqu'elles viennent de vous, dtoyen. Ecoutez, par exemple: * Quiconque, pour organiser le travail, fait appel au pouvoir et au capital, a menti • » Ne trouvez-vous pas, citoyen, quand voire fièvre et vos hallucinations sont passées, que quiconque s'exprime ainsi, eût-il raison au fond, est un impudent, un provocateur de discorde, qu'il se dégrade et inérite la réprobation publique.

Et vous voulez que le Peuple ne voie pas dans, de pareilles immondices, une récréation de votre orgueil, une envie démesurée de vous signaler par tous les moyens?

Si un inconnu venait dire de vous :

Je |connais tes œuvres, démon de contradiction ; J'ai lu tous tes pamphlets : Six ans tu défendis le Socialisme .et son église ; le reste de ta vie tu seras «condamné à détruire ton ouvrage. Tes colères contre les Montagnards et les Socialistes m'ont attristé, car je me suis dit : tu seras renégat et athée, plein de remords; méprisé et oublié. Tu t'es fait l'émule et l'adversaire de la vieille économie libérale et de Maltbus; c'est pour cela que tu t'es arrêté à la vieille économie libérale et à Maltbus. Tu t'écriais, d'après la vraie doctrine, que celui qui veut plus que l'égalité, qui veut exploiter son semblable soit

regardé comme païen et féodal: tu dis maintenant, d'après la vieille économie et Malth'js, que celui qui ne consent point à l'inégalité, à l'anarchie, à l'exploitation du faible par le fort, soit regardé comme anatbème. Tu combattis fa propriété-monopole ; tu invoques la liberté de monopiliscr les richesses. Tu dis au Peuple, dans un langage incendiaire : fous êtes esclaves ; vous deves être mattre souverain ; vous n'avez rien et vous produise! tout ; voire misère est extrême, et trois millions d'entre vous mourront de faim cette année ; votre martyr est sans nom ; vous êtes stnpide et lâches si vous ne secouez l'affranchissement au plus tôt. — Et quand le Peuple demande les moyens de sa liberté et de son salut, la règle des relations économiques nouvelles, tu loi réponds : anarchie, individualisme, licence, tout ce' qu'on voudra.— Quand il cherche les conditions de Tordre et de l'égalité, tu lui réponds ou'il est libre, qu'il est souverain. — Tu n'as rien ajouté à tes modèles, les faux libéraux, les hommes do destruction, d'analyse et de négation. Ton économie se tait où les difficultés commencent : anarchiste et orgueilleux jadis par tempérament ; anarchiste et orgueilleux aujourd'hui par système; anarchiste et orgueilleux toujours.

Si donc, citoyen, quelqu'obscure folliculaire vous jetait ainsi l'insulte, sans aucune provocation de votre part, de quels gros mots ne caractériseriei tous pas un tel procédé?

C'est cependant la paraphrase fidèle des Invectives lancées par vous contre une mémoire qui heureusement n'a rien à craindre de vos morsures de vipère; celle de l'illustre et très respectable Lamennais.

Que faut-il conclure de votre ignoble et outrageante apostrophe ? — Que Lamennais est an grand homme et restera tel devant la postérité; mais que son détracteur est un brutal, qui a tout à apprendre en fait de sociabilité.

Vous qui connaisse! si bien les lois de la création de Tordre dans l'Humanité (puisque vous vous flattez de les avoir révélées;, ne voyez-vous pas que vous avez ici péché au premier chef contre les lois de Tordre ?

Gomment voulez- vous que la douceur, la paix, la tranquillité même, s'acclimatent jamais parmi nous, lorsque vous jetez incessamment la bave de vos farouches passions sur les passans?... Mais j'oubliais que pour votre boa cœur la fraternité n'est qu'une niaiserie.

Gomment n'avez- vous pas réfléchi que -pour établir, par exemple» une banque du Peuple, le crédit gratuit, et la mutualité des producteurs : toutes choses que vous goûtez fort, il faut au moins entre tous les citoyens, une mutuelle bonne volonté, quelque peu d'amour et d'indulgence dans les âmes ; que si chaque mutuelliste, imitant votre énergique et sauvage gros* sièreté, s'en allait donnant à droite et à gauche, par devant et par derrière, ses coups de boutoirs comme vous le faites, la réciprocité au lieu d'être productive et économique menacerait d'être terriblement destructive et sanglante?

