‹ Le sang françaisChapitre 41 sur 47 · NES · texte numérisé non relu

NES

‘L’Arménie est située .sur et au sud de la Mer Noire, au-delà du ‘Bosphore et de Constantinople, en Asie Mineure. Sa population, <ätholique comme vous le savez, est aujourd’hui d'environ 3,000,000 d’âmes: n’eussent été les persécutions turques auxquelles elle a été continuellement sujette, elle serait aujourd’hui de 12 ou 15 millions. Elle a été de 25 millions sous Tigrane le Grand. Systématiquement, d'année en année, les alliés du Kaïser la massacrent , pour l’empêchir de grandir. Voulez- vous un exemple des moyens qu'on emploie?

Voiei, pris dans l’Essai sur les Nationalités de J. de Morgan, .. quelques «passages d’un récit de deux infirmières allemandes qui sont Ps restées à Erzeroum d'octobre 1914 au mois d’ avril 1915, au service de NA la Deutsche Militarmission, ‘et dont les notes, publiées par le Comité ne

de l’oeuvre.de secours aux Arméniens (1915) à Genève, sont à itées cs de Constantinople, du 29 juillet 1915. On ne peut done accuser ° partialité ce document, comme s’il provendit de l’un des pays pro Le tecteuré de l'Arménie :

‘Au mois de mars 1915, nous apprîmes par un docteur arménien, mort ensuite du typhus, que le gouvernement préparait un grand , massacre. Il nous pria de nous informer près du général Passelt si cela était vrai. On nous dit, plus tard, que ce brave officier le crai- ‘ Ê gnait aussi et qu’il demanda à être relevé de son poste. . . Nous tom- . bâmes malades du “typhus, et, à ‘la suite de nombreux changements Fo A de personnel, nous fûmes obligés de quitter Erzeroum. Par l’intermé- ‘ diaire du consul allemand d’Erzeroum qui avait la confiance des Arméniens, nous fûmes engagés par la Croix- Rouge d'Erzingan et° nous y travaillèmes sept semaines.

Au commencement de juin, le chef de la mission de lé Croix Rouge d'Erzingan, le docteur d’état-major X , nous”dit que les

‘ Arméniens s'étaient révoltés à Van (lés Arméniens de Van s'étaient fortifiés dans leur quartier de la ville pour se défendre contre les : massacrèurs tures et kurdes), qu'on avait pris des mesures qui seraient TT» généralisées, et que toute la population : arménienne d’Erzingan et environs serait transportée en Mésopotamie, où elle ne serait plus en majorité; mais qu'il n’y aurait. pas de massacres, \gu/ôn prendrait des mesures pour nourrir les déportés et garantir leur sécurité par une * escorte militaire.” On aurait trouvé à Érzingan des voitures chargées :

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d'armes et de. bombes, et il y aurait beaucoup d'’arrestations. On défendit au personnel de la Croix-Rouge tout rapport avec les expulsés et on leur ‘interdit les promenades à pied ou à cheval à quelque distance. 1. | .

AJors on donna quelques jours à -la population d'Erzingan pour vendre ses biens, ce qui fut fait naturellement à.des prix dévisoires. Dans la première semaine de juin, premier convoi: on permit aux gens riches de louer des voitures. Ils devaient aller à Kharpout: Les

‘ trois jours suivants, nouvelles expulsions ; beaucoup d’enfants furent

là aussi devaient partir.

Les familles des Arméniens qui servaient dans notre hôpita durent partir, même une femme malade: une protestation du Dr. Neukrich qui la soignait ne servit de rien, seulement à retarder de deëx jours son départ. Un soldat employé chez nous comme cordonniér dit à la soeur X ‘‘Mainténant j'ai quarante-six ans et on me prend cependant comme soldat, ‘quoique j'aie payé chaque année ma taxe d'exemption. Je n'ai jamais rien fait contre le gouvernement et on m'enlève toute ma famille, ma mère qui a soixahte-dix ans, ma femme et cinq enfants et je ne sais où ils vont.” Il pleure surtout sur sa petite fille d’un an et demi.

