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‘l'Esprit de Dieu sera avec nous, nous n'abândonneroms pas une conviction religieuse ‘‘et morale puisée dans la Parole de Diem’ He l'auteur de cette déclaration ou-de quiconque vouära bien se présenter pour ‘nous: répondre, nous. serions fort heureux d'apprendre quelle est cette “conviction -réligièuse et morale puisée dans la Parole “de Dieu.” Y a-t-il deux protestants qui aient la même-conviction? Et quel est'1é protestant qui s’en tient à ce qu’ün jour il a estimé être sa conviction? Leur seule conviction commune, lé Seul point où ils se tiennent avec constance, c'est de penser et de parler<tutrement Que les catholiques: ils protestent. - : ,.. -
“La haine de l'Eglise et de la Papauté: voilà le fond du protestantisme allemand. De là, pour rappeler au hasard quelques faits contemporains, la surexcitation que pfhduisirent en Allemagné la lettre de Léon XIII sur Canisius en 1897, et
celle de Pie ‘X sur saint Charles Borromée en 1910. De là, la lettre souvent citée *
de, Guillaume IT à sa tante la landgrave Anne de Hesse, qui s'était convertie au catholicisme, lettre dont l'authenticité n'a jamais été démentie: “Je hais cette ‘“‘religion que tu as embrnssée, . : Tu accèdes donc à cette superstition romaine ‘‘dont je considère la destruction comme le but suprême .de ma vie."
“Aussi, pour l'Allemand, l'idéal du représentant de la religion, ce sera le pasteur protestant, marié, père de famille, n'ayant reçü# d'en haut ni mission pour prècher une doctrine, ni caractère pour administrer des sacrements. Son idéal, ce sera le foyer de Luther. Hélas! les origines de ce foyer étaient loin d'être pures! Moine : et prêtre, Luther s'était marié à une religieuse, Catherine de Bora, et la maison äom que était le couvent du moine d'autrefois, que sa prédication avait vidée des auties augustins, ses confrères. Mais volontiers le protestant allemand ferme les yeux|sur ces origines; au contraire, il est heureux d'avoir trouvé un prêtre qui s'est'exqnéré, lui et ses concitoyens, de l'autorité de l'Eglise, et qui est devenu-‘un homme femblable à lui. © à
‘‘Laf présente guerre ,est venue confirmer cette haine de l'Allemagne contre l'Eglise fcatholique. A-t-elle été avant tout une guerre de religion? On peut affirmer duimoins sans réticence due, du côté de l'Allemagne, les préoccupations religieuses”(je veux dire la haine de l'Eglise) y ont eu une part considérable. Qu'on se rappelle ie sort des églises et des prêtres en Belgique et dans le nord de la France. Et ces actes de sauvagerie s'expliquent d'autant mieux que, pour attaquer la Belgique, c'était surtout des soldats protestants qu'on avait choisis. Qu'on se rappelle le traitement infligé à Louvain et à son université. Pourquoi tant d'acharnement contre ces vieux livres, en apparence si inoffensifs, rangés dans les rayons de la bibliothèque! On s'en étonnera moins ,si l'on se rappelle que, du commencement à la fin de la carrière du Réformateur, l'Université de Louvain fut pour lui un redoutable adversaire, constamment en éveil. C'est à Louvain que fut préparée la bulle Exurge, du 15 juin 1529, qui le condamna; et dans les derniers mois de sa vie, il lançait éncore un pamphlet et préparait un écrit plus considérable contre les théologiens de Louvain; ‘ces espèces de brutes, ces monstres de Satan,” comme il les appelait dans une lettre du 17 janvier 1546, un mois avant sa mort.
