‹ Le salut du peuple Journal de la science sociale: journal de la science socialeChapitre 8 sur 16 · QU'EST-CE QUE LA SOLIDARITÉ · texte numérisé non relu

QU'EST-CE QUE LA SOLIDARITÉ

Si les ouvriers, si le peuple des filles et des villages avait aujourd'hui une révélation daire et complète de (Intime et inévitable solidarité qui identifie en quelque sorte tontes les destinées, tons les intérêts : — affections et richesses» JajniHe , liberté, bonheur ; production , répartition et consommation ; sécurité, prospérité v puissance : - demain tous les Français seraient constitués en une nste et unique association, où tout se réglerait et s'administrerait comme dans une grande famille bien unie ; et l'humanité toucherait aux portes de rage d'or.

Ah ! si le peuple savait !... Mais il ne sait pas : de là tout le mal.

Qu'est-ce donc que la solidarité? C'est la dépendance naturelle , nécessaire, intime, continuelle, absolue, indéfinie, où sont, les uns des autres , les êtres humains en général, pour leur développement intellectuel, moral et physique ; pour leur bien-être, leur liberté , leur perfectionnement et leur bonheur. Et Ton ne saurait le dire trop tôt : cette dépendance est réciproque, incessante, du riche au pauvre, du fort au faible , tout autant que du pauvre au riche, du faible au puissant. Nul ne peut s'y soustraire impunément par la nature des choses. « Et l'œil ne peut pas dire à la main, je n'ai pas besoin de toi. t — « Et les » membres du corps qui paraissent les plus faibles sont les plus nécessaires, » afin que les membres aient un soin mutuel les uns des autres. ■ Que deviendraient les capitalistes sans les ouvriers; les oisifs sans les travailleurs; les généraux sans les soldats? Évidemment, Dietf a voulu que tout fût ramené I la fraternité, à l'égalité, à llodivisibiliié , à l'identification morale des destinées : et la famille idéale est notre modèle, notre intérêt, notre devoir, notre salut : hors de la, tout est malheur ou vanité.

Le plus grand fait que la science sociale ait à constater, c'est celui-là : le besoin constant que nous avons les uns des autres ; besoin tellement absolu qu'il fait un tout indivisible des membres de la Société.

Ce grand fait, qui a toute la valeur et toute l'étendue d'une loi du genru humain , eat à la fois la base et la lumière de la science sociale. H est la traduction de cette vérité que la société devrait graver en lettres d'or sur tous les

qu'une sublime protestation de solidarité. Jetée an sein da mortel Isolément tfes âmes, & l'époque où la vie de la fameuse République allait s'éteindre.

Noos oublions, nous ignorons aujourd'hui des vérités que nos ancêtres lia In* siècle constataient encore dans leur simple et nalf.langage, avec une basleur de rue qui devrait nous faire honte. Dans le Nouveau Cynée ou Discoure des occasions et moyens d'établir une paix générale, etc., par Emut CaoïxP., imprimé à Paris en 1627, on trouve cette définition de notre espèce : a L'homme est un animal 4e société qui doit accommoder ses voisins de ce t qu'il a, et réciproquement aussi , recevoir d'eux une pareille courtoisie. » Puis vient cette démonstration de la loi de solidarité : « Et me semble quand v on voit brûler ou tomber la maison de son voisin, qu'on a sujet de crainte, a autant que de compassion, veu que la société humaine est un corps dont a tous les membres ont une sympathie, de manière qu'il est impossible t que les maladies de l'un ne se communiquent aux autres. »

S'il est un point démontré eu science sociale, c'est l'indivisibilité du salut Individuel et du salut social. Point de paix, de» Joie durable, de bonheur certain à soi tout seuL Le bonheur veut être partagé : il s'évanouit s'il ae fait égoïste, solitaire. Cette doctrine est celle de Jésus-Christ. Ce grand bomse Ile veut le salut individuel que par le salut universel. Il faut, suivant lui, pour Cire sauvé, ne faire qu'on avec l'assemblée, avec la grande famille que Dieu ftous a donnée comme l'objet et le moyen de notre félicité terrestre. Il faut donner à tous ceux qui en sont dépourvus pour un titre quelconque , et le Manger, et le boire et le vêtir ; et la science, et la sagesse, et la santé; consentir donc, à plus forte raison, toutes les conditions du développement de nos frères, vivre en intime solidarité avec eux, être un membre harmonique du grand corps de l'humanité, pour gagner la vie éternelle.

Puisque les hommes sont solidaires jusqu'à ce point, quels maux ne se feront-ils pas mutuellement, s'ils se conduisent comme ne Tétant pas? Cependant* de toute certitude, ils vivront dans ftnsotidarité traditionnelle, s'ils ignorent tjull est bon pour eux, en tous temps ♦ en tous lieux, de se conduire comme les membres d'un même corps. Faites donc au peuple l'éducation de la solidarité.

