CHAPITRE VI
L'hygiène des habitations
Les différents médecins qui se sont succédés tant dans les sanatoria qu'au village se sont attachés à obtenir de la population autochtone, comme de la population immigrée, une hygiène rigoureuse de l'habitation.
Le balayage, dans la presque totalité des maisons du: village se fait au moyen d’un linge humide, les dangers du balayage à sec étant maintenant connus.
L'idéal serait le nettoyage par les aspirateurs : c'est le procédé qui était jadis employé au sanato- EIum.
Mais actuellement, le courant électrique, fourni par l'usine de la Vanera, est tellement déficient dans la journée qu’on à dû abandonner ce mode d’absorption des poussières.
La désinfection des.pièces est devenue une opération courante, non seulement dans les sanatoria,
te
mais encore au village, où toutes les femmes de ménage savent [a pratiquer.
Au sanatorium, on se sert du formol, plus exactement de l'aldéhyde formique dégagé par combustion des pastilles de trioxyméthylène.
Nous utilisons une spécialité, le fumigator Gonin, qui brûle tout seul, après soigneuse obturation des interstices des portes.
Au village, certains se servent du fumigator Gonin, d’autres font simplement bouillir sur une lampe à alcool un mélange d'une partie de formol pour deux parties d'eau. C'est un procédé qui revient évidemment moins cher.
Nous parlerons ici de la désinfection des menus objets : vêternents, livres, jouets, etc.
C'est en effet à l’occasion de la désinfection des pièces qu'on les stérilise : en les disposant sur des meubles, sans les entasser, afin de permettre la pénétration du formol.
Enfin, il est un chapitre de l'hygiène des habitalions qui ne doit pas être négligé : celui de l'évacualion des déchets et des matières.
Actuellement médiocre, cette évacuation va être résolue par un système d’égouts qui sera terminé vers le début de l'année 1932.
Actuellement, il faut bien le dire, tous les systèmes se rencontrent, les meilleurs comme les moins bons.
Cependant, toutes les maisons neuves sont pour-
vues de fosses fixes étanches, d’un fonctionnement satisfaisant.
Les sanatoria eux-mêmes ont des fosses fixes : elles vont bientôt être remplacées par le tout à l’égoût.
Cette insuffisance de l'évacuation des matières — insuffisance provisoire, nous l’avons vu, — a moins d'importance, du fait qu'il n’y a pas de puits dans la région, et que toute l’eau du village est captée au loin d’une façon très satisfaisante, nous le verrons au chapitre suivant.