Lanipride, Commodus Anloninus, ch. IX
naturellement trouver un appui. Aussi est-ce en l'honneur de l'avènement de Commode, qu\in Syrien romanisé \ et muni de fonctions officielles, \ecistiber Augiistorum M. Antonius Gaionas^ substitua à l'ancien temenos un édifice de dispositions analogues, mais beaucoup plus somptueux, qu'il fit bâtir en 176, sur le même emplacement. L'inauguration de ce temple marque, pour la religion syrienne à Rome, le début d'une période de prospérité, qui se prolongea aussi longtemps que dura la dynastie des Sévères. Le meurtre d'Alexandre Sévère y mit brusquement un terme. La chute de la camarilla syrienne, qui jusqu'alors détenait le pouvoir, fut pour le temple du Janicule une première cause de déclin. Désormais, les offrandes s'y firent plus rares, les ex-voto plus mesquins. Il continua de végéter tant bien que mal, aussi longtemps que, à défaut de protection, il put du moins compter sur la tolérance du gouvernement impérial. Quelles que pussent être les préférences personnelles du monarque régnant, celui-ci avait trop d'intérêt à ménager le loyalisme des officiers et des soldats syriens, si nombreux alors dans l'armée romaine, pour porter la moindre atteinte à leurs croyances religieuses. Mais si, pour l'exercice du culte, le sanctuaire de Jupiter Heliopolit anus jouissait encore d'une liberté complète, son existence matérielle devenait de plus en plus précaire. A
1. Des cinq textes épigraphiques, découverts jusqu'ici, qui se rapportent à ce personnage, quatre le désignent simplement par le cognomen exotique Gaionas, épithète sémitique qui signifie : le magnifique. Cf. Bull, de la Soc. des Antiq. de France, 1908, p. 305. — Le cinquième, au contraire, la dédicace bilingue du musée du Gapitole, lui donne les tria nomina, et indique sa filiation à la mode romaine : M. Antonius, M. filius, Gaionas. C.I.L., VI, 420, 30764.
LES TROIS TEMPLES SUPERPOSÉS
partir de 271 ^ la construction du mur d'Aurélien, qui vint barrer le pied de la colline à une centaine de mètres en aval, écarta une partie de sa clientèle en le coupant du Transtévère. Désormais, pour y parvenir, il fallait faire un détour : l'on en désapprit le chemin. Après Constantin, les persécutions du pouvoir hâtèrent la crise finale. Elle se produisit certainement avant le milieu du
Fragment de poterie rouj^e.
iv^ siècle. Qu'à cette époque le temple ait été détruit par un incendie, saccagé par des iconoclastes, ou simplement abandonné, en aucun cas, il ne put survivre, après 341, aux édits de Constant et de Constance II, qui prohibèrent à Rome tous les sacrifices et fermèrent tous les temples païens ^.
Bientôt après, il ressuscita, grâce au retour de faveur qu'entraîna, pour la religion syrienne, l'avènement à
1. Cf. Homo, Esf(ai sur le règne d'Aurélien, plan hors texte; Jordan- Huelsen, Topographie der Stadt Rom, III, pl. IX (indiquée par erreur XI).