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le jour, à coup de plat de sabre et de crosse, et enfin on les jeta dans Jes caves du château de Saint-Gérard. ‘Ailleurs un autre prisonnier belge, qui se révoltait contre ces mauvais traitements, eut le-cou tordu par ses gardiens. ‘ .:
‘ | À Dixmude, lé lieutenant: Poncin : (du 12e régiment de ligne
belge), fut fusillé après avoir été lié au moyen d’un fil de fer enroulé
une dizaine, de fois autour de ses jambes.’ Le 6 septembre un cavalier
belge fait prisonnier fut désarmé, puis ligoté, et eut le ventre ouvert
à coups de baïoñnette. Près de Sempst, les Allemands ouvrirent le
ventre à deux carabiniers belges. et. leur arrachèrent les entrailles; à
7. Tamine,: après avoir lié au tronc d’un arbre -un officier francais, les Allémands attelèrent à chacune de ses. jambes des ‘chevaux qu’on
"., -6bligea de courir, mettant en pièces lé malheureux. . Ces derniers faits sont racontés dans le livre de M. Pierre Nothomb.* A Saenski { gouvernement de Suvalki), le 1er octobre, un cosaque fut brûlé vif.
— ‘ . D'autres prisonniers ‘russes ‘également furent condamnés à à mourir de
AH faim. Ailleurs des cosaques furent condamnés à creuser leurs tombes, \ . et fusillés. u
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iges ‘Dans beaucoup de cas, les ‘Allemands: ‘procédaient à dés massa-
à “+ cres - 5 aéré raux. Le \ \ade représailles.
\ ,"\| - La plus affreuse/de ces bouchéries semble avoir été celle: ‘de Di
3 ù “mant, accomplie le 22 août 1914 et les jours suivants. ‘Dans ces jours
- terribles, écrit, à ce sujet, un hollandais, M: Staller, dans Je-“*Tele-
‘graaf””- {traduction du ‘Temps, ”° 19 décembre 1914), ‘tant à Dinant
‘+. [que dans les Villages . environnants, comme Anseremime; “Leffe. et
À ——HNefte, pus de huit cénts personnes furent tuées; parmi lesquelles il
\. FA avaït. b huéçup de femmes: et d’ énfarits.' (Le XXe Siècle publia
‘‘lés noms,’üne soixantaine ‘de. femmes, dont plusieurs oétogénaires, ‘‘et-d’une quayanfainé d'enfants). Lt
“a CA Anserei e,. continue. le + Télegraaf, ?? dix-hüit femmes et s. a. un LS des soldats les aper.
Jrpes à -Sbns dé nse. s? di vu.les. horribles restes du’ feu.” **
“A Revigny,: a commission: ‘4’ enquête française . signale le cas «he ne femme: -qui fi si que le. bras droit, Sa petite fillé, âgée de: onze. ans; avait égaleent un pied coupé. ot.
‘. Membre de de Commission belge. î Cruautés allemiañdes, p. 129.
