‹ Le Sang des crépusculesChapitre 49 sur 54 · TELLE PEINE · texte numérisé non relu

TELLE PEINE

C'est une peine amère et lourde, et que je cache, Désespérante et cependant douce à mourir ; Elle est comme un vieux air qui ne veut pas finir, Elle est venue avec le soir sans qu'on le sache.

C'est elle qui détourne l'homme de sa tâche En lui livrant la clef des douleurs à venir, Et lui souffle l'espoir mauvais de s'endormir Dans le linceul du rêve et des voluptés lâches.

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Ce chagrin veille à mon chevet et me dorlote,

Et ravive le sens des stériles parlottes

Et l'angoisse de voix de femmes qui sanglotent.

Sous le fardeau rugueux des jours les mains défaillent Que l'arantèle de mon âme, maille à maille, Au fil d'un songe gris en dérive s'en aille.

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