‹ Le sang françaisChapitre 33 sur 47 · TO · texte numérisé non relu

TO

On: raconte que lorsque Benvenuto Cellini, le célèbre ‘orfèvre .

florentin, fondit son Persée, il dut lancer dans le brasier tous les ‘chefs-d’oeuvre qui l’entouraient: statuettes de bronze aux formes divines, coupes et aiguières finement ciselées, candélabres, vaisselles, joyaux d'’inestimable valeur, tout dut être ‘sacrifié pour assurer. l'achèvement de son chef-d'oeuvre. . Lorsque la statue sortit du, moule, on s’aperçut qu'elle avait 4 ’admirables reflets. inconnus jusau ’alors : les métaux précieux lui avaient communiqué une incompa: rable couleur : sûr de réaliser son oeuvre, si les matériaux ne lui faisaient pas défaut, l’artiste avait tout. sacrifié à l’ idée que son à génie avait conçue.

Imitant BenYenuto Cellini, consciente du devoir immense qui lui

incombe, de concert avec ses alliés, d’assurer la paix et la liberté. au monde, la France, depuis le premier jour de la guerre, lance aussi,. sans: compter, dans la. fournaise, ce qu’elle a de plus précieux: tous ses fils, qu’ils soient prêtres, poètes, musiciens, sculpteurs, peintrés, avocats, médecins, ouvriers, paysans, gloires présentes et gloires en germes, fleurs épanouies ou seulement en boutons, tout L passe. Et il n’en est pas un qui murmure. ‘

La France, ayant encore une fois accepté Ja mission de faire

trornpher le droit et la justice, de mener les hommes vers la paix où l'honneur et le devoir fraternisent et durent, d'assurer la victoire des

idées de liberté sur celles d’ asservissement, en un mot de perpétuer à: $

RS Er emn

Tu

Ex

. Ÿ LE SANG FRANÇAIS * 178 travers les âges sa foi, sa pensée et sa civilisation, ses fils n’ont pas un intant hésité à fournir l’aide nécessaire pour‘assurer le résultat

de ses sublimes efforts. Connaissant la noblesse de let sang, fiers

de leur illustre origine, persuadés que l’oeuvre qué la patrie a entre- . prise : “est en tous-points glorieusement sublime, ils'sont décidés à. ne rien négliger pour faire triompher aux yeux de tous ce dont ils ont fait un dé leurs titres de gloire, ce dont .ils vivent, ce dont ils demandent le respect, ce qu’ils défendent en eux et par eux: la race! Aussi sont-ils'patriotes en tout, partout et’ toujours. - ‘Comprenant, que les peuplek qui luttent aux côtés dela France: défendent le même idéal qu'elle, Réuréux de se trouver engagés dans les mêmes combats que les autres nations vraiment civilisées du globe, ils sont fiers de se montrer, dignes de l’amour immense qu’ils inspirent justement, par-

.tout où l’on a le sentiment de ce qui est beau, grand et brave.

A l’égal des générations qui les ont précédés, de celles de Saint-

"Louis et de Jeanne d’Are, les héros français de la grande guerre ont . montré et montrent encore que la France est toujours par excellence - le pays où éclosent les grandes intelligences, les grands caractères et les grands courages. C’est d’ailleurs ce qu’on en pense: au dehors: . écoutez, par exemple, ce que Thomas Edison, le célèbre inventeur

américain, disait l’autre jour: ‘Les Français sont en‘train de prouver qu'ils sont lé seul vrai peuple du monde, le peuplé le plus splendide qu’ait jamais connu le monde, parce qu’ils unissent en eux les forces matérielles et les forces morales. Ils ont combattu et lutté

- dans le passé pour avoir la liberté, ils sont prêts à-mourir aujourd’hui

pour.la conserver. j ‘La France est, de ‘toutes les nations, celle qui a le plus cherché

- et le plus approché a vérité. Elle a une culture réelle, pas une cul-

ture d’affaires comme est notre culture américaine, pas une eulture

- de traditions comme l’est la culture anglaise. La France a une réelle

aristocratie,: pas une. aristocratie de. naissance comme l'aristocratie

. anglaise, mais une aristocratie basée sur Jle“mérite. -..

mes se sont ‘épendañt trouvés, et pas des. moindres, qui ont conservé :

‘ “Aujourd’hui, Ja France montre‘qu’elle n’est point prosternée devant la puissance de l'argent, comme nous le sommes en Amérique,

devant la puissance du militarisme comme on. l’est en Allemagne, -mais-qu’elle ne reconnaît qu'une seule puissance : celle du patriotisme.

Et cette puissance-là est superbe à contempler. Si jamais la France pouvait être détruite, ce serait le plus grand cataclysme. qui arrive-

rait au mondel ...”? .. ’.

‘dé Champagne et de Lorraine, ainsi que dans les hôpitaux de la

France disaiënt qu’elle était en décadence, s'ils lui avaient fait une réputation de gaîté qui frisait la frivolité et.l’inconstancé, des hom-

‘ leur entière confiance en elle et qui ont continué à penser avec Hugo

grand évêque, Mgr Ireland, archevêque de St. Paul: “J e

qu'elle est ‘‘un besoin des hommes.” .. 4 “Vous venez d ‘entendre un grand savant, écoutez A un. iens à dire,

.— des se PE .

Page 1