Etage 5 de Telliiii
2. G. Brocchi, /. £'.,p. 160; A. Portis, /. c, p. 386 et suiv. ; A. Cassio, Corso délie acque^ 1756, II, p. 535.
3. Etage n° 11 de Telliiii. Cf. G. Brocchi, /. c, p. 169 ; A. Portis, /. c, p. 390 et suiv.
LA SOURCE DU LLCUS FUHRINAE
La constitution géologique du Janicule est donc des plus simples. Elle peut se résumer ainsi : à la base, un socle massif absolument imperméable ; au sommet, des terrains divers, mais tous éminemment poreux. L'eau doit donc nécessairement jaillir à la limite de ces deux zones, et c'est ce qui se produit en effet ^ Les pluies qui tombent sur le haut de la colline, sont immédiatement absorbées. Elles traversent aisément le tuf, le sable, le gravier, mais sont arrêtées par l'argile de la base, sur laquelle elles glissent dans la direction du Tibre, d'abord sous terre, puis à ciel ouvert, quand le plan incliné qui les porte apparaît lui-même à nu sur le versant oriental du Janicule, à quarante-cinq mètres d altitude. Partout, à cette hauteur, se produisent, le long des pentes, des suintements plus ou moins forts. Mais ceux-ci sont bientôt absorbés à nouveau par les terres alluviales des bas quartiers du Trastévère, qu'ils imprègnent comme une éponge. Ce n'est donc qu'à mi-côte, et sur une zone très étroite, que l'eau ruisselle à la surface ; et, même en cette région, sa présence ne se révèle guère que par la vigueur insolite de la végétation qu'elle y entretient. Elle circule partout en minces filets, mais forme peu de grandes sources; car le socle argileux de la montagne constitue un plateau très lisse, sur lequel l'eau s'étale uniformément, au lieu de se concentrer en quelques nappes à fort débit.
Pourtant, si régulier qu'il soit, le plateau suit le mouve-
1. Sur le régime hydraulique du Janicule, cf. A. Gassio, Corso délie acque, 1756, I, n^XU, p. 147; II, XLVIII, p. 536 et suiv. ; R. Lanciani, Acque, p. 27 ; G. Brocchi, /. c, p. 61 et suiv. ; Gauckler, Comptes Rendus, p. 157; Bull, comun., p. 78, note 6; Iluelsen, p. 252, note 3.
ment général de la colline Gomme elle, il se renfle ou s'abaisse alternativement en molles ondulations, dont le relief extérieur reflète le modelé; et les dépressions, qui se produisent ainsi dans la structure interne du Janicule, constituent autant de cuvettes souterraines, alimentant des sources pérennes, qui jaillissent au fond des vallons.
Tel est, précisément, le cas de la source du Luciis Fiirrinae. Elle doit son origine à un tassement de la montagne, qui produit, dans les profondeurs du sol, un léger affaissement des strates, attirant à lui les infiltrations, et, dans l'écorce superficielle, une fissure, par laquelle l'eau s'échappe au dehors, et qui a déterminé, sur les flancs unis du Janicule, la formation du ravin Sciarra (Planche XII).
Celui-ci est, en quelque sorte, le bec de la cuvette intérieure. Il lui sert de canal de décharge, et de déversoir naturel.
Il est vrai qu'à l'heure actuelle, c'est sous terre que la source parcourt toute l'étendue du ravin, depuis son origine jusqu'aux points où il se termine, à la rencontre du Viale Glorioso
1. Voir les coupes géologiques du Janicule, publiées, ])ar A. Tellini, en même temps que sa carie des environs de Rome (Trastévère).
2. Voir Gauckler, i?fi//. comun., p. 47, fig. 1. [ci", plus haut, p. 30]. — Ce plan a été dessiné par M. Ed. Gatti, sur la base de celui que M. Huelsen avait fait distribuer, le 19 avril 1907, aux auditeurs de sa conférence (cf. Huelsen, Mitteilungen, p. 226, note 1), et qui est luimême emprunté aux relevés de G. B. Nolli, et de Lanciani, Forma Urhis Romae, pl. 33. 11 suffit d'un coup d'œil, pour se rendre compte des différences qui existent entre nos deux plans. Celui qui accompagne mon article n'avait, d'ailleurs, d'autre but que d'indiquer remplacement exact de la source du ravin, dont M. Huelsen contestait l'existence. — Le plan que M. Huelsen vient de pul)lier à la suite de son article des Mitteilungen (pl. VIH), n'a pas non plus été levé sur le terrain. H
Pl. XII.
LA SOURCE DU LUCUS FLRRINAE
Ce n'est qu'en aval de ce boulevard, c'est-à-dire en dehors de la villa Sciarra appartenant à M. Wurts, qu'elle débouche à ciel ouvert, dans le domaine de la Société immobilière du Janicule. Elle y alimente un bassin, placé à une quarantaine de mètres plus loin, et à une dizaine de mètres plus bas, que l'endroit où fut trouvée, il y a deux ans, la bouche de fontaine de Gaionas ^ (Voir Planche V, n« 3.)
D'autre part, juste à côté de ce premier bassin, s'en trouve un autre, tout pareil ^ recevant le trop-plein des conduites de YAcqiia. Paola et de V Acqua Marcia, qui fournissent actuellement à la villa Sciarra l'eau nécessaire, l'une pour les usages domestiques, l'autre pour l'irrigation des jardins ^ (Planche V, n" 4). h' Acqua Marcia est potable, V Acqua Paola ne l'est pas. Or, la même différence se présente entre les eaux recueillies par les deux bassins. Celle du premier est excellente, et, même, si réputée, qu'on vient de fort loin pour en boire. Celle du second réservoir, au contraire, est saumâtre et imbuvable.
L'on s'explique donc parfaitement que tous ceux qui ignoraient, ou contestaient, l'existence de la source du
indique encore l'existence du nymphée de la Villa Cresconzi, qui a été détruit en 1885. Par contre, il omet les deux vasques situées juste en face et au bas du ravin. La nouvelle maison construite par M. Wurts est placée trop au Sud et mal orientée. La via L. Nasi, qu'indique le plan, n'existe pas. Par contre la via Calandrelli, qu'il supprime, a précisément été percée en 1907-1908. Le tracé du Viale Glorioso, k son point de départ, est inexact. La rue tranversale, qui le réunit au Viale del Re, n'est pas indiquée.
1. Gauckler, Comptes Rendus, p. 137 ; Bull, comun., p. 46 et note 2.
2. M.Huelsen ne mentionne aucun de ces bassins, et ne semble pas les connaître.