LE SILENCE DES LITS
Serf débile lié par le sort à ton œuvre : L'Espoir ment; à travers ce prisme de cristal Un piofil pur palpite au sordide métal, Sous le pic clair, filon d'or brut; l'idée affleure,
Et les ondines se lutinent dans le fleuve. —
Mais le songe navré par le réveil brutal
Meurt et laisse, nostalgique du sol natal,
Ton Désir las, les yeux crevés, tourner sa meule,
Toi dont l'âme ignore une autre âme, toi qui sais L'angoisse d'être seul au silence des lits, La rouille e'treint les carillons de ton passe'.
Si le stérile gel de la lune s'avive
Aux vitraux descelle's par le vent de la vie
Ramène sur ton front le linceul de l'oubli.