‹ Le Sang des crépusculesChapitre 15 sur 54 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

Il est dans ton soleil comme il est dans ton ombre,

Il est le suc verdi qui corrode ta chair,

Il ricane dans la ténèbre, il est le ver

Qui ronge tes fruits d'or et taraude tes songes.

Ta lassitude en vain s'attable vers le soir ; La minute qui passe et s'éloigne ravive Le silence ; un pas lourd s'arrête, et ton convive Laisse aux portes d'airain retomber le heurtoir.

yo LE SANG DES CRÉPI SCULES

Le fleuve en remous sourds s'engouffre sous les arches, Et tu penches la nuit de ton cœur sur la nuit Pour échapper au spectre rouge qui te suit Et disloque le pont au rhythme de sa marche.

Sa face aux yeux creve's trouble l'eau des miroirs, Il est l'angoisse ineffable du crépuscule ; Sa voix que le cristal des coupes dissimule Fait tressaillir le ventre grave des dressoirs.

Il est le sonneur fou qui chevauche les cloches, Il accorde les flûtes tristes des crapauds ; C'est le maître brutal dont tu portes le sceau, Et l'aube t'en délivre, et l'ombre le rapproche. —

Dans le temps où les fils de l'Homme dormiront

Les Esprits suscités d'en-bas reconnaîtront

La croix qu'ils ont tracée à rebours sur ton front;

Et l'Archange accroupi sur la crête des monts, Élargissant son rire et reployant ses ailes, Abreuvera ton âme à ses acres mamelles.

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