V ESPOIR SI SIMPLE
C'était si simple, mon espoir : une qui m'eût Aimé, me sachant triste et las des lèvres vaines, Qui n'eût trouvé, le soir, pour endormir ma peine Que des mots dont les cils lumineux sont émus.
Et nous parlions des morts que nous avons connus ;
Les doigts entrelacés mais se frôlant à peine,
Nos voix graves prenaient dans leurs robes à traînes
Le charme des aïeuls un peu dessouvenus.
Or la poussière ouate le Livre des années: Rien n'a ridé l'herbe stagnante des allées; Les peupliers prolongent leur plainte infinie
Comme un air terne dont le rhythme en deuil obsède; Et cette lamentation des feuilles sèches Que le stérile vent de novembre éternise...