Si encore votre volonté, faisant divorce d'avec vos mauvais penchans, ou vos mauvaises habitudes, s'exerçait au bien; pour peu que vous en prévinssiez vos concitoyens, tout le monde a Tenvi, et nous les premiers, nous vous couvririons de notre indulgence ; mais bah 1 vous vous complaisez dans cette allure de sanglier; et, ce qui ferait désespérer, vous y -portez le glacial esprit de système.

Ne pouvions-nous controverser de tontes ces choses, sans nous maltraiter. Par ce simple respect des moindres bienséances, nous faisions notre salut ; et nous aidions, par notre exemple, le Peuple à faire le sien. Mais vous voulez vous attacher à nos flancs comme une furie : souffrez que nous vous rendions ce qui vous est dû, et vous tenions enfin à distance.

Quoi donc ! ne pourrons-nous jamais mettre un peu d'harmonie entre nos pensées, nos sentimens et notre conduite? Voici eo vous, citoyen, une intelligence souvent juste et profonde, une parole toujours vigoureuse et qui

serait prodigieusement puissante ai elle n'était presque toujours au service d'un détestable philosophisme. Et bien I votre cœur est vide d*auiour pour Dieu et pour les hommes ; d'indulgence, de douceur et de patience, pour les imperfections des meilleurs, et des plus éclairés : vos actions publiques sont une série d'injures et de provocations scandaleuses : vous jetez le fiel de vos rancunes, le venin de votre rage, le mépris de votre orgueil sur tous ceux qui brillent ou s'élèvent.

Et le tout avec le plaisir d'un vrai démon ; car démon, citoyen, c'est le nom de tout méchant qui cherche la discorde et le tapage avec délectation et qui se réjouit des blessures qu'il croit faire : sériez-vous jaloux du Méphislopnélès de Gœtbe?

Vous dites quelque part, si j'ai souvenir, que l'homme n'est autre qu'un mélange de YanimaUté à tous ses échelons, sur laquelle a été greffée ? humanité : de sorte que depuis le polype et l'huître jusqu'à l'éléphant , jusqu'au singe, au chien et au cheval, en passant par les serpents, les crocodiles, etc., toutes les essences du règne animal sont amalgamées et représentées dans notre nature morale.

Eh bien , citoyen, je m'aperçois de la vérité de votre observation , depuis que je vois en première ligue, se manifester eu vous l'ours d'abord , puis le sanglier, et la vipère et le butor, en compagnie du geai et du paon, de l'hyène et du vautour, etc., et quelquefois aussi de l'aigle, mais comme une courte apparition : enfla toute une ménagerie d'animaux plus ou moins iusociabies.

Citoyen , Socrate aussi avait senti en prédisposition dans son âme ou dans ta chair des passions basses, des mouvemens subversifs de Yordre dans Clw manitè ; mais un jour sa volonté se mit fièrement en querelle et en lutte avec les tentations de sa nature ;el l'être que la fatalité semblait entraîner aux crimes les plus honteux , le libre arbitre en fit le type ce la force morale, de la vertu,

et le digne précurseur de Jésus-Christ Mais Socrate croyait en Dieu.

Vous , au contraire, vous persistez dans les plus graves fautes : j'ai le droit et le devoir de vous dire, au nom commun des vrais socialistes, que vous êtes immoral en manquant d'amour, en soufflant partout, avec l'air le plus dégagé, les torches de la discorde.