Par notre solidarité naturelle, nous avons une in collective , et par coaséfuent un bien collectif : nos destinées sont inséparables et proportionnelles l'une h l'autre, puisque pour s'accomplir elles sont nécessaires l'une à l'autre» ?oilà donc notre bonheur tout entier engagé dans cette loi. Comment 1 riches et puissans, vous ne voyex pas que vous êtes solidaires de l'ignorance générale, de la pauvreté universelle, de toutes les imperfections morales, intellectuelles et physiques que vos monopoles et vos iniquités, engendrent ou en* Iredennent? Vous ne voyex pas que nous sommes tous, grands et petits, daan le vaste corps du genre humain, ee qu'est une feuitte, un bouton, uae fleur. Via fruit • sur le tronc de l'arbre ! L'arbre souffre*41, tout ee qu'il porte s'en res sent , ae flétrit, et te fane et meurt.

Celle capitale réalité de la solidarité nofiirettt vent donc être fécondée et,

pour ainsi dire, achetée par l'accomplissement entre nous tous, d'an pacte perpétuel de solidarité volontaire qui soit comme la reconnaissance* la cou* aécraiion et l'application positive , régulière , concertée et non pins fatale, do la solidarité naturelle. C'est là précisément la grande fin que se propose le Socialisme; et c'est pourquoi l'on peut dire qu'il est tout entier dans ce mot;

SOLIDAEITÉ UJUVEBSELLE.

Bans l'ordre moral, fatalement, nous sommes faits à limage de ce qui nous entoure : hommes et choses, société et nature. Lorsque nous apparaissons fc la ?ie, la race, la famille, la classe, la profession, le lieu, dans lesquels noot naissons posent sur notre caractère moral et physique leur indélébile cachet •• Habitudes et préjugés, vices et vertus, tempéramment, santé et maladie, nous mêlons ainsi tontes les formes que l'éducation peut imprimer en nos ftmes, et l'hérédité physique transmettre à nos corps.

Mais, c'est principalement en économie politique que la vérification de cette loi est éclatante. Les problèmes relatifs à la production, à la répartition et à la consoaimation des richesses, n'ont réellement de solution possible que dan* un milieu où Ton respecte les conditions de la mutualité et de l'unité économique. Ici encore le »alut particulier ne peut se faire que par et dans le salut général

Vous croyez, dans votre suffisance, pouvoir vous développer tout seul* Erreur et folie, funeste erreur!!! Si vous vous développez tout seul dans uns direction ou dans un côté de votre nature, c'est en oblitérant non seulement chei les autres la face similaire ; mais chez vous-même les autres faces de votre Are. Exemple : la richesse dis capitalistes par la misère des travailleurs, non seulement prive ceux-ci de leur part de bien-être , mais dégrade le moral dea riches et les prive (c'est leur plus grand châtiment, bien qu'ils ne s'en doutent guère) de la joie d'être dans le bien, et de tout le profit réel qu'il y a d'étr* entouré de frères heureux et développés.

La dépendance naturelle des existences àt en raion de retendue de la dl^ vision du travail. La production , le salaire , la vie des uns , est en raison de la consommation des autres; et réciproquement. Gela se conçoit : Pierre produit pour Jean, et Jean pour Jacques , et ainsi de suite indéfiniment , et nul ne consomme les choses qu'il produit. Nos produits, ne les livrons-nous pas tout à l'échange ? L'échange, mais l'échange social, est donc tout

Ainsi : principe lumineux et fécond, autant qu'il est simple et évident : pour qne tous consomment , et consomment beaucoup, il faut que tous produisent et produisent beaucoup ; et pour que tous produisent , il faut que tous coosom* ment; et la consommation, maximum de chacun, devra correspondre à 1* production maximum de tous.

Cest un point de solidarité vraiment admirable et qui prouve combien le dogme : liberté, fraternité, égalité, est à prendre au sérieux dans tous ses larmes ; que chacun devient d'autant plus riche , consomme et jouit d'autant plus , que les produits du travail collectif sont plus proportionnelle* ■eut répartis selon les besoins; que chacun produit davantage, et a pies

de propension naturelle et de libre chois, pour le genre de travail qui) exerce; enfin (Fautant pins que le nombre des producteurs est plus grand dans la ruche sociale. De telle sorte, que le jour où rhumaaité étant peuplée au maximum, donnera son maximum virtuel et normal , de produits, et obtiendra, réalisera, son maximum virtuel et normal de consommation , sera celui aussi où chacun aura son maximum de richesse , de satisfaction, et de perfectionnement intellectuel, moral et physique.

