‹ Le sanctuaire syrien du JaniculeChapitre 126 sur 144 · L ANTINOUS DU SCULPTEUR ANTONIANOS · texte numérisé non relu

L ANTINOUS DU SCULPTEUR ANTONIANOS

le vaste territoire de Laniivium^ ce centre agricole, fort important jadis, au municipe dont il dépendait.

Au temps d'Hadrien, Lanuvium ^ était un des lieux de villégiature préférés de Taristocratie romaine, qui venait y passer Tété dans d'opulentes maisons de campagne, groupées autour d'une villa appartenant à l'empereur, et où celui-ci séjournait souvent. C'est dans cette cité que naquirent Antonin et Commode ~. La vie de luxe et de plaisirs qu'on y menait alors, avait nécessité l'installation à Lanuvium de tout un peuple d'esclaves et d'affranchis. Grecs ou Levantins en majeure partie % et appartenant, pour la plupart, à la /am?7 «a impériale. Celleci y avait constitué, en l'an 133 de notre ère, une association funéraire et religieuse, le collegium salutare cultorum Dianae et Antinoi^ dont nous avons conservé les statuts ^, et qui associait dans un même culte Diane et Antinous divinisé.

anglaise de Rome, que m'a fort obligeamment communiquées le Directeur de cette École, M. le professeur Ashby, en même temps qu'une série de photographies, qu'il a faites lui-même des parties les mieux conservées du dallage et des ponts de cette voie romaine. La Blanchère, qui l'a suivie sur tout son parcours, en parle non seulement dans l'ouvrage précité, p. 49, mais aussi dans ses études sur <( Conca », Mélanges de VÉcole de Rome, 1885, V, p. 93 et suiv., et planche IV, n°2, et « La Poste sur la voie Appienne », ibid., 1888, VIII, p. 54 et suiv. — Cette route n'est pourtant indiquée, ni sur la carte III du dixième tome du Corpus, ni sur la pl. XX de la Forma orbis antiqui de Kiepert.

1. Sur Lanuvium, cf. A. Nibby, Viaggio ne' contorni di Roma, II, ch. XXX, p. 185 et suiv,, et la notice du Corpus inscriptionum latinarum, XIV, p. 191 et suiv., avec la bibliographie de la question.

2. Capitolin., Vila PU, I. — Lamprid., Vita Commodi Antonini, I.

3. Les noms qui apparaissent sur les épitaphes de petites gens, retrouvées à Lanuvium, trahissent souvent leur origine exotique, par exemple : Rhodius, Lezbius, Myrtilus, Hélène, Hermès, Doroteus, Summachus, etc. Cf. C. /. L., XIV, 2118, 2129, 2140, 2145 a, 2148.

4. C. L L., XIV, 2112. L'inscription, gravée sur une table de marbre,

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Carte de la réfrion située au Sud de Lanuvium.

L'amer puhlicus de Lanuvium, très étendu ^ mais

a été reproduite en planche dans les MrUinges de VÉcole de Rome, 1808, p. 271 et suiv., et pl. VIT et VIII. — Cf., en dernier lieu. II. Dessau, Inscriptiones selectae, II, 2^ partie, n° 12\'2.

1. Il s'étendait presque jusqu'à la côte. On a découvert Tépitaphe d'un édile du municipe de Lanuvium, auprès du X'' mille de la via An/ iafinn. Cf. C. I. L.,XIV, 2122.

L ANTTNOiiS DU SCULPTEUR ANTOMANOS

dépeuplé parles siècles de guerre qui précédèrent la conquête romaine, avait été alloti à deux reprises sous la domination impériale, d'abord par Auguste, qui le partagea entre des vétérans et des Vestales, puis par Hadrien, qui le distribua à ses colons ' . C'est probablement à la suite de cette dernière opération, que la villa, d'où provient le bas-relief à' Antinous^ fut construite ou restaurée ' par ordre de l'empereur ^ Elle se dressait ' aux abords de la route vicinale, et à une dizaine de mètres au-dessus du niveau de la plaine marécageuse que traverse celle-ci, sur un tertre de quelques hectares, balayé par les vents qui chassent les moustiques et les brouillards pernicieux, et entouré d'un ravin en fer à cheval, qui recueillait par un drainage les infiltrations du soussol

1'. Voici le texte du Liber coloniarum, qui concerne ces opérations : Laniivium murn duciurn, colonia deducta a divo Julio. Ar/er ejus limitibus Augu^feix pro parte est adsignatiis limitibus veteranis, et pro parte virginiim Veiitalium legs Augustiana fuit. Sed postea iinp. Hadriaiius colonis suis agrum adsignari Jussit.