. Le lendemain il revint: ‘‘Je sais, ils sont tous morts.” Et ce n'était que trop vrai. Notre cuisinière turque nous raconta en pleurant que les Kurdes avaient attaqué à Kemagh-Boghaz (défilé de l’Euphrate à douze heures d'Erzingan) le misérable convoi, l'avaient complètement pillé et en avaient tué un grand nombre; cela: devait être le 14 juin. Deux jeunes institutrices arméniennes, élevées au collège de Kharpout, et qui avaient été épargnées, racontèrent. que le convoi avait été pris sous un feu croisé par les Kurdes et, derrière, par les demi-réguliers turcs. Elles se jetèrent à terre ét firent les «mortes et purent ensuite regagner Erzingan par des chemins: étournés, en donnant de l’argent à dès Kurdes qu'elles rençontrè rent. L'une était accompagnée ‘par son fiancé habillé en femme. .Il avait été protégé par un compagnon de classé ture. Arrivé à Ærzingan, un gendarme veut s'emparer de la jeune fillé; le fiancé proteste. Onjle tue, les deux jeunes filles furent prises dans les maïsons turques où on les traita amicalement, mais en exigeant. al elles devinssent musulmanes.. | Elles nous firent” déhnér ces nouvelles par un jeune médécin, et nous Si elles avaiett du u poison, disaiéht-elles, ‘elles s’empoisonneraient.

Le jour suivant, on ‘fit partir des troupes régulières (soldats de la 86e brigade de’ cavalerie) pour ehâtier les Kurdes, disait-on.'

Ces soldats nous ont raconté comment ces malheureux sans armes avaient été tous massacrés. Il avait fallu quatre heures. Les femmes

recueillis par des familles musulmanes ; plus tard, on décida que N

se jetaient à genoux, elles aÿaient précipité leurs enfants dans l’Eu- |

phrate. Un jeune soldat de bonne façon disait : ‘C'était horrible; je ne pouvais pas tirer, je fis semblant.”’ Nous avons du reste entendu

: faisaient demander d. js emmerfer avec nous à Kharpout, °

LE SANG FRANÇAIS Oo ait

les Tures e exprimer leur blâme et leur pitié. Ils racontèrent qu'il Y avait des chariots à boeufs tout prêts pour transporter les cadavres à la rivière et pour effacer les traces du massacre. (Le soir on voyait des soldats rentrer chargés de butin.)

Le jour suivant on fit la chasse dans les champs de blé alors hauts, où beaucoup d'Arméniens s’ étaient cachés.

- Depuis ce moment ärrivaient constamment des caravanes .d'expulsés, tous emmenés pour être tués; cela résulte de témôignages una-

nimes que nous avons recueillis de beaucoup de côtés différents. Plus= : n

. tard notre cocher grec. nous. dit qu’on attachait les mains des vie times et qu'on les précipitait du haut des rochers dans le fleuve. On

- a usé de ce moyen quand les masses ont été trop grandes pour les tuer autrement. , Soeur X—— et moi. nous cherchâmes naturéfment tout de suite

ce que nous pouvions faire et nous nous décidâmes à accompagner à Kharpout un des convois. Nous ne savions pas encore que le massacre en route. avait été ordonné par lé gouvernement, et nous eroyions pou- -voir aïnsi empêcher les brutalités des gendarmes'et les attaques des .

Kurdes dont nous connaissions la langue, et sur lesquéls nous avions de l’influence.

. Nous télégraphiâmes alors eu consnl, d’Erzeroum, lui racontant que nous avions été congédiées de l'hôpital et lui demandant, dans l'intérêt de l’Allemagne, d venir à.Erzingan. T1 répondit: “Ïmpossible de quitter mon poste. J'attends des Autrichiens qui doivent passer ici le 22 juin.” " | ‘

