Coinquere ; cf. Henzen, Acta Fratr. ArvaL, p
2. Collucare, Caton, de Re ruslica, CXXIX ; sublucare, Festus, p. 348, s. V.
3. Cf. G. Stara Tedde, Ricerche sulla evoluzione del culto deyli alberi dal principio del secolo IV in poi. Extr. du Rull. co/?i., 1907.
4. M. Huelsen, Mitteiliingen,p. 249 et suiv., admet aussi cette persistance du Lucus Furrinae pendant toute la période antique ; mais il appuie son opinion sur la mention faite par les Rég-ionnaires, dans la XIV^ Région et le quartier du Janicule, d"un [vicus?] Caput Gorgonis (Cf. Gauckler, Comptes Rendus, p. 151, note 3. — Rull. comun., p. 72, note 2), qui lui paraît désigner le bois sacré de Furrina, assimilée à la Furie grecque. — Cette hypothèse ingénieuse me parait trop savante pour être acceptable. Elle s'appuie, sans doute, sur la dénomination d'aÀcïoç 'Epivjojv, que Plutarque attribue au lucus Furrinae. Mais Plutarque est un Grec, et un érudit, doublement induit, par conséquent, à exagérer l'influence de l'hellénisme à Rome. Celle-ci ne s'est exercée que d'une façon très restreinte dans le domaine de la toponymie, laquelle est d'origine et de nature essentiellement populaire. Rien n'est plus immuable que les noms des lieux. Ce sont parfois les seuls vestiges qui attestent encore l'existence de peuples, dont, sans eux, nous aurions perdu tout souvenir.
5. Cf. tous les textes dans Gauckler, Comptes Rendus, p. lo3 et suiv. — Rull. comun., p. 74 et suiv., et Huelsen, p. 223, note 3.
LA SOURCE DU LUCUS FURRINAE
nous savons que la déesse avait son prêtre spécial, le flamen Fiirrinrilis chargé sans doute de veiller à l'entretien du sanctuaire, et à l'organisation des fêtes solennelles qui s'y donnaient chaque année, le 25 juillet, le jour des Furrinalia ^.
A la fin du second siècle de notre ère, le groupe des dieux syriens, d'immigration récente à Rome, et en quête d'un abri propice, vint demander I hospitalité à Furrina, et s'installer discrètement à côté d'elle dans son lucus \
Les nouveaux arrivants s'établirent sur le versant nord du ravin. Leur temple, exactement orienté, se dressa sur une plate-forme, à quelques mètres de la source, lui empruntant seulement l'eau lustrale nécessaire à ces ablu lions rituelles qui jouent un si grand rôle dans les cérémonies des cultes orientaux ^. Une canalisation spéciale, en briques, dont les restes subsistent à gauche de celle du nymphée % mais qui est, elle, aujour-
1. Varron, De lingua laf., VI, 3, 17. Notons ici qu'une inscription latine, récemment découverte dans le temple des dieux syriens, voisin du lucus Furrinae, semble dédiée par un flamine, C. Aeftanius Martialia.
2. C. I. L., I, p. 298, Fasli Pinciani, et p. 398 (Mommsen) ; Festus ap. Paul. Diac, éd. Muller, p. 88; Martianus Capella, II, 164.
3. Gauckler, Comptes Rendus, p. 155 et suiv. = Bull, comun., p. 76.
4. Cf. Lag-range, Etude sur les relie/ions sémitiques, p. 158 et suiv. o. Ce caniveau serait, au dire des ouvriers qui l'ont découvert en 1906,
large de0°i40et haut de O^ioO environ (Gauckler, Bull, com., p, 46, note 2, et Huelsen, Mitteilungen, p. 2531. Par contre, l'aqueduc principal ne mesure, comme on le verra plus loin, que 0'"20 X 0™20 ; mais, si ses dimensions sont beaucoup plus faibles que celles de son embranchement, c est parce qu'il était établi au fond d'une galerie praticable, qui en facilitait l'entretien et la surveillance sur toute l'étendue de son parcours. Lorsqu'on est forcé, au contraire, d'installer dans le sol un a(jueduc sans galerie, il est prudent de donner à celui-ci un calibre beaucoup plus
LE SA>CTUA1RE SYRIEiN DU JAMCULE
d hiii hors d'usage, dériva une partie du produit de la source pour Tamener au nouveau sanctuaire ^ Le liquide s'y déversait par la bouche de fontaine qui a été découverte en 1906, à 2 mètres en aval de la fin de ce caniveau, et qui porte la dédicace suivante :
Cette inscription, dont je me borne à rappeler ici le texte, sans insister pour le moment sur les problèmes qu'elle soulève, est gravée, comme on le sait déjà sur un socle de marbre blanc, carré, mesurant à peu près quatre pieds romains de côté, et un pied seulement de hauteur (1"^20 sur 0^^27), creusé au pourtour, sur la tranche d'une gorge de profil très simple, et percé, au milieu, d'un large orifice circulaire. Au revers, le marbre est évidé comme un couvercle ; mais cette particularité ne prouve nullement qu'il ait jamais recouvert un trésor \ En le creusant ainsi, le marbrier n'eut probablement d'autre but que d'en diminuer le poids, qui était excessif, et qui reste encore considérable, en dépit de
larg-e que ne Texigerait le débit maximum du liquide, afin d'éviter tout risque d'un engorgement qui nécessiterait des travaux de réparations en trancliée, difficiles et très coûteux. D'ailleurs, n'ayant pas vu moimême le second caniveau, je n'en garantis nullement les mesures.
1. Gauckler, Comptes Rendus, p. 137 et suiv. = Bull, comun., p. 49. Vide contra, Huelsen, p. 253, qui suppose que cet aqueduc pourrait être un simple égout ; mais l'orientation du conduit ôte toute vraisemblance à cette hypothèse.