Voilà ce qui était en germe dans la division du travail et qui tend II se manifester de plus en plus. Peuple ! humanité 1 quand donc auras-tu la claire <t Tiff intuition de cette solidarité de bien être, de liberté et de bonheur mise par la Providence entre toutes les eiistencesl Or, sachei-le bien : tant qu'il y aura des capitalistes et des ouvriers, des riches et des pauvres em instrument de travail , il y aura des gens qui produiront sans consommer ? d'autres qui consommeront sans produire ; et l'équilibre des existences étant i Jamais rompu , régal développement méconnu, le droit efrontémeut violé, vous auret une guerre éternelle, l'insurrection et la banqueroute à Pétai chronique : attendes-vous y 1

Ainsi , non seulement la consommation et la production doivent être meiéef de front dans chaque membre du corps social pour le développement et le bien-être même du corps entier; mais il faut s'efforcer de garantir à chacun ce qui lui est dû, c'est-à-dire de foire que la répartition tende à Ce g alité, est plutôt à la proportionnalité dans la satisfaction des besoins de tous*

Si nous comprenions tien notre intérêt, nous regarderions comme un malheur public qu'un homme n'eût rien à produire, rien à consommer; noua tiendrions fortement, sérieusement, non seulement à ce qu'il produisît en raison de ses forces et de ses aptitudes, mais à ce qu'il consommât en raison de ses besoins naturels de tout ordre. Nous sommes donc directement intéressés tant à la fois au plus grand développement possible de ses facultés» de ses forces, et de ses besoins; de tous les élémens constitutifs de sa nature; enfin, il est même bon pour nous que chacun de noa semblables obtienne, dans le partage des bénéfices, une part proportionnée à ses besoins. Tout homme qui ne consomme pas autant que les autres, comme les autres» «i moyen»*, est donc aussi dangereux, ou aussi coupable, s'il n'est dan» tlacapedté radfcak, quln homme qui s'abstient de produire, et vit oisif dant tcsurperfiu.

Tout ceci n'est, après tout, qu'une autre manière de formuler cette maxime de l'économie politique classique : € On n'achète des produits qu'avec des produits. »

Cette solidarité entre la production et la consommation des uns, et te consommation et la production des autres, est si prochaine, si foule, qu'il devient manifestement impossible, devant l'idéal de perfection et de bonheur collectif, de laisser personne individuellement, dispensateur des instrument de travail, ordonnateur de la production, arbitre de la répartition et de In

Il faut, pour la plus grande richesse de lois, et le plus grand développe*** 4e tous , que , dans le court de si fie, chacun prodolie l'équivalent de ce qull consomme; coisoue l'équivalent de ce qull produit; moi» seulement la tomme d'épargne* que requièrent le renouvellement et l'accroissement de» instrumens de travail; et les exigences sociales, telles que l'éducation, les. maladies, la vieillesse, etc.; et tous les cas de solidarité imposés par la force majeure.

Et, non seulement, il faut que chacun produise et consomme harmonique» ment, d'après là loi proportionnelle des forces et des besoins ; mais que chacun tende sans cesse à produire jusqu'au maximum de ses éneigies normales» à consommer autant qu'il le faut pour donner essor et satisfaction à toutes tas aspirations, à tous les besoins que lui révèle sa nature ; et qu'il approche] par ses productions et ses consommations ainsi pondérées, du développement complet de son être. Donc, des producteurs^onsommateurs, et des consommateurs-producteurs, indi vi sib lem en t et en rigoureuse équation ; voilà le par* fait auquel il mut tendre.

Remarques combien la Providence resplendit dans les œuvres de Dieu ! A toute faculté, à toute aptitude instinctive chex les uns, correspond un goût, on désir, un besoin chex les autres; et réciproquement, un goût naturel, un désir général étant dans la sensibilité de l'espèce, soyex sûr que des natures industrielles ou artistiques sont prédestinées à leur satisfaction. C'est pourquoi la consommation et la production sont en parallélisme, ou corrélation constante, et pourquoi la variété de la première est toujours satisfaite par la variété de la seconde.

Eh bien! devant de pareilles causes finales, devant une solidarité aussi prochaine, comment n'être pas frappé du caractère religieux du Socialisme; comment ne pas voir dans l'unité économique, dans le concert des efforts, dans In mutualité, la réciprocité, ime loi impérieuse de l'association humaine, une de ces lois nature"— qu'on ne peut enfreindre ou méconnaître sans altérer ou oblitérer plu* ou moins les sources vives du bonheur général.

Pour obtenir l'éqnilibré entre la production et la consommation, il faut que chacon connaisse la valeur relative conventionnelle de chaque sorte de produits, avant qu'il puisse déterminer ce qu'il peut consommer, eu égard à ce qu'il peut produire.

Et, préalablement, il faut connaître et la somme totale des produits que tous voudraient avoir à consommer, et la somme totale de ce que chacun s'engage à produire dans tous les genres de richesses.