. Le 17 au soir, nous allämesvec le pharmacien de la Croix- Rouge G-—, faire une promenade Il était aussi horrifié que nous . des éruautés et s’exprima à ce sujet très clairement. Il reçut aussi gé. Nous renconträmes ur gendarme qui nous raconta qu’à tes de là un grand convoi d’expulsés de Baïbourt était | arrêté... ÎNnous raconta d'une manière-saïsissante comment, peu à. peu, les hommes avaient été massacrés et jetés dans le fond” de la ‘gorge: (Kessin, kessin, :geliorlar! Tuez, tuez, ils viennent!) ; comment à chaque. viHage ‘les femmes avaient été violées, comment lui- «même avait voulu s'emparer d’ une jeune fille;'mais'on lui avait dit . qu’elle n’était déjà plus une jeune fille, comment on avait brisé la “tête des enfarits qui criaient. ou retardaient la marche. ‘J'ai fait enterrer trois cadavres nus de jeunes filles, pour faire une bonne action,” telle fut sa coüclusion.

Le matin suivant, de très ‘bonne heure, nous entendîmes. passer le long de notre maison le cortège des expulsés sur. ja grand’route qui# mène à Erzingan. Avec M. G-——-nous les suivimes et les accompagnâmes jusqu’à la ville. C'était une grande troupe, deux ou trois . hommes seulement, tout le. reste des femmes et des enfants. Elles cridient : “Gauvez-nous, nous nous ferons musulmanes ou Allemandes, ou tout ce que vous voudrez. Sauvez-nous seulement. On nous emmène à Kemagh-Boghaz ‘où l’on nous coupera la tête,’ et elles faisaient ‘un geste significatif. D’ autres se taisaient et marchaient

patiemment avec quelques paquets sur le dos et leurs enfants à la main: D’autres nous suppliaient de sauver leurs enfants. Beaucoup de‘Tures venaient. chercher des enfants et des jeunes filles, avec ou . sans le consentemeàt des parents. Il n’y avait point le temps pour

réfléchir, car la troupe était sans cesse poussée en avant’par des gendarmes à cheval qui brandissaient leurs fouets. A l’entrée de la ville, le chemin de Kemagh-Boghaz se détache de la grand'route. IEy avait là comme un marché d’esclaves ; nous prenons nous-mêmes six. enfants entre trois et quatorze ans qui se cramponnent à nous, et une petite fille. Celle-ei, nous la confions à notre cuisinière turque qui se trouvait là. Elle veut emmener l'enfant dans la cuisine de la maison particulière du Dr. X———, jusqu’au moment où nous pourrons venir la chercher, maïs l’adjudant du docteur, Riza bey, frappe'la * femme et jette l’enfant à la rue. Avec des cris de douleur, la troupe

| des misérables continue sa route pendant que nous retournons à s

É l'hôpital avec nos six enfants . .. Le plus petit, fils d’un homme

: riche de Baïbourt, caché dans le manteau de sa mère, le visage gonflé

: par les pleurs, se précipite en montrant un gendarme : “Voilà celui,

oo qui a tué mon père,” dit-il .. Nous remarquâmes que d’anciens

; malades que nous avions soignés “et qui s'étaient toujours montrés

: très reconnaissants n'avaient plus l'air de nous connaître. Le pro-

priétaire de notre hôtel commença à tenir des propos que tous écou-'

taient. La mort de ces femmes et de ces enfants a êté. ordonnée de

+ Constantinople. Le hodja (prêtre ture) de notre hôpital arriva aussi :

-, et nous dit entre autres: ‘*Si Dieu n’a pas pitié, pourquoi v ez-VOUS

Ho: avoir pitié? Les drheliaie ont commis des cruautés à Van: cêta. est

F arrivé, parce que léur religion est ekzik. (inférieure). Les musuImans..

‘ n'auraient pas dû suivre leür exemple, mais exécuter le -massacre >.

d’une manière”plu clémerite.”} %3 *

Alors nous mous rendîmës chèz le’ mutessarif. . Cet homme avait l’air d’un démon : ., il nout dit qu’il ne voulait plus nous supporter, et qu'il ne nous permettait pas de nous rendre à Kharpout pour y chercher nos effets ; mais qu’il noûs enverraïit à Sivas. Et le plus dur: il ne nous permit pas d'emmener les enfants, mais il envoya immédiatement un gendarme pour les faire sortir de rotre chambre.