Vous reprochez à Lamennais son passage du pape au peuple, et l'appelez ange de contradiction. Cette conduite l'honore cependant; car l'Europe entière sait qu'elle fut désintéressée jusqu'au sacrifice. Était-ce bien a vous de lui en faire un crime, à vous qui avez poussé l'esprit de contradiction à sa dernière puissance , et qui avez écrit ces lignes pleines de cynisme :

« Je ne me défends pas d'avoir été fouriériste.... Mais Monsieur, ce qui... » vous étonnera sans doute, c'est que j'ai été bien d'autre choses : tour a tour » protestant, papiste, arien et semi-arien, manichéen, gnostique, adamite même » et préadanute, que sais- je? Pélagien , socinien , anti-trinitaire, néo-chrétien. • Voila pour la religion ; — Idéaliste, panthéiste, platonicien, cartésien, éclec- » tique (c'est une espèce de juste-milieu), monarchique, aristocrate, cons- » tltutionnel , babouvtste et communiste ; voici pour la philosophie et la poli- » tique. «

Joconde, don Juan , et le Figaro de Beaumarchais, n'eussent pas mieux dit; en s'aperçoit du reste, en vous lisant, de vos traversées et de vos excursions en maints pays; vous êtes la confusion vivante des langues, une vraie tour de Babel,

Peuple I voilà les certificats de compétence du citoyen Proudhon en matière sociale , du fondateur de la Banque du peuple , du conseiller de maintes mesures décisives au dernier point pour votre sort. Et cependant lorsque Proudhon parle, tous savez de quel ton sentencieux et absolu.

Citoyen, quand on se glorifie d'avoir tant courtisé de doctrines et d'opimoLf , Ton passe pour infidèle et Ton se nomme sophiste.

Lesaves-vous bien ? — Tous ceux qui tous ont la dans fot gros Unes ce *ous ont étudié dans vos actes politiques s'arrêtent à cette conclusion :.

Divagation et hallucination systématique d'une intelligence déviée, troublée par on orgueil prodigieux ; colère mal dissimulée, d'un amour-propre que le peuple n'accepte point passivement et en idolâtre pour chef de file; dureté, cruauté, ingratitude fiévreuse, turpitude (Ton cœur que la bonté, la bienveillance et la générosité n'ont Jamais remué, amoli, dilaté* agrandi* exalté , transporté hors de lui dans les autres.

Gardez vous donc de vous croire la Voix dm Peuple : ce serait vous préparer un poigjant mécompte. Le peuple ne peut voir dans votre conduite que le besoin de faire du bruit, et nullement, Je ne dis pas le moindre amour, voas n'en avec pas, mais le moindre souci de son bien-être, de son avenir. Ce que tous aimez, c'est vous-même! ce que vous cherchez» c'est la renommée, Il célébrité à tout prix, celle des tréteaux plutôt que point.

Dans le peuple vous ne voyez qu'une abstraction, et si vous aimez quelque chose, c'est cette abstraction. , .

Vous avez bonnement cru que le peuple verrait un ami sincère, un défenseur dévoué de ses droits, dans un égoïste qui, chaque Jour, avec une incroyable suffisance, se produit en imperturbable mystificateur public, et exploite les questions sociales comme moyen de célébrité, et base de son ambition.

Rapetisser autrui pour se grandir soi-même, cela se voit souvent, maie réussit rarement.

De toutes les vanités, la plus illusoire et la plus funeste à la société, est sans doute celle qui nous pousse h l'exaltation de nous-mêmes ; et la plus puérile, celle qui nous persuade que nous avons reculé bien loin les limites de la science ou de la pensée, dépassé d'une distance incommensurable la portée de nos contemporains.

Regardez derrière vous : la liste est bien longue de tous ces esprits forts ou superbes qui se sont produits comme les lumières de l'avenir. Hélas I météore d'un. Jour, la postérité ne connaît d'eux que les prétentions et les déceptions.

yous reprochez à Louis Blanc d'emprunter ses doctrines au Saint-Simooisoe, au Fouriérisme, au Communisme; et vous vous produises comme original, alors que vous n'êtes que l'audacieux plagiaire de ces mêmes écoles ; alors que vous ne vives que du bien d'aatrui, que d'emprunts dissimulés faits à Kant, à Hegel, à Strauss, à Feuerbach, à Helvétius, à Auguste Comte, h tous les athées.

Of, le Peuple, citoyen, appelle cela: guerre d'envieux, convoitise de Jaloux ; et s*il connais jait mieux son saint Jérôme, il lui emprunterait pour vous l'appliquer l'épitbète d'animal de gloire.