Or, qui ne voit ici que la condition de toutes ces données, c'est le milles de solidarité universelle? Si la mutualité n'est pas organisée sur toute la surface du territoire national, il est impossible qu'on obtienne la statistique précise et circonstanciée des besoins et des goûts d'une part, des forces et des ressources d'autre part, et qu'on équilibre quelque peu la production et la consommation, ^'organisation de la solidarité est le seul moyen de rendre la liberté, l'ég?-

lité et la fraternité efficaces. Ces trois conditions de dignité, de perfection et de bonheur, demeureront stériles, tant que la solidarité ne Tiendra pas les féconder. Il n'est pas d'autre moyen non plus de garantir le droit an travail et les droits du travail. Gomment atteindre à la richesse, à la puissance, à la science et à la liberté, partout où n'est pas l'unité d'action, le concert des activités, Tordre et la Justice? Une société non solidaire est à une société organisée selon la solidarité vraie, ce que des troupes irrégulières sont à des troopes régulières. H n'y a de victoire pour celles-ci, comme il n'y a de justice, de prospérité pour tous, que dans la solidarité formelle.

Donc, tout homme qui veut prouver sa justice et l'exercer efficacement ; jouir du droit au travail et des fruits de son travail ; jouir de la liberté et de l'égalité, doit commencer par s'assujettir aux exigences de l'organisation de la solidarité, accepter la suprématie et l'unité du peuple et de l*État«people qui est comme la dé de voûte et tout à la fois la base de cette organisation, dont les individus et les intérêts sont les matériaux et le ciment.

On accuse le Socialisme de monotonie, de pauvreté... ; on ne le comprend pas. Cet idéal de classement et de rétribution : de chacun selon ses aptitudes, à chacun selon ses besoins, dit assez que le Socialisme tient compte de la variété et veut que le développement de toutes les vies corresponde d'une manière complète à toutes les faces de notre nature, à tous les besoins, à tous les goûts, à tous les modes de l'activité humaine; que le premier il ambitionne la réalisation sociale de {'encyclopédie intellectuelle, morale, artistique et industrielle.

Chacun s'irradient et produisant selon ses facultés et ses forces, obtenant selon ses besoins et ses goûts, c'est dire que tout ce qui est en nous à l'état virtuel, aura simultanément on progressivement, selon le possible, sa manifestation, son essor et sa satisfaction.

Tous n'ont pas les mêmes besoins ; donc tous n'auront pas les 'mêmes satisfactions: tous ne produiront, ne consommeront, ne désireront pas la même chose : il ne s'agit donc pas d'un partage égal de choses identiques: mais d'une' équivalente ou proportionnelle satisfaction de besoins diffêrens, inégaux, variés; en retour d'un travail différent mais équivalent selon les facultés, les aptitudes ou les forces variées de chacun et de tous.

Introduisez la responsabilité personnelle ; rendez conditionnelle la satisfaction des besoins ; faites-la dépendre du devoir accompli, de la production selon ses forces ; et l'association repose sur la justice.

Si l'association universelle était réalisée sur toute la terre , si l'humanité distribuait sérieusement la justice à chacun de ses membres; si l'individu, respectant les lois de la vie, la morale de liberté, d'égalité et de fraternité, produisait selon ses forces et ses aptitudes, et consommait selon ses besoins , c'est-à-dire si nous ne formions qu'un corps et qu'une âme, qu'une famille; le genre humain n'aurait à craindre ni disettes, ni famines; ni excès, ni insuffisance de production et de population ; car alors les lois et les voies de la Providence ayant leur plein cours, et la solidarité étant universelle, une conti*

Mdle compensation ou pondération Rétablirait entre tontes les parties <h| globe; l'équilibre serait certain en tontes choses : l'Orient assurerait l'Ocd* dent, et le Nord le Midi, et réciproquement Les maux de l'humanité seraient réduits à ceux qui lui viennent d'influences fatales supérieures, et contre les* quels sa prévoyance et ses efforts ne peuvent rien : et cette fois do moins, elle ne pourrait plus s'en prendre à ses propres fautes, à ses vices, à son Isa» lement, à sa stupidité. Car enfin il faut le reconnaître, la chose est évidente» l'immense majorité des imperfections sociales et des maux qui s'appesantissent tour à tour sur les peuples, les races et les continens, vient de leur isolement, de leur parcage en nations, de leur insolidarité, de leur inimitié systématique, du brisement des liens de parenté ; de leur impiété, qui, les éloignant de leur père commun , les empêche de comprendre l'importance de l'unité, question de vie ou de mort.

Supposez un instant cette unité accomplie, nous touchons au xénith de ht solidarité; et le plus grand bonheur s'ensuit : les déficits d'Europe ou d'Asie sont alors compensés, annulés par les excédais similaires, corrélatifs, de l'Amérique ou de l'Afrique; car la nature n'a Jamais des rigueurs universelles; la disette comme l'abondance est toujours locale, partielle : U en est de même des épidémies. La mortalité ou la stagnation extraordinaire d'un point serait rachetée par la multiplication extraordinaire d'un autre point , etc.