étexte invoqué par eux était un droit prétendu -
Eabeblament a ne päs être, accusés .d'être des tueurs äe RE t. trouvée tuée dans une ‘cave, ayañt le sein éoupé-
‘À Sempst; en Belgique, une fenime fui frappée à à coups. de baïori. ”. te, enduite, de pétrole et jetée dans uné maison en flammes. - Le fait . consigné : -dans. le. ‘deuxième rapport ‘de la éornmission d’ enquête: . lge. M. Pierre “Nothomb- raconte les faits suivants :.» ‘Arrivant à "7 verbode, le 20 août, les Allénands virent uné femme qui prise de’
L] r © La *
‘‘peur, se cacha dans un fossé : ils là tuèrent à eoûps de lance, À une
‘‘heure de là, à Schaffen, ils éventrèrent june jeune fille dé vingt ans. :: “Des paysans des environs de Louvain accourent à Anvers, le 12
‘septembre, et racontent qu'à Wilzele les Allemands ônt brûlé vive”
‘le femme Van Kriegelingen et ses onze enfants, :‘‘La femme et huit
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arrosé de pétrole, et brûlé vif Les soldats qui marchent sur
‘‘enfants ont été carbonisés. . . Nous avons ‘vu les cadavres de la. ‘‘mère et des enfants et nous avons assisté à l’exéeution. . . ?’ Le . “e jer î dé ha d l les cad “d’ fem- -
canonnier volontaire de R. décrocha du sol lés cadavres'd'une fem ‘‘me et de son-enfant-cloués à terre par des baïonnettes.?’*
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‘A Bastave, rapporte-t.-on (dans une lettre communiquée au Temps, numéro du 22 novembre), presque tout le monde ,s’enfuit lorsqu'on sut que les Autrichiens s’approchaient. Les deux femmes Soldatoviteh, infirmes et âgées de soixante-douze et soixante- dix-huit ans, ne veulent pas quitter” leur maison. Elles pensent que même es. hommes les plus cruels ne feraient rien à de vieilles femmes malades. . Lorsque après le départ des Autrichiens les paysans reviennent, ils . trouvent les deux pauvres vieilles violées, lardées de coups de: bäïonnette, le nez, les oreilles et les seins coupés. D'ailleurs, la mutilation
était uné pratique. assez courante des Massacreurs de l’armée austrohongroise.’
‘*A Hafstade, dit Pierre Nothomb, un adolescent de moins de -quinze ans fut trouvé les mains croisées derrière le dos, le corps percé de coups de baïonnette. ‘Au Pin, près d’Ize), deux jeunes garçons virent arriver les uhlans; ceux-ci les prennent au passage et les font courir les bras liés, entre leurs chevaux galopants. Leurs tadavres furent trouvés une heure: après dans un fossé; ils avaient les genoux ‘littéralement usés,’ selon l’expression d’ un témoin ; l'un avait la gorge coupée et la poitrine ouverte, l’un et l’aûtrè avaient\du plomb. dans la tête. A Schaffen, un adolescent est* ättaché sur
s'emparent à Sempst du couteau du boucher; ils saisissent u petit domestique, lui coupent les jambes, puis la tête et le rôtissent\dans
une maison qui flé ses camarades Var.D
mbe. A Lebbekelez-Termonde, Frans Mertens et soren, Dekinder, Stobbelaer et Wryer, sont at
chés l’un à l’autrt,.h as à bras. On leur crève les yeux à la pointe du fer, puis on les tue à coups de fusil. ”’f
‘Le 20 août 1914, lè 8e bavarois, commandé. par le célonel Han-
‘ napel, entra à Nomény. ‘D'après ce que l’un des soldats a raconté, “it la Commission d’ enquête française, leurs chefs leur avaient af- “firmé que les Français torturaient les blessés, en leur arrachant les
‘‘yeux et en leur coupant les membres; aussi étaient-ils dans un état
‘‘de surexcitation épouvantable. . . De tous côtés des coups de fusil
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éclataient; les malheureux habitants, que la crainte de l'incendie : à
* Cruautés allemandes, p. 138. , + Cruautés allemandes, p. 143. + Cruautés allemandes, p. 156. J
, * LE SANG FRANÇAIS °° 217 : \ Es h - ‘‘chassait de leurs caves, étaient abattus comme un gibier, les uns ‘‘dans leur denfeure et les autres sur la voie publique. ' ‘Les sieurs Sanson, Piersen, Lallemand, Adam, J eanpierre, Meu- ‘nier, Schneider, Raymond, Duponcel, Hazotte père et fils, sont assas- ‘‘sinés à coups de:fusil dans la rue. -Le sieur Küïllian, se voyant me- ‘‘nacé d'un eoup-de sabre,iplace ses mains sur son’ cou pouï sé” pro- “*‘téger; il a:trois doigts tranchés et la gorge ouverte. Un vieillard ngt-six: ans, le sieur Petitjean, assis dans son fauteuil, “ne balle qui lui fracasse le crâne...
