CONSECRATION DE LA COUPE
De même, ô miséricordieux et tout - puissant Seigneur, que votre divin Fils vous consacra son sang et sa vie adorables par le calice d'alliance qu'il nous a laissé, agréez et sanctifiez cette coupe .*%*, afin que le vin qu'elle contient ait, devant vous, la propriété glorifiante d'une sainte provictimalité, unie intimement et reconnaissamment à la divine victimalité de Notre Seigneur Jésus-Christ, pour vous glorifier plus solennellement et pour attirer sur nous tous, et sur l'ensemble de nos frères , votre très unifiante et très harmonieuse paix. Amen, amen.
POUR LES MORTS
Dieu d'infinie miséricorde et de suprême compassion, au nom de l'hostie sainte et adorée que nous possédons comme certitude de l'obtention de plusieurs délivrances, nous vous conjurons, par
l'amour de la plus sainte des victimes, par cet amour sans bornes de Jésus mort pour nous, d'appliquer, plus particulièrement aujourd'hui, les mérites libérateurs de nos trésors eucharistiques partout où souffrent, pleurent ou gémissent ceux qui nous ont laissés sur cette terre en descendant dans les sombres mystères de la mort. Amen.
Adorable et suprême amour de Jésus-Christ, qui nous a fait connaître la très pure et très immaculée pureté de Marie, nous nous donnons à toi, comme nous te conjurons de te donner à nous. Que la communion que nous allons faire resserre, par des liens nouveaux, notre volonté fixe d'être toujours de vivantes hosties à ta gloire; que l'amour, que tu n'as jamais cessé d'avoir pour nous, nous apprenne à être et à nous faire toujours une même chose avec toi; que cette coupe, à laquelle nous allons tous boire en ton nom, nous unisse comme les membres d'un même corps, afin que la vérité et la sainteté de notre provictimalité, en te glorifiant sans cesse, deviennent la constante édification de nos frères et la filiale bénédiction de ces tendres et
maternelles sollicitudes que nous savons que ta sainte et divine Mère a toujours eues pour nous. Amen, amen.
Que mon esprit s'abaisse et s'humilie; que nos âmes s'embrasent et nos coeurs s'enflamment pour participer plus dignement et plus saintement à l'échange divin que nous accorde l'amour miséricordieux de Notre Seigneur Jésus-Christ. Amen.
DISTRIBUTION • DE L'HOSTIE
Que cette part de notre sacrifice grandisse en nous la vie du Sacrifice. Amen.
Je boirai à la coupe des forts, j'activerai la soif de mon âme par le vin éternel de la charité; j'adorerai mon Dieu par les mérites divins de son sang précieux, et mon esprit confessera à jamais le gage du salut que lui assure l'infinie miséricorde du Seigneur. Amen,
DISTRIBUTION DE LA COUPE
Que nos coeurs reçoivent, par cette coupe, la vie effective de la charité. Amen.
O bon, ô divin Jésus, après avoir arrêté nos cœurs devant celte couronne d'épines qui déchira si cruellement votre tête adorable; après avoir assisté à la si douloureuse remise qui en lut faite à votre très affligée Mère, nous sommes contraints cl forcés même, par tous ces effrayants témoignages mis si souvent sous les yeux de notre âme, de nous écrier : Grand Dieu, de quel amour vous nous avez aimés! — Si vous n'étiez venu à nous que dans votre gloire et pour nous prodiguer des caresses, nous aurions pu croire que c'était vous que vous aimiez en nous; mais abaisser votre divinité pour revêtir le corps de nos souffrances et pratiquer la vie de nos douleurs, rien dans le ciel, rien dans la gloire, rien dans votre toute-puissance n'était capable de nous prouver aussi éloquemment, dans notre vie mortelle, la divine profondeur et la suprême infinité de votre amour!!! — Que l'honneur, la gloire et l'éternelle louange qui sont éternellement dus à votre immuable souveraineté vous soient sans cesse rendus par nous dans le très pur et très immaculé coeur de votre très sainte
Mère. Amen , amen. Alléluia , alléluia , alléluia.
