PLAQUETTES SANGUINES
11 me reste à citer, parmi les éléments cellulaires du sang, les plaquettes sanguines de Bizzozero, ou hématoblastes de Hayem (2), dont la nature et les fonctions sont discutées. La plupart des auteurs les font dériver des globules blancs, dont ils possèdent les réactions colorantes et la réfringence spéciales, et leur attribuent un rôle dans la coagulation du sang. Lorsqu'on regarde le sang coaguler sous le microscope, on voit en effet que ces plaquettes occupent les nœuds du réseau de fibrine; la coagulation est d'autant plus facile et plus rapide que les plaquettes sont plus abondantes.
Hayem, qui admet aussi leur rôle dans la
(1) Ranvier. —Traité technique d'histologie, l»"® édition, 1875, p. 175.
(2) Hayem. — Du sang et de ses altérations anatomiques. Paris 1889.
coagulation, les considère en outre comme des éléments spéciaux en rapport avec la formation des globules rouges, 11 appuie son opinion sur l'observation d'hiîraatoblastes pourvus de noyaux comme fts hématies elles-mêmes dans le sang de la grenouille, sur l'existence de formes de transition entre les hématoblasles et les hématies, et sur l'augmentation du nombre des hématoblasles dans les processus de régénération sanguine.
Le plasma est formé de sérum et des éléments constituants de la IlLrine.
La^i/'men'est paspréformée dans le sang, mais ses matériaux y sont contenus. Elle se produit chaque l'ois que le besoin s'en fait sentir et constitue, ainsi que l'ont montré Gilbert et Fournier (1), un moyen de défense important mis en œuvre par l'organisme pour arrêter les hémorragies, limiter les infections, réparer les tissus.
La quantité de fibriue, d'après Schmidt et Lehmann, est de 4,03 p. 1000 dans le plasma du sang normal. Cette proportion est très fixe : quand on cherche à la modifier, comme l'a fait Dastre chez un chien, en faisant des prises de sang auc-
|1) Gn-eenT ut PouïNisn. — Semaine médicale. 14 juin ISDU.
cessives, et en réinjectant le sang dans les vaisseaux après l'avoir défibriné, la proportion de fibrine reste la môme, bien qu'on ait, au cours de ces saignées successives, soustrait à l'organisme une quantité de fibrine égale à celle du sang total. Substance fibrînogène et plasmase se reproduisent donc au fur et à mesure, de façon h rester en même quantité dans le sang.
Une modilication appréciable de la proportion de fibrine est l'indice d'im élat pathologique.
he sérum est formé d'eau contenant en dissolution des albuminoïdes (globuline et serine), des matières azotées (urée, acide urique, créatine, xanthine, etc.), du glycose, des graisses, des pigments, des gaz, des sels inorganiques, etc.
A rétatnornial,lacompositioa du sérum sanguin est, ainsi que l'a fait ressortir Acliard(l), remarquablement fixe. Elle résulte d'une sorte de balancement qui s'établit sans cesse entre le sang et les tissus par le moyen de l'osmose.
Ces échanges osmotiques se font en tous points du réseau circulatoire, mais particulièrement au niveau des émonctoires, des reins, des poumons, 3 intestinales, salivaires, du tissu con-
(I) AcRiHD. — Lo mécanisme régulateur de la composilion du sang [Pretse médicale. 11 Kcpivmbrc IDUl). •• Acbahd cl Ukpeh. — Soc. rfe hwlogie. 30 mars 1901,