Virgile, Aen
d'un énorme amas d'alluvions ; mais elle était captée à l'époque romaine, et ses eaux, amenées par un caniveau souterrain en briques', venaient se déverser par une bouche de fontaine en marbre blanc dans le réservoir d'un nymphée. De cet édifice, dont je crois être en mesure d'affirmer l'existence, il ne subsiste aucune trace à la surface du sol moderne : mais son ossature se devine sous les molles ondulations des terres rapportées.
Elle dessine un fer à cheval, exactement orienté, que Ton dégagerait tout entier en abaissant de cinq à six mètres le niveau actuel de l'hémicycle.
C'est à cette profondeur, en effet, qu'au mois de juillet 1906, en creusant au milieu du ravin les fondations d'une maison de garde, l'on rencontra, en travers des tranchées, un groupe de débris architecturaux et d'inscriptions, présentant entre eux d'étroits rapports, et appartenant tous à un même monument, dont le déblaiement eût alors coûté peu de temps, peu d'argent. Mais le propriétaire, M. Wurts, était absent de Rome, et les terrassiers qui travaillaient pour son compte n'étaient pas des archéologues I Ils se contentèrent de retirer de terre les blocs de marbre qui leur barraient le passage, et ne se préoccupèrent nullement d'élargir le champ des fouilles pour explorer les régions adjacentes. Dès que les tranchées eurent atteint le rocher. Ton commença
1. L'existence de ce caniveau a été constatée l'an dernier par le chef du chantier de construction, à deux mètres en amont de l'endroit où gisait la bouche de fontaine, et à six mètres de profondeur. J'ai repéré sur place, en présence de M. le professeur Galti, le point précis où il se termine; en déterrant ce conduit, et en le suivant jusqu'à son origine, l'on réussirait peut-être à rétablir le fonctionnement de la captation romaine, ce qui assainirait les terrains d'alentour.
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les fondations, et Ton eut vite fait de recouvrir le gisement archéologique, dont le hasard venait de révéler Fexistence, d'un large bâtiment solidement maçonné, qui rendra désormais beaucoup plus difficile l'exploration méthodique du sous-sol.
Les débris antiques, recueillis l'an dernier dans la villa Sciarra, sont tous en marbre blanc. Leur surface est généralement recouverte d'un épais dépôt calcaire, prouvant un séjour prolongé dans la vase, après la ruine des travaux d'aménagement de la source. Ce sont, pour la plupart, des morceaux d'architecture, qui permettent de se faire une idée de l'édifice auquel ils appartenaient. Celui-ci devait être petit, mais d'une grande élégance. Bases, coloimes, consoles, frises, architraves, corniches et chapiteaux sont tous sculptés avec le plus grand soin, et richement ornés. Trois de ces fragments méritent une mention spéciale, étant pourvus d'inscriptions.
1*^ C'est d'abord un bloc de marbre de Carrare, bombé au sommet comme un couvercle de malle, et coupé en biseau à la base, mesurant 0™ 57 de longueur, 0"^ 30 d'épaisseur, et O'^^ IS de hauteur sur la tranche verticale antérieure, où se trouvent gravées les lettres suivantes, hautes de 0"^06 :
0 Y H K O 6o7i>co[oç]
Puis deux grands linteaux en marbre blanc, paraissant provenir d'une même frise d'entablement. Tous deux ont la même hauteur, et présentent, sur la face antérieure, la seule qui soit parfaitement dressée, des inscriptions analogues.
Mélanges Gauckler. 3
2^ Linteau, long de 1"^80, haut de 0"i22, épais de 0^^132. Lettres hautes de 0"^05o. Epsilonn lunaire. L'inscription occupe la partie gauche du linteau, et laisse à droite, après un point terminal, un large vide • :
nOYXYBOT€IPH Y ...TroXupoTscoa...
3^ Linteau, long de 2n^L5, haut de 0'"22, épais de m. 0»^37. Lettres hautes de 0"^ 055. Epsilonn et sigma lunaires. L'inscription, précédée d'un point de séparation, est isolée entre deux vides :
VKAIT0YCM6N xaiToùç [xiv...?
Ces deux lambeaux épigraphiques appartenaient-ils au même texte? Il serait imprudent de l'affirmer ; car, s'ils sont tous deux gravés sur des frises semblables, l'un d'eux occupe la partie supérieure de la tranche apparente (3^), l'autre la partie inférieure (2^) ; et, si la hauteur des lettres est la même, la gravure et la forme diffèrent. Gomment expliquer, d'autre part, cet isolement singulier de quelques caractères au milieu d'une grande surface anépigraphe? Il y a là un problème que je dois me borner à poser, n'ayant pu en trouver une solution satisfaisante.
4° Pêle-mêle avec ces divers morceaux d'architecture, et à deux mètres à l'Est de l'orifice d'une conduite d'eau en briques, de section rectangulaire, qui débouchait des profondeurs du sol situé en amont, gisait un bloc carré de marbre blanc, mesurant 1™20 de côté et 0"^ 27 seule-
1. Cf. Gatli, Xolizie deyli scain, 1906, III, p. 248 et suiv.
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ment de hauteur ^ C'est une dalle, à dessus plat, soigneusement poli, et présentant, sur quatre lignes superposées, une inscription grecque gravée en grands caractères, et faite pour être vue de loin. Le revers de la dalle, sommairement dégrossi, est évidé comme un couvercle, et porte quelques traces de maçonnerie adhérant encore à l'intérieur de la cavité. Le marbre jouait donc le rôle d'un revêtement décoratif : il dissimulait, en le coiffant exactement de sa calotte monolithe, un massif de blocage, mur, barrage ou bassin. Tout autour, sur la tranche, se creuse une moulure concave, uniforme el très simple, encore remplie par endroits de brique et de mortier. Cette large rigole n'était pas faite pour être vue : elle eût été plus élégante. Elle servait seulement à fixer solidement au mur la dalle dont elle fait le tour. Le mortier coulé dans la rainure, après que la pierre eut été encastrée dans la paroi, l'enserrait d'un bourrelet saillant qui retenait la partie postérieure du cadre.
Le bloc de marbre est traversé, en son milieu, par un trou rond, profond de 0"M2, et qui mesure 0"^ 18 de diamètre à l'orifice supérieur, et 0"^06 seulement à la base. Cet entonnoir semble avoir été ménagé pour recevoir la queue tronconique d'une bouche de fontaine en bronze ou en marbre, mascaron décoratif ou mufïle de lion, sculpté à part. Cette pièce rapportée s'est détachée du bloc et n'a pas été retrouvée ; mais elle a laissé sur la pierre une trace circulaire, mesurant 0^30 de diamètre.
Cette empreinte pourrait également, il est vrai, avoir été produite par le pied d'une vasque, qui aurait été planté verticalement au centre de la dalle, posée à plat et