BÉNÉDICTION
Que la grâce et la sainteté des considérations devant lesquelles la divine lumière du Seigneur nous a placés, donnent à nos coeurs l'intelligence et la sagesse de mériter chaque jour de se placer entre la couronne d'épines de notre bon Sauveur et le cœur de son immaculée Mère, comme une couronne de reconnaissance et de glorification, afin que, fondés de plus en plus dans cette bénédiction que nous appelons des cieux, nous soyons sans cesse dans l'amour de Jésus et de Marie, l'universelle bénédiction de nos frères et de notre terre.
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.
DERNIÈRE ACTION DE GRACES
O jour de deuil, de silence et de dépouillement terrestre, jour d'imposant témoignage et de solennel jugement. L'Eternel ne sest pas contenté de
s'abaisser jusqu'au sanglant assujettissement à nos misères et à nos peines, il a souffert plus qu'aucun de nous, et il a consenti à mourir comme le plus coupable d'entre nous! Son corps, divinisé par sa nature immortelle et sanctifié par une infinité de vertus éternelles, a été, comme le corps du dernier des pécheurs, caché dans le sein de la terre! Le péché et Sathan craignant que quelques-unes des suprêmes vertus qui les avaient tant humiliés ne vinssent à s'échapper de son tombeau, le scellèrent et payèrent des archers pour le garder.
L'homme de douleurs, couronné d'épines par la haine et par la jalouse négation, effrayait encore, au fond de son tombeau, la royauté du mal et l'hypocrisie sacerdotale qui l'avaient supplicié.
La foi et la respectueuse piété l'ensevelirent , mais laissèrent hors de son tombeau le grand suaire qui, comme un étendard de justice, avait enveloppé son corps pour le descendre de la croix ; sa couronne d'épines ne fut point ensevelie, le consummatum est rédempteur avait été crié.
La croix resta debout comme une accusation
capitale devant le sabbat du Seigneur; le suaire, teint du sang qui formait sur sa blancheur virginale une multitude de hiéroglyphes que la Justice éternelle savait seule lire, disait le triomphe et la victoire de la victime que le monde, le crime, le sacrilège, la trahison, la cruauté et la mort n'avaient pu vaincre.
La croix, honteuse et triste, restait debout attendant que la honte et le repentir de Jérusalem vinssent prendre la place de celui qui avait déjà remué sa base par les tressaillements de la vie nouvelle que la mort éplorée avait été contrainte de lui rendre.
Le suaire délivrant et la couronne d épines prophétique étaient restés aux mains de l'amour maternel et de la pieuse affection de famille, née la veille clans la grande agonie et dans la divine effusion du sang rédempteur.
Je vous salue et nous vous saluons, ô suaire marqué à tant de places du glorieux cachet de notre délivrance! Je vous salue et nous vous saluons, ô couronne d épines qui nous est restée
comme Lç moule et la mesure, nous assurant de noire couronne de gloire! Je vous salue et nous vous saluons dans l'oratoire sacré où tant de Fois vous lûtes vénérés cl cri même temps si souvent arrosés des larmes si pures et si saintes de Marie! Vous y vîntes, je le sais, anges qui parliez à Hennoch sur la plus liante montagne d'Arménie; vous y vîntes, célestes guides donnés par la bonté divine aux pieux émigrants du Sennaar; vous y vîntes, anges delà terre d'Haram, que Sabaoth envoyait pour veiller Abraham; vous y vîntes, anges de Clianaan, commis par Jéhovah à la garde de l'abondante fertilité de cette terre < | ni devait être , pour la fidélité d'Israël, un doux et consolant mirage de FEden; vous y vîntes aussi, beaux anges du Jourdain qui habitiez encore alors les blanches vapeurs cpii dominaient Ségor; vous y vîntes, n'est-ce pas? anges purs de Salem, qui serviez tour à tour le grand et mystérieux pontificat de Melchisédech; vous y vîntes, je le sais, o brillants messagers de l'historique vallée de Mambré; vous y vîntes, humblement prosternés, vous anges de
Moria qui arrêtâtes, dans la main d'Abraham, le couteau qui devait immoler son fils; vous y vîntes,, n est-ce-pas? anges de Luza, chargés par le Seigneur de montrer à Jacob la voie de descension et de réascension des fils lumineux de la maison de Dieu; vous regardez encore comme une des grandes faveurs divines d'avoir été adorer en ce lieu, vous célestes gardiens de Ramessès que le Seigneur envoya porter ses bénédictions à la terre de Joseph. Vous eussiez été affligés de ne pas aller glorifier ce lieu et ses mystères, flammes ardentes ati milieu desquelles le Très-Haut prévint en la fondant si divinement la grande et effrayante législature de Moïse. Vous fûtes conduits jusque-là, vous commis à la garde de ces innombrables esprits qui amertumaient les eaux de Mara, à cause de leur opposition aux lois du temps assigné à leur humanisation tant désirée.