L'harmonie universelle, le bonheur universel, exigent donc l'association universelle : et la solidarité, la mutualité, l'unité universelles des races, desna« tions, des continens, ou la fusion du ^nre humain dans la vie de famille, est le seul et unique moyen du développement moral, intellectuel et physique maximum ; du bonheur, de la richesse, de la science et de la puissance Mup* mum de chacun et de tous.

Ainsi, en science sociale, économique et politique, comme en science raH« giense, il faut toujours en revenir au parlait idéal : unité familiale du genre humain : Un seul pasteur, Dieu; un seul troupeau, Ckumanité.

Quand donc comprendrons-nous que notre activité à tous doit porter tout entière contre les forces fatales delà nature; ou plutôt se donner à elles pou? les Caire tourner à la fin tant cherchée de notre bonheur commun!

An lien de disputer éternellement entre nous à qui possédera de misérables richesses, toujours insuffisantes; au lieu de nous rejeter mutuellement le fardeau de la production, ou de créer des lots inégaux dans le partage de l'œuvre collective; au lieu de rester ainsi éternellement dans la voie d'un appauvrissement universel systématique ; et de trouver au bout de la carrière tant de haine, de discordes et d'inquiétude, que n'écoutons-nous une seule fois la bon sens, l'intérêt, le devoir et la religion , qui nous crient de ne foire qu'un corps et qu'une âme ; que notre bonheur et celui de notre chère postérité sont àceprixl

Comment se refuser h l'évidence !... quelles ne seraient point notre puis* mee et nos richesses, si, réunissant fraternellement nos forcés, nous entre* !*euk»s ensemble, et véHàùrtment , la conquête, la culture, l'embellissement

de tout le globe habitable, comme fait une famille, du jardin paternel ; à frais et à profit communs.

Alors, la nature, en apparence &i avare de ses dons Jusqu'ici, se montrerait prodigue ; car* si elle se refuse à une action solitaire, elle ouvrirait ses trésors en abondance aux races reconciliées, aux véritables enfans de Dieu.

C'est à cette hauteur qu'il faut se placer pour Juger les économistes libéraux et toutes les doctrines hostiles au socialisme. Tout homme qui part d'un autre sentiment et d'un autre principe pour spéculer en économie politique, et déterminer la loi de la production et de la distribution des richesses de toute nature, ne fait point de la science; car il ne part point de la nature humaine ; il méconnaît la justice de Dieu , il s'autorise de la nécessité ou des passions ; et fait preuve d'une grande ignorance, ou d'une coupable inhumanité.

Vouiez vous simplifier admirablement toutes ces questions si complexes, si inextricables aujourd'hui; les résoudre d'une manière irréfutable ; entrer enfin dans la vraie science sociale et politique. Représentez-vous toujours la Société comme notre mère» et chacun de ses membres çqmmenos frères à tous; dites-vous bien que dans l'humanité il n'y a point d'individus isolés, mais un corps composé d'un nombre indéfini de membres, dont l'existence est également sacrée, également nécessaire à l'ensemble. El alors vous comprendrez comment la loi sociale, devant en tout se modeler sur la justice distributive, sur l'économie et la discipline d'une petite famille selon la chair, doit tendre à obtenir de chacun selon sa puissance, afin de leur accorder selon ses besoins. Et tout cela , nous le répétons, dans les limites de la liberté vraie et de la responsabilité personnelle.

Si la solidarité effective, à un degré plus ou moins élevé, est aussi essentielle à l'état de société, est-il besoin de dire qu'elle a été consacrée comme un dogme moral et religieux, et mise en tête de toutes les législations primitives par les peuples de l'Orient ? La solidarité existe partout où il y a une horde, une tribu, un clan ; à plus forte raison dans une grande république. 11 ne s'agit donc que du degré de solidarité, non de l'existence même de ce ciment de tout sociabilité.

Trois écoles ont de nos jours singulièrement agrandi et éclairé ce magnifique sujet. Le Fouriérisme, les Saint-Simoniens et les Communistes, ont fait, de la solidarité, à divers titres, la base scientifique de la religion, de l'économie* de la politique, enfin de la science sociale.

Mais, nous ne pouvons nous proposer aujourd'hui d'esquisser l'histoire de la solidarité; cependant, on peut déjà entrevoir que le progrès de la civilisation d'un peuple et de l'humanité entière, se mesure au degré de solidarité qui existe entre les individus, les classes, les races et les nations.

COUSIT S'ORGAUSERi LE TRAVAIL.