“Si l'Allemagne eût été victorieuse, si la rùée du début ne se fût pas évanouie dans les champs de la Marne, pour tout esprit perspicate la conclusion est évidente: la victoire de l'Allemagne se fût traduite en victoire de Luther et en défaite de PEglise catholique. Le 31 octobre 1917, quatrième centenaire de l'affichage des thèses contre les Indulgentes, eût réuni à Wittenberg empereur d'Allemagne et cohortes du protestantisme, Une croisade d'un nouveali genre y eût été concertée contre l'Eglise catholique, et le cri Los von Rom, Loin} de Rome, eût bruyamment retenti de colline en colline. Car, là-bas, ce ne seraient/pas des traités avec l'Eglise que présageraient des victoires de Marengo, ce se des persécutions contre elle. Les rares catholiques allemands qui Savent encgfe ouvrir les yeux voyaient de.loin un nouveau Kulturkampf succédant à la victoire: entre le désir d'une patrie victo-r, rieuse et la crainte d'une Erglise persécutée à /nouveau, leur coeur était anxieusement païtagé. ; :
“L'Allemagne déteste l'Eglise: c’est peut-être le point par excellence où Luther est l’homme de sa nation, où il est le Grand AlNèmand. n
‘‘Par son nominalisme, il s'était mis au-dessus de Ia vérité et du droit: par sa théorie de la justification, au-dessus de la morale: par certaines conséquences de ces deux théories et surtout de la seconde, il avait ouvert la porte à de grandes libertés à l'endroit de lintempérance, du mensonge et de la cruauté. Mais il restait l'Eglise, elle était la gardienne de la vérité et de la morale. C'était le respect de l'autorité de l'Eglise qui avait empêché les nominalistes de tirer de leurs théories les conséquences qu’elles contenaient. Ces modèles de Luther, Occam en tout premier lieu, avait une solide formation théologique. Sur le terrain du dogme, ils savaient nettement jusqu'à quelles hardiesses ils pouvaient se risquer. Ils allaient il est vrai, jusqu'à l'extrême limite, mais alors, voulant rester dans l’orthodoxie, ils faisaient subitement volte-face: philosophiquement, -disalent-ils, tel dogme ne saurait se soutenir, mais en matière de foi il n'y avait qu'à se soumettre. * Luther était incapable de toute cette haute école; engagé sur le chemin qui menait’ hors de l'Eglise, il le parcourut jusqu’au bout, et sauta dans l'inconnu." .
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+ + - # des cigâres et: des cigakettes remplies de poudre; le ‘‘Vorkraerts’’ se
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- chargea de’ répondre à\ cette sottise, exposant qu’un grand nombre
des récits du même genre avaient été reconnus faux, et qu’en particulier l’histoire des cigarettes ne constituait qu’une pure invention, La légende des yeux crevés par des francs-tireurs aux soldats allemands, fut dénoncée de même comme une fantaisie. Le ‘ Vorwaerts’’ écrit: à
ce sujet: ‘Aucune preuve n’a étéofficiellement établie que des sol- -
‘‘dats‘allemands aient eu les yeux érevés par les francs-tireurs. Un ‘certain journal berlinois bien connu a déclaré qu'il se trouvait à “l'hôpital de Grosslichterfeld dix soldats légèrement blessés, qui ‘‘avaient eu les yeux crevés par l'ennemi. M. Liebpnecht ayant de-
‘a réporidu : ‘‘Heureusement ces bruits sont dénués de tout fonde- ‘{ment.”’ - | . Ve Le ‘‘Vorwaerts’” revint sur cette même question, le 6 décembre 1914. Il publia à cette date les résultats d’une enquêté faite auprès de la direction des hôpitaux de Hanovre et du grand hôpital de la Charité à Berlin. . . ee La direction des hôpitaux de Hanovre a adressé au journal socialiste la-réponse-suivante:‘‘Après enquête auprès des médecins des ‘différentes sections de L'hôpital No. 3, nous sommes en mesure dé ‘vous faire savoir que nous-n’avons actuellement à l'hôpital aucun “blessé dontrles yeux aient été crevés. Nous mg#avons jamais eu.” De même la direction de l’hôpital de la Charité de’ Berlin communiqua au ‘‘Vorwaerts”’ la note suivante: ‘L'hôpital de la Charité ‘‘n’a point hospitalisé de blessés qui aient eu les yeux crevés.”? Enfin, lé grand journal catholique, la ‘‘Gazette populaire de Cologne,” ayant publié, au mois de novembre, un article où reparaissait la même légende, M. l’archiprêtre Kaufmann fit insérer dans ce
journal un document définitif. |
