‹ Le sanctuaire syrien du JaniculeChapitre 3 sur 144 · Déhouclié de l'aqueduc souterrain antique · texte numérisé non relu

Déhouclié de l'aqueduc souterrain antique

3 - Bassin moderne, recueillant les eaux de la source des Nymphes Furrinœ. 8 h - Autre bassin moderne, recueillant les eaux de VÂcqua Marct'a et de

VAcqua Paola. \) Ti - Point terminus du second aqueduc antique, qui alimentait le temple des

Dieux Syriens, à six mètres sous le sol actuel. 6 - Emplacement de la fontaine de Gaionas, et des autels con sacrés aux Dieu 10

Syriens, trouvés en 1906 à six mètres sous le sol actuel. II

- Fouilles Darier et Nicole, en juin 1908. Emplacement de l'autel occupant le centre d'une cella du sanctua'ro des Dieu.c Syriens, à cinq mètres sous le sol actuel.

- Abside du fond de la ceUa, a-ec niche, statue de Jupiter Syrien et os-

- Seuil du pronaos, formé d'une table d'autel remployée, portant sur la tranche une dédicace de Gaionas, cistibcr A igusloru» , et, sur le plat, une dédicace ;\ Venus Cœlestis (Alargallsj par C. .Eflanius Maillalis. flamine.

- Aqueduc de captag-e de la source qui nlin entait le nymphée Grescenzi.

- Emplacement du nymphée Grescenzi, détruit en 188,> pour livrer passage au Vlaîe Glortoso.

LE BOIS SACRÉ DE LA NYMPHE FURRINA

La villa Sciarra( Planche I) s'étend sur le versant oriental du Janicule, en face du mont Aventin, dans un site admirable qui domine immédiatement les bas quartiers du Trastévère, et d'où la vue s'étend au loin sur le panorama de Rome, la Campagne et les monts Albains qui l'encadrent. Le parc, silencieux et solitaire comme un bois sacré, étale ses mystérieux ombrages de cèdres et de platanes séculaires, ses massifs de buis aux formes bizarres, ses

1. [Comptes Rendus de 1 Académie des Inscriptions, 1907, p. 135.] — Les inscriptions qui font l'objet de cette note m'ont été montrées par M. Welborne Saint-Clair Baddeley, le savant médiéviste anglais, auquel revient le mérite d'en avoir le premier reconnu l'intérêt. Grâce à son obligeante entremise, M. Wurts, le propriétaire actuel de l'ancienne villa Sciarra où ont été trouvés ces textes inédits, m'a fort gracieusement autorisé à les étudier sur place et à en offrir la primeur à l'Académie des Inscriptions. Je suis heureux de pouvoir les remercier ici, l'un et l'autre, de leur précieux concours, et je me fais un devoir de reporter sur eux l'honneur des importantes découvertes dont ils ont bien voulu me faciliter la publication. — Avant de me signaler les trouvailles delà villa Sciarra, M. Saint-Clair Baddeley les avait annoncées au Times, dans une lettre que le journal londonien publia le 45 mars 1907, le jour même où la présente note était communiquée à l'Académie des Inscriptions; je crois nécessaire d'en reproduire ici le passage essentiel : « To Mélanges Gauchie r. 1

bosquets touffus que traversent des sentiers sinueux, sur une aire très accidentée qui dévale rapidement vers le Tibre. Un ravin se creuse en son milieu, aboutissant vite à un cirque d'érosion d'une quarantaine de mètres de diamètre, dont les pentes abruptes convergent vers un centre d'afFouillenient qui trabit la présence d'une source cachée. Cet hémicycle devait être autrefois plus profond d'une dizaine de mètres : les apports de la montagne l'ont en partie comblé, aveuglant le point d'émergence de la nappe souterraine, qui ne se déverse plus maintenant que par d'invisibles infdtrations, et recouvrant d'une épaisse couche d'alluvions les travaux d'aménagement qui protégeaient certainement la source à l'époque romaine. De cette captation antique, dont je n'hésite pas à affirmer l'existence, il ne reste naturellement aucune trace apparente à la surface du sol moderne ; mais elle doit exister encore tout entière à 5 ou 6 mètres de profondeur. C'est à ce niveau, en efPet, qu'au mois de juillet 1906, en creusant au centre même de l'hémicycle les fondations d'une maison de garde, l'on rencontra dans

« Ihe Editor of the Times. — Sir, invitée! ])y the owners of the late (( villa Sciarra [Slv . aud Mrs. G. W. Wurts) to corne and examine some u inscribed stones found on a portion of their grounds at a depth of 16 English feet, an unexpected surprise awaited the writer, which will, « perhaps, enable archaeologists to definiteh' settle another point in u Roman classical topography. One of thèse stones, a marble altar « (94 cm. X 37 cm.), decorated with masks of satyrs, birds, garlands « and bucranii, bears upon it an inscription in Greek, showing it to be « dedicated by command to the goddesses Artemis and the Sidonian « (Kupris) Venus, and tothe nymphs Furrines. . . ». M. Saint-Clair Baddeley ne donne pas d'autres détails sur les trouvailles faites dans la propriété Wurts. Il se borne, dans la fin de sa lettre, à reproduire les renseignements que nous fournissent les auteurs anciens sur la déesse Furrina et sur son lucua, où vint mourir Caius Gracchus ,

