‹ Le sanctuaire syrien du JaniculeChapitre 93 sur 144 · Marquardt, Le culte chez les Romains, I, p · texte numérisé non relu

Marquardt, Le culte chez les Romains, I, p

TEmpire d'un prince adorateur du Soleil, l'apostat Julien ' . Sur les ruines toutes récentes du temple de Gaionas^ surgit un nouvel édifice, qui recueillit son héritage. Mais ce troisième sanctuaire ne fonctionna que peu de temps. Avant la fin du iv^ siècle, il semble avoir été fermé par mesure administrative, après avoir été pillé. On le dépouilla de son mobilier, on brisa les statues dans leurs niches ; mais le monument resta debout. On se contenta d'en murer les portes et d'en interdire l'accès. Peu à peu la végétation envahit le sanctuaire déserté ; les apports de la colline le comblèrent, et, en l'ensevelissant, le préservèrent jusqu'à nos jours d'une destruction plus complète.

1. Gauckler, Le couple héliopolitain et la triade solaire dans le temple syrien du Janicule à Rome, Mélanges deVEcole française de Rome, 1909, p. 256 et suiv.

FOUILLES DU JANIGULE*

Les fouilles du Janicule se sont poursuivies jusqu'à la fin du mois de juin, grâce au concours de la Société immobilière, propriétaire du terrain exploré, qui, à partir du 25 avril dernier, a pris à sa charge tous les frais du chantier.

Les travaux ont été poussés en profondeur jusqu'au niveau de la couche aquifère, qui marque à cet endroit la limite inférieure de l'habitat humain. Ils ont permis de retrouver, sous les ruines superposées du temple syrien le plus récent, qui semble avoir été improvisé au temps de Julien, et de celui que, deux cents ans plus tôt, le cistiber Gaionas avait fait construire pour célébrer l'avènement de Gommode à l'Empire (176 ans ap. J.-G.), les restes d'un troisième sanctuaire, plus ancien encore, que les particularités de son appareil réticulé permettent de dater, au plus tard, du milieu du premier siècle de notre ère. Le culte syrien avait donc fait son apparition à Rome beaucoup plus tôt qu'on ne le supposait jusqu'ici, bénéficiant sans doute de l'exclusive prédilection que, d'après

1. [Journal des Savants, septembre 1909, p. 420. J Mélunyes Gnuckler. il

Suélone, l'empereur Néron manifesta quelque temps pour la déesse syrienne : religionum usque quaque contemptor praeter unius deae Syriae (Suétone, Nero^ lvi).

Les trois étages de constructions occupent un seul et même emplacement, sur le versant Nord du ravin où coule la source du bois sacré de Furrina. Ils ont à peu près les mêmes limites et la même orientation. Leurs terrasses remblayées coupent horizontalement le plan incliné de la colline, à des niveaux différents, mais peu distincts Tun de l'autre.

Le sanctuaire le plus récent se divise en deux parties, séparées par un mur continu, que traverse en son milieu un escalier monumental. Au Nord, à la lisière du ravin, le temple proprement dit comprend : au fond, une sorte de basilique, la demeure du dieu ; au centre, un atrium à ciel ouvert ; en avant, une chapelle octogonale, qui semble avoir été réservée à la célébration des mystères : le tout englobé dans une même enceinte rectangulaire. Il offre un curieux mélange d'éléments païens et chrétiens, orientaux et romains. Mais il présente en même temps certaines particularités, qu'on ne retrouve pas ailleurs : notamment, un système d'éclairage très ingénieux, qui permettait de concentrer les rayons du soleil levant sur les statues divines, qui se dressaient au fond de l'édifice principal, tandis que le reste de la nef demeurait éternellement plongé dans une obscurité presque complète. Cet ensemble architectural, étant tout entier compris dans les terrains de la Société du Janicule, a pu être déblayé en totaUté.

Par contre, nous ne possédons encore que de très vagues indications sur les dépendances du sanctuaire qui le précédaient au Sud, vers le fond du ravin ; elles

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