Comment s'organisera le travail dans l'avenir? Il s'organisera d'après la même loi que dans le passé, par l'effet du concours de deux grands mouvemens:ie mouvement par en bas* et le mouvement par en haut. D'abord viendra le mouvement spontané, multiple, libre et fortuit de chacun et de tous, dans le sens providentiel de l'association par groupes ou corporations ; puis le souverain, l'État-Peuple, se manifestant dans son unité collective, ramassera et condensera, en quelque sorte, par l'action centripète de sa force unifiante, tous ses élémens épars, tout ce travail incohérent, où se forme l'embryon organique.

Tout l'esprit économique du Socialisme est contenu dans ces quelques formules: — Association, assurance mutuelle, solidarité universelle; — Transformation de toute iodustrie, de toute profession, de tout travail en fonction sociale; de tout citoyen, de tout travailleur en fonctionnaire et en actionnaire, en membre du conseil d'administration et de la gérance sociale. — Unité économique nationale. — Socialisation des instrumens de travail» c'està-dire, désappropriation individuelle, ou désinféodation de la terre et des autres capitaux. — Souveraineté réelle et universelle du Peuple, et État-Peuple. — De chacun selon ses aptitudes, ses forces* ses goûts, dans les limites du possible et du relatif dans le temps et dans l'espace ; — à chacun selon ses besoins, dans les mêmes limites : — le tout, sans préjudice de la responsabilité et de la liberté personnelles.

Cependant, la grande fin que doit se proposer plus spécialement le Socialisme pratique, c'est d'engrener toutes les tendances, toutes les relations et institutions morales, politiques, économiques de notre époque, dans la direction qui conduit à ces quatre résultats :

1* La socialisation des instrumens de travail ;

2* La transformation de tout travail en fonction sociale ; de tout dtoyentravailleur, en fonctionnaire de la grande association;

5° L'Unité économique nationale;

&° L'Égalité des conditions sociales, économiques et politiques.

En particulier, l'équivalence proportionnelle ou absolue de répartition entre les travailleur? par l'équivalencedes fonctions ; avec expectative d'inégalité, par la retenue, en cas d'infraction volontaire aux conditions de l'égalité.

H n'est pas besoin de faire remarquer combien ces divers résultats se tiennent» et sont inséparables comme formes ou conséquences d'un même principe.

Voilà le pays d'adoption, la presqu'île escarpée où nous voudrions aborder de plein saut, dès demain, si nous ne consultions que nos désirs et notre aspiration ; — Mais on ne pénètre pas si facilement dans des parages infréquentés: Gomme pour toutes les régions éloignées, on y peut arriver par terre ou rur eau ; à pied ou en voiture; en pirogue, en vaisseau à voile, ou en bateau vapeur; par les lourdes messageries, ou par les véloces chemins de fer.

Et, comme nous ne pouvons pensera nous y rendre qu'en nombreuse compagnie, nous sommes obligés de consulter le goût des voyageurs : Quelles voies» quels modes de transport préféreront-ils ? Nous devons les leur proposer tous, sauf à manifester en temps et lieu notre préférence personnelle.

Qui de dois, d'ailleurs, sait ce qui adviendra dans la traversée, et quels

seront les expédiens ou les véhicules adoptés par les passagers? — Notre rôle est de proposer: que le Peuple ensuite dispose.

Donc, nous devons épuiser toutes les hypothèses raisonnables; bien entendu, dans Tordre des moyens efficaces. — Or, voici ceux que le Socialisme a produits il y a longtemps, et auxquels., pour notre part, nous nous arrêtons. Ces idées sont bien au Socialisme pur ; il les a mises au jour, imprimées, rc* produites depuis douze ans, bien avant que les ennemis de 1 association régulière, de la solidarité et de l'unité, aient songé à les faire valoir comme leur propriété exclusive. Si elles ont quelque valeur, nous en rédamons la priorité au nom du Socialisme, de celui qui tient haut et ferme la bannière de l'idéal. Que, si elles sont fausses ou inefficaces, nous en acceptons la responsabilité.

Nous ferons deux grandes hypothèses: — celle de la liberté ou de la spontanéité individuelle; — celle de VÉtat-Représentant ou de la spanta* néité collective ; et nous rangerons toutes les combinaisons que nous avons à proposer, sous Tune ou sous l'autre de ces deux catégories.

Hypothèse de la Liberté, on transformation et organisation sociale par la spontanéité Individuelle.

Les Socialistes unitaires, fraternels et égalitaires , ont toujours préconisé la voie de liberté ou de spontanéité populaire , comme Tune des deux grandes ouvertures par lesquelles la bonne nouvelle pénétrerait dans l'avenir. Il n'est pas un de nous qui n>it voulu que le fait général coïncidât avec le nouveau droit entrevu ; que l'adhésion ou la liberté précédât la sanction et l'obligation.

Nous avons toujours compris que la liberté , mieux éclairée et secondée indirectement par l'Etat,' réaliserait l'unité d'action, l'association, et tous les avantages inhérens à l'organisation directe du travail par en haut.