“Entre*trois et quatre heures.de l'après-midi, les Allemands - ‘‘pénètrent dans ‘la boucherie de la dame François. Celle-ci sort alors ‘de sa cave’avée son garçon Stub, et-un employé nommé Contal. Dès ‘que Stub arrive sur le seuil dela porte d'entrée, il tombe’grièvement “‘blessé d'un coup de fusil; puis Contal, qui se sauve dans la rue, est ‘immédiatement assassiné. Cinq minutes après, comme Stub:râle ‘‘encore, un soldat se penche sur lui et l’achève d’un coup de hache
‘dans le. dos.”7#*
n° + Cruautés allemandes, p. 206. Dans la cinquième de ses conférences, sur “Luther
.. On avait amené à Lechnitza; en Serbie, un groupe d'’otages de huit à quatre-vingt-deux ans. ‘Il y en avait cent neuf. Tout près de la gare de l'endroit, les soldats creusèrent, une fosse de vingt mètres de long, trois mètres de largé et deux mètres.de profondeur. Ils ‘placèrent-devant cette tombe le groupe de cent neuf personnes en les liant ensemble aux coudes avec des cordes. Puis-un.peloton d’infanterie prit position sur le talus du chemin de fer et déchargea une salve sur les paysans. Tout le groupe dégringola dans le fossé, et les soldâts jetèrent de la terre dessus sans avoir vérifié si tous les fusillés
.- étaient morts. Il est certain qu’un bon nombre de victimes n'avaient pas été atteintes mortellement, et que même quelques-unes d’entre
errés vivants.
” Pendant cette opération, -on avait amené un autre groupe de quarante otages. Ceux-ci ont dû assister au massacre de leurs concitoyehs, et on les a forcés de trier pendant qu'on tuait les autres: ‘Vive l'empereur François-Joseph !? | ‘ | .
J’ai vu ouvrir la fosse de ces malheureuses victimes et j'ai pu constater que nombreuses furent celles qui moururent de suffocation. Ce grand paquet humain était solidement ficelé ; aucune corde n'avait
été rompue.”’t c*
en estimant que cinquante pour cerit de ces pauvres gens furent en-
à Crudutés allemandes, p. 193.
t l'Allemagne,” mon ancien professeur de Seconde et de rhétorique, l'abbé J. Pauier, vicaire de l'Eglise de la Trinité, à Paris, où ses conférences ont été données * dhns les trois premiers mois de 1918, et qui connaît très bien l'Allemagne pour: y avoir séjourné à diverses époques durant la préparation de ses savantes études sür l'origine du protestantisme, n'hésite pas à tenir Luther, c'est-à-dire la réforme, responsable des moÿens barbares employés par les Allemands dans la guerre actuelle, “Deux notes, dit-il, caractérisent la conception allemande, où plutôt la conception prussienne de l'Etat: l'omnipotence et la dureté. - “Depuis longtemps, on avait pu les constater., Mais pendant cette guerré on a vu que ce n'était plus de dureté seulement qu'il fallait parler; à l'égard‘de l'ennemi, #4 \
elles n'avaient pas été atteintes du tout. Je ne crois pas me tromper
L . . « . ? . . = ce genre n’est jamais venu à la connaissance du public, ce qui, à la -
On me dirä peut-être que les Alliés de l'Ouest se rendent probablement aussi coupables de pareils'outrages. Outre qu'aucun fait de
ou même de l'étranger simplement neutre, la dureté est devenue de la barbarie. Tout à coup, on a vu surgir une’ différence profonde, effrayante, entre l'individu et le citoyen allemand; l'individu ayant une certaine sentimentalité ou mêm® üne bonté très réelle; le citoyen, le soldat, au contraire, commandant ou exécutant froidement
. des ordres sauvages. C'était une nouvelle manifestation d’une loi profonde de
l'humanité: c'est dans les moments de crise, dans les moments de tension -physique
“et morale que les caractères se découvrent le plus au naturel.
