Cf. Mau, Pompeï, p. 41, fig. 14 époque impériale
LES TROIS TEMPLES SUPERPOSÉS
L'installation du sanctuaire au fond du Lucus Furrinae, remonte donc vraisemblablement au milieu du premier siècle de notre ère. A ce moment, le culte syrien, propagé par les commerçants, les soldats et les esclaves ^, s'était déjà implanté à Rome, et y faisait des adeptes dans tous les rangs de la société, y compris les plus élevés. Il avait même conquis un moment la faveur de Fempereur ; car nous savons par Suétone, que Néron manifesta quelque temps une prédilection exclusive pour la déesse syrienne ~. Ce caprice, il est vrai, dura peu ; mais les sectateurs à' Atargatis surent, sans doute, en profiter pour obtenir Tautorisation, qui n'était alors pas prodiguée, d'ouvrir un temple au Janicule. Ce sanctuaire, relégué au delà du pomoerium, dut présenter d'abord, et garder longtemps, un aspect très humble, à en juger du moins par les vestiges que nous en avons retrouvés jusqu'ici. Dans cet enclos à ciel ouvert, entourant un autel et une fontaine, le rôle de l'architecture devait être réduit au minimum.
Durant une centaine d'années, le temple demeura dans le même état. Cependant, la colonie syrienne augmentait progressivement d'importance, et devait, de plus en plus, sentir le besoin d'un local mieux approprié à son nombre et à sa richesse. L'occasion se présenta, pour elle, d'obtenir l'adhésion des autorités à la construction d'un nouveau sanctuaire, lorsque Marc-Aurèle eut décidé d'associer son fils à l'Empire. Dans ce prince, initié aux mystères d'Isis et de Mithra ^ la religion syrienne devait
1. Franz Cuniont, Les relujiona orientales dans le paganisme romain, p. 127 et suiv.