‹ Le sanctuaire syrien du JaniculeChapitre 62 sur 144 · Cassio, Ibid.^ l. c · texte numérisé non relu

Cassio, Ibid.^ l. c

2. G.-B. Nolli, Planta topografîca di Roryia, l'"^ éd., 1748.

3. Huelsen, p. 253, note 1, eine grosse Hôhle im Tuff des Hûgels.

LA SOURCE DU LUC US FURRINAE

engager de grandes dépenses, une épaisse couche de remblais. Ce mode de procédé est d'autant plus dangereux que les terres traversées sont moins compactes et moins homogènes, ce qui est précisément le cas deséboulis de sable, mélangé de tuf, de silex et de gravier, qui remplissent le fond du ravin Sciarra. La fouille s'opéra, dit l'ouvrier de Gassio, dans de la terre meuble, parsemée de cailloux, de grosseur variable, qu'on lui dit être des agates : ce devait être, en réalité, de ces silex aux vives couleurs qui abondent à cet endroit. Les déblais contenaient aussi de nombreux objets antiques de métal, des monnaies, des grenouilles, des serpents, et même une statuette, haute de trois palmes, représentant Hercule combattant l'hydre. Ces ornements, très caractéristiques, conviendraient bien à un nymphée Mais l'ouvrier ne fait nulle mention ni d'eau, ni de fontaine, ni d'aqueduc. Nous devons donc supposer, qu'au moment où se produisit l'accident mortel, qui amena l'abandon des travaux, l'on n'avait pas encore retrouvé la source au fond du ravin qu'on fouillait. Mais les traces de ces recherches souterraines sont encore très reconnaissables dans la partie médiane de la galerie naturelle du thalweg, qu'elles avaient certainement déjà rencontrée ; car le sol est tout à fait bouleversé à cet endroit, et la voûte de stalactites, encore intacte partout ailleurs, est ici complètement effondrée.

Après l'insuccès de ces premières recherches, il semble que la source des Nymphes Furrinae resta longtemps encore cachée et inutilisée. Rien, en tous cas, n'en laisse

1. Jordan-Huelsen, I, 3, p. 641, note 48 ; Huelsen, p. 253, note 1.

présumer l'existence, sur les diverses éditions du plan de Nolli qui parurent successivement, revues et corrigées, au cours du xviii® siècle.

Par contre, sur ce même plan de Nolli, dont la publication initiale remonte à 1748, apparaît pour la première fois, du moins à ma connaissance, le nymphée Grescenzi. C'était une fontaine monumentale en hémicycle, située à une centaine de mètres seulement au sud du ravin \ mais sans rapports directs avec lui, et alimentée par une source indépendante de celle du lucus Furrinae.

Il est donc fort possible que cette seconde installation hydraulique, tout à fait distincte de celle que nous avons décrite plus haut, ait été de création relativement moderne, bien qu'elle reproduisît exactement les dispositions habituelles des nymphées antiques. Elle n'existe plus aujourd'hui, ayant été détruite en 1885 pour livrer passage au nouveau boulevard du viale Glorioso ~. Mais la source qui l'alimentait reste encore visible, ainsi que le début de l'aqueduc d'amenée (Voir Planche Y, n^ 10) Je les ai retrouvés l'un et l'autre dans un fourré de ronces, à mi-hauteur du talus oriental de la villa Sciarra, au point où l'on entailla largement celui-ci pour frayer la chaussée qui le longe à sa base. La source jaillit à l'altitude de 45 mètres au-dessus du niveau de la mer, comme toutes celles de la même région. Elle est d'aussi bonne qualité que celle du ravin, et de composition chimique analogue ; mais son débit, plus faible,

1. Voir aussi Lanciani, Forma Urbis Romae, pl. 33, avec les cotes.

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