Si ncus avons procédé dans nos spéculations par voie de système et d'Etat, nous avons eu soin de déclarer que c'était afin de mieux faire comprendre i chacun ce qu'il devait faire dans sa liberté et sa moralité, pour hâter l'association, l'unité et l'harmonie de fait.

Et le principe de politique qui nous guidait, nous le formulions ainsi : Pour l'avenir, comme pour le passé et le présent, il s'agit toujours d'accomplir par la liberté ce qui est prescrit par la raison, par la justice, par la solidarité fraternelle.

Nous annoncions que si le Socialisme était dans la tendance providentielle, l'humanité le réaliserait par la voie indirecte de liberté, par une sorte d'adhésion et de convergence instinctives de toutes les races et de toutes les nations.

Nous avoos toujours maintenu que l'égalité des conditions serait le résultat de la moralité générale, de l'intérêt individuel et collectif mieux compris , du balancement des volontés concurrentes ; et tout à la fois des combinaisons économiques nouvelles, inspirées par la science nouvelle.

Nous avons dit qu'il était vain de tenter d'imposer l'association; que quand le peuple la voudrait, elle serait; qu'elle serait dès le jour où il en comprendrait la vertu et l'efficacité; et que lorsqu'elle serait, il ferait surgir une autorité, un centre pour la sanctionner, la régulariser et l'organiser.

Nous avons dit que tout mouvement, toute lueur, toute force d'impulsion initiale et successive sortait providentiellement des entrailles de la société lorsque le jour d'éclosion en était venu; que cet essor était incompressible au fond ; que la contrainte ne l'anéantissait poipt; mais que la liberté l'accélérait «t le fécondait merveilleusement.

Nous avons toujours dit que la liberté était mère du progrès, parce qu'elle

était condition de vie, d'inspiration et de spontanéité; qu'en conséquence il fallait respecter la liberté individuelle et corporative, en tant qu'elleétait coin* patible avec l'unité et l'harmonie sociales, avec l'Etat-pcupIe oul'Etat-représeotant Mais, en même temps, nous avons maintenu les droits, les exigences de la solidarité, de Tordre ou de l'unité sociale, en disant qu'il fallait respecter Tunité, le pouvoir central, en tant qu'il était compatible avec rindépendance réciproque des individus, avec la liberté positive ou le plus grand bonheur individuel et collectif indivisiblement; et que des deux forces se combinant avec mesure, devait résulter l'équilibre social.

H est très possible de concilier l'initiative , la spontanéité , la vie propre de chaque individu, de chaque corporation, avec les exigences de la solidarité et de l'unité, avec la direction de la gérance centrale : ce sont comme autant de sphères traversées et reliées par un même axe. Elles ont leur vie propre tout en sliannonisant avec les autres. Un même mouvement leur est alors communiqué par l'axe commun.

Cette possibilité d'échapper par voie de liberté ai système organique direct et à l'intervention immédiate d'une autorité centrale envahissante , nous l'avons donnée comme la condition du succès, et comme devant ouvrir les portes de l'avenir à la nouvelle économie sociale. La force d'agrégation oui doit communiquer l'organisme et la vie, en ramenant à l'unité les élémens divergens. ne viendra qu'après la propagation libre de l'esprit et des moyens d'association. J

Il (aut d'abord que les élémens existent Or, les élémens, ee sent les centres de travail que nous proposons et d'autres analogues.

Lorsqu'ils seront disséminés sur tous les points de la nation , ils seront attirés vers un centre régulateur et inspirateur, à peu près comme le furent les châteaux forts et les mille petits pouvoirs anarchiques des seigneuries féodales, lorsque le haut suzerain, la royauté, leur communiqua, ou violemment ou pacifiquement, sa force d'attraction, de concentration et d'hiérarchisation.

Voilà ce que l'on écrivait au sein du Socialisme unitaire et fraternel, il y a huit et douze ans; ce que Ton a reproduit plusieurs fois depuis avec développement.

En 1848, la révolution de Février, rendant opportune la pratique de ces Idées, nous avons rédigé les généralités d'an programme d'association éealitaire et fraternelle, lequel n'a pu recevoir de publicité qu'en janvier 1849 On pouvait espérer que l'Assemblée constituante, dans sa carrière, favoriserait largement, sincèrement, le flux alors croissant de l'association populaire, en dé- Boliasant toutes les entraves que la solidarité des intérêts rencontre dans les Codes Napoléon. m

Voit* ce travail, avec quelques-unes des coosidéraUons qui le précédaient :

