LES CHERS MENSONGES
Vos mensonges que la mélancolie estompe
Pimentent le de'lice avoué d'être dupe,
Et votre rire, un peu d'ironie, acidulé
La fadeur des baisers mourants dans la pénombre.
D'ailleurs, puisque l'Esprit malin hante vos lombes, Nous scellerons de foi naïve maints parjures. Qu'importe si les lys palpitent sous vos jupes Et si vos doigts fluets enluminent nos songes :
l'automne amer i 63
Nos yeux graves, au seuil du grimoire des causes, Dédaignent comme vains et puérils les gestes Mimés par votre grâce aux miroirs des alcôves.
Mais la bouche qui ment ravive de rosée Les pétales pris de langueur de nos tristesses Que le soleil brutal de la joie a fanées.