Un médecin, M. Saethre, qui disait avoir visité Les hôpitäüx de Cologne, avait écrit : ‘On ne saurait avoir aucun doute sur les eruau- ‘tés commises par les franes-tireurs. J'ai vu moi-même, à Aïx-la-Cha- ‘‘pèlle, une soeur de la Croix-Rouge à qui les franés-tireurs avaient ‘coupé un sein, et un chef d’escadron à qui on ereva les yeux, tandis “qu'il gisait sur le champ de bataille.” L'’archiprêtre répondit, en
* date du 26 novembre, par une lettre au journal dônt nous extrayons”
ceci: “Vous m'avez prié de vous écrire ce que je pensais de ce rap- “port. Je me suis done adressé aux milieux officiels compétents pour
On s’étonnera sans doute de me voir, dans une étude comme celle-ci, insister si fortement sur les actes de barbarie des Allemands; il peut sembler que tout cela est plutôt étranger au sujet que je traite. Mon but est Simplement de montrér la”nécessité qu'il y a pour nous de préserver l'identité de la patrie canadienne, de-tout faire pour émpêcher la victoire ennemie ef l'influence, à tous les points de vue regrettable, qui en serait la conséquence. On ne semble pas se faire une idée bien exacte du danger en certains quartiers, là même où, souvent, l'on aurait le droi$ de s'attendre à trouver, les esprits mieux renseignés. Que de fois.n'ai-je pas entendu faire l’étonnante réflexion que, ici au Canada, la domination allemande ne serait pas pire que la domination anglaise!—A.-H, de T. L ie
- ““mandé ‘au directeur de l’hôpital si le fait était exact, ce dernier lui
222 LE SANG FRANCAIS ‘‘savoir si les faits mentionnés par le docteur Sasthre étaient exacts. “Le directeur de l'hôpital m'a écrit en date du 25 novembre: ‘‘Les « atrocités dent vous me parlez n’ont pas été commises, du moins en ‘ce qui concerne Aix-la-Chapelle. Nous n’avons point vu la’ soeur «fe la Croix-Rouge dont il ést question, non plus le chef d’escadron.’ ‘‘Je ne sais, continuait l'archiprêtre, d'où le médecin dont parle ile ‘‘ Gazette de Cologne” a puisé ses informations. Je crois néces-
‘‘saïre de constater iei à nouveau qu'il ne se trouve dans les hôpitaux
“a ‘Aix-la-Chapelle aucun blessé dont on àit crevé les yeux et aucune ‘soeur de Ja Croix- Rouge qui ait subi la mutilation dont il est ques-
‘tion plus haut.” La inanoeuvre fut ainsi déjouée. Lies tentatives faites pour dén-
ner aux crimes allemands le caractère de représailles, n'aboutirent 5% + »
pas. + 1
Mais là n'est pds ja question et l'on me dira sans doute, avec raison, que le mal de l'un ne guérit pas le-mal de l'autre: parfois pourtant, cela permet à celui-ci de supporter le sien avec plus de patience,
# # # ts =
Dégleur contagt avec les Canadiens-anglais,. les Canadiens- francais ont donc acquis le tempérament saxon dans a vie politique, sans ne rien perdre de leurs qualités propres et de leur personralité, dont ils n’ont pas manqué, au contraire, d'imprégner leurs nouveaux compatriotes. Ensemble en: tous cas les deux nationalités de ce pays ne font .qu'un sur l'autorité du -drapeau et l’allégeance naturelle à la couronne britannique. Pour l'une comme pour l’autre, pour chaque nationalité, qui vient s'unir à elles avec l'intention de rester ici à demeure, le Canadà est la patrie, et comme tel il a droït à l’amour que
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Dieu lui-même a gravé, à l’égal de l’amour filial, au fond de chaque coeur. - Par la bouche de Débora, de David, et des Prophètes, Jéovah en -'effet loue ceux qui se sacrifient pour Israël ; et il exalte l'héroïsme ‘des frères Machabées qui meurent pour les droits de leur-patrie.
L'antiquité tout eñtière considère le patriotisme, Ÿc/est-à-dire “l'amour de la patrie poussé jusqu’au. sacrifice, presque Loinme une ‘religion: les foyers et les autels chez ‘elle ‘sont unis. dan$ une même pensée : le soldat romain, qui représente bien le type du soldat de l’époque, se fait une gloire de mourir pour les uns comme pour les autres: pour lui ils ne font. qu'un: patria, la patgie. : ° t Et ceci (e’ est entre parenthèses) m'amènée Vous êtes-vous jamais demandé d’? où venait € bien cela vient du mot latin ‘ ‘pater,”” qui veut dire père, mais cela à la finalé féminine qui suggère l’idée de mère. Est-ce que vraimgnt, il eut été possible de trouver un mot qui exprimât mieux la pensée qu ‘il s'agissait de définir? La, patrie” c’est la terre des aïeux, mais c’est. quelque chose de plus L'Adglais dit souvent “Motherland, 7? la