‹ Le Sang des crépusculesChapitre 51 sur 54 · POUR ENDORMIR LE SILENCE · texte numérisé non relu

POUR ENDORMIR LE SILENCE

Ma voix grave pour vous parler s'est alanguie, Ne se souvenant plus des luxures anciennes, Et votre âme où, le soir, mes tristesses reviennent A délaissé le charme vain de l'heure enfuie.

Insoucieuse du vent morne dans la pluie, Du jour déchu filtrant aux lames des persiennes, Vous avez pris mes mains et mes mains furent tiennes Tels deux lys s'éffeuillant l'un à l'autre s'appuient.

i()2 LE SANG DES CRÉPUSCULES

Lourds d'ombre et de passé nos cœurs se remémorent; A quoi bon s'efforcer vers un but ? on ignore Si l'or sonnera clair des nouvelles aurores.

Aussi venons-nous-en par le songe, ma sœur : Que nos baisers subtils, se mourant de douceur, Endorment le silence à leur rhythme obsesseur.

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