‹ Le salut par l'eliteChapitre 16 sur 51 · ST ALBERT'S COLLEGE LIBRARY · texte numérisé non relu

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à pratiquer les préceptes, elle met à notre tête des âmes qui pratiquent les conseils. Pour obtenir de la masse le positif de la vertu, elle nous propose des âmes héroïques qui visent au Super iatire Ce sont les Instituts religieux.

Composés d'hommes et de femmes, qui sont nos frères et nos sœurs, faits de chair et de sang comme nous, les Instituts religieux semblent dire à la masse, à chacun de nous : « Voyons, regarde-moi bien ! Je suis pauvre, j'obéis, je suis chaste, je vis de rien, je me lève la nuit pour prier, j'immole volontairement mon âme, mon corps, mon temps pour Dieu et pour le prochain. Donne-moi la main, et puisque je te précède dans la voie des conseils, sois du moins assez fort pour me suivre dans la voie des préceptes. »

Quel entraînement irrésistible ! Réfugiés dans les Instituts religieux, les héros de la vie chrétienne et de la perfection évangélique exercent sur le monde la puissante influence de l'exemple. Ils font plus encore.

La masse, pour revenir à Dieu, a besoin d'y être entraînée par des arguments. Or en voici un qui peut remplacer tous les autres. Des milliers de créatures humaines, nées soit dans les châteaux, soit dans les chaumières, des filles de grande maison et de grand cœur et d’autres d’un cœur plus grand que leur fortune, se donnent dès le matin de leur vie à un Epoux immortel. Une fleur prouve un Dieu créateur, une sœur de charité prouve un Dieu sauveur. Quand nous voyons passer une armée, nous devinons le général qui'la conduit. Lorsque dans l’histoire et sous nos yeux nous voyons se lever nos Instituts reli

gieux, c’est-à-dire l’immense légion des âmes d'élite, nous saluons et nous acclamons la présence et la divinité du Christ qui «en est le recruteur, l’inspirateur et le chef. FA

Quel argument décisif en faveur de la vraie religion ! N'’est-il pas évident que dans ces êtres exquis, désintéressés, consacrés à Dieu, il y a autre chose que les pensées et les seules énergies de la nature? On a vu des incrédules qui résistaient à tous les arguments, ne plus résister après avoir fait la visite d’une maison des Petites Sœurs des pauvres. On a vu des libres-penseurs frappés sur le champ de bataille et soignés à l’ambulance par des religieuses, déclarer qu'ils voulaient mourir dans la religion des Sœurs. On a entendu ces années dernières un ouvrier parisien défendant les Petites Sœurs de l’Assomption « Citoyens, disait-il, j'avais la fièvre typhoïde, ma femme et mes deux filles avaient la fièvre typhoïde. Une petite Sœur nous a soignés. Moi, ma femme et mes deux filles nous sommes guéris et nous vivons. La petite Sœur est morte. C’est tout ce que j'ai à dire, » On ne saurait mieux faire l'apologie de la religion chrétienne.

Les Ordres contemplatifs.

Oui, nous dit-on, les Ordres religieux actifs sont utiles au monde et il faudrait être fou, dénaturé pour les attaquer ou même seulement les discuter.

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Mais les Ordres contemplatifs. À quoi bon? J'y ar-

rive.

Avec le clergé séculier et les Instituts religieux, l’Elite consacrée comprend les Ordres contemplatifs. On déclare sottement qu'ils ne font rien, qu'ils ne servent à rien. Démontrons brièvement leur utilité et leur bienfaisance.

Si nous consultons d’abord l'expérience universelle, nous entendons les plus grands chrétiens nous dire que les Ordres contemplatifs rendent à l’humanité un service de premier ordre, en faisant planer sur le monde à l’état d'institution la double puissance de la pénitence et de la prière.

