‹ Le sanctuaire intérieur du CarmelChapitre 39 sur 46 · PROMIS PAR LE SEIGNEUR · texte numérisé non relu

PROMIS PAR LE SEIGNEUR

A NOTRE TERRE ET a TOUTE L'HUMANITÉ.

Voici ce que dit le Seigneur : « Vos fêles deviendront << d'autres fêtes, et tous vos sabbats un autre sabbat; « car toute chair viendra se prosterner devant moi pour « m'adore?. » (Isvïe, «h. lui, i 33.)

Vu nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

Seigneur Dieu tout-puissant, infini en bonté et immense en miséricorde, nous étions ici ce matin, et, nos genoux ployés comme ils le sont, nous nous présentions devant vous avec confiance et avec un espoir digne des mérites suprêmes de votre très dévoué et très aimant Fils, Notre Seigneur Jésus- Christ; nos fronts étaient parés des grâces rédemp-

triées dont il nous a gratifiés. Nous étions appuyés par l'auguste assurance qu'ainsi revêtus de luimême, nous vous serions agréables et que, quelle que fût notre infériorité, vous répondriez à là prière de nos coeurs, offerte et sanctifiée par le très saint amour de son divin cœur! Nous ne redoutions pas votre présence souveraine, nous avions devant nous la grande et solennelle victime, par le sacrifice de laquelle nous étions certains d'apaiser les plus exigeantes rigueurs de votre justice. Enfin, Seigneur, notre voix se perdait dans la voix de celui que vous nous avez donné vous-mêmes pour être notre grâce et notre réconciliation ; notre prière était tout enveloppée du parfum de sa prière; nos supplications ne faisaient qu'un avec son instante et divine supplication; nos péchés étaient couverts par sa justice; nos fautes par sa vertu; nos désordres par sa sagesse, et nos crimes par sa surexcellente innocence. Nos impuissances étaient fondues dans sa toute-puissance; nos langueurs dans la force de son droit, et nos ingratitudes dans l'ineffable immensité de son amour.

Quand nous criions, Père, c'était lui qui criait; quand nous appelions votre pardon, c'était lui qui suppliait; quand le front courbé, le cœur contrit, lame toute repentante, nous vous conjurions de nous réconcilier avec vous, c'était lui qui faisait retentir en nous les miséricordieux échos de votre grâce; c'était lui qui nous transmettait votre clémente réponse en nous disant : Relevezvous, vous êtes absous et pardonnes.

Maintenant, Seigneur, c'est nous, nous-mêmes, nous seuls qui. venons à vous. Si ce jour n'était pas le jour de vos paternelles audiences, nous hésiterions peut-être à nous approcher si près de votre souveraine majesté. Ah! Père, malgré nos innombrables écarts , malgré nos trop nombreuses ingratitudes, malgré l'esclavage honteux que notre cœur a souvent préféré à cette douce et heureuse liberté que. l'apôtre des gentils nommait, dès son temps, la liberté des enfants de Dieu, nous venons vous dire, avec la pénible et réelle certitude de notre malheur : Père, nous voici, laisse-nous te crier avec l'intime et sincère volonté d'un constant et religieux retour :

Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié , que ton règne nous arrive, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel; donnenous encore notre pain supersubstantiel; pardonne-nous nos péchés comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés; ne nous laisse pas surprendre par la tentation , mais délivre-nous du mal.

Réponse générale ; Amen.

L'assistance se tiendra debout pendant cette prière :

O Marie, nos têtes sont inclinées devant cette infinie puissance par laquelle nous avons tous été créés. Ce jour nous rappelle, sous le miséricordieux éclat de la révélation complémentaire par laquelle nous avons le bonheur d'avoir été prévenus, que ce fut après le grand et majestueux sabbat céleste que les prévenantes magnificences de son éternelle bonté excitèrent en Lucibel et en nous, à cause de vous, les sombres présomptions, les ingrats murmures et l'orgueil jaloux qui élevèrent plus haut et plus glorieusement la dignité et la

justice de nos frères fidèles^ tandis que des trônes étincelants, sur lesquels nous avions été appelés à célébrer l'effectif sabbat de nos stabilités glorieuses, nous descendions d'abymes en abymes, de catastrophes en catastrophes, jusqu'aux lugubres profondeurs de l'outrageante négation que l'esprit divin nomme si justement l'abyme des abyrnes. O fille du Très-Haut , comme tous les enfants aveuglés, dont votre divin Fils nous a donné une si parfaite peinture dans son saint Evangile, nous nous sommes dit souvent, mais surtout aujourd'hui : Allons à notre Père, allons nous jeter à ses pieds. En face de celle qu'il nous apprit, au premier jour de notre vie angélique, être l'auguste miroir de ses perfections suprêmes, nous lui crierons grâce; nous lui dirons, ce que nous aurions dû lui dire le lendemain de cette fête sabbatique qui avait élevé jusqu'à l'inénarrabilité les gloires célestes : Père, nous avons péché contre toi, contre elle et contre ceux qui la célébraient au milieu de ces ineffables bénédictions dont tu l'as entourée sitôt qu'elle fut. O prodige des prodiges ! ô mystère aussi impé-

nétrable que Test la raison efficiente de celui qui ta créée , tu lèveras tes mains de femme et de mère sur ces anges exilés, sur ces enfants des hommes ",. sur ces vivants otages qui viennent, au nom de toute la terre et de toutes leurs générations fraternelles.,- s'offrir comme des victimes, et supplier celui qui, dans nos temps et dans nos miséricordieuses expiations, te fit notre Mère de nous purifier, de nous recevoir et de nous agréer. Réponse générale ; Amen, amen, amen.

Toute l'assistance se tiendra debout, tandis que le Pontife assesseur, levé également, prononcera ces paroles , les mains étendues sur la tête du célébrant vocalement :

O vous que l'Eternel a choisi pour remettre devant notre conscience et devant nos cœurs le point de départ de nos si tristes et si douloureuses déchéances, nous le conjurons de faire descendre en vous sa paix divine et harmonieuse, afin qu'entièrement rentrés dans la vie féconde de sa paternelle réconciliation, nous soyons affirmés par vous que le pardon, que nous avons appelé sur votre tête, nous sera également accordé , pour qu'au jour du

glorieux sabbat qui nous est promis, nous puissions, tous ensemble, nous asseoir près de notre immaeulée Mère et erier aux cieux, aux anges, aux saints et devant Jésus victorieux : Marie est vierge immaculée, pure et sans tache.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

Le Pontife répondra : Amen . amen, amen.

Le Pontife célébrant se lèvera et, sur les Pontifes assesseurs comme sur toute l'assistance agenouillée, les mains étendues, il «lira :

Le Dieu d'infinie bonté et d'ineffable clémence, celui qu'il nous est permis de nommer notre Père, vous affirme, par le ministère propitiateur dont il m'a si miséricordieusement gratifié, qu'il vous revêt de sa divine grâce comme d'un vêtement de solennelle justification. Son pardon divin vous rétablit dans sa vivante et fécondante alliance; il vous réconcilie à lui, comme il se réconcilie à vous, afin que nous célébrions, tous ensemble, avec notre divin Rédempteur et notre très immaculée

Mère, l'espérance de ce sabbat glorieux qu'il nous promet de nouveau.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

Réponse générale : Amen, amen, amen.

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