En retournant à l'hôtel nous les rencontrômes en effet, mais on." E les fit passer à côté de nous si précipitamment que nous ne pûmes È leur rendre l'argent qu’ils nous avaient confié (475 piastres;-environ 100 franes)., Nous deñandâmes plus tard au Dr.-Lindenberg de . : prendre soin que cet argent leur Æut remis. Mais pour savoir où ils se trouvaient, il dût le demander à un officier ture. . Et juste ‘au . ..- moment de notre départ, lorsqu'on nous avait dit qu'ils étaient déjà re tués, Riza bey vint nous demander ‘eet SEen sous Prétexté qu: il ° voulait Je remettre aux enfants!” L

Le jour sûivant le miutessarif envoya un . éhar à bagagel” sans . ressorts sur lequel nous devions faire le voyage de sept jours pour. | - Sivas. Nous déclarâmes que nous refusions cette voiture. On nous

Sa E

- . LE SANG FRANÇAIS : 213 ‘ envôoyà une voiture de voyage en nous menaçant de nous faire arrêter * si nous ne partions pas; c'était le lundi 21 juin. .. Les premiers . ‘ jours nous vîmes cinq cadavres dont un de femme, celui-ci habillé, les autres nus, un d’eux n’avait plus de tête. En même temps que nous voyageaient. deux officiers turcs, qui, en réalité, étaient des Arméniens, à ce que nous dit le gendarme qui nous accompagnait. Ils con- ‘servaient leur incognito à notre égard et'se montrèrent très réservés. Ils cherchaient toujours à ne pas se séparer de nous; le quatrième jour nous ne les vîmes pas paraître. Quand-nous nous informâmes" . ï d’eux, on nous fit comprendre que moins nous nous en préoccuperions, . mieux cela vaudrait pour nous. En route nous fîmes halte près d’un village grec. Un homme à figure sauvage était sur le passage. Il commença à nous parler, et nous dit qu’il était là pour tuer les Arméniens qui passeraient, qu'il en avait déjà tué deux cent eimquante .. ; il raconta aux gendarmes qu'il avait reçu l’ordre téléphonique de tuer nos deux compagnons de voyage. Done ces deux hommes et leurs cochers arméniens auront péri là. Nous ne pûmes nous empè- . cher de contredire cet assassin, mais, lorsqu'il s’éloigna, notre cocher grec nous avertit ‘°Ne dites pas un mot, sinon . . .”” et il fit le-geste de mettre.en joue. On avait, en effet, répandu Je bruit que nous étions des Arméniens, done voués à la mort.

Un jour-fous rencontrâmes un convoi d’expulsés qui était sur la us

route de Kamagh-Boghaz; un,petit nombre d'hommes âgés, beaucoup € de femmes . .. une foule de jolis enfants . . .; une petite fille sou“ DE riait en voyant cet étrange spectacle, mais les autres visages gar- n daient lé sérieux de la mort. Il n’y avait aucun bruit, tout était calme ‘

et ces infortunés défilaient en ordre . . . ils passaient, quelques-uns

en nous saluant.' Tous ces malheureux sont maintenant devant le trône de-Dieu et y élèvent leurs plaintes. . . - D Le gendarme qui était avec nous nous raconta alors qu'il avait { aécompägné un convoi de 3,000 femmes et enfants, de Mamachatun “ jirès de Érzeroumi à Kemagh-Boghaz: ‘Heb guitdi, bitdi,”” dit-il (tous %° 7 partis, finis). Nous lui dîmes:"‘Mais p drquoi les soumettre à cette . affreux supplice, pourquoi ne pas les tuer dans leur villages??? Réponse: ‘‘Cela-est’ bien comme cela, ils “doivent-être -misérables-get.. 7 d’ailleurs dù pourrions-nous rester avec/tôus ces cadavres? Ils sentiront mauvais.” ° 4 LEE © . 2 :.. Au matin nos gens nous” hcoÏtgrent qu’on avait fusillé dix Arméniens -(nous avions entendules £Gups: de feu la nuit) ét qu’on ‘envoyait maintenant les civils tares à Ja :chasse (des Arméniens) ; \ = nous les vîimes, en effet, partir à che

ee

aË’avéc des fusils. Au bord de.

