DANS LE SANCTUAIRE SYRIEN DU LUCUS FURRINAE
Parmi les inscriptions que nous avons récemment découvertes, MM. Nicole, Darier et moi, dans le sanctuaire syrien du Lucas Furrinae au Janicule ^ il en est deux qui méritent une attention particulière, en raison
1. l^Mélanges publiés par l'École française de Rome, t. XXIX, 1909, p. 239].
2. Sur CCS fouilles, voir les Communications que j'ai faites, en notre nom commun, à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, dans ses séances du 2 octobre 1908 [Comptes Rendus des séances de V Académie des Inscriptions, 1908, p. 510 et suiv. Cf. plus haut, p. 69] ; — du 12 février 1909 [Comptes Rendus, 1909, p. 116 et suiv. = Journal des Savants (G . Perrot), mars 1909, p. 136] ; — et du 26 mars 1909 [Comptes Rendus, 1909, p. 225 et suiv. — Journal des Savants (G. Perrot), avril 1909, p. 181 = Revue Critique (Léon Dorez), p. 280]. — Voir aussi : L'Illustration, du 27 février 1909 : Une grande découverte archéologique à Rome, p. 146 et suiv., avec six gravures ; — Rodolfo Lanciani, The archaeological Budget of Rome for 1908, Athenaeum, 13 march 1909, p. 324 et 325 ; — Th. Ashby, Some récent Discoveries in Rome and Ostia, Builder, 6 march 1909, p. 26o ; — Revue archéol., 1909, I, p. 141 et suiv. ; — M. Dieulafoy, Comptes Rendus, 1909, p. 125 et suiv., et plan de la p. 126 (comparaison du temple syrien du Janicule avec le daîtyôgâtoLis mazdéen).
de rimportance des renseignements qu'elles nous fournissent, et des conclusions qu'on en peut tirer.
Ce sont deux dédicaces, qui semblent, à première vue, n'avoir entre elles rien de commun. L'une recouvrait une mensa ; l'autre concernait une statue. Elles s'adressent à des divinités différentes. Mais, dès qu'on examine ces textes de plus près, l'on s'aperçoit qu'en réalité ils sont unis par un lien étroit, qu'ils se complètent l'un Tautre, et qu'ils résument à eux deux toute 1 histoire du sanctuaire.
Le premier, découvert dès l'été dernier', mais que je viens seulement de réussir à déchiffrer en son entier, nous fournit la preuve, qui nous manquait encore, que le monument érigé, en 176 de notre ère, par les soins du deipnocritès et cistiber Gaionas'^\ avait bien été consacré par celui-ci à Jupiter HeliopoJitanus .
La dévotion spéciale de ce personnage pour le grand dieu de Baalbeck, m'avait suggéré cette identification dès le début de nos recherches. Mais il fallait en démontrer l'exactitude. Or, des deux dédicaces de Gaionas à Jupiter Heliopolitanus que nous connaissions jusqu'ici, l'une a été trouvée à Portus ^ et n'a par conséquent aucun rapport avec le sanctuaire du Janicule. L'autre a bien été découverte à Rome \ mais sans qu'on sache précisé-
1. Gauckler, Les fouilles du Lucus Furrinae: Comptes Rendus, 1908, p. 525 et suiv. [cf. plus haut, p. 85].
2. Sur ce monument et son dédicant, cf. en dernier lieu, Gauckler, La source du Lucus Furrinae au Janicule ; Mélanges de Borne, 1908, p. 284 et note 4, avec toute la bibliographie de la question [cf. plus haut, p. 95j.