“De là, ces virus de maladies contagieuses, ces aliments empoisonnés répandus
‘ chez les nations ennemies ou simplement récalcitrantes; de là, ces bombardements
ile villes ouvertes, sans aucun but militaire: de là ces hombardements des navires-
Môpitaux; de là cette parole d'un aviateur allemand, qui avait bombardé une ambulance: ‘C'était éclairé et habité; partout où il y a de la vie, nous jetons nos
: ‘“‘bombes.”’
‘A notre naïveté qui s'’indigne de ces pratiques, on répond, et l’on répondait davantage encore au début de la lutte, ‘alors que Se croyant assuré de la victoire: etde l'impunité on se découvrait plus au naturel: ‘‘C’est la guerre; tous ces moyens ‘‘et autres servent au but de la gucrre, qui est d’être victorieux.” Peut-être, quoi-
. Que rien ne soit moins sûr. Mais dans nos civilisations chrétiennes on avait tra-
vaillé à introduire une autre conception et une autre pratique de la guerre; peu à peu, on avait travaillé à restreindre le plus possible’ les effets de ce terrible fléau. Puisqu’on ne pouvait le supprimer totalement, on s'était du moins concerté pour en éliminer les côtés les plus cruels; on y avait introduit le plus possible de justice et de bonté,’ En ce sens, les peuples civilisés avaient ‘signé des conventions internationales: convention de Genève et conventions de la Haye. Ainsi la guerre des peuples civilisés était devenue différente de ceile des peuples barbares.
“Par ses procédés, le Prussien nous a fait reculer de plusieurs siècles, il nous 4 ramenés de la civilisation à la barbarie, ‘C’est la guerre,” nous dit-il Oui c’est la guerre à la manière des disciples de Mahomet, et c’est en effet, paraît-il, dans l’histoire des hauts gestes des fils du Croissant que le Prussien aurait admiré et appris l'art de ‘répandre la terreur”: c’est la guerre à la manière des Vandales, les anciens habitants des bords de l'Elbe; c'est la guerre à la manière des Huns, à la manière de cet Attila qui, sous le nom d’Etzel, est en effet le héros des chants de l'Allemagne au moyen âge, de même que Charlemagne est le héros de nos chansons de geste. Et n'est-ce pas, du reste, le nom d’Eitel, autre variante dy nom d'Attila, que Guillaume II a donné à l'un de ses enfants? C'est la guerre de la haute antiquité païenne, où le même mot, hostis, voulait dire étranger et ennemi, de cette
haute antiquité où dans la guerre, en effet, on ne distinguait pas entre militaires et civils, où pour la population vaincue il n'y avait d'alternative qu'entre la mort et .
l'esclavage.
“Et qui a donc appris à l'Allemagne à se mettre ain$i ‘‘aüsdessus de Ja civili- ‘sation’? Ses tendances naturelles sans doute; mais, pour üne‘ bonne part aussi, son héros national et Réformateur religieux; à ses compatriotesé Lufher a.-enseigné la théologie de la barbarie.” Et il cite des parolés*que Lufhergitsai Es haire le 2 février 1526: ‘Dieu a donné la loi; mdis il sait que onne'stie. labs “pourquoi il a- placé des geôliers, des conducteurs D u$ségrou ur retenir: “c'est ainsi, en effet, que l'Ecritüre nomme l'autorité elle HÉfémpäré aux pous- ‘“seurs d’ânes, qui doivent constamment teni r bête [par le liCou#/la pousser à ‘‘coups de trique, sans quoi elle n'avancerait pas. Voilà comment {l'autorité doit ‘en agir avec la populace, avec Monsieur Tout de’ Monde: -elle doit le frapper, ‘l'étrangler, le pendre, le brûler, lui coupér la'tête, le rgu t<-de manière à le faire “craindre et à le tenir toujours bien en bride.” -Et Luther continue sur ce-ton; il s'enivre de ses paroles: les comparaisons abondent: ‘‘Ce Monsieur Tout le Monde, ‘“’grossier et mal élevé, il faut le forcer et le pousser comme on, force et comme on “pousse les porcs et les bêtes sauvages.” Bref, le mieux et de béaucoup, nous dit-il, ce..serait assurément de revenir à l'esclavage antique, du moins à celui de Ja loi
