‹ Le sang de GermanicusChapitre 12 sur 23 · LA MÈIIE UE NÉRON · texte numérisé non relu

LA MÈIIE UE NÉRON

les époques de décadence, el poursuivait la richesse, auxiliaire si puissant de l’ambition.

Elle était veuve et calculait la valeur de sa liberté enchaînée à propos, de sa beauté, de son grand nom. Elle prétendit d’abord épouser Galba, à qui Tibère et ses astrologues avaient prédit l’empire. Elle poursuivit même cet homme faible d’instances assez indiscrètes et assez publiques pour que ta belle-mère de Galba se crût Je droit de la souffleter un jour dans une réunion, injure éclatante, méritée, qu’Agrippine ensevelit avec soin, et dont elle eut l’habileté de ne point se venger quand elle fut toute-puissante, pensant avec raison que le châtiment aurait rendu à l’outrage toute sa fraîcheur. Elle se rejeta sur un des personnages les plus riches de Rome, Crispus Passiénus, orateur assez vanté de son temps, deux fois consul, dont elle convoitait les iré-

2R0 I.E SANG DE CERMANICES

sors. D’un caractère inoffcrisif, Passiénus vivait dans la retraite ; épris par-dessus tout des plaisirs champêtres, il habitait sa belle villa, rendait un culte aux hêtres séculaires qui lui prêtaient leur ombrage et les arrosait avec du vin en forme de libation. Use laissa prendre dans les filets d’Agrippine et mourut bientôt , dès qu’il eut institué Néron son héritier. Quelques malveillants firent courir dans Rome le bruit que le destin de Passiénus avait été hâté, car les années s’étaient écoulées, Messaline, arrivée à tout oser, avait tué Polybe, les Césariens avaient juré sa perte. Agrippine suivait les intrigues de la cour d’un regard prévoyant. Il était temps pour elle de se trouver libre : elle le fut et elle le fut à propos. Aussitôt elle chercha parmi les puissants affranchis de Claude un ami sûr, un appui à toute épreuve, un instrument de scs projets.

Page 1