Voir plus haut, p
3. Gauckler, Bull, comun., p. 51 et suiv. ; v, c.lluelsen, Miflcilun(/en, p. 236 et suiv.
LA SOURCE DU LUCUS FURRLNAE
cette opération. Il n'y a donc pas lieu d'attacher trop d'importance à cet évidement, qui ne saurait, en aucun cas, suffire à caractériser le monument où il apparaît.
Beaucoup plus instructif, au contraire, est le fait, qu'au moment de la découverte, le piédestal était extérieurement revêtu d'une concrétion calcaire et vaseuse, de deux centimètres d'épaisseur, répartie d'une manière uniforme sur toute la surface de la pierre, ce qui conduit à supposer que celle-ci a baigné longtemps dans une nappe stagnante, où elle occupait une position horizontale. Elle devait, selon toute apparence, être posée à plat au centre d'un bassin, auquel elle était soudée par un matelas de chaux hydraulique, dont elle garde les traces à sa base. Ce dernier empêchait l'humidité de pénétrer dans l'évidement intérieur, ce qui explique que les parois de celui-ci soient dépourvues de tout dépôt calcaire.
Le socle ainsi placé soutenait une vasque, alimentée par un jet d'eau qu'amenait un tuyau de plomb, dissimulé dans le support. Je soupçonnais ce fait dès l'an dernier Je puis le prouver aujourd'hui, le nettoyage de la pierre m'ayant permis de constater au revers les traces d'un canal, foré à travers la cloison du pourtour *, et par où s'insinuait, sous le pseudo-couvercle, un tuyau de
1. Cf. Gauckler, Bull.comun.,p. 51 ; Clermonl-Ganneau, (Jotnpfes Reri (lus, p. 353 et suiv.
2. Ce trou, foré à travers la cloison, en ayant diminué la solidité, il s'est produit à cet endroit une fracture qui a emporté la partie inférieure de la tranche. Mais le haut du canal subsiste, très reconnaissable à Tœil, et surtout sensible au doigt, la paroi étant parfaitement polie partout où il passe, tandis qu'elle reste fruste tout autour. J'ai fait constater celte particularité à M. le prof. Ashby,dont on connaît la haute compétenceen matière de travaux hydrauliques.
conduite en plomb, mesurant environ 0'"07 de diamètre ^ (Plancbe XIY.)
Après avoir pénétré horizontalement sous la dalle, le tube se redressait à angle droit, juste au-dessous du trou central, pour traverser celui-ci. Il s'engageait, en même temps, dans un manchon décoratif, planté verticalement, comme un piquet, au milieu de la base, et qui constituait le pied de la coupe. Cet appendice rapporté s'est détaché du bloc auquel il s'adaptait jadis, et n'a pu être encore retrouvé. Mais son existence est certaine, et les traces qu'il a laissées permettent de se rendre compte de ses dispositions essentielles, et du rôle qu'il devait jouer.
Autour de l'orifice central, que la tige supportant la coupe remplissait en le débordant, apparaît, en effet, dans la croûte calcaire qui recouvre le piédestal, une dépression annulaire de ()"^3() de diamètre, laquelle conserve l'empreinte, et révèle ainsi Texistence, d'un bourrelet saillant, sans doute un tore, qui garnissait la base apparente de la colonnette. Celle-ci se prolongeait au-dessus par une queue cylindro-conique invisible,
1. On a retrouvé celui-ci entre le caniveau maçonné qui amenait la masse liquide, et la fontaine de Gainnas, qui en prélevait une part. Je ne Fignorais nullement ; je savais même que ce conduit avait été dérobé et vendu subrepticement quelques jours après sa découverte ( Vide contra Huelsen, p. 252 et suiv. : Eino Talsache die H. Gauckler unbekannt (jehliebenzu sein scheint). — Si je me suis abstenu jusqu'ici de mentionner cette trouvaille, c'est qu'elle n'avait en elle-même rien de remarquable ni d'inattendu. Les conduits métalliques sont l'accessoire obligé de toute installation hydraulique. Ils assurent la distribution du liquide au sortir de l'aqueduc maçonné qui l'amène des profondeurs du sol. Loin d'exclure l'hypothèse d'une source, leur présence la confirme au contraire. Vide contra Huelsen, p. 253; Eine miche Anlage ivare ûberflussig geweaen, wenn in uninittelharer Xâhe eine reichliche Quelle vorhanden geivesen wâre.
La S(m lîct bu LicLis fluuiInaI-:
et plus étroite, mesurant 0"^22 de diamètre à sa naissance, et (>"12 de hauteur totale, qui s'enfonçait dans ce même orifice comme dans une mortaise'. Et c'est afin d^épouser plus exactement la forme, compliquée à dessein, de cet appendice, que la cavité réceptrice s'évase de bas en haut sur les trois quarts de sa hauteur, au lieu de conserver partout le diamètre initial de 0"^07, strictement nécessaire pour le passage du tuyau d'amenée, qui avait précisément ce calibre. Le profil singulier qu'elle présente peut ainsi se justifier. Si, au contraire, comme on l'a supposé, elle n'avait été forée au centre du monolithe que pour livrer passage à de menus objets, jetés dans le récipient sous-jacent, pièces de monnaie ou tablettes magiques -, l'on ne s'expliquerait nullement la présence du ressaut presque horizontal qui se produit si brusquement dans la paroi de l'évidement, et qui ne pouvait que mettre obstacle à la descente des offrandes traversant l'orifice. Jamais couvercle de tronc ne présenta disposition si peu pratique. M. le professeur Huelsen semble lui-même en convenir maintenant ■\ et, sans se décider encore à renoncer à l'hypothèse d'un trésor qu'aurait recouvert la pierre de GaioiiHs, il a, en dernier lieu, supposé que la cavité centrale pourrait bien n'avoir été ménagée que pour recevoir le tronc proprement dit, sorte de tire-lire de métal, alimentée par les
1. Ces nouvelles constatations, que j'ai pu faire cette année, m'ùnt décidé à renoncera Thypothèse d'un mascaron décoratif,, vers laquelle je penchais d'abord. Cf. Gauckler, Comptes Rendua, p. Hl ; Bull, comun., p. 51 ; Huelsen, p. 236.
2. Huelsen, p. 230 et suiv. ; Clermont-Ganneau, Comptes Bendus, p. 257 et suiv.