‹ Le Sang des crépusculesChapitre 50 sur 54 · LES JARDINS CLAIRS DE PLUIE · texte numérisé non relu

LES JARDINS CLAIRS DE PLUIE

Loin de la rumeur lourde et barbare des villes, Sache oublier, et, seul avec ton ombre, écoute Le fleuve lumineux dont les eaux d'or s'écoulent Vers la mer de silence où le songe t'exile.

Le soir chante en sourdine aux voix des sources vives, Les cygnes frissonnants s'endorment sur la douve : C'est Fheure de pardon et c'est l'heure aux mains douces Où l'âme des jardins clairs de pluie est pensive.

Et tandis que l'arôme des roses de mai Qui, volute à volute, humides, se défeuillent, Eveille au cœur de ceux qui n'ont jamais aimé

Le charme de l'amour et des lèvres mourantes,

La tristesse divine effile aux cils des feuilles

Tout ce qui pleure en toi dans la goutte qui tremble

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