Vide contra, Huelsen, MitteiUingen, plan hors texte VIII
3. Ils ne figurenl ni sur le [)lan de M. Huelsen, ni dans la Forma Urbis liomae, pl. 33 ; et les ouvrages de Cassio, Corso délie acque, et de Lanciani, Acque, n'en l'ont aucune mention.
LA SOURCE DU LUCUS FLRRINAE
n'atteint guère qu'une once. L'aqueduc, qui va prendre l'eau à quatre mètres sous terre, est fait de moellons de tuf solidement maçonnés. Le canal, de section ovale, aplatie à la base, mesure 0"^60 de largeur au sol, et0"^85 de hauteur totale, du sol à la voûte. Au point où la tranchée du viale Glorioso Ta brusquement interrompu, l'eau qu'il amenait jadis au nymphée se répand librement sur le talus à pic, jusqu'à la rencontre de la route, où la recueille le caniveau à ciel ouvert qui borde celle-ci. Autrefois, au contraire, elle se déversait en cascade dans une vasque de marbre arrondie, au milieu d'un hémicycle maçonné, devant lequel se creusait un grand bassin rectangulaire. Après la démolition de ce nymphée, les éléments qui le composaient se dispersèrent. Ceux qui étaient d'un remploi facile furent tout de suite utilisés dans de nouvelles constructions. Quant à la vasque centrale, peut-être faut-il l'identifier avec une cuvette monolithe, de dimensions colossales, qui gisait sur le bord du viale Glorioso, juste en face de l'entrée du ravin Sciarra, au moment où la Banque d'Italie acquit, en 1898, le terrain sur lequel elle était déposée. M. l'ingénieur lacomini, ayant remarqué la beauté de cette vasque sans emploi, la fit transporter dans le jardin de la villa Spada, où elle servit à décorer une pseudo-fontaine en rocaille. En 1902, un courtier d'antiquités, M. Publio Nardi, s'étant rendu compte de sa valeur, l'acheta pour 2.700 francs. Il la revendit ensuite à l'antiquaire Simonetti, qui la possède encore aujourd'hui, et chez qui j'ai fini par la retrouver après de longues recherches (Voir Planche XVI).
C'est une superbe pièce, faite d'un seul bloc de marbre
azuré de Carystos, d'une teinte foncée peu commune (cipoUino oscui^o). Elle forme une demi-cuvelle rectangulaire^ mesurant 2"^09 de largeur, 2"^ 50 de longueur, 0"^65 de hauteur, 0"^43 de profondeur maxima. Un rebord arrondi, richement mouluré sur sa face extérieure, Tentoure en avant, à droite et à gauche, mais s'interrompt brusquement en arrière. Le fond est coupé droit et reste béant ; il était évidemment encastré dans un mur, sur lequel la vasque faisait saillie. La partie antérieure, au contraire, surplombait le sol; elle était soutenue par un socle, que je n'ai pas réussi à retrouver, mais qui gisait encore, il y a peu d'années, sur le bord du nouveau boulevard, à côté de la vasque abandonnée. Ceux qui Tout vu me l'ont décrit comme une sorte de chapiteau rectangulaire, fait du même marbre cipolin que la cuvette elle-même.
Celle-ci est certainement antique, et date, à mon avis, du temps des Antonins. Tout le prouve : la matière, la forme, le style et les dispositions des moulures (Voir la Planche I). Elle a servi longtemps, si l'on en juge par l'épaisse concrétion calcaire qui la recouvrait au moment où on Ta retrouvée. Le rebord antérieur est usé par le frottement de l'eau qui en découlait. Il a même été endommagé à gauche, et a du être réparé, au moyen d'un morceau rapporté de marbre cipolin, large de 0"^32 et long de 0"^42. Cette restauration, fort adroitement exécutée, paraît antique, elle aussi.
Donc, à supposer que la vasque ait appartenu au nymphée Crescenzi, elle est certainement beaucoup plus ancienne que Tédifice où elle fut remployée, et dut être empruntée à quelque ruine voisine, telle que la fontaine
LA SOURCE DL LUCUS FURRINAE
monumentale du Lucus Furrinae. Elle ne peut guère, en effet, avoir été apportée de plus loin. Son poids, qui dépasse deux tonnes, s'opposait à ce qu'on lui fît faire un long voyage, pour la charrier à travers champs sur l'emplacement du nymphée Grescenzi. D'ailleurs, sa valeur intrinsèque est telle, qu'il me paraît impossible d'admettre qu'on eût fait venir de loin, à grands frais, une pièce aussi précieuse, pour la cacher au fond d'une villa suburbaine, alors qu'on pouvait l'exposer bien en vue, dans la cour d'un palais de Rome. Mais il se pourrait aussi, qu'elle ait été découverte à l'endroit même qu'elle occupait encore en 1898, et qu'elle n'ait été retirée de terre que peu d'années auparavant, lorsqu'on établit la chaussée du viale Glorioso. Dans ce cas, il n'y aurait plus aucun doute qu'elle ait jadis appartenu au nymphée du Lucus Furrinae, dont les ruines s'étendraient par suite, au bas du ravin Sciarra, jusqu'au boulevard qui le traverse maintenant.
Une simple tranchée suffirait pour vérifier cette hypothèse, et compléter ainsi les fouilles accomplies récemment. Mais celles-ci ont, dès à présent, atteint leur but. La source du Lucus Furrinae, retrouvée, répand de nouveau ses bienfaits sur la région environnante. L'archéologie a fait, cette fois, œuvre pratiquement utile. En remuant le passé mort, elle en a fait jaillir à nouveau de la vie.
LE COUPLE HÉLIOPOLITAIN