la route, deux hommes armés arrêtés SU un arbre se partageaient les-vêtements d’un mort. Nous vîmes äruñe place beaucoup de sang . caillé, les cadavres‘ n’y étaient plus. IC'étaiént les deux cent cinquante travailleurs aux routes, dont notre géndarme nous avait parlé. Une fois nous rencontrâmes une grande (hanté de ces travailleurs qui, ‘ ‘jusque-là, avaient accompli leur travail er paix. , On les avait par- ‘- tagés en trôis bandes: musulmans, ‘Érecs et Arméniens; au-près de

L . | ‘ | 24 LE SAN {FRANÇAIS ee } où ces derniers étaient quelqués, siens ..:on allait. tous. les' ‘abattre. Deux jours avant d'arriver à Sivas nous eûmes le mérné\ spec tacle. Dans un autre endroit encore, tandis. que dix gendarmes fusillaient, des ouvriers.turcs achevaient Tes victimes avec. des. eguteaux.

et des pierres . . .?’.

JEt l’auteur ajoute:

‘On croit vraiment rêver en lisant de semblables horreurs.” , # + *# .

Et il y a des hommes en ce pays qui trouvent en eux-mêmes he de courage, devant de pareils récits, pour’ croire que le régime}allemand,—car enfin ee sont les actes d’ un peuple allié de l’Allemagne, et ce pays doit forcément prendre, sa part de responsabilité de ces horreurs, —il -y 2, dis-je, des hommes pour $ imaginer ‘et prêcher pres? que que le régime allemand ne serait pas pire que le régime auglosaxon. ñ

D'ailleurs si l’on s'imagine qu’il existe. üne différence nétable | entre les moyens employés par les Tures et ceux employés. par les. Allemands, il suffit de lire quelques uns des récits de crüautés et de’ massacres perpétrés.en Belgique, en.France, en Pologne, et. dans. les” autres pays envahis, pour être vite détrompé. À ;

Laissez-moi vous s citer quelques faits contrôlés par un neutre, M.

Léon Maccas, professeur à Athènes, et publiés par lui eh 1915 sous le titre ‘‘Cruautés allemandes”? r - :

‘“J’ai quitté Berlin; continue l‘'ambassadeur (de Russie) avec dés membres de 1 ‘ambassade, le dimanche 2 août, à midta Devant l’am-

- bassade la foule s'était réunie dès le matin; pour éviter les incidents,

la porte avait été fermée. On ne l'ouvrit qu’au moment où noué montômes eu automobile. Je suis parti en avant, dans l ‘automobile : de l’ambassadeur des Etats-Unis. La foulé ne m’a pas pris à partie. J’entendis à peine quelques exclamations hostiles. Sur les autres automobiles, au contraire, la foule se livra à des dttaques sanglantes.… Quoique à Berlin on démente le fait de ces attentats sanglar

sur lés membres de l’ambassade russe; ils sont cependant authen 1. ques. La foule”a blessé non seulement des hommes, mais aussi

dames. Ce n’est pas seulement la populace qui se livra à ces vi

lences ; des personnes qui paraissaient bien élevées y prirent part. .

‘A Chabatz, soixante soldats serbes, faits prisonniers, fur massacrés, et dans la région de‘Belfort, un grand nombre de-Pris niers français furent déshabillés par les Allemands, qui les exposèfnt presque nus aux balles françaises, tandis qu'ils en jetaient. d' autt s dans le canal pour les en retirer et les y jeter encore.

A Namur, pendant la retraite, le fantassin Parfonery ‘fat fait prisonnier avec un groupe de soldats. On leur lia les poignets: derrière 4e dos, on les attacha quatre par, quatre, on les fit märcher tout

* J. ‘de Morgan: Essai sur 1es Nationalités, pp. 97 à 105. + Cruautés allemandes, p. 28.

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