2. On a recueilli, dans les ruines de la villa, trois monnaies antiques, que j'ai pu examiner et identifier : 1° un petit bronze de P. Betilianus Bassus, remontant au règne d'Auguste (Babelon, Monnaies de la République romaine^ I, p. 257); 2° un moyen bronze de Trajan, remontant à la période qui s'étend entre 112 et 117 [Cohen, Monnaies de VEmpire romain, II, p. 78, n° 9); 3° un moyen bronze de la première Faustine (Cohen, Ibid., II, p. 421, n° 106). La villa semble avoir été abandonnée de très bonne heure.

3. Le nombre des statues et des bustes d'An^i/îous, retrouvés jusqu'ici, dépasse déjà la centaine : la majeure partie de ces portraits provient des villas ayant appartenu en propre à l'empereur Hadrien, surtout de celle de Tihur; cf. Dietrichson, Antinoos, p. 123 et suiv.

4. Je dois ces renseignements topographiques à M. le D^" E. Branzoli- Zappi, secrétaire général des Fondi rustici, qui a eu l'obligeance d'aller lui-même les recueillir sur place à mon intention, et que je suis heureux de pouvoir remercier ici de son très utile concours.

o. On a découvert, à cet endroit, nombre de poteries, en forme d'en-

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Les ruines sont trop effacées, aujourd'hui, pour qu'on puisse en dresser le plan. Mais l'aspect que présentait jadis la villa disparue, ne devait guère différer de celui qu'offrent aujourd'hui encore toutes les tenute des Terres Pontines, qui s'élèvent sur l'emplacement des fermes antiques, dont elles conservent les dispositions. Leur plan , approprié aux exigences du climat et de la vie agricole particulières à ces régions, est toujours, à peu près, le même K Dans un enclos rectangulaire, percé d'une seule porte, qui protège à la fois les habitants et le cheptel, se groupent invariablement : l'habitation du ministro^ le régisseur général^, et des faltori^ qui gèrent pour le propriétaire citadin et absent les diverses sections de son immense domaine; les ateliers de charron, de forgeron, de cordonnier; le four pour cuire le pain et les galettes; la dépense où l'on distribue les rations aux valets ; les écuries, les étables, les remises, les celliers et les granges; enfin, parfois, une petite église.

Ici, la villa antique comprenait en outre : des Thermes, accessoire obligé de toute habitation romaine, et dont les piscines et les hypocausles sont encore reconnaissablés ; et, peut-être aussi, un sacellum^ dont l'existence

tonnoir piriforme, percées de trous comme des passoires, et divers tuyaux cylindriques de terre cuite, en forme de bouteilles sans fond, très courts (0°^ 38 de hauteur) et de gros diamètre (0™ 18 à 0™12), s'em- Ijoîtant à la suite les uns dans les autres pour constituer des canaux, qui ne peuvent, à mon avis, avoir servi qu'à drainer le sol. — Comparez aux éléments de drain en poterie, provenant des environs d'Alatri, qui sont conservés au Musée du Latran : Tomaso Crudeli, Distrihuzione délie ncque, p. 12; La Blanchère, Un chapitre de Vhistoire des terres Pontines, p. 88 et suiv.

1. Cf. La Blanchère, ibid., p. 35, 42, 97 et suiv. ; et, du même auteur, la monographie précitée sur Conca.

l'antinoïïs du sculpteur antonianos

expliquerait la trouvaille, faite sur un autre point des mêmes ruines, de quatre colonnes en peperino^ et de divers autres morceaux d'architecture ^ qui semblent avoir orné la façade d'un temple.

Tout ce groupe de constructions était alimenté d eau potable par un aqueduc, qui longeait, du Nord au Sud, le tracé de la voie romaine descendant de Lanuvium, et qui distribuait, au moyen de tuyaux de plomb, le produit d'une source captée dans la montagne ^, aux divers établissements disséminés dans la plaine. Plusieurs de ces conduites métalliques ont été retrouvées : l'une d'elles, mesurant 0'" 08 de diamètre, porte, en lettres hautes de 0"^025 qui se détachent en fort relief, une marque assez endommagée, que je crois pouvoir lire ainsi :

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