.&e Moïse; “le diable, le pape et les:princes!'' avaient rendw lé peuple trop auda-
“cieux; ils étaient cause que dans la société tout était bouléversé.*; :
Plus'loin, le savant docteur, interprétant la doctrine du fondateur du protestantisme, écrit: “. . . l'Etat sera dur et impitoyable. Car, de ce qu’elle est viciée, corrompue, non seulement cette activité humaine lui appartient en entier, mais elle est dangereuse; c’est une activité de bêtes fauves. L'Etat aura donc constamment à la dompter, - 4
“En paix, il mènera les hommes comme un troupeau, ou mièux. comme une ménagerie. Un mécanisme inexorable serrera tout, broiera tout, pour ‘le faire. servir aux fins immédiates de l'Etat. «
‘“‘ŒEn guerre, on dira de ses propres soldats à soi: ‘‘La perte en matériel humain ‘‘est normale.” Cette expression résume admirablement ce que j'ai dit ce soir: les hommes sont un matériel comme un autre; la seule différence, c'est que ce matériel! se meut par lui-même, et que les autres sont ou sans intelligence ou même sans vie. Mais à l’endroit dé ce matériel humain, cette différence n'entraîne pour l'Etat aucun devoir, aucun égard particulier.
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rigueur, pourrait s'expliquer, il y a les démentis que les. Allemands eux-mêmes ont erû devoir donner à ces bruits. ‘
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“A l'égard de l'ennemi, la seule considération qui puisse ‘entrer en scène, c’est le but immédiat de la guerre. Déjà, Luther avait dit (1523): ‘Dans une telle guerre
“(où le pays doit se défendre), .il est chrétien et c’est une oeuvre d'amour de ne *.
‘pas y aller par quatre. chemins: il faut égorger les ennemis, les piller, les-brüûler, ‘faire tout ce qui peut leur nuire, jusqu’à ce qu’on les ait terrassés.” Ces exhortations du. Restaurateur de la morale chrétienne, du doux Luther, comme on l'appelle encore, paraît-il, en certains “cercles attardés, ce” paroles devaient porter leurs fruits. Un acte aura beau être criminel et barbare, s’il Va à rendre la victoire plus rapide ‘et plus complète, ce sera un acte juste et bon, il méritera un éloge sans restriction. -Par tous les moyens, on cherchera à inspirer et À organiser la terreur. Et le catholique Erzberger, qui sans doute connaît Luther et ladmire, comme l’autre catholique Martin Spahn, l'obséquieux Erzberger parlera en ce sens plus bruyÿamment encore que ses compatriotes protestants.” - ‘
Et il ajoute en note: ‘Comment ne pas remarquer enfin que le camp de'prisonniers'qui a peut-être été le théâtre des plus tragiques horreurs, les habitants rivalisant de barbarie avec les gardiens pour faire souffrir les vivants et insulter la dépouille des morts, c'est le camp de Wittenberg, la ville sainte du luthéranisme, la ville de Luther!” . q . : -
Dans sa sixième conférence, l'abbé Paquier entreprend de montrer que If haine du catholicisme existe en Allemagne à un suprême degré. ‘Tout le commencement de cette conférence est à citer. -Je ne puis résister au désir de le faire: ‘Au moyen age et à la Renaissance, l'Espagnol et l'Italien goûtaient peut-être plus le clergé régulier que le clergé séculier; chez le religieux, ils vénéraient. l'homme qui avait fait à Dieu.le complet abandon de soi-même. D’ordinaire, au contraire, le Français semble avoir moins compris le voëu d’obéissance que le célibat et le voeu de pauvreté. De là, ces congrégations sans voeux, ou du moins sans voeux