DES JARDINS DE SALLLSTE
On construit beaucoup à Rome, en ce moment, au grand Jjénéfice de l'archéologie. Pour établir sur un fond solide les murs des bâtiments nouveaux qui s'élèvent de tous côtés, il faut aller chercher le tuf ou la pouzzolane sous une épaisse couche de décombres et de remblais, qui atteint souvent une quinzaine de mètres de hauteur. En creusant les tranchées nécessaires aux fondations, on traverse successivement tous les dépôts accumulés par vingt-cinq siècles de civilisation, dont on recueille les épaves. Nombreux sont les objets antiques, de toute nature, que l'on découvre ainsi au jour le jour. La plupart sont immédiatement enregistrés et décrits dans les inventaires que dresse le Service des fouilles, qui surveille de près les principaux chantiers. l\ en est, pourtant, quelques-uns qui échappent à l'examen des agents de l'administration. Ce ne sont pas toujours les moins intéressants. Parmi ceux que j'ai eu 1 occasion d'étudier récemment, il en est un, au moins, qui me paraît mériter d'attirer l'attention des archéologues.
1. [Comploit. Rendus do V Académie des Inscriptions, 1908, p. 274.]
APPENDICE
C'est une statue de marbre blanc, sortie de terre il j a quelques jours seulement, et que je suis à peu près seul à connaître jusqu'ici.
Elle a été découverte par hasard, à 10 mètres de profondeur, dans un lot de terrain détaché de Fancienne villa Spithoever, qui occupait l'emplacement des Jardins de Salluste \ et où l'on a déjà trouvé précédemment tant de sculptures grecques, archaïques ou archaïsantes, d'une haute valeur notamment : la Niobide de la Banque commerciale, que j'ai eu l'honneur de signaler Tan dernier à l'attention de l'Académie ; les Niobides de la collection Jacobsen ^ ; deux statues de femmes, vêtues du 23éplos, reproduisant le type d'une des figures du fronton oriental du temple d'Olympie ; une Minerve, armée de l'égide " ; un torse de Diane à la biche '' ; un Hercule, presque intact, et encore inédit, trouvé en 1887 dans les travaux de construction de l'hôtel Fischer, 39, via Sallus-
1. Cf. Jordan-Huelsen, TopograpJno der Sfarlt Boju im Alfherthum, III, p. 43o et suiv., et pl. VII.
2. Voir, en dernier lieu, la liste dressée par R. Lanciani, dans le BuUei. comunale, I90G, p. 157 et suiv.
3. Gauckler, La Niobide des Jardins de Sallusle à Rome, dans les Comptes Rendus de ï'Acad. des Inscripf ., 1907, p. lOi et suiv., et planche hors texte de la page 105.
4. Arndt, La glyptothèque Ny-Carlsberg, pl. 51-52, et pl. 38-40 = Xotizie degli Scavi, 1886, p. 252 ; Furtwaengler, Sitzinif/sberichte Bayerischer Akademie, 1899, II, 2, p. 279.
5. Lucio Mariani, Statue muliebri vestite di peplo, BuUel. comunale, 1897, p. 169 et pl. XII, XIII, XIV (statue Boncompagni Ilelbig, Fuehrer, n" 883) ; Di un altra statua muliebre vestita di peplo, Bullet. comunale, 1901, p. 71 et suiv., et pl. VI (statue du couvent des Sœurs de Saint-Joseph, trouvée le 12 mars 1901, à 100 mètres à peine de TAmazone) .