‹ Le sanctuaire syrien du JaniculeChapitre 59 sur 144 · Huelsen, p · texte numérisé non relu

Huelsen, p

3. Voir la figure de la page 140 des Comptes Rendus [= p\us haut, p. 7], d'après une de mes photographies, et celle de la page 50 du Rullettino comunale, l. c, fig. 2, et des Mitteilungen, p. 234, d'après une photographie de M. Huelsen. Ces deux clichés ont été pris Tun et l'autre au printemps de Tannée 1907, avant le décapage de l'orifice.

LA soLikcl-: \)V LicUs Ki;Uiu.\Ak

pierre percée de Gaionas servait de déversoir à la canalisation spéciale, qui amenait les eaux des nymphes Furrinae au sanctuaire des dieux Syriens. Le fait est d'autant plus certain, que, tout près de l'endroit où fut découverte cette bouche de fontaine, et juste au même niveau, le temple lui-même vient d'être en partie retrouvé, au cours des fouilles que deux de mes amis, MM. Nicole et Darier, m'ont rendu le service d'entreprendre à cet endroit pour vérifier mon hypothèse. Dès qu'ils auront fini de dégager les ruines de cet édifice, ils rendront compte eux-mêmes des résultats de leurs recherches, dans une étude spéciale qui formera, dans les MéLmges, le complément de la présente monographie. Je me bornerai donc à constater que les trouvailles déjà faites suffisent à établir, sans contestation possible, l'existence dans le lucus FufVHiiae d'un sanctuaire, dû au même dédicant que la fontaine lustrale du Deipnocrilès Gnionas, lequel porte, cette fois, le titre de Cistiber Augustorum^ qu'on ne lui connaissait encore que sous la forme abrégée de cistiber K C'est ce que prouve une dédicace, gravée sur la tranche d'une table d'autel <( pour le snlut et en r honneur da retour tî^iomphnl des empereurs Antonin Auguste et Commode César, prince de Ir jeunesse... », et qui remonte, par conséquent, à la très courte période où le fils du souverain régnant avait déjà reçu Yimperium (27 nov. 176), mais pas encore le nom d'Auguste (début

1. Ce Cistiber Augustoriim n'a évidemment rien de commun avec les quinque viri cis Tiberiin de la République romaine. Je Tavais fait pressentir, dèsl'an dernier, ce qui m'a valu l'appréciation suivante de M. Iluelsen : VVas Gauckler ' Bull, cofniin., p. 57 /"), ùber Cistiber l'o/'bringt , zeiigt von voltiger Verkennung des Anits, und der Zeugnisse durûber Mitteilungen, p. 244 et note 1).

Le sAm:1laih1-: syrIkn di; .Ianicllé

de l'année 177) K Cette date très précise correspond si exactement, à dix ans de distance, à celle de l'inscription bilingue qui fut dédiée, le 29 novembre 186, deux jours après les decennalia féliciter compléta, à Jupiter Heliopolitanus et à l'empereur Commode, par ce même cistiber Gaionas ~, que les deux textes paraissent bien se rapporter au même temple. Le second proviendrait donc, lui aussi, du lucus Furrinae^ comme je l'avais supposé l'an dernier ^

Il en est certainement de même pour la dédicace à Jupiter Heliopolitanus^ conservateur de Vempire de Gordien III le pieux, qui, d'après Zoega, fut trouvée en 1803 dans la villa Crescenzi J'ai pu m'assurer, en efTet, qu'une tranchée d'exploration fut ouverte à cette époque

1. Vita Marci,22 ; Commod . , 2. Cf. Mommsen, Le droit public romain (trad. fr.), t. V, p. 469, note 3, et p. 48r> ; Eckel, VII, 105, 137.

2. C. I. L., VI, 420 = 30764. Cf. Gauckler, Comptes Rendus, p. 142 = Bull, comun., p. 57 ; Huelsen, p. 245 et suiv. La lecture du début de la ligne 12, Cliaudialis ?) Aug[ustalis ?), que M. Iluelsen déclare absolument impossible, devient de plus en plus probable, grâce aux nouveaux textes découverts dans le sanctuaire des dieux syriens.

3. Gauckler, Comptes Rendus, p. 142 = Bull, comun., p. 57. M. Iluelsen a mis en doute mon opinion, sans pourtant la contredire positivement, Milieilunijen, p. 246 et note 2,

4. G. /. L., VI, 423, eXadd. 3005; Amelung, Die Sculpturen des Vatik. Muséum, l, p. 279 et suiv., n*^ 152, et reproduction partielle dans V Album annexé à ce catalogue, p. 30, n» 152 ; Gauckler, Comptes Rendus, p. 144, et Bull, comun., p. 66 et suiv,, avec deux figures reproduisant le monument complet ; Huelsen, p. 248, et note 1. Le cippe représente en basrelief, au-dessus de la dédicace, la figure en pied â'Atargatis, debout entre deux lions. C'est la Venus Caelestis des Romains, à laquelle le tlamine C. Aeflanius Martialis avait, à ce qu'il semble, consacré une dédicace qui vient d'être retrouvée dans le temple des dieux syriens. J'ai tout lieu de croire que c'est au même endroit que le cippe lui-même fut découvert en 1803.

LA SOURCE DU LUCUS FURRINAE

au bas du ravin Sciarra \ pour en capter les eaux souterraines, c'est-à-dire la source des Nymphes Furrinae, et qu'elle traversa par le milieu le sanctuaire des dieux Syriens, lequel fut à ce moment dépouillé d'une partie de son contenu. Ces fouilles durent être très fructueuses au point de vue archéologique, à en juger par leur emplacement. Mais, comme elles n'avaient qu'un but tout pratique, ceux qui les dirigeaient ne prêtèrent aucune attention aux ruines qu'ils rencontraient et éventraient sur leur passage. C'est ce qui explique que, malgré l'importance du document épigraphique qu'épargna leur vandalisme, on discute encore aujourd'hui sur la provenance exacte de cette inscription ^.

Il résulte de ce dernier texte, qu'au milieu du iii^ siècle de notre ère, le temple, consacré par Gaionas en 176, était encore très fréquenté. Il ne semble avoir été désaffecté que plus tard, au moment de la chute définitive du paganisme ^. Les chrétiens vainqueurs le saccagèrent, brisèrent les statues des dieux syriens, renversèrent leurs autels, bouleversèrent la fontaine lustrale. Mais l'édifice lui-même resta debout. Il subsiste aujourd'hui encore, presque intact, jusqu'à la naissance des voûtes ^. Le nymphée voisin subit sans doute le même sort. L'installation hydraulique fut peut-être détruite, et,

1. M. Lanciani, dans la planche 33 de sa Forma Urbis Romae, se borne à mentionner ces fouilles, dont il ignorait l'emplacement exact.

2. Fea, dans Melchiorri, iViem. i?07?ia/ie, III, p. 117; cf. C, L L., \l,add., p. 3005 ; Huelsen, p. 248, note 1, et p. 254 en note, d'après M. Lanciani.

3. D'après Mgr L. Duchesne, la dédicace de C. Aeftanius Martialis pourrait remonter au iv« siècle. — Cf., d'autre part, Huelsen, Mitteilungen, p. 249.

Page 1