Urgence de l'association de tonte» les corporation, entre elle**

Les ouvriers de chaque Industrie et de chaque localité forment péniblement entre eu ides sociétés mutuelles pour les cas de chômage, de maladie, d'accident, de vieillesse, etc. ; mais ces sociétés ne leur procurent que d'insignifiantes et incertaines ressources. Us ignorent que les mauvaises chances peuvent accabler exclusivement tantôt les uns, tantôt les autres; tandis que ces chances te répartiraient (Tune manière Insensible sur toutes les sociétés s? toutes avalent la sagesse de se rendre solidaires en se constituant en une mutualité générale» Quito le sachent donc enfin : la première condition d*

l'efficacité de tonte assurance mutuelle c'est qu'elle soit universelle, sur la plus grande échelle : plus elle comprendra de membres, plus elle aura de chances de prospérité. La mutualité des travailleurs derra donc, s'ils ▼entent réussir, embrasser toutes les corporations, toutes les localités, le paysan comme le citadin, l'agriculteur et le manufacturier : alors ils seront poissai» ; et en conquérant le bien-être, ils conquerront leurs droits.

Les ouvriers qui, dans chaque corporation, forment en ce moment une mssociation entre eux, commettraient donc la plus grande faute en s'en tenant li. Si toutes ces corporations, après s'être ainsi organisées dans leur sein pour la production à leur propre compte, ne s'associent point aussitôt entre elles par un pacte de solidarité et de mutualité très intime ; si elles ne s'engagent pas à faire mutuellement leurs achats respectifs dans les magasins l'une de l'autre; si elles» ne se créent point ainsi des consommateurs, une clientèle assurée pour leurs produits, tout est manqué : elles succomberont à la concurrence des producteurs capitalistes dont les ruses, l'habilité, les ressources «ont notoires» et qui n'épargneront aucun sacrifice pour les tuer.

Loin de recevoir la loi du capital, le travail peut la lui foire. En effet, en produisant les uns pour les autres les travailleurs sont à eux-mêmes leurs débouchés ; et ils ont ainsi une base solide, car ils sont les consommateurs les plus nombreux des utilités les plus recherchées et dont la production occupe les industries mères ies plus durables. Successivement, la concurrence qu'ils feraient au dedans à la bourgeoisie serait pius redoutable et plus étendue; puis, il l'emporteraient aussi sur les marchés extérieurs par le bas prix relatif de leurs produits; attendu qu'ils pourraient se contenter d'un moindre bénéfice, n'ayant point un luxe et un superflu à soutenir comme les riches capitalistes. Ceux-ci d'ailleurs devraient payer d'autant plus cher leurs salariés, que les ouvriers unis absorberaient plus de travailleurs dans leur association et réussiraient davantage dans leurs entreprises.

Choissez donc: unis, associés, solidaires, justes, égaux et frères, entre vous, d'individus à iudividus, de corporations à corporations, vous obteoes la liberté, l'égalité, le bien-être, le droit de cité, de famille et de propriété que les forts -vous contestent et vous refusent en fait. Isolés, auarchiques, insolidaires, égoïstes, indifférons à vos souffrances et à votre sort mutuels, livrés à vos propres ressources, à vos propres chances d'individus faibles et ignorans, ou de corporations isolées» vous demeurez les instrumens passifs d'autrci, vous éternisez votre misère et votre servitude.

Tout ouvrier, tout homme du peuple, qui n'est point illuminé par ces considérations fait preuve d'une irrémédiable imbécilité. Esclave par volonté, j'ai presque dit par nature, l'esclavage est son état norntal : qu'il reste donc esclave. Mais, j'en loue mes frères ! la partie la plus intelligente des ouvriers et des paysans a compris tout cela et bientôt le prolétariat eu masse en aura la claire et vive révélation.

L'union fait la farce : 11 y a quatre mille ans que les sages de toutes les nations formulent cette vérité en proverbe à l'oreille de tous les déshérités : appliquons-la donc en la comprenant. Les catholiques disent : Hors de ïtg lise point de salut : il y a une parole tout aussi vraie pour les travailleurs : JHors de la solidarité universelle point de salut.

Homme du peuple, qui que tu sois, célibataire ou père de famille* faible ott robuste, te tiens-tu content de ton sort d'aujourd'hui, de la part qui t'est fcite par le hasard du moment; ne vois-tu rien au delà de cette semaine ou de cette saison, au delà de ton clocher ou de ton foyer; ne songes-tu qu'à toi et à tes petits? Va, tu es perdu ou tu perds les tiens, car tu suis !e chemin qui mène à

la douleur, à l'humiliation, à la misère, tôt ou tard; Caln était seul; il

lut maudit.

Solidarité donc ! Solidarité entre tons les ouvriers d*on même métier» solidarité entre tous les corps de métiers; solidarité non seulement dans la même commune, non seulement dans le même canton, dans le même arrondissement, dans le même département, mais dans tous les départamensde la République. Que dis-je, non seulement entre toutes les corporations et toutes les industries d'an même pays, mais la sainte alliance des travailleurs de toutes les nations d'Europe et s'il était possible aujourd'hui, des trarailleurs du

globe entier !

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