Ici encore vous élevez celui que vous croyez abaisser; vous vous abaissez en croyant vous élever: Vous voyez bien qu'il y a une Providence qui rend à chacun selon ses œuvres.

Louis Blanc avoue son origine intellectuelle. Vous, au contraire, vous cachez soigneusement votre filiation. Lequel est le plus digne P

Le très regrettable Laviron, ce capitaine d'artillerie parisienne, qui est alla mourir en chevalier de la Démocratie universelle sur les remparts de la grande métropole du monde catholique, me disait quelques mois avant Février, qu'un penseur tout païen avait un Jour tenu en sa présence, ce propos, pur aveu d'un égoïsme insatiable : « Quand le trouve dans un écrivain, une vérité dont Je croyais être le premier parrain, il me semble qu'il m'arrache les entrailles ; Je le Jetterais volontiers au fond de l'abîme ! »

Seriez vous ce penseur, et le Socialisme serait-il cet auteur?

Mais cet homme, contempteur de tout ce qui n'est pas lui, se dit le peuple» enfin impatienté de votre bourdonnement, qu'a-t-il donc découvert, inventé» perfectionné? où sont ses titres, les prétextes de ces accès de folie? Quelle

idée gigantesque cet homme a donc mise an monde pour oser ainsi se dresser on autel sur les débris du présent et da passé, et tenir on langage de prophète, de sy bille et d'oracle?

Vous avez pris pour épigraphe de vos contradictions économiques, ces paroles de Jérémie : Destruam et œdificabo : Je détruirai et f édifier ai. C'est modeste, j'en conviens; mais il est de fait que vous n'ayez rien détruit; et c'est ma prédiction que vous n'édifieret rien. Je me trompe ! vous avez détruit ce qui était déjà en ruines et à demi coocbé dans la grande tombe du passé. Je reconnaîtrai même, s'il vous plaît, que vous êtes venu remuer les vieux débris et achever de les pulvériser; et puis vous avez édifié une oeuvre de mauvais génie. Tout cela je vous l'accorde. Au-delà, rien vous dis-Je.

Vous avez bien fait tous vos«flbrts pour abattre le socialisme en ayant l'air de le défendre ; mais vous le voyez ; il reste intact et plus vaillant que jamais. Cest désolant, mais il tut se résigner.

Vous, le type Incarné de l'individualisme le plus sauvage, de l'égolsme le plus insatiable, oser vous revêtir du nom de socialiste ! On admire tant d'audace : votre nom est Caln ; et vous dites au peuple : je me nomme AbeU — liais déjà le loup est chassé de la bergerie, la queue initiante.

Restituez à Fourter toutes les grandes lumières qui vous ont guidé dans la critique de l'organisation économique et des vices de la civilisation, toutes le» conceptions positives qui vous donnent l'apparence d'un organisateur, telles que la banque d'échange ; sa formule du droit au travail ; ses séries, que vous avez défigurées ou transformées jusqu'à en foire un je ne sais quoi de ridicule ou d'inintelligible ;

Aux économistes de l'école de Smith et de Say, leurs études sur la mesure de la valeur, leur dogme de la liberté Illimitée, etc. ;

Au Saint-Simonisme, lldée du capital improductif, sa critique et sa négation de la propriété, etc. ;

A d'autres Socialistes, l'abolition de l'usure sous toutes ses formes : rêvera ou rente, loyer, profit, intérêt, salaire ; et le crédit gratuit

Aux Pères de l'Eglise, spécialement à Saint-Basile, k Saint-Ambroise, le fameux mot : la propriété, c'est le vol, la réprobation de l'usure, etc. ;

A Kant, ses antimonies, sa critique du savoir ou de la raison pure ; sa négation de toute métaphysique affirmative; ridée même des contradictions insolubles pour la pensée ;

A Fichte, à Hegel, leur thèse, antithèse, et surtout leur synthèse ; qu'à leur exemple, vous promettes toujours et ne donnerez jamais;

A Auguste Comte, sa prétention de tout ramener désormais à la science oa démonstration, et de ne laisser rien à la foi ;

A loi encore, ou plutôt à Feûerbach, à tous les athées d'au-delà du Rhin , la négation de Dieu, la divinisation absolue de l'Humanité ;

Aux historiens allemands de i'écoîe de Savîgoy , le système désolant de la végétation historique, éclos au soleil du plus grossier fatalisme.