Philippe Auguste, assailli par une horrible tempête dans les mers de Sicile, dit à ses matelots « Il est minuit, c’est l’heure où la Communauté de Cîteaux se lève pour chanter matines. Ces saints moines ne nous oublient jamais. [ls vont apaiser le Christ, ils vont prier pour nous et leurs prières vont nous arracher au péril. »

Donoso Cortès, homme d'étude et d’action, déclare : « Je crois que ceux qui prient font plus pour le monde que ceux qui combattent et que, si le monde va de mal en pis, c’est qu'il y a plus de batailles que de prières. »

Un évêque très agissant, Mgr Dupanloup, dans sa Préface à la Vie de Madame Acarie, a écrit : « I y a deux choses qui peuvent sauver la France : le Carmel et les enfants, la prière et les œuvres d’éducation. »

Et n'est-ce pas le maréchal Foch qui disait en pleine bataille : « Quelqu'un doit prier pour moi? »

Il pressentait la force suppliante, supérieure à la force des armes.

Le témoignage de tous ces grands chrétiens m'’impressionne et me convainc davantage que la prétention de l'ignorant ou du libre-penseur, qui décernent aux Ordres contemplatifs un brevet d'’oisiveté, d’inutilité et de parasitisme.

D'ailleurs, à la lumière de la simple raison éclairée par la foi nous discernons facilement la puissance des contemplatifs sur le cœur de Dieu. Une sainte âme, la mère Marie-Thérèse, fondatrice de la Congrégation de l’Adoration Réparatrice, écrivait, au cours d’une maladie : « Priez pour moi... ma messe s'avance. » La vie tout entière des contemplatifs n’est pas autre chose qu’une longue messe, un long sacrifice offert à Dieu en union avec le sacrifice de Jésus-Christ au Calvaire et à l’autel. Les contemplatifs, pénitents et suppliants, marchent donc au premier rang des soldats de Dieu. Dans l’immense bataille engagée contre le mal et ses partisans ils ont le poste à la fois le plus décisif et le plus chaud, ils possèdent les armes dont la portée est la plus sûre et la plus lointaine. Ils se mortifient et s’abîment dans l’oraison pour leur salut propre sans doute, mais en même lemps pour le salut du monde, et en s'immolant, en priant pour les combattants, ils concourent autant et plus que ces derniers à la victoire finale. Car, qui vaincra l’ennemi? Nous? Nos combinaisons toujours erronées par quelque endroit? Nos efforts si vite épuisés? Il n’y a que Dieu pour vaincre Satan. Or Dieu ne donne son secours invincible qu’à ceux qui reconnaissent, par la prière, en avoir besoin et qui sollicitent ce secours par le sa-

crifice uni à la prière. Donc, en dernière analyse, par leurs supplications que le monde n'entend pas et par leurs immolations que le monde ne voit pas, les contemplatifs demandent et méritent la victoire, Ils sont les vrais combattants et les vrais victorieux, et dans l'Elite consacrée ils occupent la première place.

Saluons L’Elite consacrée. Par la parole et par l'exemple, par l’action et par la contemplation elle soulève la masse et l’entraîne vers les hauteurs, vers le vrai, vers le bien, vers Dieu.

Au petit Séminaire de Flavigny, diocèse de Dijon, le 21 juin 1921, le lieutenant-colonel Picard, du 27° d'infanterie, remettait la Médaille militaire à M, l'abbé Dupaquier, un des professeurs de la maison, et s'adressant aux séminaristes, futurs prêtres, il leur disait : « Vous devez être des chefs. Car c’est derrière vous que marcheront les soldats, les fidèles qui demain vous seront confiés, Sachez-le, la troupe ne vaut que ce que vaut le chef et elle ne vaut que par le chef. Si vous êtes bons et généreux, sachant vous oublier, ne comptant ni vos peines ni vos sacrifices, vos fidèles, gagnés par votre exemple, auront à cœur de vous suivre et il n’y a rien que vous ne pourrez obtenir d’eux. On oublie trop la puissance de l'exemple et les merveilles qu'il opère. Voulezvous être à Ja hauteur de votre mission? Dès maintenant soyez des êtres qui sachiez vouloir, devenez des généreux, toujours prêts à répondre à l'appel du devoir... » Ces nobles paroles caractérisent bien la mission de l’Elite consacrée, Clergé séculier, Instituts religieux, Ordres contemplatifs sont à l’avantgarde de l’armée de Dieu, Leur vocation est de sanctifier et de sauver la masse.

iE . La paroisse a besoin d'être vivifiée par une

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