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Un espoir.
Après avoir constaté un fait et indiqué une méthode, nous pouvons énoncer un espoir qui n’a rien de chimérique.
Le commandant Maurice de Gâtellier, tué devant Verdun par un obus le 3 décembre 1916, écrivait au lendemain de la déclaration de guerre : « Voïlà trente ans que je travaille à refaire une France chrétienne.»
Et pour réaliser cette France chrétienne, qu'avait-il fait} Il s'était occupé des jeunes et les avait grou-
pés sous la triple bannière de la piété, de l’étude et
de l’action, Et fidèle jusqu'au bout à sa pensée et à sa méthode, quelques mois seulement avant de mourir, le 23 août 1916, il écrivait à un prêtre : « Après la guerre comme avant, je crois au salut par les Jeunes. » Oui, tout est là ; le salut par les Jeunes. disons plus exectément, par l'Elite des Jéunes.
Déjà cette Elite existe. On trouve des noyaux de
plus en plus considérables de jeunes catholiques qui vivent intégralement leur foi chrétienne. Les groupeiménts d'étudiants ou d'élèves des grandes Ecoles, les plus nombreux et les plis vivants sont les groupements catholiques : conférence Laënnec pour les étudiants en médecine, conférence Olivaint pour les étudiants en lettres et en droit, groupedes polytechniciens et des centraux catholiques, cercle du Luxembourg, cercle des Francs-Bourgeoïs, Association catholique de la Jeunesse française qui a son siège à Paris et ses ramifications. dans toute la France. Tout cela, c’est une force morale qui s'oppose solidement à l’envahissement de l’immoralité et de l’irréligion, qui aide bon nombre de jeunes gens à devenir des hommes de valeur et des catholiques militants, qui les prémunit contre la défection et les prépare à exercer une action religieuse et sociale.
Nous avons dans la Jeunesse une Elite qui nous promet et nous donne dès maintenant des unités fortes, desquelles nous pouvons tout attendre. Dès maintenant cette Elite jette dans les carrières libérales et dans les carrières professionnelles des hom-
mes qui ont une valeur : une valeur d’âme et une valeur d’action. Là est le phénomène le plus réconfortant des temps nouveaux et le plus ferme espoir d’un meilleur avenir.
Déjà même l'élite de la Jeunesse dirigeante nous donne un certain nombre de prêtres. En son mandement de Carême 1921, Monseigneur Julien, évêque d'Arras, s'adressant aux maîtres de l’enseignement chrétien, les suppliait de ne pas se désintéresser du recrutement du clergé. « Vous ne devez pas craindre, leur disait-il, de choisir parmi l'élite de vos élèves des âmes nées pour le sacerdoce et qui peut-être n’y pensent pas. Ne peut-on dire à un enfant : Tel que Dieu vous a fait, vous êtes né pour l’état ecclésiastique? fl faut du moins éveiller le petit génie qui dort au fond d’une âme d’adolescent. Il n’attend que le coup de baguette de l’enchanteur. Il ne s’agit pas de faire violence, il suffit de toucher au bon endroit. Vous craignez d’être indiscrets peut-être. Trop de discrétion est aussi funeste que trop d’indiscrétion. Quand un confesseur connaît bien son « sujet », il n’a qu’à le mettre sur la voie et le livrer à l’action de la grâce... Oserons-nous dire toute notre pensée? Il nous semble que notre enseignement catholique n’a pas été jusqu’au bout de son pouvoir et n’a pas alimenté le recrutement sacerdotal en proportion de ses ressources. »
Ces paroles graves, judicieuses et modérées reçoivent depuis quelques années un commencement d'exécution. Nous voyons affluer dans nos séminaires des jeunes gens de la classe aisée qui, dès leurs an-
nées d'éducation dans nos collèges chrétiens, ont 2 p 16
entrevu les grandeurs et les beautés de l’apostolat. Dans leurs élans de ferveur, ils ont rêvé du sacrifice porté jusqu'à l’héroïsme pour Dieu et pour les âmes. D'un regard intelligent et ardent jeté sur le monde contemporain, ils ont aperçu le vicaire du faubourg ouvrier qui s’exténue à sauver les petits païens de la grande ville, et aussi l’admirable curé de campagne Qui, haletant et fourbu, sillonne de sa pauvre bicyclette éraillée ie désert glacé de l'indifférence ou de l'hostilité paysanne. Ils ont vu de près non seulement la splendeur et le mérite, mais la puissance et la fécondité du sacrifice : ces miracles spirituels plus étonnants, plus divins que les miracles corporels, ces persévérances inouïes dans les milieux les plus contaminés, ces puretés liliales parmi les bouges, ces retours héroïques dont la presse ne parle pas, mais qui font l’admiration des anges et inspirent le respect aux ennemis mêmes de toute vertu. Ils ont vu tout cela et ils ont été séduits par le Christ sanglant qui attire tout à Lui, par la vie passionnante, écrasante des ministres du Christ, et ils ont murmuré : Je serai prêtre ! Toutes les joies profanes ne valent pas une messe bien dite et une âme sauvée. Je serai prêtre ! Les voilà prêtres, et quels prêtres ils vont être pour la rénovation et la résurrection de notre pays |
Ayons bon espoir ! L’Elite de la jeunesse de nos classes dirigeantes nous prépare pour demain et nous procure dès maintenant une Elite laïque et une Elite sacerdotale, Avec plus de certitude que jamais répétons encore une fois notre formule : Le salut par l’Elite |