Pl. III

Fragm3nt de sculpture, trouvé au bas du Lucus Furrti

Pl. IV

LE BOIS SACRÉ DE FL'RRINA

les tranchées un groupe de morceaux d'architecture, de sculptures (Planches II-IV) et d'inscriptions, présentant tous entre eux d'étroits rapports, et qui semblaient être demeurés en place dans les ruines du monument auquel ils appartenaient. Les terrassiers qni défonçaient le sol pour le compte de M. Wurts, alors absent de Rome, n'étaient pas des archéologues î Ils se contentèrent de retirer de terre les blocs de marbre de Carrare qui leur barraient le passage, gênant l'avancement des travaux, et ne prirent aucun souci d'explorer les régions adjacentes, ni d'élargir le champ des fouilles. Dès que les tranchées eurent atteint le rocher, l'on commença les fondations, et l'on eut vite fait de recouvrir le gisement archéologique, dont elles avaient révélé l'existence et la richesse, d'un bâtiment tout neuf, solidement maçonné, et qu'il faudrait commencer par démolir si l'on voulait reprendre l'exploration méthodique dn sous-sol.

Les débris antiques, ainsi recueillis par hasard, proviennent d'un édifice qui devait être de dimension restreinte, mais d'une grande élégance. Ils sont tous sculptés avec soin dans des blocs de travertin local, ou de marbre blanc à grain fin, tiré des carrières de Carrare. Leur surface est recouverte d'une couche de concrétion calcaire, épaisse et résistante, comme si, au moment de l'écroulement de l'édifice, ils avaient été précipités au fond d'un bassin, et avaient séjourné longtemps dans une eau très chargée. La plupart sont de simples morceaux d'architecture : fût de colonne, console, fragments d'entablement richement moulurés. L'un de ces derniers présente, sous une corniche, une inscription dont il ne subsiste plus qu'une letlre à demi brisée, qui paraît être

LE SANGTUAIRI;: SYRIEiN

DL JAMCLLE

un M. Trois grands linteaux en marbre blanc, polis avec soin sur deux faces adjacentes, les seules qui devaient être visibles, tandis que les deux autres, probablement engagées dans la maçonnerie, ne sont que dégrossies, paraissent provenir du couronnement d'une murette de terrasse ou de bassin polygonal, plutôt que d'un épistjle ou d'une architrave, comme l'a supposé M. Gatti, qui a déjà publié l'un d'eux'. Tous trois présentent, sur l'une des tranches apparentes et polies, quelques lettres grecques de hauteur uniforme (0 055), disposées d'une manière identique, et se rapportant peut-être à un seul et même texte. Mais il faut remarquer que les mots qu'elles forment sont isolés l'un de l'autre par de larges vides, comme si le linteau sur lequel elles sont gravées avait été masqué de distance en distance par des piliers, ou par des piédestaux appliqués contre la paroi. Voici la description de ces trois fragments :

P Linteau de marbre blanc, long de 1 '"80, haut de 0'"22, épais de 0'" 30. Lettres de 0"' 055. Epsilonn lunaire. Large vide à droite ; point terminal après le mot :

nOYAYBOieiPHY . .-oAuêoTc'.pa.

IV' Linteau de marbre blanc, long de 2 '"15, haut de 0"^22, épais de 0 37. Lettres de 0-055. Epsilonn ei sigma lunaires. Point de séparation avant les premières lettres. Larges vides à droite et à gauche :

YKAIT0YCM6N .Kalxoùç {xàv...

IIP Fragment d'un linteau retaillé. La partie supé-

J. (jallijiVoa'-te dajli Scavi, 1906, [). 248 et suiv.

LE BOIS SACRÉ DE FURRINA

rieiire est bombée comme un couvercle de malle. Le bas est coupé en biseau. Longueur, 0 57; hauteur actuelle, 0'"08; épaisseur, 0"^ 30. Hauteur des lettres, 0'"058 :

0 Y H K O ...6u^xo[oç]..

Ces trois lambeaux épigraphiques se rapportent à un sanctuaire, comme le prouve la mention d'un sacrificateur (OuYjy.coç). Ils ne nous apprennent rien de plus.

IV^ Beaucoup plus explicite, au contraire, est une autre inscription grecque, qui fut trouvée au-dessus des précédentes, et que M. Gatti a décrite en ces termes dans les Notizie degli Scavi ^ :

(( Regione XIV. — In via Dandolo, al Gianicolo, (( nella proprietà Miissi ' — antica villa Sciarra — è stato (( trovato un lastrone quadrato di marmo, grosso 0 '"30, « che misura \ "'16 per ogni lato, e sul quale leggesi, (( a grandi caratteri :

A6CM0C OnCOC fA Ail mil il II POC 0YMA 06OIS nAPOXo'ç ©

ON AH TAICONAC AEIRNO K P I T H C /y €06TO

« Questo marmo era stato adoperato per fontana, e ha

(( nel mezzo il foro per il getto dell' acqua. L'iscrizione,

(( assaicorrosa nella parte destra per incrostazioni, allude

<( ad un sacrificio agli dei xapôyot, che una persona di

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