solennels, aui sont écloses en France at XVIIe siècle: de là, en partie, les persécutions contre les ordres religieux. Mais,'par contre, malgré des apparentes quelquefois bruyantes, il respecte le prêtre;- il le regarde comme le représentant, comme l’envoyé de Dieu. Parmi des milliers d'exemples de ce respect, la Révolution nous en fournit ün fort curieux. Au mois de juillet 1793, le farouche Danton songe à se marier. Dans:le fond ‘d'une cachette, sa jeune et pieuse fiancée va chercher un prêtre insoumis, un prêtre insermenté, un prêtre échappé aux massacres de: septembre. lle convainc
. Danton que ce n’est que par un prêtre soumis au pape, par un ‘‘vrai” prêtre, qu'ils
pourront être vraiment unis. It jusqu'aux époques les plus oublieuses de la morale, le Français n'a pas voulu davantage d'un clergé marié. ‘Au temps de Luther, le pape Paul III harcelé bar l'Allemagne et son empereur, pensa un moment leur accorder Je mariage des prêtres. L'un de ceux qui protéstèrent le plus vivement: en faveur du célibat ecclésiastique, et dont la voix eut peut-être le plus de poids (qui l’eût cru?), ce fut François Ier! À ' 57
“Le Français comprend donc le clergé séculier, et peut-être plus que le clergé régulier. L'Allemand n'aime ni l'un ni l’autre. Là-bas, cette haine du.sacerdoce est chronique. Sans doute, elle tient en parti& à ce'que j’appéllerais l'anticlérica-
* lisme, au souvenir des vieilles luttes du sacerdoce et de l'empire. : Maïs elle à d’autres
racines beaucoup plus ‘profondes: elle S'adresse à l’autorité divine elle-même que le prêtre représente: l'Allemand veut être autonome, ét le prêtre lui rappelle qu'en dehors de nous et au-dessus de. nous, il y a l'Eglise, qui vient au nom de Dieu nous imposer une doctriné et.une morale. Or, doctrine, morale, hiérarchie s'imposant à lui de par Dieü, l'Allemand a tout cela en ‘horreur. : Lot “Depuis quatre siècles, c'est d'Allemagne que sont parties les principales’ tentatives de dissolution du christianisme. Attaques contre les dogmes: panthéisme subjectiviste, volatilisation de l’'Ecriture sainte et de la vie de Jésus-Christ. Attaques contre l'Eglise: alors, par exemple, que le protestantisme anglais a toujours visé à garder la hiérarchie, l'Allemand, orgueñlleux individualiste, a supprimé toute auto-
rité religieuse.
“En religion, le protestant allemand n'a et ne veut avoir aucune ‘règle positive,
‘fixe, obligatoire. Il n’a qu'un écriteau avec ces mots: Tournant dangereux; attention
au catholicisme! Le mot de catholique y est devenu un épouvantail;, comme celui de croquemitaine pour les enfants. Socialisme, ranarchie, tout pintot qu'uré entente; avec les catholiques. On peut comprendre le mahométisme et’ s'attacher au bouddhisme; mais au reproche d’apparences catholiques, l'homme pâlit, la:femme se répand en cris éperdus. L’exégête qui commente à ne pas se sentir tranquille :à la vue de son oeuvre dévastatrice, le théologien qui sent venir les tourments de sa conscience lui reprochant la destruction de la “oi, le .pasteur qui se prend à s'inquiéter devant les progrès de l’irréligion, tous se sentent rassurés, lorsque au’ fond d'eux-mêmes, ils entendent une voix qui leur dit: “Prends garde;-tu ‘vas finir “par deveñir catholique.” .Inquiétudes dé la conscience, soupçons d'être en dehors ? de la vérité, veilléités d'aller À sa recherche, le mot de catholique suffit à tout paralyser, à tout anéantir. ‘Que nous autres protestants; .nous devenions catholiques “romains, dit l'un des coryphées les plus résolus du protestantisme, moderné, c'est ‘une solution à laquelle un homme de bon sens ne saurait. s'arrêter, Tant que A et MA 4 . .