Anges de Sin, anges du Sina, anges du Nebo, vous vîtes là, sans doute, la raison de tant de ministères divers que votre obéissance fidèle servait depuis si longtemps.
Anges de Beth-Horon, qui fûtes envoyés pour la grande délivranee de cette multitude d'esprits enfermés, depuis le déluge, dans la prison pétrifiante des eaux élevées, vous vîntes là achever votre action de grâces et glorifier ces étonnants mystères à l'ombre desquels vos chers délivrés servirent si inattendûment le triomphe du peuple dlsraël, conduit alors par Josué; vous vîtes aussi ce lieu, et vous y adorâtes cèles tement l'auguste trophée que vous connaissiez à peine , beaux anges d'Ephraïm, à travers les nimbes radieux desquels la grande Débora lisait au livre de la justice divine les sages conseils qui pacifiaient entre eux alors les enfants d'Israël. Anges de Silo, qui prévîntes la femme d'Elcana et qui transmîtes à Samuel, dans une parole conforme à la sienne, la parole du Seigneur, vous saluâtes là le résumât if de cette auguste mission qui vous attachait à l'intuitive voyance de la race d'Abraham.
Anges de Cis et de la maison cllsaï , époux de Sénéra de Bethléem, — laquelle offrait au Seigneur, dans la maison de son père, ce sacrifice préventi-
victimal auquel elle faisait secrètement participer son plus jeune fils, partageant avec lui le vin qu elle avait présenté au Très-Haut dans la coupe que sa mère lui avait remise en l'assurant qu elle avait appartenu à Melchisédech, pontife royal de Salem; — vous adorâtes le sang de celui qui s était si volontairement fait la vigne salutaire et vous fûtes saisis d'un suprême tremblement en voyant cette couronne de risées et de douleurs surpassant du plus majestueux éclat toute la magnificence de la vôtre.
Anges de Juda, de Benjamin et de la maison de David, vous vous arrêtâtes devant cette couronne d'épines teinte du sang de l'Homme-Dieu, et vous vous demandâtes plusieurs fois si réellement il vous était bien permis de la bénir et de l'adorer.
Anges de la maison de Salomon, qui fûtes choisis par la Sagesse éternelle pour instruire, aux temps de ses nuits fidèles, le premier héritier de David et l'initier, comme vous le fîtes, à la haute science dans laquelle vous avez été créés, vous vous abymâtes devant ce suaire du Dieu martyr,
et vous vous crûtes anéantis quand il vous fut permis de regarder cette couronne, sur chaque épine de laquelle se lisait, en chair déchirée. Famour de FHomme-Dieu rédempteur.
Anges de Sion, anges des peuples, des cités et des royaumes; anges des temples adorants et de l'universelle adoration, nous vous provoquons de nouveau; nous voulons vous rendre témoins de cet amour vénérant, glorifiant et adorant que nous offrons ici à l'hostie sainte et divine, à 1 hostie de sacrifice et de compassion qui, sur cet autel, resplendit de toute la plénitude du sang divin qui Trappe nos regards.
En elle, nous saluons la très pure, la très sainte et très immaculée Mère; nous saluons le suaire ensanglanté que votre gloire céleste ne vous permit pas même de toucher; nous adorons, comme si elle nous était présente, cette couronne d épines qui fut la miséricordieuse ruine de notre orgueil et le testament de nos possibilités à ressaisir notre couronne de gloire, par laquelle nous glorifierons à jamais le front sacré de Jésus, notre divin Sau-
veur; et le cœur si douloureusement déchiré de notre immaculée Mère.
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen, amen. Alléluia, alléluia.
SACRIFICE PROVICTIMAL
POUR (iLORIFIER TOUTES NOS FÊTES DOMINICALES
COMME ETANT, SELON QUE L'AFFIRME ISàll