‹ Le Sang des crépusculesChapitre 42 sur 54 · LE PARDON D'ORGUEIL · texte numérisé non relu

LE PARDON D'ORGUEIL

Va-t-en ! l'heure tinte pour toi d'avoir été : Ma chair esclave est morte au poil de mon cilice, Tu prostituas l'or lumineux des calices A forger dans la nuit l'œuvre de volupté ;

Tu sus doser le mal avec subtilité, Tu me débilitas par d'atroces délices ; Aux enchères, et pour acérer mon supplice, Tu mis le joyau noir de ta stérilité.

L AUTOMNE AMI K

Va-t-cn vendre ton corps à de moins chastes hôtes. Ma porte pour ton front va se faire plus haute Et l'oubli sur tes pas envahira mon seuil.

Femme, va-t-en! mais puisque toute chose est vaine Et qu'un germe d'amour gîte au fond de la haine, Je te scelle un pardon du poids de mon orgueil.

LES EXFOLIES

Monotone et malignement le vent d'octobre

Stridule entre les lèvres d'or des peupliers

Que l'heure de la mort a réconciliés

Et dont les troncs les uns vers les autres s'efforcent.

Un dernier cygne, neige en fuite sur l'eau morte

Où tant d'orgueils déchus se sont exfoliés. . .

Et l'étang noir a pris le deuil des peupliers.

Ah! ces arbres penchés sur l'ombre et qui s'éplorent,

L AUTOMNE AMER

C'est nous, c'est vraiment nous, solitaires en proie Au vent strident de la vie acre qui nous froisse. Nous avons su la vanité d'être hautains,

Et nous sommes déjà las au premier automne, Effeuillés de nos rêves que les étangs mornes Attirèrent au fond de leur miroir sans tain.

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