PLASMA. S
jonctif, etc. Ce sont donc les émonctolres qui jouent le principal rôle dans le maintien do la concentration du sérum. Parmi ces émonctoires, les uns, comme le rein, ont tendance k diminuer la concentration du sang, car ils lui eulÈvent proportionnellement plus'de molécules dissoutes que i'eau, la concentration moléculaire de l'urine étant plus élevée que colle du sérum ; d'autres, au contraire, comme le poumon, tendent à augmenter la concentration ^u sang, car ils éliminent proportionnellement plus d'eau que de substances dissoutes.
Quant aux échanges qui se font par osmose entre le sang et les sérosités interstitielles, le sens en est variable suivant les conditions physiologiques : tanti'it c'est un appel d'eau qui se fait des tissus vers le sang, lorsque la concentralion moléculaire du sang tend h s'élever, ainsi que Hallion et Carrion (1) l'ont réalisé expérimentalement en injectant une solution bypertoniquo de chlorure de sodium dans les vaisseaux; tantôt, au contraire, l'eau passe du sang dans les tissus interstitiels pour y dissoudre les substances accumulées, augmentant ainsi la quantité de lymphe et donnant naissance, dans les conditions pathologiques, aux œdèmes du tissu cellulaire.
(1| llAu.ios pl Cahiiion. — Sur la palliogiînie de l'œdCrae {Soe.^ de biologie, 23 fiivritr 1B99).
Cette théorie, d'après laquelle les œdèmes au cours des néphrites devraient être considérés comme un procédé employé par l'organisme pour désintoxiquer le sang, ne laisse pas d'être séduisante.
En tous cas, les échanges ôsmotiques entre le sang et les tissus sont très actifs; les substances introduites dans la circulation sanguine diffusent très rapidement dans les tissus.
V. de Velde (1) a montré que le sérum antileucocytique et le sérum antityphique de cheval, introduits dans la circulation du lapin, se retrouvent rapidement dans les exsudats et dans les œdèmes provoqués chez cet animal, ensuite qu'ils y atteignent une concentration aussi forte que dans le sang en circulation. Les substances injectées dans le courant sanguin ou dans le tissu cellulaire passent bientôt dans la sérosité interstitielle et dans les sérosités de la plèvre, du péritoine, etc. On a même cherché, pour étudier la perméabilité pleurale, une méthode fondée sur le passage facile dans les sérosités du bleu de méthylène ou du salicylate de soude injectés sous la peau.
Les divers émonctoires peuvent se suppléer les uns les autres. Ainsi, quand, par suite d'un état pathologique, la perméabilité rénale est diminuée,
(I) V. DE Velde. — Passage du sérum des vaisseaux sanguins dans les tissus et les exsudats (Presse médicale^ 3 janvier 1900).