Rendez à tant d'illustres penseurs, ce que vous leur avez dérobé , ou ce qu'ils avaient déjà répandu dans l'atmosphère intellectuelle, à l'usage de tout le monde, que vous restera-t-il? La forme, une forme, je le reconnais volontiers, remarquable de force, d'énergie, de précision et de concision. — - Vais qu'Importe le talent, lorsqu'il s'agit des intérêts de la vérité, du bonheur du peuple?

Vous avez vulgarisé, répété tout haut, d'une voix saisissante, d'un accent original, mais souvent aussi en le dénaturant, en l'obscurcissant et l'embrouillant, ce qui était nettement formulé dans les livres de vos contemporains» ou ce qui se disait tout bas entre les penseurs depuis dix ans, ou ce que nos pères avaient magnifiquement inauguré à la face du monde entier.

Et pour si peu, quel apiombl

« La propriété* ^est le voit H ne se dit pas, en mille ans, deux mots

b comme celui là. Je n'ai d'autre bien sur la terre que cette définition de la » propriété ; mais Je la tiens pins précieuse que ies millions des Rothschild, » et j'ose dire qu'elle sera l'événement le plus considérable du gouvernement » de Louis-Philippe. »

Vous plaisantes, citoyen : Ridiculus mus I

Le plus grand événement du règne de Louis-Philippe, c'est le Saint-Simonisme, le Fouriérisme, le Communisme, dont vous êtes issu pour les altérer» vous, mauvais fils, au lieu de les perfectionner.

Si vous n'avez d'autre bien sur la terre que cette définition de la propriété* vous êtes bien pauvre , car elle n'est pas vôtre ; elle est celle de quarante siècles et de mille penseurs.

Ainsi voilà un écrivain assez ignorant et infatué, au début de sa carrière pour s'imaginer qu'il a enfanté quelque chose, en répétant ce qui se disait autour de loi à voix basse depois huit à dix ans, ce qui était stéréotypé dans les plus vieilles archives de la catholicité et du paganisme, ce que nos philosophes français du dix-huitième siècle ; et principalement firissot de Varville après Saint-Basile ; après, je gage, les philosophes chinois, avaient formulé identiquement ou à peu près dans les mêmes termes : la propriété if est te vol

Tout l'enseignement Saint-Simonien avait roulé sur ce thème; et par exemple que voulaient doue dire ces paroles d'Enfantin : Le capital est mort. — // ne reste plus qu'à t enterrer; si ce n'est ceci : la propriété est la forme générale de l'exploitation de l'homme par l'homme.

Quoi qu'il en soit, lorsqu'on attache tant d'importance à une idée, il ftot que cette idée signifie quelque chose. Or, si ces mots : la propriété c'est le vàl t signifient quelque chose, c'est que la propriété est un vol; et que dès lors, puisque c'est uo vo), elle doit être niée* combattue, détruite à outrance ; car le vol ne saurait en aucun temps avoir sa raison d'être devant la morale, le droit, la concier.ee et la loi. Si donc vous voulez ainsi que la propriété soit détruite comme vol, il ne faut ni temporiser, ni louvoyer ; et vous voilà bien l'ennemi de la propriété, du capital ; et sans doute, in petto, vous avez juré leur perte, ou bien vous êtes un misérable escamoteur qui ue vaut pas qu'on s'arrête à le discuter.

Et en effet vous laissez assez voir que telle est votre arrière pensée, lorsque, répondant à M. Michelet qui vous soupçonnait un peu du grand péché de Communisme, et du dessein formel de forcer Us 25 millions de proprié» taires français à se dessaisir demain de leur chère propriété, et vous objectait que l<» dernier pays oà la propriété sera abolie sera justement la France, vous disiez, tout courroucé : « où a-t-il vu que nous accusions les personnes, comme nous accusons les institutions? Et lorsqu'il ajoute que les 25 millions de propriétaires qui possèdent la France ue se dessaisiront paa demain, qui lui donne droit de supposée qu'on ait besoin de leur

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