‹ Le sang de GermanicusChapitre 14 sur 23 · LA MÈRE DE NÉRON S · texte numérisé non relu

LA MÈRE DE NÉRON S

en était à sa sixième femme, qu'il était apprivoisé au mariage et marié avant de l’èire. A peine est-elle proclamée impératrice qu’elle saisit le gouvernement d’une main virile. Rien n’arrétera plus son indomptable ambition, qui a la rectitude d’un trait violemment lancé.' En vain Narcisse veut la combattre ; il est seul, ses complices ont vieilli, ils sont gorgés, ils craignent la lutte. Pallas trahit, au profil du règne futur, et favorise les plans d’Agrippine. Callisle est pusillanime plus que jamais. I^a ligue du mal public est véritablement dissoute, et tous pâlissent devant le génie d’une femme. 11 semble que depuis dix ans, Agrippine ait niûri son plan et qu’elle l’applique avec la netteté d’un conspirateur qui a prévu le jour de son triomphe. Aussitôt Néron est fiancé à Octavie, adopté, fait prince de la jeunesse, tandis que Brilannicus languit à l’écart. Aussitôt Sé-

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nèquc est rappelé de l’exil, lîurrhus préposé à la garde prétorienne, Néron conlié à ces deux précepteurs comme un gage donné au parti des philosophes et des honnêtes gens.

Après avoir occupé résolument le pouvoir, il était opportun de le fortifier par quelques exécutions. Agrippine était de l’école de Livie, qui n’admettait que les crimes nécessaires et qu’aucun scrupule n’arrêtait devant un grand profit. Lollia Paulina, qui pouvait redevenir une rivale, est exilée et tuée bientôt après. Scs pierreries étaient estimées huit millions ; elle était belle, et l'esprit superstitieux des Romains regardait comme un présage de bonheur insigne une double dent canine qui ne déparait point sa bouche. Aussi, lorsque le centurion lui rapporta la tête de sa rivale, Agrippine voulut-elle glisser .son doigt entre tes lèvres déjà décomposées et tâter les deux dents qui

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